Relitrans, transnationalisation religieuse des Suds : entre ethnicisation et universalisation Relitrans, transnationalisation religieuse des Suds : entre ethnicisation et universalisation
 
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Présentation du projet
 

Ce projet se nourrit de l’expérience de chercheurs français et étrangers qui collaborent depuis plusieurs années à l’étude des mouvements de transnationalisation religieuse issus des pays du Sud. Il privilégie un triple ancrage, épousant les relations historiques d’échange triangulaire entre l’Afrique, les Amériques, et l’Europe qui ont engendré ces constructions transnationales que sont les religions afro-américaines ou les christianismes noirs, ainsi que les nouvelles formes de religiosité « amérindiennes ».

L’inversion du mouvement historique Nord / Sud initié par l’entreprise coloniale conduit aujourd’hui ces formes cultuelles ou religieuses du Sud, d’inspiration africaine ou amérindienne, à investir les pays du Nord et notamment les capitales européennes ou nord-américaines, dans une concurrence méconnue avec les islams du Sud ou les religions asiatiques néo-hindoues ou néo-bouddhistes. L’originalité de notre démarche est de proposer également une approche de l’intensification des échanges Sud-Sud qui contribuent ainsi à une globalisation religieuse polycentrée.

L’enquête comparative et multi-localisée investit des mouvances religieuses contrastées (et même ouvertement en conflit) au regard de leurs affirmations identitaires et de leurs sensibilités religieuses :

• les réseaux transnationaux des religions « afro-américaines » ;

• les religions “amérindiennes” et leurs interactions avec les réseaux new-age ;

• les entreprises missionaires des prophétismes africains ou brésiliens

La transnationalisation, sur fond de mondialisation des échanges et de globalisation culturelle, est un processus original qui implique un double mouvement (successif ou simultané) de dé-territorialisation et d’« indigénisation » qui remet en cause l’opposition entre la fidélité à un territoire (local ou « national »), associé à la revendication d’une culture « pure », et le mouvement unilatéral d’homogénéisation qui conduit au cosmopolitisme des cultures hybrides ou créolisées. La production de ces imaginaires transnationaux passe par le développement de réseaux qui transcendent les frontières des États mais réinventent des « Nations » religieuses aptes à fournir des matrices d’universalité. Les relations complexes et ambivalentes que ces religions indigènes à vocation universelle entretiennent avec leur ancrage communautaire, ethnique ou national, éclairent certains enjeux méconnus de la dimension politique du recours au religieux.

L’objectif est de rendre compte de la cohabitation de logiques paradoxales de production de sens et d’organisation sociale. Les mouvements de revitalisation des traditions initiatiques ou lignagères (réafricanisation, réindianisation) se heurtent aux réveils des entreprises prosélytes (réévangélisation) mais font appel à des processus communs de réinterprétation ou d’hybridation. Le fonctionnement en réseaux peut prendre la forme d’espaces cultuels de circulation transfrontalière d’initiés ou encore de communautés transnationales de convertis. L’expérience de la migration ou de l’exil, mais aussi l’utilisation des nouvelles technologies de communication et la mobilité croissante des acteurs constituent le creuset de nouvelles formes de recommunautarisation.

Pour aborder ces mouvements dans leur multiplicité d’ancrages, tant au Sud qu’au Nord, nous proposons une approche méthodologique renouvelée. En effet la plupart des études menées à ce jour sur les mouvements religieux ont un cadre à dominante monographique qui privilégie des groupes d’appartenance localisés. Or, les Églises, les associations religieuses, les confréries, les groupes rituels et les réseaux cultuels développent des stratégies de diffusion à des échelles différentes. Nous combinons donc une ethnographie micro-locale avec une recherche multi-située et itinérante. Notre équipe, composée en majorité d’anthropologues et de sociologues, met un soin particulier à mobiliser également des outils propres à l’histoire, à l’économie et à la sociologie politique.

 
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