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401 - Un nouveau traceur du cycle de l’eau au Sahel
Avril 2012
Premier gaz à effet de serre, la vapeur d’eau - et les processus nuageux associés - reste un facteur d'incertitude dans les projections climatiques à l’horizon 2100. Une nouvelle technique, mise au point par des chercheurs de l’IRD et leurs partenaires( 1), permet désormais de mesurer la composition isotopique( 2) de la vapeur d’eau atmosphérique. Celle-ci permet d'étudier des éléments aussi variés que le transport et l’origine des masses d’air ou la formation des nuages, de manière plus précise qu’avec les variables météorologiques classiques.
Relevées pendant une année entière à l’IRI( 1) au Niger, ces données isotopiques ont conduit les chercheurs à décortiquer les rouages du cycle de l'eau au Sahel. Elles révèlent que, même en saison sèche, il existe un apport d’humidité, et que ces intrusions régulières d’air humide arrivent de Méditerranée. Cette humidité, préexistante à la mousson, joue sans doute un rôle important dans le déclenchement des pluies( 3).
Mise en œuvre aujourd’hui en routine en Afrique, cette technique pourra être étendue à d’autres régions tropicales comme les Andes où le relief rend encore plus incertaines les projections de changements de précipitations.
396 - Réhabiliter les terres érodées au Mexique
Février 2012
Plus des trois quarts du territoire mexicain souffre de l’érosion. Un climat agressif, un relief accidenté mais surtout l’action de l’homme accentuent la désertification. Le phénomène fait l’objet d’une forte mobilisation depuis 1995 : scientifiques, politiques, administratifs et populations locales œuvrent ensemble dans la perspective d’une gestion durable des ressources en eau, des sols et des forêts.
Le bassin versant de Morelia, la capitale de l’Etat du Michoacán, est représentatif de la situation. Une équipe franco-mexicaine de l’IRD, de la UNAM, de la UMSNH et du ColPos( 1) a choisi la région comme zone pilote dans le cadre des programmes REVOLSO, STREAMS et DESIRE( 2), pour caractériser les ruissellements et définir des stratégies adaptées. Suivis hydrologiques, essais agronomiques, études socio-économiques… ont été menés en associant les communautés locales, les instances politiques et les administrations( 3). Des cultures alternatives telles que l’agave – utilisée pour produire le mezcal( 4) – ont ainsi été mises sur pied, permettant à la fois de réduire la dégradation du milieu et d’améliorer la qualité de vie et les revenus des habitants.
387 - A la recherche de l’eau perdue sous les glaciers
Octobre 2011
Plus de 99 % de l'eau douce de la planète se trouve dans les glaces ou sous la terre. Pour déceler cette ressource, des géophysiciens de l’IRD sont en pointe dans le développement d’une méthode novatrice basée sur la résonance magnétique des protons. À ce jour, c’est la seule technique capable de détecter l’eau liquide dans le sous sol ou sous un glacier à partir de la surface et d’en évaluer le volume.
Cette méthode a trouvé récemment une application originale pour aider à prévenir les risques glaciaires. Elle a permis de détecter la présence d’une gigantesque poche d’eau de 55 000 m3 située sous le glacier de Tête Rousse en Haute-Savoie. Celle-ci menaçait les habitants en aval et les autorités locales, alertées, ont procédé à sa vidange.
Alimentation en eau, gestion des risques glaciaires… Cette technique intéresse aussi bien les régions semi-arides, où l’eau est une ressource stockée en profondeur, que les zones de montagne tropicales, telles que les Andes ou l’Himalaya, où, dans un contexte de changement climatique, l’eau glaciaire peut constituer une source de risque majeure.