Texte de sépulture


Référence : TZG N1.3

Site : Tezzigart (TZG N1)

Région : Ighazer

Coordonnées : 17°32'N - 07°43'E

Période : Postnéolithique


Description de la sépulture TZG N1.3

Il est à la fois assez différent et fort semblable au monument TZG N1.2; différent dans son allure générale, plus trapue, plus serrée, et très semblable dans sa conception; les annexes architecturales sont les mêmes, agencées de façon identique.

On notera que si le cercle n'est pas divisé par des rayons il est comme le précédent doublé dans sa partie orientale, sur une plus longue portion, d'une rangée de dalles s'appuyant sur des pierres de blocage et posées de biais. Elles sont plus nombreuses, on en dénombre 17 (au lieu de 5), placées dans un ordre de taille croissant jusqu'à la 8ième (en partant du sud) puis décroissant jusqu'à la 17ième qui rejoint un tumulus en calotte de 4,35 m de diamètre à la base de 1 m de haut; ce tumulus n'est pas directement associé au complexe architectural et on peut le supposer de construction ultérieure.

On constate là encore une stricte orientation est-ouest pour la niche occidentale et la septième petite tour, en partant du sud, et il y a autant de rigueur dans l'alignement de ces tours que pour le monument TZG N1.2 qui obéissait à des règles géométriques si strictes qu'on peut le supposer construit au cordeau; mais ce qui dans le cas présent a servi de centre de construction ce n'est pas le milieu de la bazina, mais la niche occidentale.

Ceci se justifie par les contraintes topographiques, le corps du monument étant très proche du rebord de l'escarpement; le centre du cercle selon lequel sont implantées les tours a dû être reculé faute de quoi elles seraient sorties des limites du plateau. Ces contraintes topographiques ont du reste été utilisées au mieux par les constructeurs qui dans la partie nord-est de la sépulture se sont servis des affleurements rocheux pour partiellement tenir lieu de cercle.

L'alignement des quinze tours se fait donc selon un arc de cercle de 18 m de rayon, tracé à partir de la niche occidentale; il est sous-tendu par une corde de 25 m de long, d'orientation nord-sud (195 grades), tangente au bord oriental du cercle qui ceint la bazina, et dont la médiatrice est l'axe est-ouest qui joint la niche à la septième tour.

A ces préoccupations d'ordre géométrique s'ajoute le soin particulier apporté à la construction proprement dite. L'annexe occidentale est bâtie comme une véritable niche, fermée sur trois côtés, d'1,10 m x 1,10 m, dont le fond est dallé à moins que ce ne soient les pierres de couverture effondrées; nous aurions alors dans ce cas un véritable caisson. Les tours sont tout à fait identiques dans leur mode de construction à celles précédemment décrites, si ce n'est qu'elles sont fermées à leur sommet et de plus petite dimension : 0,50 m de diamètre à la base et de hauteur pour la plus petite, 1 m de diamètre et 0,90 m de hauteur pour la plus importante.

Le tombeau, au muret extérieur très régulièrement appareillé est du type bazina à base cylindrique à carapace et cratère; ses dimensions sont : diamètre nord-sud et est-ouest respectivement de 4 m et 4,70 m, hauteur du muret = 1,20 m, hauteur totale = 1,50 m, diamètre du cratère = 1,20 m et profondeur = 0,40 m.

Pour ne pas endommager de façon irrémédiable ce très beau monument, et la fouille précédente ayant permis de comprendre le mode de construction de ces bazinas, j'ai commencé la fouille de celle-ci par le cratère ce qui permettra ensuite de facilement le restaurer.

Nous commençons par enlever les dalles qui constituent le fond du cratère; apparaît alors un espace vide de 30 cm de profondeur (à partir de l'orifice intérieur du cratère) puis un dépôt de terre très fine, d'origine éolienne très probablement, de 15 à 20 cm d'épaisseur qui une fois dégagée fait apparaître un dallage de pierres plates qui ferment le caveau; sous ce dallage on retrouve un sédiment argileux mais un peu plus grossier sur une épaisseur de 40 à 50 cm, qui provient très certainement là aussi du ciment argileux (banco) qui devait lier entre elles les pierres de ce caveau en forme de coupole. Ce dépôt recouvre quelques ossements humains qui reposent directement sur le grès qui constitue le fond du tombeau. Il s'agit de l'humérus gauche complet, des moitiés supérieures du radius et du cubitus (ulna) gauche, du maxillaire inférieur (mandibula) dont les branches montantes sont partiellement brisées, de fragments de vertèbres et des diverses esquilles.

La répartition des ossements permet de déduire avec une bonne probabilité la position et l'orientation du cadavre, malgré la disparition des membres inférieurs : le corps était vraisemblablement couché sur le côté gauche, en position fléchie, selon un axe nord-sud, la tête au nord, tournée vers l'est (décubitus latéral gauche fléchi).

D'après l'aspect de la mandibule il s'agira d'un sujet adulte de race blanche et de sexe féminin, ce qui est confirmé par la gracilité de l'humérus (indice de robustesse = 18,99) et des moitiés supérieures de l'ulna et du radius. La longueur de l'humérus = 316 cm indique une stature 1,65 selon Trotter et Gleser, et 1,66 m selon Dupertuis et Hadden.

Directement associées à l'inhumation, situées près de la mandibule on a trouvé deux perles en pâte de verre et une armature de javelot ou sagaie dont la soie est repliée.

Les perles ont des perforations de section tronconique; la perle B mesure 13 mm de diamètre et 9 mm d'épaisseur, la perle C respectivement 15 mm 11 mm. Elles sont toutes deux de couleur bleu turquoise et striées de veines blanches qui partent en spirales à partir de la perforation. L'armature de sagaie, une fois la soie dépliée, mesure 135 mm de long, 70 mm pour la soie et 65 mm pour la lame, l'épaisseur maximum étant de 5 mm; c'est donc une arme de petite dimension et sa présence peut paraître surprenante dans une inhumation de femme.

Ce mobilier permet au moins de placer un jalon chronologique pour ce type de sépulture, puisque les dates les plus anciennes obtenues pour l'âge du fer dans cette région du Niger situent l'apparition de ce métal il y environ 2500 ans. Ce monument ne peut donc pas être antérieur à 500 avant J.C. Ce javelot peut être aussi un argument pour confirmer la race blanche du sujet inhumé puisque c'était on le sait l'arme favorite des berbères.


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