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385 - Le calmar géant : l’ogre qui envahit le Pacifique
Octobre 2011
Mesurant jusqu’à 4 mètres de long du bout des tentacules à la queue, le calmar géant, du nom scientifique de Dosidicus Gigas , est un redoutable prédateur des mers. Il se nourrit de tout ce qu’il trouve à sa portée : crevettes, merlu, anchois… et jusqu’à ses propres congénères. Depuis dix ans, ce céphalopode * pullule au large du Pérou malgré la surpêche qui touche ses proies, notamment le merlu. Une équipe de recherche franco-péruvienne( 1) décrit pour la première fois, dans la revue PLosOne , grâce à une méthode innovante, ce régime alimentaire particulier, expliquant le boom à la fois biologique et économique de la « pota » , comme l’appelle les pêcheurs péruviens.
Non seulement le calmar géant résiste jusque-là à l’exploitation excessive des ressources halieutiques, mais il en profite. Thons, dorades, chinchards, moins nombreux également du fait de l’expansion des zones de minimum d’oxygène( 2) qui les repousse en haute mer, lui cèdent la place pour chasser plus près des côtes. Une aubaine pour le Pérou, devenu second exportateur mondial, après la Chine, grâce à la pêche au calmar et à l’anchois.
349 - Quand les scientifiques œuvrent pour une pêche responsable au Pérou
Mai 2010
Les senneurs 1 péruviens, la plus grande flotte du monde pêchant une seule espèce, l’anchois, représentent une capacité trois fois trop importante pour l’exploitation optimale du stock. Des chercheurs de l’IMARPE 2 et de l’IRD pointent du doigt ce déséquilibre, véritable « bombe à retardement » pour le secteur de la pêche au Pérou. En effet, les anchois, sans doute du fait des oscillations climatiques dans le Pacifique, connaissent naturellement des périodes de forte et de faible abondance. Aujourd’hui, les eaux péruviennes en produisent des quantités exceptionnelles. Mais les halieutes 3 annoncent que, d’ici quelques années, cette ressource risque de diminuer très fortement. Afin d’éviter que les stocks de poisson ne s’écroulent, comme lors de la crise des années 1970, le gouvernement péruvien a mis en place, sur recommandation des scientifiques, un quota individuel de pêche. Celui-ci fait déjà ses preuves.