Afrique de l'Ouest et Centrale / L'IRD dans le monde / IRD - Institut de recherche pour le développement (IRD) http://www.ird.fr/l-ird-dans-le-monde/afrique-de-l-ouest-et-centrale/(view_mode)/rss fr © IRD / Marie-Lise Sabrié Plats traditionnels du Niger préparés à l'occasion d'un concours de cuisine à Sina Kwara L’Afrique subsaharienne est aujourd’hui le continent le plus pauvre et le plus marginalisé du point de vue économique ; près de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté absolue. Les défis actuels du développement durable -dans ses composantes environnementales, économiques, sociétales et culturelles- sont, dans ce contexte, posés avec une acuité particulière. Les enjeux tels que la gestion des ressources (eau, biodiversité, énergie), les impacts du changement climatique (désertification, réfugiés environnementaux), l’évolution du peuplement (migrations, urbanisation), la sécurité alimentaire et la lutte contre les pandémies doivent être pris en compte dans les stratégies de développement. Plus qu’ailleurs peut être, la science peut apporter ses connaissances pour contribuer à ces dernières. Actuellement, un fossé scientifique, technologique et numérique sépare l’Afrique subsaharienne du reste du monde : seuls 1 % des chercheurs dans le monde s’y trouvent, ils y produisent moins de 1% des publications scientifiques mondiales les dépenses de recherche y représentent moins de 0.5 % des PIB. Ces chiffres cachent d’ailleurs de fortes disparités entre pays (on notera par exemple la situation singulière de l’Afrique du Sud). Ces dernières années, le rôle que peut avoir la science dans le développement s’est affirmé tant du côté des Etats africains eux-mêmes que du côté des partenaires techniques et financiers (Plan d’action consolidé pour la science et la technologie lancé en 2005 par l’Union Africaine, volet science du Partenariat stratégique UE / Afrique de 2007). Et les besoins sont énormes pour des systèmes nationaux d’enseignement supérieur et de recherche souvent faibles, sous financés et sous équipés, qui doivent globalement faire face à la fuite des cerveaux et pallier les insuffisances en matière de relation avec l’industrie locale. Les modalités d’accompagnement doivent donc être multiformes : soutien au triangle de la connaissance formation-recherche-innovation, soutien aux institutions, aide à la programmation, renforcement des infrastructures, etc. L’IRD en Afrique de l’Ouest et centrale © IRD / Jean-Jacques Lemasson Laboratoire d'examens de crachats dans le service de pneumologie à l'hôpital Fann à Dakar, Sénégal Pour des raisons historiques, dès sa création en 1946, l’IRD a ouvert des implantations en Afrique de l’Ouest et centrale. Il en existe 7 aujourd’hui : au Bénin, au Burkina Faso, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Mali, au Niger et au Sénégal. L’existence d’une forte implication –historique et continue- de l’IRD dans cette région, explique que l’Institut y déploie ses activités dans un nombre important de thématiques prioritaires : lutte contre la pauvreté et développement ; migrations internationales et développement ; maladies infectieuses émergentes et ré-émergentes ; écosystèmes, ressources naturelles et agriculture, sécurité alimentaire ; changement climatique. Les activités de recherche menées par l’IRD, associant systématiquement des acteurs locaux dans le cadre d’une contractualisation, sont complétées par une large palette d’initiatives partenariales, qui témoignent de la densité des collaborations scientifiques tissées au fil des ans entre l’IRD et les institutions nationales. Parmi les interventions de l’IRD, mentionnons l’accompagnement à la définition d’orientations politiques en phase avec l’actualité des enjeux scientifiques, la sensibilisation à la recherche et la promotion de la culture scientifique, la formation à la recherche et par la recherche sur les thèmes qui répondent expressément aux besoins locaux. Compte tenu de la fragilité des communautés scientifiques, le renforcement des capacités des universités et structures de recherche est une priorité à laquelle se consacre l’Institut, dans le cadre d’engagements contractuels passés avec les institutions nationales. S’il dispose de plateformes scientifiques et techniques propres, les rapprochements s’accentuent de manière à favoriser la mutualisation des moyens avec les organismes partenaires. Comme ailleurs, les équipes participent à de grands programmes régionaux pluridisciplinaires et sont traditionnellement investies auprès d’organisations internationales à vocation spécifique. Journées Internationales de Valorisation et de Transfert autour des Procédés de Dépollution http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/journees-internationales-de-valorisation-et-de-transfert-autour-des-procedes-de-depollution Wed, 19 Oct 2011 00:00:00 +0200 Avec des participants venus du Sénégal, Burkina Faso, France et Cameroun, les Journées de Chimie Analytiques (JCA édition 2011) ont eu lieu du 05 au 07 octobre 2011 à la Faculté des sciences Université de Yaoundé I. Organisées par le Laboratoire de Chimie Analytique (LCA), avec un soutien de l’IRD, le MAEE et l’AUF, notamment dans la prise en charge de deux chercheurs étrangers. © IRD/JG Kayoum E. Ngameni Xavier Garde, Représentant IRD A l’ouverture des JCA, le Professeur Ngameni, par ailleurs président du Comité d’Organisation, a souligné le caractère international de cette édition et sa thématique centrée sur la valorisation des travaux de recherche à travers le transfert des résultats de la recherche universitaire vers l’industrie. A sa suite, le représentant de l’IRD au Cameroun, le Dr. Xavier Garde, a rappelé la mission de l’IRD (recherche, formation et valorisation). Etablissement public français à caractère scientifique et technologique, l’IRD oriente la recherche vers le développement. Il s’est par ailleurs appesanti sur les objectifs du programme AIRES-Sud dans ses missions de formation, de développement de la coopération, d’expertise et de transfert technologique. Il a mis à profit cette occasion pour souligner les bonnes relations existantes entre l’IRD et le professeur Ngameni qui s’est toujours distingué par la qualité des travaux de son équipe. © IRD/JG Kayoum Photo de famille Le Professeur Njopwouo, qui représentait le Recteur de l‟Université de Yaoundé I et le Doyen de la Faculté des Sciences a officiellement ouvert les JCA édition 2011, dont les thématiques développées ont porté sur : Prototypes de dépollution des eaux Optimisation de divers procédés de décontamination des eaux polluées Elaboration de nouveaux matériaux d’électrode et Capteurs électrochimiques Pour en savoir plus, consulter le rapport joint Lac Tchad : un lac en partage http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/lac-tchad-un-lac-en-partage Mon, 15 Nov 2010 00:00:00 +0100 Le Lac Tchad était au cœur des discussions menées lors de la session Afrique du 8e Forum Mondial du Développement Durable (FMDD), qui s'est tenu du 29 au 31 octobre 2010 à N'Djamena, au Tchad. Une mobilisation pour l'avenir du Lac Tchad Les 29 et 30 octobre, scientifiques, décideurs et membres de la société civile ont mis en commun leurs analyses et confronté l’état des recherches sur les différentes dimensions d’une région qui constitue un concentré de tous les facteurs structurants du développement durable – accès et régulation de l’eau, sécurité alimentaire au travers d’une agriculture, pêche et élevage durables, aménagement et mise en cohérence des activités économiques qui préserveront l’écosystème unique du lac Tchad. Le 31 octobre, les chefs d’états et représentants des gouvernements du Sénégal, du Cameroun, de la Centrafrique, du Niger, du Nigéria et du Tchad ainsi que les représentants des grandes institutions financières et de développement ont confirmé la mobilisation et la volonté partagée par tous de créer un cadre institutionnel solide pour préparer et sécuriser le futur du Lac Tchad. L’ensemble des actions proposées par les experts ont été validées à l'issue du Forum, au cours d'une réunion des chefs d’Etat des pays de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT) : inscrire le Lac Tchad comme Patrimoine de l’Humanité afin d’en faire une zone protégée et à aménager avec comme priorité la préservation de sa biodiversité et de ses écosystèmes ; engager l’aménagement, le désensablement, la régulation des volumes d’eau du lac et du transfert avec des études de faisabilité fines ; valoriser la vie et l’économie du Lac : créer une nouvelle économie humanitaire pour le lac Tchad en valorisant les acteurs et en sécurisant ses populations ; renforcer la recherche et le développement en partenariat avec les universités et centres de recherches d’Afrique et d’Europe sur l’eau, la sécurité alimentaire, l’aménagement du territoire et l’urbanisation, et l’énergie. © IRD / Florence Sylvestre Carottage au centre de la cuvette sud du Lac Tchad. Campagne de terrain de novembre 2008 au Niger puis au Tchad Le FMDD préconise ainsi le renforcement de la recherche articulée à l’action dans différents secteurs clé dont celui de l’eau. Cette question centrale, qui engage l’avenir des populations riveraines du Chari et du Lac, est déjà largement étudiée par des organismes de recherche comme l’IRD et par la CBLT. Les travaux présentés par les chercheurs de l’IRD à l’occasion de ce Forum s’inscrivent tout à fait dans cette recommandation reprise par les chefs d’Etat en conclusion du Forum. Un projet de recherche , soumis à l’ANR, s’appuie sur l'évolution récente du Lac Tchad, son contexte général et les données de base, et intègre les différents volets que sont le climat, l’hydrologie de surface, la recharge en eaux souterraines et ses interactions avec la végétation. Il vise à produire un modèle hydrologique de l’écosystème ‘Lac Tchad’ couplé aux simulations climatiques permettant de déterminer quels sont les mécanismes qui contrôlent la variabilité hydrologique sur le bassin du Lac Tchad sur une échelle de temps longue et ainsi d’envisager des scénarios prédictifs de son évolution dans le contexte de changements climatiques que nous connaissons actuellement. L’IRD propose ce projet en partenariat avec des institutions de recherche du Nord comme du Sud, notamment à travers la création d’un Laboratoire Mixte International (LMI) associant recherche et formation. Ce projet s’inscrit dans la thématique SREC (Sociétés Rurales, Environnement et Climat en Afrique de l’Ouest) de l’IRD. Parallèlement à ces recherches nécessaires à une meilleure compréhension du fonctionnement du Bassin hydrologique du Lac Tchad, une expertise pourrait être conduite ce qui permettrait alors de répondre complètement à la proposition émise par Madame Valérie Letard lors de son allocution : « … Il s’agit désormais de lancer une étude scientifique qui permettra de synthétiser les travaux déjà réalisés, notamment par les chercheurs africains, et de mieux identifier les phénomènes qui expliquent la baisse du niveau des eaux du lac Tchad et proposer des pistes d’actions vers un développement durable pour tous les habitants du bassin. Il est essentiel, après avoir fait ces constats, que cette étude soit menée de la manière la plus rigoureuse possible afin que ses résultats ne soient pas remis en doute… ». Les enjeuxEtat des lieux… pour une démarche globale © IRD / François Delclaux Déplacement en pirogue dans la cuvette nord du lac Tchad, au milieu des troncs de "Prosopis" morts. Au Tchad comme dans les pays de l’Afrique sèche, l’eau et l’énergie sont au cœur des enjeux du développement durable.Face à l’augmentation des besoins liés à la forte croissance démographique et urbaine que connaissent ces pays, la maîtrise de l’eau et de l’énergie sont centrales. Une meilleure valorisation des ressources en eau doit permettre d’assurer la sécurité alimentaire, en compensant une irrégularité climatique potentiellement accentuée par le changement global, tout en assurant la satisfaction des besoins fondamentaux des ruraux et des citadins. La très faible consommation d’énergie constitue un verrou du développement, alors même que le recours dominant dans ce domaine aux ressources ligneuses exerce des effets destructeurs sur l’environnement. Sur ces vastes territoires soumis à un climat semi-aride, peu densément peuplés, l’accès des populations à ces ressources, qui passe par leur mobilisation à la fois plus efficace et durable, constitue un défi majeur. Une mise en perspective scientifique est nécessaire pour tirer des leçons des expériences du passé et comprendre les options disponibles pour relever ce défi. La question du lac Tchad et des menaces d’assèchement qui servent d’argumentaire aux partisans intéressés d’un détournement des eaux de l’Oubangui vers le Chari est trop complexe pour se résumer à un raisonnement linéaire du type : réchauffement climatique, sécheresse, disparition du lac, appauvrissement de la biodiversité, conséquences dramatiques pour les populations (agriculteurs, éleveurs, pêcheurs). L'état actuel du Lac Tchad est comparable à celui qu’on a pu observer au début du XXe siècle ; les écosystèmes ne cessent de changer : la référence au passé est indispensable pour comprendre le sens des changements. La région du lac Tchad est soumise aux contraintes caractéristiques de l’ensemble du Sahel, en particulier une croissance démographique qui compte parmi les plus fortes du monde et pose le problème des déséquilibres entre population et ressources naturelles. La compréhension d’un système complexe comme est le bassin du Tchad nécessite une approche globale, intégrant les données climato-hydrologiques et les facteurs humains (démographie, modes d’exploitation de la nature, rapports sociaux, représentations culturelles, enjeux géopolitiques). La démarche du développement durable, soucieuse de placer l’homme au centre de la réflexion, répond à cette exigence intellectuelle. Climat et ressources en eau L’hydrologie du bassin du Tchad est bien connue, en particulier grâce aux travaux de qualité de chercheurs de l’IRD. La situation actuelle du lac est celle du « petit Tchad », inférieur à la cote 280 m. La nappe d’eau est compartimentée par des hauts fonds, entourée de vastes zones marécageuses. Le lac fonctionnant comme une machine à évaporer, son volume en eau dépend des apports des cours d’eau, Chari et Logone pour plus de 80%. Le cycle de sécheresse commencé en 1973 a provoqué l’assèchement de la cuvette nord. Les apports du Chari ont enregistré une baisse conséquente. Depuis une vingtaine d’années la situation a peu changé, les rapports entre eaux libres et marécages sont à peu près stabilisés. Les images de la NASA permettent de suivre l’évolution des contours des surfaces en eau. Cependant elles n’autorisent pas à en conclure à l’inéluctabilité de l’assèchement. Il convient en tout état de cause d’écouter les scientifiques qui ont une connaissance du terrain et du territoire. Des écosystèmes complexes et changeants Toute variation de niveau du lac se traduit par des changements environnementaux. La végétation naturelle (papyrus, roseaux, diverses plantes de marécage) tout autour des zones récemment exondées, crée de nouvelles frayères pour les poissons – et fournissant des apports en fourrage pour les éleveurs. Le lac est très poissonneux mais les espèces réagissent diversement aux variations hydrologiques, les unes disparaissent, d’autres s’adaptent. Variabilité du lac et mouvements de population En se rétractant, le lac libère des espaces et fait apparaître des îles. Ces terres fertiles et humides exercent une forte attraction tant sur les éleveurs que sur les agriculteurs. Les périphéries du lac sont devenues un foyer d’immigration, entre autre pour les « réfugiés climatiques » fuyant les zones sahéliennes déshéritées. La question de la cohabitation de populations d’origines géographique et ethnique diverses se pose, d’autant qu’elle se superpose avec celle de leur nationalité. Les contentieux frontaliers entre Nigeria et Cameroun ont été réglés sur le plan du droit, mais le transfrontalier lacustre engendre des situations compliquées. De nouveaux espaces agro-pastoraux Les agriculteurs sont les grands gagnants du recul du lac : les terres de décrue ont transformé ses périphéries en grenier céréalier (riz, sorgho, canne à sucre etc.). Dans la partie nord du lac, de nombreux hauts fonds interdunaires ont été aménagés en polders céréaliers (pour le blé) depuis l’époque coloniale. Quelques conflits fonciers (classiquement au Sahel entre éleveurs et agriculteurs) sont récemment apparus sur des terres libérées par le recul de la nappe d’eau. L’inquiétude pour l’avenir de cette agriculture prospère réside dans le projet Oubangui. L’apport envisagé d’une quantité d’eau considérable (40 km3, supérieur à celui actuel du Chari) devrait permettre selon les promoteurs du projet de reconstituer un « Tchad moyen ». Une pêche mal contrôlée © IRD / Jacques Lemoalle Pêche à la nasse, cuvette nord du Lac tchad, région de Diffa, Niger. La rétraction du lac est globalement défavorable à la faune halieutique, mais la crise des activités de pêche semble plutôt la conséquence de la surpêche consécutive à l’augmentation du nombre de pécheurs et à l’utilisation de matériels modernes plus productifs (donc destructeurs). L’invasion d’une partie du lac par des plantes aquatiques envahissantes constitue aussi une entrave à la pêche – et à la navigation qui n’est plus possible qu’en petites pirogues. Le partage du lac entre quatre pays n’en facilite pas la gestion des ressources, en dépit de l’existence d’une institution régionale, la Commission du Bassin du Lac Tchad Enjeux d’aménagement des bassins fluviaux de l’Afrique sèche et développement durable Les enjeux de gestion du bassin du lac Tchad méritent d’être interprétés par rapport aux situations comparables des zones sèches, notamment du Sahel, des régions de l’Afrique australe ou de l’Asie. Les choix réalisés ou à l’étude dans les projets d’aménagement et de gestion des bassins fluviaux sous-tendent en effet des questions d’ordre géopolitique (coopération régionale), environnementale, sociale et économique: il faut gérer les intérêts potentiellement concurrents entre l’amont et l’aval, entre usages (urbains, énergétiques, industriels, agricoles), et, au sein de ces derniers entre activités (agriculture / élevage ; agriculture irriguée / de décrue / pêche). Il faut dans le même temps assurer la préservation de la biodiversité (zones humides) et la durabilité des écosystèmes, dans un contexte hydrologique rendu incertain par le changement global. Le bois et l’énergie au Sahel La principale source d’énergie domestique au Sahel est fournie par les ressources ligneuses. La croissance urbaine, en orientant la demande sur le charbon de bois, amplifie les pressions sur l’environnement dues à la croissance démographique. En même temps, la filière bois-énergie fournit des revenus à de nombreux acteurs, notamment des ruraux défavorisés (cadets sociaux, femmes, migrants, etc.). De nombreuses expériences de gestion des filières bois énergie menées dans les différents Etats du Sahel depuis une vingtaine d’années – reposant dans des proportions variables sur les Etats, des acteurs privés ou décentralisés – doivent être capitalisées pour éclairer les perspectives de ce secteur et les options disponibles, en lien avec la question de la transition énergétique. Devenir du lac et opportunités pour un développement durable © J. Lemoalle Analyse chimique des eaux de la cuvette nord du Lac Tchad (février 2004). La qualité chimique de l’eau a évolué avec le niveau du Lac depuis les années 1960s. Le lac Tchad a longtemps été répulsif car les populations insulaires attachées à leurs territoires se protégeaient en entretenant une insécurité dissuasive. L’abaissement du niveau du lac a au contraire ouvert les vannes de la migration vers les terres humides, si rares dans le Sahel. Pour l’avenir de nouveaux enjeux pourraient à nouveau changer la donne. La question d’une relation entre l’hydrologie lacustre et les nappes fossiles sahariennes mérite d’être posée. Les questions minières et pétrolières pourraient interférer avec les dynamiques écologiques et anthropiques qui modifient sans cesse le vaste bassin endoréique du lac Tchad. Alors que plusieurs Etats sahéliens sont devenus producteurs de pétrole, la rareté et le prix – parmi les plus élevés du monde - de l’énergie continuent d’y constituer des obstacles majeurs au développement. Au Tchad et au Niger, des projets en cours ont le mérite de prendre en considération les besoins nationaux, à la différence de projets classiques exportant le pétrole vers le marché mondial contre une rente pour l’Etat. Le devenir du lac Tchad pourrait passer par le développement des énergies nouvelles et renouvelables. L’arrivée de nouveaux acteurs – notamment la Chine – ne fournit-elle pas des opportunités pour penser, depuis l’Afrique, la transition énergétique mondiale rendue inévitable par le changement global et l’épuisement progressif des ressources en hydrocarbures ? Les enjeux géopolitiques des grands bassins versants Les frontières politiques qui découpent le continent africain ont généré de multiples conflits, mais les plus graves sont peut-être à venir. En effet, les problèmes d’approvisionnement en eau – qu’elle vienne des pluies, des fleuves ou des nappes – dessinent des territoires particuliers : les bassins versants et les aires d’alimentation des aquifères. Et ceux-ci ne s’inscrivent jamais exactement à l’intérieur des frontières nationales. Il faut donc dépasser ce cadre et s’entendre politiquement entre Etats pour exploiter équitablement une ressource de plus en plus rare. Nombreuses ont été les « autorités » qui ont tenté d’établir des règles du jeu, notamment en Afrique de l’Ouest (Sénégal, Niger). Depuis près d’un demi-siècle, la CBLT (Commission du Bassin du Lac Tchad) est chargée de cette tâche délicate, et elle affiche des résultats contrastés. Le Forum Mondial du développement DurableSession Afrique du 8ème Forum Mondial du développement Durable « Sauver le Lac Tchad » N’Djaména (Tchad) 29-31 octobre 2010. Créé en 2003 par la revue Passages et son fondateur Emile H. Malet, le Forum Mondial du Développement Durable est le rendez-vous annuel des décideurs et responsables du monde économique, politique, éducatif et associatif francophone, avec des ouvertures internationales vers l’Asie, les Etats-Unis, le Proche Orient, l’Amérique latine et l’Afrique. Chaque année, ce Forum rassemble à Paris des représentants des principaux pays du monde francophone autour d’une problématique du développement durable et depuis 2008, le FMDD se déploie en Afrique, au Proche Orient, en Asie...En 2010, le 8ème Forum Mondial du Développement Durable s’est déroulé à Marcoussis (France) du 24 au 26 juin 2010 et la session Afrique intitulée ‘Sauver le Lac Tchad’ a eu lieu à N’Djaména (Tchad) du 29 au 31 octobre 2010. Pour les responsables politiques des pays riverains du lac Tchad, un des objectifs de la rencontre de N’Djaména était d’attirer l’attention du monde sur la situation catastrophique du Lac, de proposer des solutions contre son assèchement et de mobiliser des fonds pour la sauvegarde du lac Tchad, tout en assurant la survie des populations locales dont ils sont les représentants. Segment scientifique (29 et 30 octobre) Lors du segment scientifique du Forum les 29 et 30 octobre, les grands spécialistes Africains, Européens, d’Amérique et d’Asie ont mis en commun avec les parties prenantes (ONG, représentants de la société civile) leurs analyses et confronté l’état des recherches sur les différentes dimensions d’une région qui constitue un concentré de tous les facteurs structurants du développement durable – accès et régulation de l’eau, sécurité alimentaire au travers d’une agriculture, pêche et élevage durables, aménagement et mise en cohérence des activités économiques qui préserveront l’écosystème unique du lac Tchad. Participants Monsieur le Délégué Général du Forum Mondial du Développement Durable Scientifiques institutionnels et universitaires venus des pays riverains (Cameroun, Niger, Nigéria, Tchad) et de France (IRD*, Cirad, Université de Poitiers, Université de Nanterre), Université de Genève, : hydrologues, géologues, paléoclimatologues, hydrogéologues, agronomes, halieutes, géographes, économistes, historiens, écologues,…Monsieur le Directeur de l’ENS, Université de Maroua (Cameroun) Des représentants d’institutions nationales et internationales :l’Autorité du Bassin du Niger (ABN), l’Institute for African Studies à Lubjana, l’Institut Supérieur du Sahel, Université de Maroua, Cameroun, la Présidente de Global Water Fund, Directeur du programme Afrique centrale, International Crisis Goup,Directeur de l’Observatoire du Bassin du Lac Tchad (RCA),GRET (association professionnelle de solidarité et de coopération internationale) Des représentants d’ONG internationales :UICN, African Civil Society Network on Water and Sanitation (ANEW), Des représentants de réseaux : France-Europe-Planète Bleue Des Représentants de la CBLT : Commission du Bassin du Lac Tchad (6 états : Cameroun, Niger, Nigéria, Tchad, RCA et Lybie) Des représentants d’organisations internationales : FEM, Land and Water Division, Natural Resources (FAO) Différents responsables africains de l’enseignement supérieur : Ministres, Directeurs de la Recherche, Recteurs,… Représentants de la Société civile : Forum des Organisations de la Jeunesse Tchadienne,… Coordonnateurs de projets autour du lac Tchad : Directrice du Programme Eau, Green Cross International, Projet Commission du Bassin du Lac Tchad -BGR, Gestion durable des ressources en eau composante eaux souterraines, Responsable Projet Espace, Laboratoire de Physiologie de la Perception et de l'Action, Collège de France *Participants IRD : Jacques Lemoalle, DR émérite, Hydrologue, UMR G-EAU (Montpellier) Florence Sylvestre, DR, Paléo-climatologue, UMR CEREGE (Aix-Marseille 3) Pierre Deschamps, CR, Géochimiste, UMR CEREGE (Aix-Marseille 3) Guillaume Favreau, CR, Hydrogéologue, UMR HSM (Niamey-Niger) Xavier Garde, Représentant de l’IRD au Cameroun Gilles Bezançon, Représentant de l’IRD au Niger Segment politique (31 octobre) Lors du segment politique le 31 octobre les chefs d’Etat Idriss Déby Itno (Tchad), Abdoulaye Wade (Sénégal), Goodluck Jonathan (Nigéria), Mouammar Kadhafi (Lybie) et François Bozizé (Centrafrique) ainsi que les représentants des grandes institutions financières et de développement ont tous ensemble permis de confirmer la mobilisation et la volonté partagée par tous de créer un cadre institutionnel solide pour préparer et sécuriser le futur du Lac Tchad. Pour la France : Madame Valérie Létard (Secrétaire d’Etat auprès de Jean-Louis Borloo) représentant le Président Sarkozy, Monsieur l’ Ambassadeur de France au Tchad, Monsieur le Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle auprès de l’Ambassade de France à N’Djaména, le Chargé de mission auprès du Directeur Général de la Direction Générale de la Mondialisation (MAEE) M. Bertrand Fort, le Chef de l’Agence de l’AFD de N’Djaména M.Jean-Marc Pradel et le Chargé des Relations think tanks et Milieux Académiques au Département des Relations Extérieures et de la Communication de l’AFD M. Bertrand Charrier, Monsieur E. Alphandery, Ancien ministre français de l’Economie et des Finances, Président de la CNP et Administrateur de GDF-SUEZ. L'évolution récente du Lac Tchad Contexte général et données de base La variabilité du niveau et de la surface du lac Tchad est un phénomène maintenant bien connu. Des données et des connaissances fiables et actualisées sont nécessaires à la prise de décision pour la gestion des ressources naturelles associées au lac. Nous rappelons ici quelques données sur le fonctionnement hydrologique du lac et son évolution récente. Les variations de la pluie sur le bassin versant expliquent son bas niveau actuel, qualifié de "Petit Tchad" avec plusieurs cuvettes séparées. Dans le contexte actuel de croissance démographique, et faute de prévisions fiables sur l'évolution de la pluviométrie, un transfert inter-bassin est envisagé pour limiter la variabilité de la ressource en eau et l'incertitude sur la production de nourriture. Un modèle de simulation hydrologique du lac est utilisé pour évaluer l'impact sur son niveau de divers scénarios de transferts inter-bassin ou de prélèvements pour l'irrigation. J. Lemoalle , IRD, France L’histoire paléohydrologique du Lac Tchad Enseignements sur les changements climatiques La diminution des précipitations observée entre les années 1970 à 1990 sur toute l’Afrique de l’ouest, a été l’un des changements climatiques les plus importants à l’échelle du globe au XXème siècle. En effet, des variations interannuelles marquées ces dernières décennies ont résulté des années de grandes sécheresses avec des impacts environnementaux et socio-économiques accablants pour la région. Cette variabilité est à l’origine d’importants problèmes liés à la viabilité comme à la dégradation du sol ainsi qu’à la sécurité alimentaire et en eau. Avec une population essentiellement rurale, une diminution abrupte des ressources en eau s'est révélée dramatique pour l’économie de la région. © D.R. Moyenne annuelle des précipitations enregistrées dans la région du Sahel pour la période 1950-2000 (World Bank, 2007) Cette situation climatique, lourde de conséquences, a mobilisé l’ensemble de la communauté internationale. Aujourd’hui, la communauté scientifique s’accorde pour reconnaître que l’Afrique sub-saharienne est certainement l’une des régions continentales la plus vulnérable au changement climatique. En revanche, des incertitudes demeurent sur la prédiction des précipitations. Peu de modèles sont capables de reproduire la variabilité actuelle sur les zones sub-sahariennes et sahéliennes et les projections pour le prochain siècle restent peu fiables. Dans ce contexte, le lac Tchad, dont l’étendue est passée de ~20 000 km2 dans les années 1960 à moins de 5000 km2 aujourd’hui, est devenu emblématique du changement climatique. Bien que l'activité humaine puisse être une cause partielle de cette contraction, la variabilité climatique semble être, au premier ordre, le principal facteur contrôlant les fluctuations interannuelles du bilan hydrique. Cependant, l'impact climatique sur les processus d'infiltration, de drainage et de recharges des aquifères du bassin est encore mal quantifié. De plus, en Afrique de l'Ouest, la couverture végétale semble avoir localement un impact plus important sur les ressources en eau que le climat. Par exemple, à l’Holocène moyen, les simulations numériques échouent à reproduire les conditions hydrologiques fournies par les données paléoclimatiques. Ce biais entre observations et modèles est probablement attribuable à une sous-estimation des rétroactions complexes entre atmosphère, océan et végétation. © IRD / Marc Leblanc Données SRTM sur le Bassin du Lac Tchad. Le paléorivage, daté de l'holocène moyen (contour noir) correspond à une altitude de 324(+-) 5m un niveau similaire à celui du seuil communiquant avec le bassin du fleuve Niger (Leblanc et al.,2006a). Nous savons aujourd’hui que le lac Tchad et son bassin ont conservé un grand nombre de témoignages d’épisodes humides, les témoins les plus évidents étant les affleurements de diatomites d’origine lacustre, marqueurs des hauts niveaux du lac. Plusieurs études ont montré l’existence d’un Méga-lac Tchad pendant la période holocène humide, dont l’extension a été estimée à 360 000 km2 (Leblanc et al. , 2006). Par ailleurs, les travaux menés dans le cadre de missions paléontologiques sur le bassin du lac Tchad (Brunet et al. , 1995, 2002, 2005) mettent en évidence la présence récurrente de phases humide et sèche (« désert-lac ») au cours du Miocène et du Pliocène. Les observations sédimentologiques suggèrent la récurrence d’au moins 10 événements lacustres majeurs depuis 7 Ma d’années (Schuster et al. , 2006). Enfin, pour le dernier millénaire, une courbe de la variation des niveaux lacustres montre que le lac a connu de hauts niveaux entre 1100 et 1400 ans et au 17ème siècle. Elle montre aussi que le lac a déjà connu, notamment aux 15ème et 16ème siècles ainsi qu'au début du 20ème, de très bas niveaux lacustres (Maley, 1981). Bien que des données sur la variabilité des niveaux lacustres du lac Tchad existent, elles restent cependant éparses et reposent pour l’essentiel sur des enregistrements dispersés dans le bassin versant du lac. A ce jour, nous ne disposons pas d’un enregistrement de la sédimentation du lac qui nous renseignerait de manière continu sur les niveaux du lac Tchad. Dans le cadre d'un projet soutenu par le PPR « Sociétés Rurales, Environnement et Climat en Afrique de l’Ouest», plusieurs unités IRD (CEREGE, HSM, G-Eau, LTHE) en collaboration avec des unités de recherche du Nord et nos partenaires du Sud (Universités de N’Djamena, Ngaoundéré, Maïduguri et de Niamey) se proposent d'étudier de manière intégrée la variabilité hydrologique, passée et présente, du bassin, en prenant en considération tous les compartiments et flux du cycle hydrique –atmosphère, végétation, précipitation, ruissellement, infiltration, rivières, zones humides, lac et aquifère–. En couplant une étude basée sur les archives lacustres et souterraines, et une modélisation hydro-géologique –bassin versant-lac-climat–, ils pourront déterminer quels sont les mécanismes qui contrôlent la variabilité hydrologique sur le bassin sur une échelle de temps longue, au-delà de la période instrumental. In fine , il s'agit de produire un modèle hydrologique de l’écosystème ‘Lac Tchad’ couplé aux simulations climatiques permettant d’envisager des scénarios prédictifs de son évolution dans un contexte de changements climatiques. © D.R. Reconstitution des variations du niveau lacustre du lac Tchad au cours des 1000 dernières années (Maley, 1981). En résumé, même si l’impact du climat actuel n’est pas négligeable sur la variabilité hydrologique du lac Tchad, il n’en reste pas moins que les connaissances encore éparses et faibles en terme de résolution spatiale et temporelle, montrent que le lac a connu par le passé des phases de récession importante, de même ampleur que celle observée aujourd’hui. Il est donc souhaitable de renforcer la connaissance sur la variabilité hydrologique naturelle du lac Tchad et son temps de réponse face aux changements climatiques. De plus, nous savons que d’autres facteurs influent sur sa variabilité et il convient de pouvoir accroître cette connaissance par des observations de terrain couplées à de la modélisation hydro-géologique. En ce sens, un observatoire du Lac Tchad chargé de mettre en place un suivi des différents paramètres hydrologiques de cet écosystème (pluviométrie, débit des affluents, niveaux des différentes cuvettes du Lac) semble aujourd'hui un outil indispensable pour améliorer notre connaissance de son fonctionnement. Enfin, la piste alternative que constitueraient les ressources en eaux souterraines pour satisfaire aux besoins immédiat et urgent des populations en eau potable mériterait d'être approfondie. Des aquifères importants mobilisables par forage existent au sein du bassin du Lac Tchad, mais nos connaissances hydrogéologiques sont encore trop éparses pour évaluer les réserves et leur disponibilité. Projet lac Tchad: Impacts du climat et du couvert végétal sur la variabilité hydrologique Florence Sylvestre Pierre Deschamps CEREGE, IRD, Université Aix-Marseille, CNRS, Collège de France, Aix-en-Provence, France en collaboration avec: Guillaume Favreau, HSM/IRD Montpellier, France Jean-Claude Doumnang, Université de N’Djaména, Tchad Baba El Hadj Mallah, Centre d’Appui National à la Recherche, N’Djaména, Tchad Un projet de Laboratoire Mixte International autour du lac Tchad © G. Favreau Sondage par résonance magnétique des protons (RMP) dans le bassin du Lac Tchad (mai 2010). L’applicabilité et l’intérêt de la méthode ont été démontrés pour estimer les réserves en eau de l’aquifère. Dans le cadre du LMI, des formations en géophysique de sub-surface dispensées par les hydrogéophysiciens de l’IRD. Plus vaste bassin endoréique du monde, situé pour une large part en milieu semi-aride, le Bassin du Lac Tchad (2,5 Mkm2) a un fonctionnement hydrologique très sensible aux fluctuations environnementales. Dans un contexte de changement climatique (hausse des températures, incertitude sur la pluviométrie) et soumis à une forte croissance démographique (35 M. hab., +2.5% an-1), le Bassin du Lac Tchad, lieu d’immigration à usages multiples (agriculture – élevage – pêche), est devenu emblématique de l’impact du changement climatique sur les écosystèmes de milieu tropical. Partagé par quatre pays riverains, le lac Tchad présente une hydrologie originale aux processus changeants en fonction de sa superficie. Les impacts respectifs des activités humaines et du climat sur les fluctuations des ressources en eau demeurent largement méconnus. Pour mitiger les impacts du climat - et des usages - sur la ressource en eau, un tel objet hydrologique est donc particulièrement important à étudier. En raison du caractère transfrontalier du bassin du Lac Tchad, aucun pays ni aucun laboratoire universitaire ne peut relever seul ce défi. © G. Favreau Préparation d’un jaugeage du débit de la rivière Komadougou au Niger (service de l’Hydraulique). Cette rivière transfrontalière entre le Niger et le Nigéria alimente le Lac Tchad. Une partie significative de son débit est désormais contrôlée par des barrages. Des étudiants nigériens de l’Université Abdou Moumouni de Niamey travaillent, avec l’appui de l’IRD, à estimer les impacts respectifs des usages et du climat sur le débit de la rivière. Le projet de LMI « Lac Tchad » initié entre l’IRD (UMR HSM, Cerege, G-Eau, LTHE) et les Universités de Ngaoundéré, N’Djamena, Maïduguri et Abdou Moumouni de Niamey se propose de partager connaissances et expertises afin de conduire des recherches de qualité autour de la problématique des ressources en eau et des flux de matière associés dans le bassin du Lac. Il s’appuiera sur l’implication d’enseignants-chercheurs de l’UMR CNRS M2C (Université de Rouen, partenariat CPU-IRD : flux de matière), et des Universités James Cook (Cairns, Australie : télédétection), et du Texas (JCG, Austin, USA : impact de l’usage des sols). Des interactions déjà fructueuses dans le domaine des sciences humaines (migration, usages) seront poursuivies avec le Réseau international « Méga-Tchad ». La mutualisation des moyens et des données permettra de conduire des recherches transfrontalières pluri-méthodologiques, aux résultats valides à l’échelle de l’ensemble du bassin. La mutualisation des compétences Nord-Sud et Sud-Sud consistera à des interventions croisées en masters et en des co-encadrements de thèse, afin de renforcer les capacités des universités-hôtes du LMI. La réponse aux questions scientifiques posées aura une utilité immédiate pour la gestion concertée des ressources en eau dans le bassin du lac Tchad, où certains projets en cours vont engager de manière cruciale l’environnement régional (e.g., projet de dérivation des eaux du bassin du Congo vers celui du Tchad). En terme de valorisation et d’expertise scientifique, le LMI permettra une réponse coordonnée de ses membres aux expertises régionale (eg, Nepad) et internationale (Banque Mondiale, UNESCO). A terme, les résultats obtenus par le LMI auront vocation à guider une gestion concertée optimisée de la ressource en eau partagée, proposable aux institutions régionales (notamment, la Commission du Bassin du Lac Tchad, basée à NDjaména). Ce projet opérationnel de recherche et de formation en réseau est promu par quatre universités riveraines du Lac. Il s’inscrit dans la thématique "SREC" de l’IRD : « Sociétés Rurales, Environnement et Climat en Afrique de l’Ouest ». Guillaume Favreau Hydrosciences Montpellier, IRD, Université Montpellier 2, France Benjamin Ngounou Ngatcha Université de Ngaoundéré, Cameroun. en collaboration avec: Ibrahim Baba Goni, Université de Maiduguri, Nigéria Jean-Claude Doumnang, Université de N’Djaména, Tchad Yahaya Nazoumou, Université Abdou Moumouni, Niamey, Niger et la participation des Unités IRD :CEREGE (F Sylvestre), G-Eau (J Lemoalle), LTHE (A Legchenko) Michel Laurent en visite au Sénégal du 24 au 25 janvier a été reçu par le chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade http://www.ird.fr/toute-l-actualite/deplacements-du-president/michel-laurent-en-visite-au-senegal-du-24-au-25-janvier-a-ete-recu-par-le-chef-de-l-etat-me-abdoulaye-wade Tue, 25 Jan 2011 00:00:00 +0100 Michel Laurent, Président de l’IRD (Institut de recherche pour le développement) en visite au Sénégal du 24 au 25 janvier 2011 a été reçu par le chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade . Cette visite fut l’occasion de faire le point sur l’état de la coopération dans le domaine de la recherche pour le développement avec les établissements d’enseignement supérieur et de recherche du Sénégal. La Grande Muraille verte, la création d’entreprises innovantes et l’incubateur Innodev , , la création du Centre International de Recherche et d’Enseignement de Mbour ont été au cœur des discussions. L’Institut de recherche pour le développement (IRD) a proposé au chef de l’Etat sénégalais, l’installation d’une station de réception d’images satellitaires dans le cadre de la Grande Muraille verte , a révélé lundi à Dakar Michel Laurent : ‘’Je souhaite proposer une technologie que l’IRD a expérimentée en Amazonie (Guyane française), et dans l’Océan Indien (La Réunion). L’objectif est de développer en Afrique de l’Ouest, l’implantation d’une station de réception d’images satellitaires’’, a-t-il déclaré. Il s’exprimait ainsi à l’issue d’une séance de travail avec le Professeur Amadou Tidiane Bâ, ministre de l’Enseignement supérieur, des Universités et des Centres universitaires Régionaux (CUR) et de la Recherche scientifique. ‘’A travers cette station de réception d’images satellitaires, l’IRD compte utiliser les technologies les plus modernes, les plus avancées à des fins d’information et de connaissance sur l’environnement, l’observation des forêts, l’évolution par exemple des ressources en eau’’, a-t-il expliqué. A la découverte des crocodiles cavernicoles d’Abanda au Gabon http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/a-la-decouverte-des-crocodiles-cavernicoles-d-abanda-au-gabon Thu, 29 Sep 2011 00:00:00 +0200 A la découverte des crocodiles cavernicoles d’Abanda au Gabon En 2010, une mission d’exploration dirigée par Richard OSLISLY, géoarchéologue à l’IRD (UMR PALOC), avait permis la découverte d’une population de crocodiles nains (Osteolaemustetraspis )dans le réseau de grottes d’Abanda (région d’Omboué, Ogooué Maritime, Gabon ; www.abanda-expedition.org). Au-delà de la présence quasiment unique au monde de ces reptiles en milieu cavernicole, c’est la couleur orange d’un spécimen capturé à cette occasion qui avait retenu l’attention (Sciences au Sud , n°57). En août 2011, une seconde mission a été organisée par l’IRD et la Fondation Liambissi, dans le but d’approfondir la description des cavités et de compléter les prélèvements biologiques. L’équipe constituée autour de Richard OSLISLY (IRD Yaoundé) comprenait un spéléologue (Olivier TESTA, Fondation Liambissi), deux biologistes (Matthew SHIRLEY et Brittany BURTNER, Université de Floride) et un géologue (David SEBAG, Université de Rouen/IRD HydroSciences Montpellier). © IRD/ R. Oslisly Entrée de la grotte tunnel du réseau Mugumbi Sur le plan géologique, les observations effectuées par David SEBAG montrent que les cavités correspondent à des conduits karstiques fossiles développés dans les calcaires crétacés et présentant une morphologie en « trou de serrure » caractéristique. Les deux réseaux explorés, distants d’environ 900 m, sont associés à deux petites falaises plus ou moins parallèles (N150 à N170). En outre, l’exploration et les relevés topographiques réalisés par Olivier TESTA montrent que les conduits principaux sont également associés à d’étroites fractures transverses (N100 et N70), constituant ainsi un réseau de cavités interconnectées. Ces orientations sont cohérentes avec le système de failles qui structure la marge gabonaise, dont le rejeu a rendu les cavités accessibles depuis la surface. Sur le plan spéléologique, Olivier TESTA a exploré et cartographié une quinzaine de conduits répartis sur les deux réseaux. Le premier réseau, baptisé Dinguembou en référence à l’importante colonie de chauves-souris qu‘il abrite (Rousettus aegyptiacus, Hipposiderosaff.ruber et Hipposiderosaff. gigas ), est constitué d’un long conduit de 350 m plus ou moins rectiligne, traversé par de petits conduits transverses. Le second réseau, qui couvre près de 400 m de galeries, dont certaines portions sont ennoyées, est constitué de plusieurs conduits principaux plus ou moins parallèles, interconnectés par un réseau de fractures transverses. Ce vaste réseau, directement accessible depuis la falaise ou par des avens, a été baptisé Mugumbi car il abrite la principale population de crocodiles nains. C’est dans deux de ces galeries que deux spécimens de grande taille (plus d’un mètre cinquante) et présentant une couleur orange vif, ont été capturés. Sur le plan biologique et écologique, cette population de crocodiles cavernicoles constitue une opportunité d’étude unique, dans la mesure où elle est isolée géographiquement et vit dans des conditions très spécifiques. Les analyses effectuées par Matthew SHIRLEY à partir des prélèvements effectués en 2010 ont ainsi montré une divergence génétique significative par rapport aux crocodiles nains échantillonnés sur le territoire gabonais, confirmant l’isolement de la population cavernicole. De nombreuses questions restaient toutefois en suspend quant à la taille et la structure de cette population et à son régime alimentaire. L’un des objectifs de la mission visait à échantillonner de nouveaux spécimens, à l’intérieur comme à l’extérieur du réseau de grottes. Outre des mesures morphométriques standardisées (poids, taille, dimensions de certaines parties du corps) et des prélèvements sanguins pour une analyse génétique plus approfondie, les analyses sur le terrain ont porté sur les contenus stomacaux, dont la régurgitation a été obtenue par intubation et injection d’eau à l’aide d’une pompe. Les observations ont montré que les crocodiles cavernicoles se nourrissent exclusivement des organismes présents dans les grottes (criquets, chauves-souris), confirmant ainsi leur inféodation complète au milieu souterrain. Après avoir été marqués, les spécimens étudiés ont été relâchés sur leur point de capture. A l’issue de cette seconde mission, près d’une vingtaine d’individus ont été capturés dans les cours d’eau bordant le site d’étude, et près d’une quinzaine dans le réseau de grottes, permettant de disposer d’éléments de comparaison intra- et extra-site statistiquement significatifs. D’autres missions pourront être organisées à l’avenir pour compléter cette étude préliminaire et effectuer un suivi à plus long terme. En effet, si les premiers résultats confirment la divergence génétique de cette population cavernicole, de nombreuses questions restent en suspend, notamment quant à la durée et aux facteurs de leur isolement : forçage géologique à travers le rejeu de failles qui aurait individualisé un compartiment isolant une population contrainte de se réfugier dans le seul milieu humide résiduel, facteurs climatiques qui auraient conduit un groupe d’individus à trouver refuge dans un environnement cavernicole plus favorable, et/ou pression anthropique, notamment cynégétique, qui aurait préservé les individus réfugiés dans des grottes peu fréquentées par les populations locales. Toutes ces questions feront naturellement l’objet d’une attention particulière de la part de l’équipe et de débats au sein de la communauté scientifique. Le grand public n’a pas été tenu à l’écart de cette aventure scientifique. En effet, une équipe de tournage a suivi cette exploration spéléologique en forêt équatoriale. Toutes les étapes de la mission ont ainsi été filmées, depuis les retrouvailles des chercheurs dans les locaux de la Fondation Liambissi jusqu’au retour à la civilisation après une semaine de bivouac en forêt, en passant par l’exploration des grottes, la capture des crocodiles, de jour comme de nuit, et leur étude sur le camp de base. Un reportage TV de 52 minutes est en cours de montage et sera diffusé dans les mois à venir sur les chaines françaises. Cette initiative médiatique doit permettre de présenter la vie d’uneéquipe de recherche pluridisciplinaire en milieu équatorial et susciter auprès d’un jeune public, la soif d’aventure qui animait les premiers explorateurs du continent africain. Richard Oslisly, David Sebag Contacts : richard.oslisly@ird.fr david.sebag@univ-rouen.fr olivier.testa@fondation-liambissi.org mshirley@ufl.edu A la découverte des crocodiles cavernicoles oranges au Gabon http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/communiques-et-dossiers-de-presse/a-la-decouverte-des-crocodiles-cavernicoles-oranges-au-gabon Thu, 13 Oct 2011 00:00:00 +0200 L’Institut de recherche pour le développement (IRD) et la Fondation Liambissi ont organisé, du 4 au 16 août, l’expédition Abanda 2011, dans les réseaux de grottes gabonaises de la région d’Omboué. Une première mission, initiée en 2010, avait permis aux scientifiques de découvrir la présence exceptionnelle d’une population de crocodiles nains, certains de couleur orange. Lors de cette seconde mission, les chercheurs ont poursuivi leurs observations sur les plans géologique, spéléologique, biologique et écologique. 2010 : une rencontre inattendue © IRD/ Richard Oslisly Jeune crocodile cavernicole observé lors de l'expédition Abanda 2011 Partie en 2010 explorer les réseaux de grottes karstiques dans la région d’Abanda (Gabon) à la recherche de traces de présence humaine ancienne, l’équipe scientifique 1, emmenée par l’archéologue Richard Oslisly (IRD, UMR Patrimoines locaux) et le spéléologue Olivier Testa (Fondation Liambissi), en partenariat avec les universités de Rouen et de Floride 2, avait découvert, par hasard, une population de crocodiles nains de couleur orange. La présence et la couleur de ces spécimens (Osteolaemus tetraspis ) si particuliers, jamais recensés dans ce type d’habitat cavernicole, avait intrigué les scientifiques. Des crocodiles avaient alors été capturés et des prélèvements effectués, afin d’identifier l’origine de cette coloration (dépigmentation liée à l’absence de lumière dans les cavernes ?). Parallèlement, l’équipe avait souligné la richesse foisonnante de ces grottes, peuplées de milliers de chauve-souris. Les analyses effectuées à partir des prélèvements de 2010 ont montré une divergence génétique significative par rapport aux crocodiles nains échantillonnés sur le territoire gabonais, confirmant l’isolement de la population cavernicole. De nombreuses questions restaient toutefois en suspens, quant à la taille, à la structure de cette population et à son régime alimentaire. 2011 : l’expédition se poursuit La deuxième phase de l’expédition Abanda a eu lieu en août 2011. L’équipe pluridisciplinaire 3 avait pour objectifs d’approfondir la description des cavités, d’échantillonner de nouveaux spécimens de crocodiles et de compléter les prélèvements biologiques. De nombreuses observations ont été réalisées, sur les plans géologique, spéléologique, biologique et écologique. © IRD/ Richard Oslisly Entrée d'une grotte explorée lors de l'expédition Abanda 2011 Les observations géologiques effectuées montrent que les cavités correspondent à des conduits karstiques fossiles développés dans les calcaires crétacés et présentant une morphologie en « trou de serrure » caractéristique. En outre, l’exploration et les relevés topographiques ont révélé que les conduits principaux sont également associés à d’étroites fractures transverses, constituant ainsi un réseau de cavités interconnectées. Ces orientations sont cohérentes avec le système de failles qui structure la marge gabonaise, dont le rejeu 4 a rendu les cavités accessibles depuis la surface. Sur le plan spéléologique , une quinzaine de conduits, répartis sur les deux réseaux, ont été explorés et cartographiés. Le premier réseau, baptisé Dinguembou en référence à l’importante colonie de chauves-souris qu’il abrite, est constitué d’un long conduit de 350 m plus ou moins rectiligne, traversé par de petits conduits. Le second réseau, qui couvre près de 400 m de galeries, dont certaines portions sont ennoyées, se compose de plusieurs conduits principaux plus ou moins parallèles, interconnectés par un réseau de fractures transverses. Ce vaste réseau, directement accessible depuis la falaise ou par des avens, a été baptisé Mugumbi , car il abrite la principale population de crocodiles nains. © Olivier Testa Deux spécimens de crocodiles (Osteolaemus tetraspis) observés lors de l'expédition Abanda 2011 Sur le plan biologique et écologique , les scientifiques ont capturé près d’une vingtaine de crocodiles dans les cours d’eau bordant le site d’étude, et près d’une quinzaine dans le réseau de grottes, permettant ainsi de disposer d’éléments de comparaison intra- et extra-site statistiquement significatifs. Outre des mesures morphométriques standardisées (poids, taille, dimensions de certaines parties du corps) et des prélèvements sanguins pour une analyse génétique plus approfondie, les analyses sur le terrain ont porté sur les contenus stomacaux. Les observations ont montré que les crocodiles cavernicoles se nourrissent exclusivement des organismes présents dans les grottes (criquets, chauves-souris), confirmant ainsi leur inféodation complète au milieu souterrain. Après avoir été marqués, les spécimens étudiés ont été relâchés sur leur point de capture. Les causes de l’isolement des crocodiles en débat Les premiers résultats tirés des observations de terrain confirment la divergence génétique de cette population de crocodiles cavernicole par rapport aux individus de la même espèce présents hors des grottes. Toutefois, de nombreuses questions restent en suspens, notamment quant à la durée et aux facteurs de leur isolement : s’agit-il de forçage géologique à travers le rejeu de failles, qui aurait individualisé un compartiment et contraint les crocodiles à se réfugier dans le seul milieu humide résiduel ? s’agit-il de facteurs climatiques, qui auraient conduit un groupe d’individus à trouver refuge dans un environnement cavernicole plus favorable ? la pression anthropique a-t-elle joué un rôle, en préservant les individus réfugiés dans des grottes peu fréquentées par les populations locales ? Toutes ces questions feront naturellement l’objet d’une attention particulière de la part de l’équipe et de débats au sein de la communauté scientifique. D’autres missions pourront être organisées à l’avenir pour compléter cette étude préliminaire et effectuer un suivi à plus long terme. 1. Membres de l’expédition 2010 : Richard Oslisly (IRD), Olivier Testa (Fondation Liambissi), David Sebag (Université de Rouen), Thibaud Decaens (Université de Rouen), Matthew Shirley (Université de Floride), Rolf Mabicka (Université de Rouen), Marco Marti (Médecin). 2. Grâce aux autorisations de recherche accordées par le Centre national de la recherche scientifique et technique du Gabon (CENAREST) et l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN). 3. Membres de l’expédition 2011: Richard Oslisly, Olivier Testa, Matthew Shirley, Brittany Burtner (Université de Floride), David Sebag (IRD, UMR Hydrosciences Montpellier). 4. Se produit lorsque les compartiments d’une faille se déplacent de nouveau. Accord-cadre IRD/GMV http://www.ird.fr/toute-l-actualite/deplacements-du-president/accord-cadre-ird-gmv Thu, 03 Mar 2011 00:00:00 +0100 Michel Laurent, Président de l’IRD, agissant dans le cadre de sa fonction d’Agence inter établissements de Recherche pour le Développement, l’AIRD regroupant le CNRS, l’INSERM, le CIRAD, l’Institut Pasteur et la CPU s’est rendu au Tchad, à N’Djamena, pour signer un accord cadre de coopération scientifique et technique avec l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte (AAGMV), représentée par son secrétaire exécutif, Abdoulaye Dia en présence des ministres de l’environnement des 11 pays de l’AAGMV ( Burkina-Faso, Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Soudan et Tchad) et du Premier Ministre du Tchad. Cet accord cadre AAGMV-IRD vient concrétiser les actions engagées dans le cadre de l’alliance mondiale contre le changement climatique. L’objectif global du projet de la Grande Muraille Verte est de fédérer tous les pays concernés dans leur effort de lutte contre la désertification dans la région sahélo-saharienne. «Cet accord marque notre volonté d’apporter une contribution scientifique coordonnée à cette grande initiative panafricaine. Cette dernière peut être prometteuse, s’agissant d’explorer de nouvelles voies en vue de promouvoir un développement durable de zones aujourd’hui désertiques (baisse des précipitations, surpâturage, etc.). Une meilleure coordination de très nombreuses initiatives locales peut avoir un impact sur les conditions de vie des populations et sur l’environnement » a déclaré Michel Laurent, Président de l’IRD lors de la signature de la convention. « Cet accord-cadre nous permettra une meilleure coordination des projets qui se développeront sur toute la bande sahélo-saharienne. C’est un engagement sur le long terme qui impliquera une très large communauté scientifique du Nord comme du Sud. Il s’agit aussi de mettre en place des structures pérennes d’observation en passant de l’échelle locale à l’échelle globale ». Michel Laurent a précisé que : « la mise en œuvre concrète de cet accord-cadre se fera lors de la première réunion du comité de pilotage. Je l’invite à se tenir à Marseille avant le mois de juillet. Plusieurs chantiers prioritaires seront mis à l’ordre du jour : - Organisation d’un colloque régulier faisant suite à la rencontre de Dakar. - Examen d’un projet de développement d’observatoire pérenne à l’échelon régional sur l’état et l’évolution des écosystèmes. Elle pourrait faire appel aux plus hautes technologies telles le traitement des images satellitaires. - Constitution d’un think-tank permanent (le comité scientifique figurant dans l’accord) assurant une fonction d’évaluation, de veille et de prospective sur la problématique « désertification et changement climatique ». - Elaboration des termes de référence d’un appel d’offre à lancer en 2012 afin de mobiliser les communautés scientifiques sur ces enjeux. - organisation d’une activité de "fund-rising" pour soutenir les actions proposées. Avec son rôle dans cet accord signé ce jour, l’IRD agit et mobilise sa fonction d’Agence (AIRD). Achille Massougbodji, « Personnalité africaine du cinquantenaire » http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/chercheurs-de-l-ird-primes/nominations-distinctions/achille-massougbodji-personnalite-africaine-du-cinquantenaire Sat, 27 Nov 2010 00:00:00 +0100 Dans le cadre des célébrations, en 2010, du cinquantième anniversaire des indépendances de 14 pays africains , le Professeur Achille Massougbodji, parasitologue Béninois, membre du Conseil d’Administration de l’IRD, a été distingué « Personnalité africaine du cinquantenaire ». Cet événement, initié par Jacques Toubon, ancien Ministre et Secrétaire général du cinquantenaire des indépendances africaines, a permis de distinguer 14 personnalités, afin « d’honorer leur engagement et de soutenir leur action en faveur des droits de l’Homme et des libertés fondamentales » : Bénin : M. Achille MASSOUGBODJI Burkina Faso : Mme Irène TASSEMBEDO Cameroun : Cardinal Christian Wiyghan TUMI République Centrafricaine : Monsieur Robert NGOKI Congo : Mme Carole MANTOT Côte d’Ivoire : Mme Mireille DOSSO Gabon : Mme Justine MINTSA Madagascar : Mme Maria-Sylvie RAHARINARIVONIRINA Mali : M. Abdel Karim KOUMARE Mauritanie : M. Abderrahmane SISSAKO Niger : M. Abdourahamane OUSMANE Sénégal : M. Ismaël LO Tchad : M. Mahamet Adoum ISMAEL Togo : Mme Angèle AGUIGAH La cérémonie de remise des médailles et des diplômes, organisée par l’Académie des Sciences d’Outre-mer, a eu lieu le 27 novembre dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, en présence de M. Pierre Geny, secrétaire perpétuel de l’académie, de M. Paul Blanc, Président de l’académie pour 2010-2011, de M. Jacques Toubon, de M. François Zimeray, ambassadeur chargé des droits de l’homme, de M. Hervé Bourges, Président du jury et des 14 ambassadeurs des pays représentés. Adapter les moustiquaires pour mieux combattre le paludisme http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/parutions-des-fas/adapter-les-moustiquaires-pour-mieux-combattre-le-paludisme Fri, 30 Oct 2009 00:00:00 +0100 À la fois cause et conséquence de la pauvreté, le paludisme est la maladie parasitaire la plus répandue au monde : il tue entre un et trois millions de personnes chaque année, dont 90% sur le seul continent africain. Il est dû à des parasites du genre Plasmodium transmis à l’homme par des moustiques de l’espèce Anopheles . Pour se prémunir de ces derniers, les moustiquaires imprégnées d’insecticide demeurent le meilleur moyen de lutte. De précédentes études ont montré l’efficacité des campagnes de sensibilisation publique et des distributions gratuites de moustiquaires pour inciter les populations à s’en servir. Mais aucune évaluation de leur utilisation n’avait jusque là été effectuée sur le long terme. Or, les chercheurs de l’IRD et le Centre Muraz/Institut de Recherche en Sciences de la Santé (IRSS) viennent de montrer que cet effet positif s’estompait au bout de seulement quelques mois. Les causes de ce déclin ? Une utilité perçue comme limitée et les inconvénients que pose une utilisation quotidienne dans des espaces restreints, utilisés différemment le jour et la nuit. Adoption de la Déclaration de Niamey http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/communiques-et-dossiers-de-presse/adoption-de-la-declaration-de-niamey Fri, 28 Oct 2011 00:00:00 +0200 L’Institut de recherche pour le développement (IRD), l’Agence panafricaine de la grande muraille verte (APGMV) et le Centre de gestion et d’études stratégiques du Brésil (CGEE) ont organisé, les 24 et 25 octobre 2011, la conférence internationale « Pour un développement durable des zones arides en Afrique » (ICID +19 en Afrique), à Niamey, en collaboration avec le gouvernement de la République du Niger. Les participants (scientifiques, décideurs, institutionnels) ont adopté la Déclaration de Niamey , qui vient d’être transmise au comité préparatoire des Nations Unies en vue de la conférence sur le développement durable Rio+20. La désertification au cœur de la conférence tripartite Afrique - Brésil - France Phénomène mondial aux causes et conséquences multiples, la désertification affecte particulièrement le continent africain, très vulnérable du fait de l’insécurité alimentaire, de la malnutrition et de la pression anthropique sur les ressources naturelles. La conférence tripartite organisée à Niamey visait à évaluer la situation des régions arides (arides, semi-arides et subhumides sèches), avec un accent particulier sur l'Afrique, dans la perspective de favoriser le développement durable, la lutte contre la dégradation des terres et contre la désertification. Les quelques 100 participants présents à cette conférence ont adopté des conclusions et recommandations destinées aux décideurs politiques, en vue du Sommet Rio+20 de Juin 2012. Déclaration de Niamey : 22 recommandations pour protéger les Terres Arides Les signataires de la Déclaration de Niamey invitent les dirigeants mondiaux qui participeront à la Conférence de Rio+20 à porter une attention particulière et à prendre des décisions innovantes afin d’intensifier les efforts visant au développement durable, à la lutte contre la dégradation des terres et la désertification et à l'atténuation des effets de la sécheresse dans les zones arides. Pour cela, la déclaration comprend 22 recommandations, visant à : Renforcer la gouvernance et le développement durable dans les zones arides, en mettant en œuvre des accords environnementaux multilatéraux et en soutenant des politiques nationales et locales. Encourager la coopération internationale , afin d’améliorer l’efficacité des programmes de développement. La coopération Sud-Sud et la coopération tripartite (Sud-Nord-Sud) doivent être particulièrement prises en compte et privilégiées. Améliorer la coopération scientifique consacrés aux zones arides, le renforcement des capacités et le transfert de technologie , par un soutien aux initiatives et aux programmes de recherche interdisciplinaires, la mise en réseaux, l’échange et le partage de données, l’accent mis sur la formation, l’expertise locale, l’innovation et la diffusion des connaissances auprès du grand public. Adoption de la Déclaration de Niamey http://www.ird.fr/toute-l-actualite/deplacements-du-president/adoption-de-la-declaration-de-niamey Fri, 28 Oct 2011 00:00:00 +0200 L’Institut de recherche pour le développement (IRD), l’Agence panafricaine de la grande muraille verte (APGMV) et le Centre de gestion et d’études stratégiques du Brésil (CGEE) ont organisé, les 24 et 25 octobre 2011, la conférence internationale « Pour un développement durable des zones arides en Afrique » (ICID +19 en Afrique), à Niamey, en collaboration avec le gouvernement de la République du Niger. Les participants (scientifiques, décideurs, institutionnels) ont adopté la Déclaration de Niamey , qui vient d’être transmise au comité préparatoire des Nations Unies en vue de la conférence sur le développement durable Rio+20. La désertification au cœur de la conférence tripartite Afrique - Brésil - France Phénomène mondial aux causes et conséquences multiples, la désertification affecte particulièrement le continent africain, très vulnérable du fait de l’insécurité alimentaire, de la malnutrition et de la pression anthropique sur les ressources naturelles. La conférence tripartite organisée à Niamey visait à évaluer la situation des régions arides (arides, semi-arides et subhumides sèches), avec un accent particulier sur l'Afrique, dans la perspective de favoriser le développement durable, la lutte contre la dégradation des terres et contre la désertification. Les quelques 100 participants présents à cette conférence ont adopté des conclusions et recommandations destinées aux décideurs politiques, en vue du Sommet Rio+20 de Juin 2012. Déclaration de Niamey : 22 recommandations pour protéger les Terres Arides Les signataires de la Déclaration de Niamey invitent les dirigeants mondiaux qui participeront à la Conférence de Rio+20 à porter une attention particulière et à prendre des décisions innovantes afin d’intensifier les efforts visant au développement durable, à la lutte contre la dégradation des terres et la désertification et à l'atténuation des effets de la sécheresse dans les zones arides. Pour cela, la déclaration comprend 22 recommandations, visant à : Renforcer la gouvernance et le développement durable dans les zones arides, en mettant en œuvre des accords environnementaux multilatéraux et en soutenant des politiques nationales et locales. Encourager la coopération internationale , afin d’améliorer l’efficacité des programmes de développement. La coopération Sud-Sud et la coopération tripartite (Sud-Nord-Sud) doivent être particulièrement prises en compte et privilégiées. Améliorer la coopération scientifique consacrés aux zones arides, le renforcement des capacités et le transfert de technologie , par un soutien aux initiatives et aux programmes de recherche interdisciplinaires, la mise en réseaux, l’échange et le partage de données, l’accent mis sur la formation, l’expertise locale, l’innovation et la diffusion des connaissances auprès du grand public.