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©IRD/Pelletier, Bernard
Légende : Embouchure du creek au sud du village de
Pamal (Est Ambrym). Marques du tsunami associé au
très fort séisme (Mw 7.5) du 16 novembre 1999.
La montée de l'eau lors du tsunami est estimée
sur ce site à 7 m (Poissons, crustacées et
autres ont été ramassés par les villageois
le lendemain matin du séisme et tsunami dans les
herbes et les arbres bordant le creek). La zone inondée
est marquée par les herbes de couleur jaune.
Référence Indigo : 15977
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Nouvelle-Calédonie
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Fax : +687 26 43 26
Courriel : bernard.pelletier@noumea.ird.nc
Contacts IRD Communication :
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courriel : presse@paris.ird.fr
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Le séisme qui a été
ressenti fortement le 26 novembre 1999 dans les îles d'Ambrym
et Pentecôte, dans le Pacifique sud-ouest, est le plus fort
séisme de type chevauchant enregistré dans le Vanuatu
central. Les travaux entrepris à terre et en mer par les
chercheurs de l'IRD ont permis de décrire les mouvements
tectoniques qui se sont produits lors du séisme et de modéliser
les mécanismes de la rupture. Les résultats montrent
que dans cette région du Vanuatu, les mouvements de glissement
de la plaque océanique australienne sous la plaque Pacifique,
bloqués à l'Ouest, engendrent de fortes contraintes
à l'Est de l'arc insulaire (arrière-arc). Cette configuration
fait du séisme d'Ambrym-Pentecôte un exemple rare de
compression à l'arrière d'une zone de subduction dans
un environnement océanique.
Dans le Pacifique sud-ouest, l'arc insulaire
du Vanuatu s'étend sur 1 700 km et correspond à une
zone de convergence où la plaque australienne glisse vers
l'Est au-dessous du bassin nord-fidjien, qui appartient à
la plaque du Pacifique, générant ainsi des séismes.
Le 26 novembre 1999, les îles centrales du Vanuatu, et plus
particulièrement celles d'Ambrym et Pentecôte, ont
été fortement ébranlées par un séisme
superficiel de magnitude 7,5 suivi d'un tsunami (raz-de-marée).
Le séisme et les très nombreux glissements de terrain
associés ont provoqué la mort de dix personnes et
d'importants dégâts (1).
Immédiatement après le
séisme, les chercheurs de l'IRD ont procédé
à des analyses à terre et en mer afin d'identifier
les mouvements tectoniques et les mécanismes de rupture mis
en jeu. Alors que les îles Pentecôte au Nord et Paama-Lopévi
au Sud n'ont pas subi de surrection, l'extrémité orientale
d'Ambrym a été soulevée de plus d'un mètre.
Cette élévation, attestée par la mort de colonies
coralliennes, a également été marquée
sur le bord de côte par l'apparition d'une bande blanche résultant
de la dessication des algues rouges encroûtantes. Les données
sismologiques ont permis de localiser le foyer à la pointe
nord d'Ambrym, à 15 km de profondeur environ. La décroissance
rapide vers l'Ouest du soulèvement observé, qui s'annule
à quelques km de la pointe orientale de l'île, a confirmé
que l'épicentre du séisme était proche et relativement
superficiel. L'étude des mouvements horizontaux cosismiques
(survenus au moment du séisme) aux différents sites
du réseau GPS de l'ensemble des îles centrales a montré
que la pointe ouest de l'île d'Ambrym s'était déplacée
de 35 cm vers l'Est .
L'analyse des répliques sismiques,
ainsi que celles des déplacements verticaux et horizontaux,
a révélé un fort mouvement chevauchant de 6,5
m de la croûte du bassin nord-fidjien sous l'arc des Nouvelles-Hébrides,
qui s'est produit le long d'une faille superficielle orientée
Nord-Sud, pentée vers l'Ouest et émergeant à
l'Est des îles d'Ambrym et Pentecôte. Une cartographie
des fonds océaniques le long des flancs orientaux des îles
Ambrym et Pentecôte ont mis en évidence un escarpement
de faille important, étendu sur 400 m de large et 40 km de
long, d'une hauteur de 900 m et orienté à 165°
Nord. Il correspondrait à l'émergence en surface de
la zone de rupture impliquée dans le séisme du 26
novembre 1999 (1).
La surrection observée à
la pointe est d'Ambrym s'inscrirait en fait dans une dynamique à
long terme, initiée il y a quelques milliers à plusieurs
millions d'années. En effet, la limite de la zone surélevée
coïncide avec l'endroit sur la côte sud-est d'Ambrym
où disparaît le lagon frangeant. De plus, la découverte
de terrasses coralliennes à des altitudes de 2 à 10
m, dans la portion de côte ayant subi cette surrection cosismique,
suggère que la même faille de compression est régulièrement
activée, dessinant ainsi la côte est d'Ambrym et agrandissant
l'escarpement situé à l'Est de l'île. La datation
de ces terrasses coralliennes a été réalisée
en mesurant le rapport Uranium/Thorium présent dans les coraux.
Elle a permis d'estimer un taux moyen de surrection de 3-4 mm par
an au cours des 8000 dernières années. Les chercheurs
ont ainsi estimé que l'escarpement de la faille de compression
à l'Est d'Ambrym résulte d'une activité vieille
de 15 000 à 60 000 ans. L'intervalle de récurrence
des forts séismes a été calculé entre
100 et 375 ans.
Les spécialistes de l'IRD considèrent
que le séisme de novembre 1999, ainsi que le cycle sismique
le long de la zone située à l'Est de l'arc insulaire
présente une déformation compressive de la plaque.
Le phénomène de convergence aboutit à l'épaississement
de la croûte et à la création permanente de
relief. C'est ainsi que sont nées les îles Maewo et
Pentecôte. La zone de compression impliquée dans le
séisme du Vanuatu central apparaît donc comme une frontière
active, qui incorpore progressivement des fragments de lithosphère
du bassin nord-fidjien. Cette configuration constitue un exemple
rare de front compressif situé à l'arrière
d'une zone de subduction dans un environnement océanique.
Rédaction : DIC - Mina Vilayleck
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(1) Des figures sont disponibles à la Base
d'images de l'IRD, Indigo Base, voir ci-dessous.
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Bibliographie
Pelletier B., Régnier M .,
Calmant S. Pillet R., Cabioch G., Lagabrielle Y., Boré J.M,
et al., 2000 - Le séisme d'Ambrym-Pentecôte (Vanuatu)
du 26 novembre 1999 (Mw : 7,5) : données préliminaires
sur la séismicité, le tsunami et les déplacements
associés, C.R. Acad. Sci., Paris, Sciences de la Terre et
des Planètes 331, 21-8
Régnier M, Calmant S., Pelletier
B., Lagabrielle Y., Cabioch G., 2003 - The Mw 7.5 Ambrym earthquake,
Vanuatu : A back arc intraplate thrust event, Tectonics, vol.22,
n°4, 1034, 8, 1-14
Lagabrielle Y., Pelletier B., Cabioch
G., Régnier M., Calmant S., 2003 - Coseismic and long-term
vertical displacement due to back arc shortening, central Vanuatu
: Offshore and onshore data following the Mw 7.5, 26 November 1999
Ambrym earthquake, Journal of Geophysical research, vol.108, B11,
2519
Pour obtenir des illustrations
sur ces recherches
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Claire Lissalde ou Danièle Cavanna
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ou cavanna@paris.ird.fr
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