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394 - Paludisme : comment est-il arrivé aux Amériques
Janvier 2012
Originaire d’Afrique, le parasite du paludisme, Plasmodium falciparum , sévit sur tous les continents. De l’Afrique à l’Asie, en passant par l’Amérique ou le Moyen-Orient, il infecte plus de 200 millions de personnes par an. Comment a-t-il envahi la planète entière ? La manière dont il a conquis le Nouveau monde pose notamment question. Comme viennent de le montrer des chercheurs de l’UMR Migevec( 1) et leurs partenaires( 2) dans PNAS , le pathogène est arrivé par bateau lors de la traite négrière. L’équipe de recherche a réuni des échantillons de sang infecté provenant de toute l’aire de répartition de la maladie. L’analyse du matériel génétique extrait a révélé que les P. falciparum américains sont de proches cousins des parasites africains. De plus, on distingue en Amérique latine deux groupes génétiques, issus des deux routes des esclaves : l’une vers l’Empire espagnol au Nord – Caraïbes et actuels Mexique et Colombie – et l’autre vers l’Empire portugais – actuel Brésil. Le Brésil réunit à présent près de la moitié des 2,7 millions de cas de paludisme en Amérique chaque année.
Cette contamination récente traduit la grande capacité invasive du parasite.
381 - Paludisme : les moustiques font de la résistance
Août 2011
Après une nette baisse du paludisme en Afrique ces dernières années, la maladie connaît une recrudescence inquiétante. La mise en place de nouveaux traitements très efficaces et la distribution de millions de moustiquaires imprégnées d’insecticides( 1) ont permis d’enrayer le fléau. Mais des chercheurs de l’IRD et leurs partenaires( 2) ont observé un rebond du nombre de cas depuis fin 2010 dans le village de Dielmo, au Sénégal. Deux effets parallèles se conjuguent : une baisse de la prémunition( 3) de la population et l’apparition de résistances chez le moustique vecteur, Anopheles gambiae . Ces travaux, publiés dans la revue The Lancet Infectious Diseases , montrent en effet qu’en 2010, près de 40 % des moustiques sont devenus résistants à la deltaméthrine( 4), l’insecticide utilisé pour l’imprégnation des protections.
Si les récents succès laissaient entrevoir la possibilité d’éliminer la pandémie en Afrique, l’émergence de la résistance des anophèles repousse probablement pour longtemps tout espoir d’une éradication. Cette étude pointe à nouveau du doigt l’urgence de mettre au point un vaccin contre l’infection, qui tue encore environ un million de personnes chaque année, principalement en Afrique.
378 - Paludisme : à la recherche de plantes oubliées
Juin 2011
L’apparition de résistances à l’artémisinine, le traitement du paludisme le plus répandu à ce jour, relance la recherche de molécules actives contre le parasite Plasmodium falciparum responsable de la maladie. Dans un numéro spécial de la revue Malaria Journal , des chercheurs de l’IRD et leurs partenaires( 1) soulignent l’énorme potentiel que recèlent les plantes. Si ces dernières composent déjà de nombreux produits pharmaceutiques, la flore mondiale demeure largement inexploitée, 90% restant méconnue.
Pour découvrir les médicaments de demain, la recherche médicale doit revisiter les pharmacopées traditionnelles. De fait, plus de 1200 espèces végétales sont utilisées à travers la planète pour soigner le paludisme, dont bon nombre ont démontré une efficacité. C’est l’action conjointe de plusieurs molécules qui par un jeu de synergie amplifie l’activité antiparasitaire de l’une d’entre elles et fait la force des remèdes traditionnels. La recherche de ces synergies ouvrira de toutes nouvelles pistes thérapeutiques.
En termes d’accès au traitement, exploiter des ressources naturelles locales augmenterait la disponibilité des médicaments et réduirait leur coût pour les populations.
368 - Paludisme : pourquoi les Seychelles sont-elles indemnes ?
Février 2011
L’absence de paludisme aux Seychelles est énigmatique. Rares sont les zones épargnées dans le monde et l’archipel fait exception en Afrique. Climat, localisation, trafic aérien et maritime intense… toutes les conditions favorables aux anophèles, les moustiques vecteurs de la maladie, semblent pourtant réunies. Un chercheur de l’IRD et ses partenaires( 1) viennent de montrer pour la première fois que cette absence d’Anopheles endémiques est due à celle de mammifères terrestres autochtones. De fait, le bétail, les chiens, les chats, les souris… ne sont arrivés avec l’Homme qu’à la fin du 18e siècle. Cette étude conclut que le moustique se nourrit exclusivement du sang de mammifères terrestres, et non de celui d’oiseaux, de reptiles ou de chauves-souris, même par défaut.
Mais depuis que l’Homme a posé le pied aux Seychelles, le vecteur aurait pu coloniser l’archipel. Si ces îles ont été préservées du fléau paludéen, notamment grâce au contrôle sanitaire aux frontières, les chercheurs encouragent les autorités seychelloises à poursuivre leurs efforts.
356 - Le gorille est à l’origine du paludisme
Septembre 2010
Le gorille est à l’origine de l’infection de l’homme par Plasmodium falciparum , le parasite responsable de la forme la plus courante et virulente de paludisme. Pour la première fois, un consortium international de chercheurs (1), dont une équipe de l’IRD et de l’Université de Montpellier 1 montre que le plus grand des primates est un réservoir animal de la maladie, transmise à l’homme par les moustiques Anopheles .
Grâce à une technique de séquençage de l’ADN de haute précision, les scientifiques démontrent que les parasites du gorille sont très proches génétiquement de ceux de l’homme. De plus, c’est le gorille qui a contaminé les humains, et non l’inverse.
Par ailleurs, l’analyse de près de 3 000 échantillons fécaux, collectés à travers l’Afrique centrale, montre que l’infection est très répandue chez le gorille de l’Ouest (4), avec 32 à 48 % des individus porteurs. Ces foyers infectieux pourraient présenter un risque de contamination de l’homme. L’existence d’un tel réservoir recule les perspectives d’éradication du fléau, qui tue chaque année plus d’un million de personnes dans le monde.

