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402 - Des « cerveaux » exilés sous-employés
Avril 2012
Qui sont les migrants latino-américains ? Que font-ils dans leur pays d’accueil ? Le nouvel observatoire MICAL( 1) coordonné par des chercheurs de l’IRD, permet de suivre au jour le jour les mouvements de cette diaspora dans le monde entier. Grâce à ces données, les sociologues décrivent la fuite massive des « cerveaux » qui a marqué la première moitié des années 2000 en Amérique latine. Entre 2000 et 2006, la part des diplômés du supérieur expatriés a doublé, dépassant aujourd’hui les 3 millions de personnes. Une perte qui peut être dommageable pour le pays d’origine, mais également une déperdition générale des compétences : ces exilés qualifiés se retrouvent, le plus souvent sous-employés. Le pourcentage d’ingénieurs, chercheurs et autres élites exerçant une activité sous-qualifiée s’est, de fait, fortement accru. C’est le cas par exemple en 2006 pour les trois quarts des migrants boliviens ou équatoriens.
Aujourd’hui, la crise que traverse notamment l’Espagne modifie, voire inverse la tendance migratoire. Les retours vers les nouveaux eldorados latino-américains sont de plus en plus nombreux. Leur incidence sur la situation des élites mérite d’être suivie avec attention.
394 - Paludisme : comment est-il arrivé aux Amériques
Janvier 2012
Originaire d’Afrique, le parasite du paludisme, Plasmodium falciparum , sévit sur tous les continents. De l’Afrique à l’Asie, en passant par l’Amérique ou le Moyen-Orient, il infecte plus de 200 millions de personnes par an. Comment a-t-il envahi la planète entière ? La manière dont il a conquis le Nouveau monde pose notamment question. Comme viennent de le montrer des chercheurs de l’UMR Migevec( 1) et leurs partenaires( 2) dans PNAS , le pathogène est arrivé par bateau lors de la traite négrière. L’équipe de recherche a réuni des échantillons de sang infecté provenant de toute l’aire de répartition de la maladie. L’analyse du matériel génétique extrait a révélé que les P. falciparum américains sont de proches cousins des parasites africains. De plus, on distingue en Amérique latine deux groupes génétiques, issus des deux routes des esclaves : l’une vers l’Empire espagnol au Nord – Caraïbes et actuels Mexique et Colombie – et l’autre vers l’Empire portugais – actuel Brésil. Le Brésil réunit à présent près de la moitié des 2,7 millions de cas de paludisme en Amérique chaque année.
Cette contamination récente traduit la grande capacité invasive du parasite.
382 - Les stigmates de l’esclavage
Septembre 2011
« Noirs coloniaux », Afro-antillais, « Garifunas »… la diaspora des Afrodescendants au Mexique et en Amérique centrale revêt autant de visages. Une diversité de statuts, de niveaux de reconnaissance et d’intégration sociales qui distingue ces pays du reste du continent latino-américain. Les chercheurs de l’IRD et leurs partenaires( 1) des programmes Afrodesc et Eurescl( 2) étudient la construction historique et identitaire de ces communautés, issues de vagues migratoires successives.
Trois cents ans d’esclavage, du 16e au 19e siècle, ont laissé des stigmates : après l’abolition, l’exclusion a poussé les descendants des esclaves à migrer vers les grands pôles d’emplois sur le pourtour caribéen. Ils constituent aujourd’hui une « deuxième diaspora », pour laquelle inégalités et stigmatisation persistent. Contrairement au Brésil et à la Colombie, emblèmes du multiculturalisme, la « question noire » au Mexique et en Amérique centrale a peu mobilisé les politiques et les scientifiques.
373 - Augmenter la production grâce aux gènes du riz africain
Mai 2011
Le riz, céréale la plus consommée au monde, nourrit la moitié de l’humanité. Mais pour répondre aux besoins d’une population croissante, la production rizicole doit doubler d’ici 20 ans.
Parmi les deux espèces cultivées, l’une asiatique et l’autre africaine, la première offre des performances agronomiques bien supérieures. Mais la seconde, plus rustique résiste très bien aux agents pathogènes, à la sécheresse et à la salinité des sols.
Pour transférer ces qualités au riz asiatique, des chercheurs de l’IRD et leurs partenaires( 1) tentent de contourner la stérilité entre les deux espèces( 2). Séquençage du génome à l’appui, ils ont comparé la structure d’une portion de chromosome, identifiée comme la clé de cette infertilité. Ces travaux, dont les derniers résultats viennent d’être publiés dans la revue PLoS One , ont notamment permis de définir des marqueurs génétiques permettant de développer plus rapidement des lignées fertiles de riz asiatique amélioré.
306 - Vers la domestication du plus grand poisson de l’Amazone
Octobre 2008
L’Amazone et ses affluents hébergent près du dixième de la biodiversité mondiale des poissons d’eau douce. Parmi les 2500 espèces répertoriées, Arapaima gigas est l’une des plus emblématiques. Victime de la surpêche, ce prédateur débonnaire est aujourd’hui inscrit sur la liste rouge des espèces menacées1. Pour pallier l’importante diminution des captures en milieu naturel, l’élevage se met peu à peu en place en Amazonie brésilienne et colombienne. Obtenir des reproductions en captivité demeure l’une des principales difficultés de la pisciculture d’arapaima notamment parce qu’il est presque impossible de distinguer le sexe des reproducteurs. A partir d’un simple prélèvement sanguin, une équipe de l’IRD et son partenaire péruvien2, est parvenue à déterminer sans erreur le sexe d’une trentaine de spécimens. Cette nouvelle méthode, peu invasive, devrait permettre d’optimiser l’élevage de cette espèce tout en facilitant l’étude et le suivi des populations sauvages dans le but d’améliorer leur préservation et leur gestion.
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