N°327 : Préserver l’évolution naturelle : un enjeu pour la biodiversité calédonienne
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La Nouvelle-Calédonie est considérée comme une zone prioritaire pour la préservation de la biodiversité à l’échelle mondiale, en raison de sa flore riche, originale et menacée. Pour mieux comprendre l’évolution de cette flore, une étude phylogénétique a été menée sur une des familles emblématiques du territoire, les Cunoniacées, particulièrement bien adaptées aux sols miniers.
A partir du séquençage de l’ADN des espèces du genre endémique Codia, des chercheurs de l’IRD et leurs partenaires ont montré que plus de la moitié des treize espèces du genre seraient le résultat de croisements interspécifiques. Certaines d’entre elles possèdent des caractères morphologiques nouveaux, absents chez les espèces parentales, ce qui souligne l’importance de l’hybridation dans la diversification de ces plantes.
Alors que la biodiversité mondiale traverse actuellement une sixième grande extinction, il est important de préserver les processus qui permettent la formation de nouvelles espèces. En Nouvelle-Calédonie, ceci impliquerait notamment la préservation des zones de contacts entre différents types de sols, où des espèces, différant par leur écologie, peuvent se côtoyer et s’hybrider.
MOTS-CLES : CUNONIACEAE, NOUVELLE-CALEDONIE, BIODIVERSITE, HYBRIDATION
septembre 2009
N°326 : Grippe aviaire : chez les oiseaux sauvages, les épidémies se propagent via l’eau
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Le virus H1N1 menace actuellement la planète d’une pandémie de grippe A. Mais qu’en est-il de son tristement célèbre cousin H5N1 et autres virus de l’influenza aviaire ? Contrairement au premier, ils ne présentent que peu de risque de contamination pour l’homme. En effet, la grippe aviaire n’est pas transmissible d’humain à humain. Ces derniers ne contractent la maladie que lors de contacts étroits, prolongés et répétés avec des animaux infectés. En revanche, alors que H1N1 n’est pas très virulent, certains virus de l’influenza aviaire, comme le H5N1, peuvent entraîner une grave maladie, dont l’issue peut être fatale.
Chez les oiseaux, la situation est plus complexe : les symptômes sont variables, d’une maladie bénigne chez les oiseaux sauvages jusqu’à une infection rapidement mortelle chez les volailles domestiques.
Comment une épidémie se déclare-t-elle ? Jusqu’à présent, les pays du Sud étaient montrés du doigt, notamment pour le H5N1, accusés de contaminer le Nord via les oiseaux migrateurs. Or, les chercheurs de l’IRD et leurs partenaires ont montré que flambées épidémiques et migrations ne sont pas synchrones. Chez les oiseaux sauvages, la persistance dans l’eau des virus joue un rôle majeur dans les cycles épidémiologiques.
MOTS-CLES : GRIPPE AVIAIRE, VIRUS, EAU, CAMARGUE
juillet 2009
N°325 : Le mil, aliment du futur au Sahel
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Le mil est la base de l’alimentation quotidienne des 50 millions d’habitants du Sahel. Extrêmement résistant à la sécheresse et bien adapté aux sols pauvres, il reste la seule culture correspondant véritablement aux conditions du milieu et aux habitudes alimentaires traditionnelles.
Pourtant, les récoltes varient considérablement en fonction de la pluviométrie et de la fertilité des sols. Sécheresse accrue d’année en année, changement climatique, désertification : pour faire face à la grande variabilité des conditions environnementales dans la région et assurer des rendements suffisants, les agriculteurs sahéliens doivent pouvoir choisir des variétés adaptées. Depuis sa domestication il y a plus de 3500 ans, l’homme a ainsi sélectionné des caractères agronomiques importants et développé une grande diversité de variétés, adaptées notamment à différents climats. Les chercheurs de l’IRD et de l’Université Abdou Moumouni à Niamey, au Niger, viennent d’identifier un gène responsable de cette adaptation. Dénommé PHYC, il s’agit d’un des gènes jouant un rôle dans la perception de la lumière chez les plantes. Dans le contexte de changement climatique actuel, la découverte de ce facteur génétique clé permet le développement de variétés appropriées.
MOTS-CLES : MIL, SAHEL, CLIMAT, ADAPTATION
juillet 2009
N°324 : L’onchocercose, ou « épilepsie des rivières »
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Exclusion sociale et profond mal-être sont le lourd tribut des 50 millions d’épileptiques de par le monde. En Afrique, leur sort est encore plus sombre : les croyances discriminantes et le manque d’accès aux traitements entraînent une importante surmortalité des malades. Les pays en développement, notamment en Afrique, abritent près de 90% des épileptiques. Comment expliquer une telle différence par rapport aux pays du Nord? En zone tropicale, les crises d’épilepsie sont souvent dues aux séquelles neurologiques laissées par différentes maladies endémiques, comme le paludisme. Les chercheurs de l’IRD et leurs partenaires viennent de montrer qu’une autre infection parasitaire très répandue en Afrique sub-saharienne, l’onchocercose, pourrait également être une cause d’épilepsie. En effet, grâce aux résultats de huit études réalisées en Afrique de l’ouest, centrale et de l’est, ils ont constaté qu’outre ses répercussions cutanées et oculaires classiques qui lui valent le nom de « cécité des rivières », l’onchocercose est associée à une augmentation marquée de l’épilepsie. La maladie pourrait ainsi tout autant être appelée « épilepsie des rivières ».
MOTS-CLES : ONCHOCERCOSE, EPILEPSIE, AFRIQUE
juillet 2009
N°323 : Insectes ravageurs : risque d’invasions accru en Équateur
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Teignes, charançons, chrysomèles en Équateur, les insectes ravageurs de la pomme de terre constituent un problème majeur pour la filière, au 5e rang des productions vivrières du pays. La menace de la teigne est pour sa part relativement récente : les trois espèces de ce petit papillon gris ont été importées d’Amérique centrale et du Pérou il y a 30 ans et ont rapidement colonisé tout le pays.
Comment expliquer la réussite de ces invasions ? Des chercheurs de l’IRD et leurs partenaires de la Pontificia Universidad Católica del Ecuador (PUCE) ont montré que les paysages agricoles andins sont propices au phénomène. Leur étude révèle en effet que chacune des trois espèces de teignes répond différemment à la température. Celle-ci dicte donc la répartition géographique et la composition de leurs communautés - et potentiellement celles d’autres ravageurs. La pomme de terre étant cultivée entre 2 200 et 3 700 m d’altitude, la diversité microclimatique entraîne la ségrégation spatiale des espèces. Chacune disposant ainsi de son propre espace, la diminution de la compétition inter-espèces permet aux populations d’insectes de s’implanter, de coexister et de proliférer.
MOTS-CLES : TEIGNE, POMME DE TERRE, INVASION, ÉQUATEUR
juin 2009
N°322 : Les migrants, une manne pour le développement ?
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À pied, en camion, en bateau, en avion près de 200 millions de personnes, soit 3 % de la population mondiale, sont partis tenter leur chance à l’étranger. Un chiffre en constante augmentation, au rythme de la mondialisation et de la crise économique : en 25 ans, le nombre de migrants dans le monde a doublé. Fuir les conflits, soif d’une vie meilleure près des trois quarts des candidats à l’exil viennent des pays du Sud.
Combien, parmi eux, rentreront un jour au pays de leurs aïeux ? Le projet de retour définitif, un mythe pour les migrants de tous horizons, est en effet constamment différé et se matérialise rarement. C’est ce que constatent les chercheurs du CEPED (IRD, Université Paris Descartes, Ined) et leurs partenaires. À travers une réflexion pluridisciplinaire, ils ont étudié comment s’articulent migrations internationales, retours au pays d’origine et développement. Au cur du débat, l’argent investi par les diasporas : s’ils s’accompagnent souvent d’effets pervers, ces fonds contribuent cependant efficacement à lutter contre la pauvreté, ouvrent l’accès à l’éducation ou à la santé et réduisent la vulnérabilité, notamment face à l’aléa climatique. De plus, forts de nouvelles compétences et expériences, les migrants de retour au pays modifient les hiérarchies sociales et politiques, les valeurs traditionalistes, les comportements en matière de santé, etc.
MOTS-CLES : MIGRATIONS INTERNATIONALES, RETOUR, DEVELOPPEMENT
juin 2009
N°321 : Volcans équatoriens : vers une meilleure gestion des risques
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Tungurahua, Cotopaxi, Pichincha, en Équateur, de part et d’autre de la célèbre « avenue des volcans », s’élèvent quelques uns des plus fameux géants de feu, aux noms évocateurs. Dressés à plus de 5 000 m d’altitude, souvent couverts de glaciers et de neiges éternelles, ces derniers surplombent la vallée interandine, très urbanisée, et menacent de leurs accès de colère les populations. Avec plus d’une cinquantaine de volcans, dont sept sont entrés en éruption depuis l’arrivée des Espagnols au seizième siècle, le pays rassemble une très grande variété d’éruptions.
Afin de déterminer l’aléa volcanique, les enseignants-chercheurs de l’IG-EPN et les chercheurs de l’IRD ont entrepris de caractériser les dynamismes éruptifs des volcans actifs aujourd’hui, et d’identifier ceux qui, aujourd’hui en sommeil, sont susceptibles de se réveiller après un long repos. Pour cela, ils ont étudié la fréquence, la puissance et le style des éruptions passées et en cours. Mais que faire en cas de réveil des colosses et de crise ? Les scientifiques ont établi des scénarios d’éruption, publié des cartes de risques et mis en place des systèmes permanents d’observation et d’alerte débouchant sur les mesures de prévention et d’intervention nécessaires.
MOTS-CLES : ÉQUATEUR, VOLCAN, RISQUE, ANDES
juin 2009
N°320 : Maladie du sommeil : Les tsé-tsé contre-attaquent dans les villes
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La maladie du sommeil est une infection parasitaire qui touche les hommes et les animaux en Afrique. Comme son nom l’indique, elle perturbe le cycle du sommeil : le malade se met à dormir le jour et veiller la nuit. S’ensuivent alors des troubles sensoriels, moteurs, psychiques et enfin neurologiques qui, en l’absence de traitement, le conduisent fatalement à la mort. Maîtrisé dans les années 1960, le fléau connaît une recrudescence depuis environ 15 ans. L’OMS estime à 300 000 le nombre de nouveaux cas chez l’homme chaque année. Aucun espoir de vaccin n’existe à moyen terme et les quelques traitements disponibles à ce jour sont très toxiques.
Les fautifs ? La mouche tsé-tsé et le parasite qu’elle transmet par sa piqûre. Mais au cours du 20e siècle, le nombre de mouches et leur extension géographique ont diminué. En effet, les chercheurs de l’IRD et leurs partenaires ont montré que la démographie galopante, le développement économique et le changement climatique en Afrique de l’Ouest ont profondément modifié et en grande partie détruit leur habitat naturel, la savane. Un espoir de recul de la maladie ? Ce serait sans compter sur la capacité d’adaptation aux conditions urbaines de certaines espèces, notamment la plus dangereuse pour l’homme. Celles-ci envahissent aujourd’hui les villes, augmentant le risque de foyers épidémiques urbains.
MOTS-CLES : MALADIE DU SOMMEIL, MOUCHE TSE-TSE, DEMOGRAPHIE, CLIMAT, AFRIQUE DE L’OUEST
mai 2009
N°319 : Quand des bactéries protègent les fraises
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Tomates, raisin, courgettes, laitue, ... : plus de 225 plantes sont victimes de la moisissure grise. Chez la fraise, en particulier, c’est la maladie la plus dévastatrice. Le responsable ? Un champignon dénommé Botrytis cinerea qui provoque la pourriture prématurée des fruits.
Aujourd’hui, pour lutter contre ce parasite, seuls sont utilisés des fongicides chimiques. Pourtant une alternative biologique est possible. En effet, des bactéries particulières réduisent, voire suppriment, cette moisissure. Des chercheurs de la Faculté des Sciences de Tunis, soutenus par l’IRD, ont identifié, dans les sols tunisiens, deux bactéries du genre Bacillus très résistantes et efficaces contre la pourriture grise. L’équipe de recherche a mis au point un produit à base de ces bactéries qui améliore considérablement leur conservation.
Alors que des souches résistantes aux traitements chimiques sont apparues, cette approche biologique offre de nouvelles perspectives aux producteurs de fraises dans le monde.
MOTS-CLES : FRAISE, POURRITURE GRISE, LUTTE BIOLOGIQUE, TUNISIE
mai 2009
N°318 : Salars andins : mémoire de la Terre et du climat
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Immenses miroirs où se reflètent les cônes volcaniques enneigés, paysages lunaires bordés de cactus géants, seuls témoins d’une vie végétale : les salars, déserts de sel perchés à près de 4 000 m sur les hauteurs andines en Bolivie, au Chili et en Argentine, fascinent par leur beauté et leur extrême hostilité. Mais ils captivent également les scientifiques par les informations qu’ils recèlent. En effet, l’étude de ces lacs salés a permis à un chercheur de l’IRD et ses partenaires de décrire les processus à l’origine de leur formation et de leurs compositions chimiques complexes. Pour cela, les scientifiques ont passé en revue 1 000 km de cordillère et analysé 80 salars en Bolivie et au Chili.
Outre les ressources en eau qu’ils représentent, ces lacs salés abritent de nombreuses richesses. Le Salar d’Uyuni, le plus grand des Andes, contient de grandes réserves de potasse et de lithium, métal très convoité notamment pour les batteries des véhicules électriques. Les salars étudiés renferment également d’importantes ressources pour les populations andines, telles que le carbonate de sodium ou le bore utilisés dans l’industrie du verre et la métallurgie.
MOTS-CLES : SALAR, ANDES, BOLIVIE, CHILI
mai 2009
N°317 : La maladie de Whipple : émergente en Afrique ?
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Une récente étude des chercheurs de l’IRD et de l’Université de la Méditerranée montre que près de la moitié des enfants au Sénégal sont porteurs de Tropheryma whipplei, une bactérie encore peu connue à ce jour. Cette dernière est responsable de la maladie de Whipple, une infection grave pouvant toucher tous les organes. Elle se déclare en général par des douleurs articulaires puis surviennent des diarrhées chroniques, un amaigrissement et parfois des séquelles neurologiques.
Les chercheurs craignent que T. whipplei soit un agent pathogène émergent en Afrique sub-saharienne. Compte tenu du taux de contamination par la bactérie, la maladie de Whipple constituerait un problème de santé publique majeur pour ces pays dans les années à venir. Cette étude est un premier pas vers la détection et le traitement des malades.
MOTS-CLES : MALADIE DE WHIPPLE, BACTERIE, ENFANTS, SENEGAL
avril 2009
N°316 : Les chauves-souris transmettraient directement Ebola à l’homme
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Les chauves-souris, suspectées d’être le réservoir naturel du virus Ebola, peuvent directement contaminer l’homme, sans nécessairement passer pas un hôte secondaire tel que les grands singes. Des chercheurs de l’IRD et leurs partenaires viennent de mettre en évidence une très forte corrélation entre les migrations annuelles de chiroptères et l’épidémie de fièvre Ebola qui a fait près de 200 morts en République Démocratique du Congo (RDC) en 2007.
Par ailleurs, ils ont retracé l’enchaînement d’événements ayant pu conduire à cette épidémie. Ils ont découvert comment toutes les conditions ont été réunies pour que le virus se propage chez l’homme.
Ebola sévit depuis 30 ans en Afrique. Depuis 2001, plusieurs épidémies de fièvre hémorragique sont survenues en RDC, foudroyant à la fois les hommes et les grands singes. Cette étude permet de mieux prévenir les éventuelles futures épidémies.
MOTS-CLES : EBOLA, CHAUVES-SOURIS, EPIDEMIE, VIRUS
avril 2009
N°315 : Le rêve de Darwin : évolution des cichlidés africains
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Les cichlidés sont des poissons tropicaux d’eau douce bien connus des amateurs car ils arborent des couleurs magnifiques et présentent une diversité d’espèce sans équivalent. Par ailleurs, les cichlidés des grands lacs d’Afrique de l’Est (Malawi, Tanganyika et Victoria) sont célèbres auprès des chercheurs évolutionnistes : ils illustrent un phénomène exceptionnel de « radiation adaptative », c’est-à-dire d’apparition rapide d’une multitude d’espèces à partir d’un ancêtre commun.
La majorité des cichlidés ont adopté une stratégie reproductive originale : l’incubation buccale. Cette pratique a permis aux cichlidés des trois lacs de coloniser, en partant du fond, les milieux côtiers rocheux et pélagiques. Des chercheurs de l’IRD et leurs partenaires ont comparé les stratégies de reproduction des espèces de cichlidés est-africaines. Ils ont ainsi montré une évolution distincte mais parallèle dans les différents milieux et d’un lac à l’autre.
Pour survivre dans leurs nouveaux habitats, les poissons ont poussé à l’extrême la stratégie de reproduction de leurs ancêtres benthiques. Ils ont réduit le nombre et augmenté la taille de leurs ufs. De plus, la durée d’incubation a été allongée.
MOTS-CLES : CICHLIDES, REPRODUCTION, EVOLUTION, INCUBATION BUCCALE
avril 2009
N°314 : Le Pacifique tropical ouest se réchauffe, sa salinité chute
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L’immense masse d’eau chaude à l’ouest du Pacifique tropical, appelée « Warm Pool », se réchauffe et devient moins salée. Des chercheurs de l’IRD et leurs partenaires viennent de montrer qu’en 50 ans ses eaux ont gagné près de 0,3°C en moyenne et que sa salinité a baissé. De plus, sa surface s’est considérablement étendue.
L’élévation de température du Pacifique tropical ouest est liée au changement climatique global. Mais pourquoi la salinité baisse-t-elle ? Les scientifiques pensent que le phénomène serait dû à une dilution des eaux de surface du fait de l’augmentation des précipitations dans la région.
La « Warm Pool » est la principale « pompe à chaleur » de la planète : elle alimente les flux de chaleur et d’humidité de la majeure partie de l’atmosphère terrestre. Ses modifications en température et salinité pourraient modifier la fréquence d’El Niño, dont les conséquences peuvent être graves pour les populations des pays équatoriaux.
MOTS-CLES : PACIFIQUE, RECHAUFFEMENT, SALINITE, EL NINO
mars 2009
N°313 : Au Viêt-nam, la proportion de garçons augmente
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Depuis 5 ans, au Viêt-nam, la proportion de garçons à la naissance ne cesse de croître du fait d’avortements sélectifs. C’est ce que viennent de prouver un chercheur de l’IRD et ses partenaires1. Ils ont analysé les données des enquêtes démographiques annuelles réalisée auprès de 450 000 Vietnamiennes depuis 2000, ainsi que celles de deux études en 2007 et 2008 portant sur 1,1 million de naissances. Ils ont montré qu’au Viêt-nam, depuis 2004, le sex ratio à la naissance augmente graduellement. En 2005, on comptait 108 naissances de garçons pour 100 naissances de filles. Ce chiffre a atteint 112 en 2006, niveau significativement plus élevé que la norme biologique de 105. Cela traduit une manipulation active de la répartition des genres à la naissance, c’est-à-dire des avortements sélectifs en défaveur des filles.
La préférence marquée pour les garçons et la sélection prénatale du sexe de l’enfant sont des phénomènes bien connus depuis une vingtaine d’années en Asie. Mais c’est la première fois qu’ils sont mis en évidence au Viêt-nam. Bien que récente dans le pays, cette tendance n’en est pas moins rapide.
MOTS-CLES : VIET-NAM, DEMOGRAPHIE, GARçON, AVORTEMENT
mars 2009
N°312 : Dengue et chikungunya : quand les fléaux se conjuguent
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Pour la première fois, la dengue et le chikungunya ont frappé simultanément le continent africain. Des chercheurs de l’IRD et leurs partenaires montrent que le moustique Aedes albopictus pourrait transmettre les deux virus en même temps. Ils ont également observé pour la première fois au monde des cas de co-infection.
En 2006, le chikungunya a touché près d’un tiers de la population réunionnaise. Au total, des milliers de personnes en Inde et dans tout l’océan Indien ont été infectées. La dengue, quant à elle, fait chaque année environ 100 millions de victimes à travers le monde.
Fièvre, douleurs articulaires, maux de tête, signes cutanés sont les symptômes les plus fréquemment rencontrés. Bien que rarement mortelles, ces deux maladies sont considérées aujourd’hui comme des problèmes de santé publique majeurs en Asie, Amérique du Sud et en Afrique, et représentent un risque planétaire. Leurs virus respectifs ont récemment été détectés dans de nouvelles régions.
N°311 : Une étude inédite témoigne d’une possibilité de transfert de gènes par les insectes pollinisateurs
(.pdf, 120.3Ko)
La mise en culture d’une plante transgénique est souvent synonyme, pour ses détracteurs, d’un risque de contamination des plantes sauvages par le pollen de l’OGM. Les recherches menées au Kenya par l’IRD et l’ICIPE fournissent des informations inédites quant à l’existence d’un tel risque. En équipant des spécimens d’une grosse abeille solitaire d’Afrique de mini radioémetteurs, les scientifiques sont parvenus pour la première fois à étudier directement les trajets effectués par cette espèce. Ils ont ainsi constaté que ces insectes pouvaient parcourir jusqu’à 6 kilomètres pour collecter le nectar et le pollen des fleurs de niébé, une légumineuse présente à la fois sous des formes sauvages et domestiques dans de nombreux pays d’Afrique. Ces travaux visent à mesurer le potentiel de contamination par la voie pollinique des niébés sauvages ou cultivés traditionnellement par une variété génétiquement modifiée en cours d’élaboration. Ils tendent à montrer que ce risque existe, même s’il doit être relativisé.
Or, ce niébé Bt pourrait permettre d’améliorer la protection de la plante vis-à-vis du maruca, un papillon ravageur. Les larves de ce dernier peuvent détruire jusqu’à 95 % d’une récolte qui constitue une source de protéine importante pour les petits agriculteurs africains.
MOTS-CLES : POLLINISATION, LEGUMINEUSE, TRANSGENE
janvier 2009
N°310 : Courant de Humboldt : l’écosystème de tous les extrêmes
(.pdf, 145.2Ko)
Situé dans l’Est de l’Océan Pacifique, au large des côtes péruviennes et chiliennes, le Système du Courant de Humboldt est l’écosystème océanique de tous les extrêmes et de tous les paradoxes. Ses eaux, d’un vert-brun turbide, sont particulièrement froides pour une région tropicale (environ 16°C en surface), en raison d’un phénomène d’upwelling1 côtier très intense. Il représente moins de 0,1% de la surface mondiale des océans mais est le siège de plus de 10% des prises de poissons de la planète. Pourtant la façade ouest de l’Amérique du Sud subit de plein fouet les perturbations climatiques provenant du Pacifique tels que El Niño (chaud) et La Niña (froid). Dans un contexte de changement climatique global, comprendre le fonctionnement de ce système emblématique est primordial. En ce sens, les chercheurs de l’IRD, l’Institut de la Mer du Pérou (IMARPE) et leurs partenaires2 tentent conjointement depuis 2001 de résoudre les paradoxes de cet écosystème pas comme les autres. Ils viennent de produire la première synthèse sur le sujet depuis 20 ans.
MOTS-CLES : Courant de Humboldt, océan, pêche, changement climatique, écosystème