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401 - Un nouveau traceur du cycle de l’eau au Sahel
Avril 2012
Premier gaz à effet de serre, la vapeur d’eau - et les processus nuageux associés - reste un facteur d'incertitude dans les projections climatiques à l’horizon 2100. Une nouvelle technique, mise au point par des chercheurs de l’IRD et leurs partenaires( 1), permet désormais de mesurer la composition isotopique( 2) de la vapeur d’eau atmosphérique. Celle-ci permet d'étudier des éléments aussi variés que le transport et l’origine des masses d’air ou la formation des nuages, de manière plus précise qu’avec les variables météorologiques classiques.
Relevées pendant une année entière à l’IRI( 1) au Niger, ces données isotopiques ont conduit les chercheurs à décortiquer les rouages du cycle de l'eau au Sahel. Elles révèlent que, même en saison sèche, il existe un apport d’humidité, et que ces intrusions régulières d’air humide arrivent de Méditerranée. Cette humidité, préexistante à la mousson, joue sans doute un rôle important dans le déclenchement des pluies( 3).
Mise en œuvre aujourd’hui en routine en Afrique, cette technique pourra être étendue à d’autres régions tropicales comme les Andes où le relief rend encore plus incertaines les projections de changements de précipitations.
372 - Prédire la pluie pour réduire l’insécurité alimentaire
Avril 2011
Les prévisions météorologiques peuvent-elles améliorer les rendements agricoles en Afrique de l’Ouest ? Des chercheurs de l’IRD et leurs partenaires( 1), associant leur expérience du climat, de l’agronomie et de l’économie, viennent de montrer que les producteurs de mil nigériens pourraient augmenter leurs revenus jusqu’à 30 %. Et ce, bien qu’ils n’aient souvent le choix qu’entre quelques variétés de la céréale. Comment ? Simplement en ajustant leur stratégie aux projections sur la saison des pluies à venir. Si de précédents travaux en soulignaient l’intérêt, le véritable impact des prévisions climatiques sur l’économie agricole demeurait à préciser.
Améliorer la précision des projections et les diffuser aux paysans peut donc s’avérer un levier de développement de l’agriculture, même dans les pays sahéliens comme le Niger, où les pluies faibles et irrégulières n’autorisent que des cultures vivrières peu rentables. Ces mesures permettraient aux communautés paysannes ouest-africaines de mieux faire face à l’insécurité alimentaire dans les prochaines années et en outre de réduire la pauvreté de très nombreux petits producteurs.
343 - Quand la mer monte, les coraux se souviennent
Mars 2010
Retracer et expliquer les variations à long terme du climat est essentiel pour comprendre le réchauffement global actuel et prévoir son impact pour les siècles à venir, en particulier pour les pays du Sud. Les coraux fossiles sont d’excellents indicateurs de la remontée du niveau marin, conséquence directe de la fonte des calottes glaciaires. Grâce à des carottes récifales extraites au large de Tahiti, des chercheurs de l’IRD et leurs partenaires 1 viennent de dater très précisément l’avant-dernière déglaciation : il y a 137 000 ans, l’océan est remonté jusqu’à – 85m sous son niveau actuel. Au même moment, l’énergie solaire reçue par la Terre en été, paramètre déterminant des cycles climatiques, était maximale dans l’hémisphère Sud et minimale dans l'hémisphère Nord. Tout juste le contraire de ce que pensaient jusqu’à présent les scientifiques : les périodes glaciaires/interglaciaires peuvent aussi s’amorcer dans la partie australe, et non uniquement boréale.
336 - De moins en moins de pluies sur l’Amazonie
Décembre 2009
Caractériser la variabilité du climat et les tendances de son évolution sur de longues périodes de temps dans les zones tropicales : un enjeu majeur aujourd’hui pour établir des scénarios d’évolution future du climat et des écosystèmes dans ces régions particulièrement fragiles. Parmi celles-ci, le bassin amazonien, par son rôle dans le climat de la planète et sa forêt tropicale humide, la plus vaste de la planète, est emblématique de ces enjeux. Pour la première fois, des chercheurs de l’IRD et leurs partenaires1 ont analysé les fluctuations climatiques à long terme sur les cinq pays amazoniens (Brésil, Pérou, Bolivie, Colombie et Équateur). En 40 ans, sur l’ensemble du bassin, ces dernières montrent une nette tendance à la diminution des précipitations, avec une baisse relative estimée à 9% entre 1975 et 2003. Ces études permettent de mieux comprendre et prévoir l’évolution du climat dont dépend « le poumon de la planète».
331 - Le Nordeste du Brésil soumis aux caprices des océans
Octobre 2009
Avec plus de 50 millions d’habitants, soit 28% de la population pour 12% du territoire national, le Nordeste brésilien, vaste steppe appelée le « Sertão », est une des zones semi-arides les plus peuplées au monde. Très démunie, la population rurale vit d'une culture pluviale de subsistance, surtout le haricot et le maïs.
La sécurité alimentaire dépend donc étroitement de la saison des pluies, très capricieuse dans la région. D’une année sur l’autre, la quantité et la fréquence des précipitations peuvent énormément fluctuer. Cette variabilité interannuelle des pluies est principalement contrôlée par les températures de surface du Pacifique et de l’Atlantique tropicaux. Afin d’évaluer l’impact de ces dernières sur la production de maïs et de haricots dans le Nordeste, un chercheur de l’IRD et ses partenaires brésiliens de la Fundação Cearense de Meteorologia e Recursos Hídricos (FUNCEME) ont comparé l’évolution de ces deux variables entre 1952 et 2000. Leurs travaux permettent d’élaborer des scénarios sur le rendement annuel à chaque début de saison des pluies.

