Asie / L'IRD dans le monde / IRD - Institut de recherche pour le développement (IRD) http://www.ird.fr/l-ird-dans-le-monde/asie/(view_mode)/rss fr © IRD / Jean-Luc Maeght Plantation de riz dans les rizières salines en Thailande L'Asie est un très bon modèle d’anticipation du futur pour le reste de la planète, du fait de son explosion démographique, de la rapidité de son développement économique, de ses conséquences sur la sécurité alimentaire et des modifications liées au changement climatique. L’Asie est aussi un chaudron épidémiologique avec une mondialisation des causes d’émergence des maladies animales et humaines. Ce vaste ensemble rassemble des Etats économiquement et culturellement très différents, dotés de systèmes d’enseignement et de recherche plus ou moins avancés, mais qui font preuve d’une réelle volonté politique dans leurs efforts de recherche. C’est donc une région particulièrement intéressante pour aider à la mise en place d’actions de formation-recherche pour le développement. L’IRD en Asie © IRD / Jean-Philippe Pichaut / Hervé Chrestin Observation d'ADN sous UV après un gel d'électrophorèse, Thailande L’IRD mène des activités de recherche en Asie du Sud-Est depuis la fin des années 70. Des représentations ont été ouvertes, d’abord en Indonésie, puis sur la péninsule indochinoise, au Laos, en Thaïlande et au Vietnam. Ces représentations permettent d’établir un dialogue suivi avec nos partenaires et de construire avec eux nos programmes de recherche. Sur certaines thématiques spécifiques, des collaborations scientifiques ont été établies avec l’Inde et la Chine, bien que ces pays, du fait de leurs capacités scientifiques, ne soient pas des terrains prioritaires pour l’IRD. Les programmes de recherche de l’IRD dans la région sont menés en partenariat avec les institutions locales qui accueillent les chercheurs de l’IRD en affectation dans la région. Les activités de l’IRD se structurent selon trois orientations scientifiques principales s’inscrivant dans les priorités du Contrat d’objectifs de l’Institut et en lien avec les spécificités de cette partie du monde : maladies infectieuses émergentes, écosystèmes et ressources naturelles, mondialisation et ses impacts sur la société. Conformément à ses missions, l’IRD mutualise également ses efforts de recherche avec les organismes de recherche français publics ou privés présents dans cette zone (CIRAD, CNRS, Institut Pasteur et Académie françaises des technologies, …) et contribue à des actions de formation à l’échelle régionale (mastères et écoles doctorales). A la recherche de l’eau perdue sous les glaciers http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/a-la-recherche-de-l-eau-perdue-sous-les-glaciers Tue, 08 Nov 2011 00:00:00 +0100 Plus de 99 % de l'eau douce de la planète se trouve dans les glaces ou sous la terre. Pour déceler cette ressource, des géophysiciens de l’IRD sont en pointe dans le développement d’une méthode novatrice basée sur la résonance magnétique des protons. À ce jour, c’est la seule technique capable de détecter l’eau liquide dans le sous sol ou sous un glacier à partir de la surface et d’en évaluer le volume. Cette méthode a trouvé récemment une application originale pour aider à prévenir les risques glaciaires. Elle a permis de détecter la présence d’une gigantesque poche d’eau de 55 000 m3 située sous le glacier de Tête Rousse en Haute-Savoie. Celle-ci menaçait les habitants en aval et les autorités locales, alertées, ont procédé à sa vidange. Alimentation en eau, gestion des risques glaciaires… Cette technique intéresse aussi bien les régions semi-arides, où l’eau est une ressource stockée en profondeur, que les zones de montagne tropicales, telles que les Andes ou l’Himalaya, où, dans un contexte de changement climatique, l’eau glaciaire peut constituer une source de risque majeure. Dans les régions semi-arides du globe, l’eau est le plus souvent cachée, car elle est avant tout souterraine. La détection et la quantification de cette ressource constitue depuis toujours une des activités essentielles des hydrogéologues. Le milieu souterrain étant caractérisé par de nombreuses discontinuités qui ne sont pas appréhendables depuis la surface, les techniques d’exploration ponctuelles par sondage ou forage sont à la fois coûteuses et insuffisantes pour estimer correctement le volume d’eau disponible dans une nappe d’eau souterraine. Pour pallier cette limitation, les géophysiciens ont développé des techniques d’exploration indirecte depuis la surface, les plus classiques étant basées sur la propagation et la déformation d’ondes électriques ou magnétiques. Ces méthodes permettent de détecter les discontinuités qui ne sont pas nécessairement liées à l'eau souterraine et ne permettent pas non plus d'estimer les volumes d’eau. Depuis quelques années, une équipe de chercheurs de l’IRD du Laboratoire d’étude des transferts en hydrologie et environnement (LTHE) développe une méthode basée sur la résonance magnétique des protons (RMP), en collaboration avec le BRGM et le Geophysical Institute of Israel . Une méthode pas comme les autres © IRD / T. Lebel Méthode testée dans les Alpes. La méthode RMP a été développée pour étudier de manière non intrusive l'eau dans les roches, à une profondeur comprise entre 0 et 100 m environ. Les chercheurs génèrent un courant électrique alternatif à la surface du sol, qui crée un champ électromagnétique provoquant à son tour un phénomène de résonance des molécules d’eau dans le sous-sol. Ils mesurent ensuite – toujours en surface – le champ magnétique alternatif produit par ces molécules d'eau contenues dans les roches. Cette méthode, uniquement sensible à l'eau, se démarque des techniques géophysiques traditionnelles – qui analysent des anomalies de structures ou de paramètres physiques. Les glaciers peuvent piéger l’eau © IRD / P. Wagnon La méthode trouve des applications dans les Andes ou comme ici dans l’Himalaya, où les poches d’eau sous-glaciaires menacent les villages situés en aval. Dans de nombreuses régions tropicales, la RMP a fait ses preuves comme outil de quantification de la ressource en eau. Une application récente en zone de montagne vient de démontrer qu’elle possède également un potentiel dans la gestion des risques liés à de l’eau que l’on pourrait qualifier ici non plus de "cachée" mais de "perdue". Le cycle de l’eau en zone de montagne est caractérisé par une forte composante saisonnière, avec accumulation sous forme de neige en hiver et fonte en été. En milieu glaciaire, cette eau de fonte est évacuée par des torrents qui coulent en surface puis se perdent par des bédières( 1) qui se referment en hiver mais dont la taille peut être impressionnante en plein cœur de l’été. L’eau ainsi perdue en surface est collectée par des torrents sous-glaciaires qui émergent à l’aval des glaciers. Dans certaines configurations, toutefois, ces torrents sous-glaciaires évacuant l’eau de fonte n’existent pas et l’eau perdue reste piégée sous le glacier. C’est le cas notamment du glacier de Tête Rousse, en Haute-Savoie, petit par sa taille (0,08 km²), mais grand par les dangers qu’il recèle : une poche d’eau sous glaciaire de 80 000 m3 environ s’est vidangé brutalement en 1892, faisant 175 morts en aval. Depuis cette époque, les autorités et populations locales ont toujours craint que le phénomène puisse se renouveler, mais sans jamais pouvoir évaluer quelle quantité d’eau était piégée sous le glacier ni à quel rythme elle s’accumulait. Le réchauffement climatique en cours – déjà bien marqué sur les Alpes – fait craindre un affaiblissement du verrou glaciaire qui permet de confiner l’eau. Le risque était réel © IRD / P. Wagnon Le lac Sabai Tsho au Népal s'est vidangé brutalement en 1998, dévastant tout en aval. En 2009 et 2010, l’équipe du LTHE, activée par les glaciologues du LGGE( 2) agissant eux-mêmes à la demande des autorités locales, a offert ses services pour vérifier la présence d’une poche d’eau et estimer le cas échéant son volume. Une prouesse à la fois scientifique et technique qui constitue une première : d’une part, aucune méthode géophysique classique ne permet de procéder à une telle estimation et, d’autre part, la résonance magnétique des protons n’a jamais été mise en œuvre dans un tel contexte (eau sous la glace, conditions d’altitude, difficultés à manœuvrer en terrain de haute montagne). En juin 2010, le développement d’un nouveau logiciel en 3D a permis d’estimer le volume d’eau stocké à 55 000 m3, un volume suffisant au regard de celui qui avait provoqué la catastrophe de 1892 pour que les autorités se décident à procéder au pompage de la poche. Grâce à cette vidange artificielle, 48 000 m3 d’eau ont été pompés. Le volume d'environ 4000 m3 restant après le drainage ne présente plus de danger. L’utilité de cette méthode novatrice en matière de détection des ressources en eau souterraine était déjà avérée. Ces récents travaux montrent un potentiel nouveau dans le domaine des risques glaciaires, applicable à d’autres régions particulièrement concernées telles que les Andes ou l’Himalaya, notamment dans un contexte de changement climatique. ruissellement de fonte, d’un simple filet d’eau à de véritables torrents, parcourant la surface d’un glacier. Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l’Environnement (UMR CNRS / Université Joseph Fourier) Approche interdisciplinaire de la prise en charge du VIH : un modèle pour d’autres maladies infectieuses ? http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/approche-interdisciplinaire-de-la-prise-en-charge-du-vih-un-modele-pour-d-autres-maladies-infectieuses Wed, 16 Mar 2011 00:00:00 +0100 30 ans après la découverte du Sida et du VIH, des progrès extraordinaires ont été réalisés tant pour sa prévention que pour son traitement. Au cours de la dernière décennie, grâce aux traitement antirétroviraux le Sida, est devenu une maladie chronique. Les recherches doivent se poursuivre afin de rendre les traitements durablement plus sûrs, plus simples et moins onéreux. Les personnes infectées par le VIH ont vu leur espérance de vie passer de quelques mois à deux ou trois décennies. Les populations risquent cependant de souffrir d'autres infections virales, sans traitement ou préventions de ces infections.L'hépatite B par exemple peut provoquer le cancer hépatique. De la même manière, le cancer du col de l’utérus, causé par le virus du papilloma, est l'un des cancers les plus rependus chez les femmes en Thailande. Des défis restent à relever pour le traitement de certaines populations vulnérables comme les enfants ou les femmes enceintes. Les succès des recherches ont été possibles (et resteront possibles) par le financement massif d’une recherche coordonnée et pluridisciplinaire prenant en compte tous les aspects du « champ VIH »: viro/immunologie, pharmacologie, épidémiologie clinique, économie, anthropologie et sciences socio-comportementales. Ils se sont concrétisés en gestion durable de la maladie que par le concours des décideurs publics nationaux et internationaux, des économistes de la santé, et de tous les acteurs de la société civile qui se sont mobilisés contre la maladie (associations de patients, organismes de prévention, sponsors, ONG). Le VIH n’est bien sûr pas l'unique défi de santé publique.Il constitue cependant un modèle de coopération internationale entre institutions pour le soin, la recherche, et la santé publique. Colloque international "Approche interdisciplinaire de la prise en charge du VIH : un modèle pour d’autres maladies infectieuses?", Public du symposium Chiang Mai, Thaïlande, du 16 au 18 mars 2011. L'Institut de recherche pour le développement et l'Université de chang Mai (CMU) co-organisent un colloque international pour envisager comment le processus qui a conduit à des progrès rapide dans le traitement et la prévention du VIH pourrait servir de modèle à d'autres maladies infectieuses. Ce colloque est l'un des résultats de l'étroite collaboration entre la faculté de médecine (AMS) et le Programme pour la prévention et le traitement du VIH (PHPT). Dans cette perspective, ce colloque a pour objectifs de : partager les résultats de ces recherches transversales, menées dans le cadre de la collaboration entre l’IRD-PHPT, l’université de Chiang Mai - AMS. contribuer à la formation de nouvelles équipes de médecins et chercheurs dans la prise en charge du VIH promouvoir cette approche interdisciplinaire pour la recherche et la prise en charge d’autres maladies infectieuses. L'IRD et la CMU s'engagent à poursuivre leur collaboration fructueuse et d'élargir le champ de leurs recherches à d'autres maladies qui posent d'importants problèmes de santé public en Thaïlande. Cérémonie d'ouverture en présence de : Manit TEERATANTIKANONT, Directeurr Général, Département de santé publique et contrôle des maladies, Ministère de la Santé de la Thaïlande Michel LAURENT, Président, Institut de Recherche pour le Développement Jakkapan SIRITHUNYALUG, Vice-président aux relations internationales, Université de Chiang Mai Wasna SIRIRUNGSI, Doyen, Faculté de médecine, Université de Chiang Mai Bioconversion : des déchets agricoles à l’aquaculture http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/dernieres-productions-canal-ird/bioconversion-des-dechets-agricoles-a-l-aquaculture Sun, 14 Mar 2010 00:00:00 +0100 La bioconversion consiste à transformer une substance organique en une autre grâce à des procédés naturels . Le programme de recherche sur la bioconversion, mené par l'IRD et ses partenaires indonésiens, consiste à valoriser les sous produit issus de l'industrie du palmier à huile pour produire des larves d'insecte . Ces larves transformées en biomasse seront à leur tour utilisées comme base pour l'alimentation des poissons d'aquaculture . Cette technique est très prometteuse pour l'avenir, car les surprenantes larves d’un insecte appelé "black soldier" sont capables de dégrader de nombreux déchets bio-organiques. Cette incroyable capacité pourrait même être utilisée dans les pays développés. (Vidéo en ligne - Canal IRD) Chikungunya : du nouveau sur la maladie http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/communiques-et-dossiers-de-presse/chikungunya-du-nouveau-sur-la-maladie Tue, 23 Feb 2010 00:00:00 +0100 Des chercheurs du CEA [1] , de l’Université Paris-Sud 11, de l’INRA [2] et de l’Ecole nationale vétérinaire de Nantes-Oniris, avec la collaboration de partenaires de l’IRD, du CNRS, et des universités de la Méditerranée et de Paris Descartes, viennent de décrypter certains mécanismes de la pathologie du Chikungunya [3] grâce à un modèle animal particulièrement représentatif de ce qui se passe chez l’Homme. Les chercheurs ont montré pour la première fois que les macrophages [4] sont le siège de la conservation du virus dans l’organisme, suggérant leur rôle dans la persistance des symptômes observés plusieurs mois après la phase aiguë de l’infection. Ces travaux, publiés online par la revue Journal of Clinical Investigation , ouvrent des pistes pour l e développement de thérapies, aussi bien préventives que curatives, pour cette pathologie qui représente un véritable enjeu de santé publique. Entre 2005 et 2006, près de 300 000 cas de Chikungunya ont été recensés sur l’île de la Réunion, ce qui correspond à 38 % de la population. Près de 2 200 patients ont dû être hospitalisés et 250 sont décédés. À ce jour, il n’existe aucun vaccin ou traitement spécifique de l’infection chez l’Homme . L’émergence récente, ou la réémergence, du virus responsable du Chikungunya en Inde et dans les îles de l’Océan Indien, rend urgente la nécessité de mieux comprendre cette maladie afin de trouver ensuite les moyens de la prévenir. Comprendre les mécanismes de mise en place de la maladie (pathogénèse) est particulièrement difficile chez l’Homme . D’une part parce qu’il est impossible d’obtenir des échantillons biologiques pertinents, comme les tissus profonds (foie, rate…) dans lesquels le virus se réplique et, d’autre part, du fait de la multiplicité des antécédents médicaux et des maladies chroniques des patients. En effet, les cas les plus sévères de Chikungunya sont plus fréquents chez des patients âgés et fragilisés par d’autres pathologies préexistantes (cardiaques, rénales et hépatiques…). Comment alors trouver le virus dans l’organisme, caractériser ses interactions avec les cellules de l’hôte dans leur contexte tissulaire, comprendre les mécanismes de défense que l’individu met naturellement en place et discriminer les atteintes dues spécifiquement au virus de celles déjà existantes liées à d’autres pathologies? Quelques éléments de réponse sont apportés par des modèles de l’infection développés chez les rongeurs. Ces modèles, qui font appel à des animaux soit nouveaux nés, soit adultes mais dépourvus de défenses naturelles du fait de modifications génétiques, ne sont que très partiellement représentatifs de ce qui se passe chez l’Homme. De plus, ils sont généralement inappropriés pour tester un vaccin ou un traitement. Forts de leur expérience sur la pathogénèse du Sida, les chercheurs ont développé un modèle de la maladie chez des macaques cynomolgus adultes ayant un système immunitaire fonctionnel et une physiologie très similaires à ceux de l’Homme . Ils ont montré que ces animaux, infectés par le virus du Chikungunya isolé chez les patients au cours de l’épidémie de l’île de la Réunion, présentent toutes les caractéristiques virologiques et cliniques observées chez l’Homme. Ils ont mis en évidence certaines caractéristiques propres de la pathologie comme des atteintes du foie en phase aiguë. Mais la découverte la plus marquante est le fait que ce virus infecte, notamment, des cellules impliquées dans les premières étapes des mécanismes de défense de l’organisme : les macrophages et les cellules dendritiques. Ces cellules peuvent héberger le virus plusieurs mois et possèdent également la propriété d’infiltrer des tissus comme les articulations, les muscles, les organes lymphoïdes et le foie. Ceci peut expliquer les symptômes typiques de cette maladie, comme les douleurs musculaires et articulaires très invalidantes observées à long terme chez les patients. Les macrophages infectés, mis en évidence par les auteurs de cette étude, représentent donc une cible potentielle pour le développement de nouvelles thérapies pour les atteintes chroniques. Ces résultats, qui permettent de mieux comprendre les mécanismes conduisant à la maladie, constituent une étape importante dans le processus de l’innovation en thérapeutique. Les chercheurs du CEA disposent maintenant des outils qui permettent de tester de nouveaux traitements en laboratoire. Ceci est essentiel puisque les traitements actuels à la disposition des médecins sont uniquement symptomatiques. Enfin, la portée de ces observations pourrait certainement dépasser le cadre du Chikungunya. La persistance des virus dans les macrophages et les cellules dendritiques pourrait être un phénomène commun à plusieurs virus de la même famille, les arbovirus, transmis par les arthropodes. 1. Service d’immuno virologie de l’Institut des maladies émergentes et thérapies innovantes (iMETI), Direction des sciences du vivant du CEA, Fontenay-aux-Roses 2. UMR 703 INRA /Ecole nationale Vétérinaire, Agroalimentaire et de l’Alimentation Nantes Atlantique - Oniris 3. Chikungunya : maladie infectieuse tropicale, due à un alphavirus (noté CHIKV, pour Chikungunya virus) transmis par des moustiques du genre Aedes. 4. Macrophages : cellules du système immunitaire. Didier Orange décoré du Mérite Agricole Vietnamien http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/chercheurs-de-l-ird-primes/nominations-distinctions/didier-orange-decore-du-merite-agricole-vietnamien Fri, 06 Nov 2009 00:00:00 +0100 Didier Orange, détaché auprès de l' International Water Management Institute et Représentant IWMI au Vietnam, a été décoré du Mérite Agricole Vietnamien le 6 novembre dernier par le Ministère de l'Agriculture pour son rôle dans la coordination du projet MSEC (Management of Soil Erosion Consortium) et sa contribution aux résultats scientifiques. Ce consortium entre l'IWMI et l'IRD, qui couvre cinq pays d'Asie du Sud est (Indonésie, Laos, Philippines, Thaïlande et Vietnam), met l'accent sur la promotion et le développement des connaissances scientifiques sur la gestion des terres en pente et des politiques associées. Didier Orange est actuellement en MLD à Hanoi pour l’ UMR211-Bioemco de Christian Valentin. Il est « seconded IWMI » et Représentant IWMI au Vietnam depuis mai 2009. Expédition LENGGURU – KAIMANA 2010 : Les scientifiques identifient de nouvelles espèces http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/communiques-et-dossiers-de-presse/expedition-lengguru-kaimana-2010-les-scientifiques-identifient-de-nouvelles-especes Tue, 30 Nov 2010 00:00:00 +0100 Partis le 3 octobre en expédition dans le massif karstique de Lengguru, en Nouvelle-Guinée, les scientifiques de l’IRD et leurs partenaires indonésiens 1 ont achevé leur mission le 19 novembre, en faisant des découvertes biologiques, archéologiques et géologiques. Une aventure scientifique exceptionnelle Organisée par l’IRD, le Ministère Indonésien des Affaires Maritimes et des Pêches (KKP), l’Institut Indonésien des Sciences (LIPI) et en partenariat avec l’association Caracol et le bureau d’études CENOTE, l’expédition Lengguru – Kaimana 2010 est la première phase d’un projet international et pluridisciplinaire ayant pour objectif la compréhension de la dynamique évolutive des massifs de Lengguru et de leur rôle structurant sur la biodiversité . Associant archéologie, géologie, biologie, paléontologie, karstologie, cette expédition a nécessité une logistique importante : un navire de l’APSOR d’une trentaine de mètres a servi de camp de base à la quarantaine de membres de l’équipe ; les zones d’études ont pu être atteintes en remontant les principaux cours d’eau à l’aide de canots pneumatiques ; enfin, la spéléologie et la plongée souterraine ont permis de rejoindre des grottes et rivières souterraines. Des découvertes pluridisciplinaires © IRD / L. Pouyaud Nouvelle espèce de poisson arc-en-ciel Les scientifiques ont tout d’abord identifié au moins une quinzaine de nouvelles espèces de poissons , parmi lesquelles des poissons arc-en-ciel, des gobies et une espèce cavernicole dépigmentée et dépourvue d’yeux. Des nouvelles espèces de mammifères , d’insectes et de batraciens (notamment une grenouille transportant sa progéniture sur son dos) ont également été découvertes. Témoignant de l’extrême richesse biologique du site, toutes ces découvertes vont maintenant faire l’objet de vérifications scientifiques et donneront lieu à des publications en 2011. © IRD / L. Pouyaud Gravure rupestre découverte sur le massif de Lengguru Parallèlement, les archéologues ont mis à jour plusieurs sites abritant des peintures rupestres et des sculptures jamais décrites auparavant en Papouasie. Ces découvertes semblent confirmer une hypothèse de l’expédition, à savoir que le massif de Lengguru a été un lieu de migrations importantes entre l’Australie et l’Asie lors des grands mouvements de population humaine depuis environ 40 000 ans. Enfin, les géologues ont remarqué des phénomènes originaux d’érosion des karsts . Perspectives Cette expédition a renforcé le partenariat de longue date tissé entre l’IRD et plusieurs institutions indonésiennes, notamment en archéologie et en ichtyologie. Un programme de recherche pluriannuel de grande envergure à venir permettra d’approfondir et d’élargir le champ d’étude sur la base des prospections de 2010. Ce programme offrira des collaborations durables, l’émergence d’itinéraires de formation et d’encadrement, ainsi que la mise en place de plateformes techniques. 1. Centre National de Recherche Archéologique (ARKENAS) ; Research Center for Aquaculture (RCA), Académie des Pêches de Sorong (APSOR) ; Institut Indonésien des Sciences (LIPI). La bibliothèque départementale des Bouches du Rhône et l’IRD invitent à un voyage fascinant auprès des hommes-fleurs http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/communiques-et-dossiers-de-presse/la-bibliotheque-departementale-des-bouches-du-rhone-et-l-ird-invitent-a-un-voyage-fascinant-aupres-des-hommes-fleurs Thu, 29 Jan 2009 00:00:00 +0100 Partenariat entre l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et la Bibliothèque départementale des Bouches-du-Rhône, l’exposition Des âmes en équilibre. Les hommes-fleurs au défi du XXIe siècle est consacrée aux hommes-fleurs de Siberut dans l’archipel indonésien des Mentawai. Première exposition en Europe dédiée à ce peuple, elle présente le fruit de plusieurs années de recherches. Associant un magnifique reportage photographique à une collection de près d’une centaine d’objets, elle permet d’accéder au cœur de l’univers, parfois mystérieux, mais toujours fascinant par sa poésie, de ce peuple de la forêt, qui ne cesse de nourrir notre imaginaire. La dengue dans les départements français d’Amérique http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/communiques-et-dossiers-de-presse/la-dengue-dans-les-departements-francais-d-amerique Tue, 15 Jun 2004 00:00:00 +0200 Conférences de presse le 15 juin 2004 à Fort de France, Martinique le 16 juin 2004 à Pointe à Pitre, Guadeloupe le 17 juin 2004 à Cayenne, Guyane Communiqué de presse La synthèse des résultats de l'expertise collégiale sur la lutte contre la dengue vient d'être publiée aux éditions de l'Institut de recherche pour le développement. Commandé à l'IRD par le ministère de la Santé et les conseils généraux de Martinique, Guadeloupe et Guyane, ce travail a réuni 15 experts internationaux. L'objectif de ce travail est d'éclairer les autorités publiques et la population de ces départements sur les moyens à mettre en œuvre pour enrayer le développement rapide de cette maladie, pour laquelle aucun vaccin ni traitement spécifique ne sont encore connus. La dengue est une des maladies virales à vecteur la plus répandue dans le monde ; elle est en progression partout sur la planète depuis quelques décennies. Actuellement, les deux cinquièmes de la population mondiale, soit 2,5 milliards de personnes, sont exposés, principalement en Asie du Sud-Est où elle est une des premières causes de mortalité infantile, en Amérique du Sud, dans la Caraïbe et dans le Pacifique. D'après l'OMS, il y aurait 50 millions de cas et plus 30 000 décès annuels. Le virus responsable de la dengue est transmis à l'homme, principal réservoir connu, par un moustique du genre Aedes vivant dans les zones urbaines et périurbaines des régions tropicales (Aedes aegypti en Afrique, dans la Caraïbe et les Amériques, Aedes aegypti et Aedes albopictus en Asie du Sud-Est, Aedes aegypti et Aedes polynensis dans le Pacifique). Le virus présente quatre sérotypes, dengue 1,2,3 et 4 qui ne présentent pas d'immunité croisée entre eux. Une personne qui a été contaminée est immunisée à vie contre le sérotype qui a provoqué l'infection, mais ne l'est que partiellement et temporairement contre les trois autres. La dengue se manifeste sous deux formes principales. La forme " bénigne ", de loin la plus fréquente, débute brutalement par une forte fièvre, des céphalées, des myalgies et des arthralgies - symptômes qui ne sont pas très spécifiques de cette maladie. Le diagnostic de certitude nécessite des prélèvements biologiques et des analyses en laboratoire. Mais il existe aussi des formes sévères ou graves dont la dengue hémorragique ou neurologique qui peuvent, elles, être mortelles. Les mécanismes d'apparition de ces formes sévères sont un sujet de controverse. Il est difficile de prévoir l'évolution d'un malade vers ces formes sévères. Les moyens actuellement mis en œuvre dans les pays concernés n'ont pas permis d'éradiquer la maladie, qui semble au contraire en progression. Il n'existe ni vaccin, ni médicament spécifique contre la dengue. Le principal moyen d'éviter une épidémie est de lutter contre le vecteur (le moustique), en supprimant ou en traitant les gîtes larvaires. Le moustique Aedes aegypti qui transmet ce virus est un vecteur dit " domestique "; il se développe essentiellement dans diverses collections d'eau crées par l'homme dans son environnement domestique : citernes, récipients usagés abandonnés, abreuvoirs, etc. Pour ces raisons, les systèmes de surveillance, les tentatives de prévision des épidémies et la lutte quotidienne par les communautés sont difficiles à organiser. Pour mener à bien l'expertise collégiale que les autorités nationales et départementales lui ont demandé de réaliser, l'IRD a réuni un panel d'experts, dont plusieurs des chercheurs de l'IRD spécialisés dans l'étude de la dengue (Brésil, Thaïlande) et d'autres maladies virales émergentes, composé d'entomologistes, de cliniciens, d'épidémiologistes, d'un virologue et d'un sociologue. Ils ont fait le point sur les connaissances actuelles de l'ensemble des approches de la maladie (entomologie, épidémiologie, clinique, impacts socio-économiques) ainsi que sur les systèmes d'information, et en ont tiré des conclusions sur les moyens d'action qui peuvent être mobilisés dans le contexte des Antilles et de la Guyane. Les perspectives à court ou moyen terme concernant la mise au point de vaccins ou de médicaments ne permettent pas d'envisager de transformation profonde des stratégies de lutte contre la maladie elle-même, mais des progrès significatifs peuvent être faits pour la surveillance de l'épidémie, la démoustication, la prise en charge des malades. La principale perspective immédiate d 'amélioration du contrôle de la dengue réside dans le renforcement et l'amélioration de l'efficacité des actions de lutte contre le vecteur, impliquant des personnels spécialisés, mais aussi la communauté elle-même. La consolidation d'un réseau structuré d'intervenants et le concours de l'ensemble des professionnels de la santé poursuit plusieurs objectifs: l'amélioration de la prise en charge des malades, l'efficacité des systèmes d'alerte - au niveau de la Caraïbe comme au niveau local, notamment. Les auteurs proposent cinq types d'intervention dans les départements français d'Amérique : développer la participation communautaire à la prévention organiser la surveillance épidémiologique et les systèmes d'alerte créer un réseau structuré d'intervenants pour optimiser les actions mettre en place dans ces départements un système d'information géographique SIG- Dengue sensibiliser, former et informer les professionnels et la population Les recherches sur la dengue menées par l’IRD au Brésil et en ThaïlandeDynamique et évolution des arboviroses et en particulier de la dengue au Brésil L'émergence ou la ré-émergence d'arboviroses sont actuellement parmi les problèmes de santé les plus préoccupants au Brésil. Les virus de la dengue et de la fièvre jaune sont transmis par des moustiques, ceux des fièvres à encéphalites par des tiques et de nombreux autres arbovirus (transmis par des arthropodes) ont les phlébotomes ou les culicoides (moucherons hématophages) comme vecteurs. Enfin, des cas de fièvres hémorragiques restent sans diagnostic. La prévention ou le contrôle de ces maladies virales sont réalisés soit par la vaccination des populations, dans le cas de la fièvre jaune, soit par le contrôle des insectes vecteurs. L'efficacité de ces mesures dépend cependant de la connaissance de la biologie des vecteurs et de leur susceptibilité aux insecticides, de leur compétence pour la transmission des virus et de l'impact des modifications du milieu par l'homme sur leur prolifération... Mené par des entomologistes médicaux, le projet de l’IRD au Brésil doit aboutir à la mise en place de stratégies de prévention et de contrôle efficaces et adaptées à la diversité des milieux et conditions épidémiologiques existant au Brésil. Les arboviroses émergentes préoccupent de plus en plus le Ministère de la Santé Brésilien. Parmi elles, on peut citer la Fièvre jaune, la Dengue, la fièvre à virus Oropouche, les arboviroses à encéphalites et des symptômes sans diagnostic. La prévention est prioritaire en ce qui concerne ces maladies, tant par vaccination que par le contrôle des vecteurs ou la recherche fondamentale pour mieux connaître les cycles de maintien en milieu forestier. L’objectif général du partenariat IRD et Laboratoire Central (LACEN; ex-Institut de la Santé du DF - ISDF) et la Fondation Nationale de la Santé (FUNASA) est de développer et soutenir des recherches fondamentales et recherches opérationnelles, afin d’améliorer la prévention de ces maladies émergentes au Brésil et de former des chercheurs et techniciens nationaux. La prévention des viroses transmises par les arthropodes ne peut être réalisée que si l’on connaît les cycles de transmission et les risques de contamination de la population humaine. Ces risques varient suivant le climat et les modifications du milieu causées par l’homme. Il est par ailleurs impossible de contrôler l’entrée et/ou la dissémination de vecteurs potentiels ou d’agents pathogènes, comme l’a montré la rapide colonisation du pays par les deux espèces de moustiques Aedes aegypti et Ae. albopictus, ou l’endémisation d’au moins deux sérotypes de Dengue dans les grandes cités. Les variations de la capacité vectorielle de ces espèces pour les virus de la Dengue et de la Fièvre jaune dépendent de nombreux facteurs intrinsèques et extrinsèques qui restent encore peu étudiés au Brésil. Les zones de transmission de ces viroses, définies empiriquement comme épidémiques, enzootico-épidémiques et indemnes varient avec les climats régionaux et des facteurs encore non identifiés. La preuve de l’existence de la transmission transovarienne de la Fièvre jaune dans les conditions naturelles permettrait de proposer une explication aux épizooties se produisant cycliquement depuis 50 ans. Le déplacement du virus du nord (zone endémique) au sud (zone épizootico-épidémique) constitue également une hypothèse à évaluer par des recherches de terrain. Le succès du Programme d’Eradication d’Ae. aegypti (PEAa), vecteur urbain de la Dengue et de la fièvre jaune peut être compromis par l’apparition de vecteurs résistants aux insecticides utilisés à grande échelle. L’installation d’Ae. albopictus en milieux rural et forestier est de plus en plus préoccupante, augmentant le risque d’émergence de nouveaux arbovirus ou de l’expansion de la Dengue dans ces milieux.Les études proposées doivent permettre de répondre aux questions suivantes: quels sont les facteurs du milieu les plus importants pour la définition du risque d’épidémies et d’épizooties respectivement pour la Dengue et la Fièvre jaune ? quelles sont les stratégies alternatives disponibles ou à tester pour la prévention des épidémies d’arboviroses? quelles sont les arboviroses émergentes qui peuvent apparaître lors de modifications du milieu ? Ce projet vise donc à: établir les cycles de transmission et de maintien des arbovirus émergents d’importance en santé humaine; connaître les mécanismes de transmission à l’homme à partir des cycles naturels (épidémisation); évaluer les risques encourus par les populations et en déduire des mesures pour les protéger; déterminer les stratégies de prévention et de contrôle les plus efficaces et économiques. En ce qui concerne la Fièvre jaune et la Dengue, il faut étudier l’écologie des vecteurs, réaliser des tentatives d’isolement à partir d’arthropodes et de vertébrés, durant les épidémies ou en phase inter-épidémique et enfin réaliser des enquêtes sérologiques dans les populations humaines. Pour les autres arbovirus, l’identification des hôtes potentiels découlera aussi d’études entomologiques et virologiques. Des études expérimentales de la compétence vectorielle et de la transmission verticale (transovarienne) serviront à améliorer les stratégies de prévention et contrôle de la Dengue.Deux entomologistes médicaux, appartenant à l’Unité de Recherche 034 "Maladies virales émergentes et systèmes d’information" (Dir. Dr. Jean-Paul. Gonzalez) de l’IRD développent ces travaux en partenariat avec les chercheurs et techniciens du LACEN (Laboratoire de Virologie), de la FUNASA (Laboratoire d’Entomologie médicale) et de la Direction à la Surveillance de ’Environnement (DIVAL, Laboratoire de Recherche sur les vecteurs de Zoonoses, ex-GCZ) à Brasilia. Épidémiologie intégrée de la dengue hémorragique en Thaïlande Depuis l’apparition de la dengue hémorragique en Asie du Sud-Est dans les années 50, de nombreuses épidémies se sont succédées en Thaïlande depuis une trentaine d’années, où on compte 50 000 à 100 000 cas par an.L’ensemble des programmes développés par les chercheurs de l’IRD sur la dengue en Thaïlande est axé sur les conséquences de la mise en contact de populations humaines et d’espèces d’arthropodes largement répandues dans ce pays (moustiques, tiques et rongeurs), vectrices potentielles d’arboviroses, dans les zones abritant des densités importantes d’animaux domestiques (porcs, poulets) ou commensaux (rats, chauve-souris). L’étude de l’épidémiologie intégrée de la dengue hémorragique aborde les multiples aspects de la transmission des virus : relation urbanisation/transmission, facteurs entomologiques, émergence et déplacement des phénomènes épidémiques, relation climat incidence et circulation des sérotypes. Il s’agit : de mesurer, à l’échelle du village, la relation entre la densité des vecteurs adultes et l’incidence de la transmission des virus d’étudier le mécanisme de déclenchement d’une épidémie et d’évaluer sa vitesse de propagation de mettre en relation, à l’aide des images satellites, l’urbanisation et la dispersion de la maladie, d’étudier la relation entre les indicateurs climatologiques et les variations de l’incidence saisonnière de la dengue, de créer une base de données géoréférencée sur les sérotypes circulant en Thaïlande, de mettre au point et de tester de nouvelles méthodes pour le contrôle des vecteurs de la dengue dans les zones endémiques. Le relais est assuré par le ministère thaïlandais de la santé publique auquel les résultats sont transmis en vue d’élaborer des stratégies de lutte au niveau des provinces et le développement d’un réseau national de surveillance.De plus, les aspects cliniques de la dengue en Thaïlande sont étudiés dans plusieurs projets en collaboration avec les services hospitaliers thaïlandais. Lancement du satellite Megha-Tropiques depuis l’Inde http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/lancement-du-satellite-megha-tropiques-depuis-l-inde Wed, 12 Oct 2011 00:00:00 +0200 La mission franco-indienne (CNES-ISRO) Megha_Tropiques est lancée le 12 octobre 2011 depuis la base spatiale de Sriharikota (Inde), pour une durée prévue de 5 ans. Cette mission dédiée à l’étude de l’eau atmosphérique (Megha signifie Nuage en sanscrit) propose une combinaison unique d’instruments, associée à une orbitographie particulièrement adaptée à l’étude des régions tropicales. Les UMR GET, LTHE et LOCEAN sont partenaires de cette mission. L’IRD joue un rôle central dans le plan de validation international de MeghaTropiques. Ces activités s’appuient sur le réseau de partenaires, les infrastructures et plusieurs programmes de l'IRD en zone tropicale : ORE AMMA-CATCH en Afrique de l’Ouest, HYBAM en Amérique du Sud, la cellule franco-indienne CEFIRSE à Bangalore. Un super site de validation équipé du radar hydrométéorologique polarimétrique Xport et d’observations raffinées de la vapeur d’eau atmosphérique est mis en place au Burkina Faso par le GET et le LTHE, en partenariat étroit avec la Direction de la Météorologie, l‘ASECNA, l’Université de Ouagadougou et la fondation 2IE. Le site sera opéré pendant plusieurs saisons des pluies de mousson pour offrir un ensemble d’observations à même de qualifier les produits satellites. Le programme de validation va occuper l’équipe scientifique pendant les prochains 18 mois de manière intensive et permettre la mise à disposition de la communauté scientifique des observations qualifiées et facilement exploitable pour l’étude du climat et de l’hydrométéorologie, tropicaux. Inclinée sur l’équateur à 20°, la mission MT offre une revisite sans égal (jusqu’à 6 fois par jour) de la ceinture intertropicale. Les objectifs scientifiques de la mission s’articulent autour de trois grand axes : la mesure du bilan d’eau et d’énergie de la région tropicale, l’étude du cycle de vie des orages tropicaux et enfin la prévision météorologique des cyclones et autres évènements hydro-météorologiques intenses. MT contribuera à améliorer l’estimation des précipitations, avec des applications attendues en hydrologie tropicale, pour le suivi du cycle de l’eau continental et des ressources dans des zones sensibles à la variabilité pluviométrique. Le satellite porte à son bord 4 instruments, dont le plus original est MADRAS. C’est un radiomètre imageur micro-onde qui observe l’atmosphère avec un angle constant (conical scanning) dans plusieurs canaux polarisés situés dans différentes régions spectrales. Les 9 canaux de MADRAS couvrent les fréquences comprises entre 18GHz et 157 GHz, alternant les fenêtres atmosphériques avec les régions de forte absorption. L’utilisation principale de cet instrument est tournée vers l’estimation instantanée de l’eau atmosphérique précipitante dans les nuages sous forme solide (glace) et liquide (pluie). Un second radiomètre micro-onde est aussi embarqué, cette fois–ci dédié au sondage de la distribution verticale de l’eau sous forme vapeur de l’atmosphère. SAPHIR possède à cet effet 6 canaux situés sur les bords de la forte ligne d’absorption de la vapeur d’eau aux alentours de 183 GHz. La présence d’un receveur GPS permet de compléter ses sondages à l’aide de mesures par radio-occultation aux limbes du profil d’humidité par l’instrument ROSA. Finalement, le bilan d’énergie au sommet de l’atmosphère sera fermé par les mesures dans l’infrarouge et dans les ondes courtes du radiomètre à bandes large SCARAB. Les observations de la mission Megha-Tropiques vont contribuer à contraindre les estimations des précipitations de surface. Pour cela, les mesures de MADRAS seront inversées en sous la forme de flux instantané d’eau à la surface et combinées aux mesures des satellites météorologiques géostationnaires afin de former des estimations des cumuls journaliers puis mensuels de precipitations La mission permettra d’explorer le fonctionnement de la machine atmosphérique en nous délivrant des informations cruciales sur la vie des orages tropicaux. Les nuages convectifs organisés naissent, grossissent, précipitent puis commencent à diminuer d’intensité, décroissent pour enfin se dissiper lentement dans l’atmosphère. La haute répétitivité des mesures de la mission offre une documentation précise de ces différentes phases caractéristiques des développements orageux. Ainsi, MT va nous renseigner sur les processus physiques à l’œuvre au cours de la vie des orages à l’aide d’une combinaison des mesures de MADRAS, SCARAB et des images des satellites géostationnaires. Il sera alors possible, pour la première fois, de contraster le déroulé du développement orageux d’une région à l’autre des tropiques. Un meilleur suivi des précipitations tropicales, de l’échelle du système pluvieux aux estimations globales, nous aidera à mieux contraindre le bilan d’eau continental, dans des zones souffrant actuellement d’un déficit chronique d’observation pluviométrique ( le bassin amazonien et le sahel sont deux exemples contrastés de zones très vulnérables à la variabilité pluviométrique, et mal couvertes par les réseaux pluviométriques opérationnels). La pluie est une entrée principale des modèles représentant le fonctionnement des surfaces continentales, les écosystèmes, l’hydrologie ; modèle que des observations spatiales des différents compartiments du cycle de l’eau, contribuent à améliorer. Les observations MT nous aideront à mieux comprendre et appréhender les risques liés à la variabilité pluviométrique , que le lien avec la pluie soit immédiat comme pour les inondations, ou plus indirect comme pour la propagation des maladies à vecteurs Parti d’une initiative indienne et française, la mission possède clairement une dimension mondiale qui s’est récemment renforcée à la signature officielle de la participation de MT à l’effort nippo-américain GPM. Le groupe scientifique international de la mission, construit 2 ans avant le lancement, concerne 21 équipes issues de 11 pays, d’Amérique du Sud, du Nord, d’Afrique, d’Asie et d’Europe. Contact IRD : Marielle Gosset , UMR GET, Le CEPED organise le premier colloque sur la sélection sexuelle prénatale en Europe http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/communiques-et-dossiers-de-presse/le-ceped-organise-le-premier-colloque-sur-la-selection-sexuelle-prenatale-en-europe Fri, 25 Nov 2011 00:00:00 +0100 Des chercheurs de l’IRD, appartenant au Centre Population & Développement (CEPED) organisent, le 2 décembre 2011, le premier colloque sur la sélection sexuelle prénatale en Europe. Des chercheurs internationaux seront réunis à Paris, afin de faire l’état des lieux d’une question encore très mal connue, mais qui inquiète de plus en plus les pays européens. La sélection sexuelle prénatale : de l’Asie à l’Europe Depuis les années 1980, la proportion de garçons à la naissance a connu une hausse graduelle dans plusieurs pays d’Asie orientale et méridionale, en raison de l’émergence des avortements sexo-sélectifs. Ce phénomène, étroitement associé aux nouvelles technologies reproductives et à la baisse de la fécondité, découle de la préférence ancienne pour les garçons dans les pays concernés. Moins connue est l’importance qu’a pris graduellement ce phénomène dans le reste du monde, à commencer par l’Europe. On distingue en effet d’une part des régions comme le Caucase et l’Europe du Sud-est, où la préférence pour les garçons a eu des effets similaires à l’Asie sur la masculinité des naissances, et d’autre part la présence de diasporas d’origine asiatique installées en Europe, dont les naissances sont également souvent anormalement masculines, comme par exemple au Royaume-Uni, en Norvège ou en Italie. Comprendre les caractéristiques sociales et culturelles de la sélection sexuelle en Europe En dépit du nombre limité d’études locales sur les comportements reproductifs et les limites des statistiques démographiques disponibles, l’étude des séries de l’état-civil et des chiffres des recensements indique que depuis plus de quinze ans, des déséquilibres dans les naissances en faveur des garçons sont observées dans de nombreux pays d’Europe de l’Est. Dans les Balkans occidentaux, il s’agit de l’Albanie, du Kosovo et sans doute du Monténégro et d’une partie de la Macédoine. Dans le Caucase, ce sont l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Géorgie qui semblent affectés par les avortements sélectifs. Le sex ratio à la naissance s’établit dans ces pays entre 110 et 115 garçons pour 100 filles, contre une norme biologique autour de 105, et porte ainsi la trace de discriminations sexuelles prénatales. L’émergence de ces déséquilibres à la naissance a suivi le démantèlement progressif des régimes socialistes après la chute du Mur de Berlin. Mais la décennie des années 1990 coïncide également dans l’ensemble de ces pays avec une période marquée par une très forte instabilité politique, de graves conflits internationaux ou internes, une transition difficile à l’économie de marché accompagnée par une crise économique et un retrait progressif de l’Etat. Afin d’alerter la communauté scientifique sur la nécessité de conduire des recherches sur la sélection sexuelle prénatale en Europe, des chercheurs de l’IRD appartenant au CEPED organisent, le 2 décembre 2011, le premier colloque sur ce thème. Il réunira des spécialistes de la discrimination de genre et de la sélection sexuelle provenant de différents pays européens et asiatiques ainsi qu’une parlementaire du Conseil de l’Europe qui a récemment rédigé un rapport sur la question. L’objectif de ce colloque est de mettre en commun les travaux en cours sur les déséquilibres de sexe en Europe et de favoriser la mise en place de projets de recherche conjoints, afin de mieux cerner les caractéristiques sociales et culturelles de la sélection prénatale en Europe, d’en mesurer la prévalence exacte et les tendances récentes, et de proposer des solutions aux décideurs publics des pays concernés. L’expérience des recherches menées au Sud par l’IRD s’avère ainsi déterminante pour comprendre les situations européennes. En effet, le contexte européen est très différent de celui des pays d’Asie (politique de l’enfant unique, systèmes des dots, prééminence de la société rurale) et appelle à un renouvellement dans la compréhension scientifique et la réaction politique à ces discriminations sexuelles avant la naissance.