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381 - Paludisme : les moustiques font de la résistance
Août 2011
Après une nette baisse du paludisme en Afrique ces dernières années, la maladie connaît une recrudescence inquiétante. La mise en place de nouveaux traitements très efficaces et la distribution de millions de moustiquaires imprégnées d’insecticides( 1) ont permis d’enrayer le fléau. Mais des chercheurs de l’IRD et leurs partenaires( 2) ont observé un rebond du nombre de cas depuis fin 2010 dans le village de Dielmo, au Sénégal. Deux effets parallèles se conjuguent : une baisse de la prémunition( 3) de la population et l’apparition de résistances chez le moustique vecteur, Anopheles gambiae . Ces travaux, publiés dans la revue The Lancet Infectious Diseases , montrent en effet qu’en 2010, près de 40 % des moustiques sont devenus résistants à la deltaméthrine( 4), l’insecticide utilisé pour l’imprégnation des protections.
Si les récents succès laissaient entrevoir la possibilité d’éliminer la pandémie en Afrique, l’émergence de la résistance des anophèles repousse probablement pour longtemps tout espoir d’une éradication. Cette étude pointe à nouveau du doigt l’urgence de mettre au point un vaccin contre l’infection, qui tue encore environ un million de personnes chaque année, principalement en Afrique.
378 - Paludisme : à la recherche de plantes oubliées
Juin 2011
L’apparition de résistances à l’artémisinine, le traitement du paludisme le plus répandu à ce jour, relance la recherche de molécules actives contre le parasite Plasmodium falciparum responsable de la maladie. Dans un numéro spécial de la revue Malaria Journal , des chercheurs de l’IRD et leurs partenaires( 1) soulignent l’énorme potentiel que recèlent les plantes. Si ces dernières composent déjà de nombreux produits pharmaceutiques, la flore mondiale demeure largement inexploitée, 90% restant méconnue.
Pour découvrir les médicaments de demain, la recherche médicale doit revisiter les pharmacopées traditionnelles. De fait, plus de 1200 espèces végétales sont utilisées à travers la planète pour soigner le paludisme, dont bon nombre ont démontré une efficacité. C’est l’action conjointe de plusieurs molécules qui par un jeu de synergie amplifie l’activité antiparasitaire de l’une d’entre elles et fait la force des remèdes traditionnels. La recherche de ces synergies ouvrira de toutes nouvelles pistes thérapeutiques.
En termes d’accès au traitement, exploiter des ressources naturelles locales augmenterait la disponibilité des médicaments et réduirait leur coût pour les populations.