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Congo-Brazzaville
 

Auteur : Bernard Coyault

Le nom du pays vient de l’ancien Royaume Kongo situé dans des parties des actuel territoires des République du Congo-Brazzaville, du Congo-Kinshasa (République démocratique du Congo, ancien Zaïre de 1971 à 1997) et d’Angola.

Le Royaume de Kongo connut le christianisme dès 1491, année où le roi du Portugal y envoya des missionnaires franciscains qui baptisèrent le 3 mai 1491 le roi Nzinga a Nkuwu, lequel devint Dom João Ndo Nzao. En 1518, le Pape nomma le premier évêque kongo. En 1624, fut publié le premier catéchisme en langue kongo. En 1632, un catéchiste kongo, Franscico Kassola se proclama « Fils de Dieu » et fonda la première Eglise chrétienne indépendante. Mais le Royaume sombra dans des guerres fratricides contre lesquelles s’éleva Kimpa Vita ou Dona Béatrice. Déclarée envoûtée par le Diable par les capucins, elle fonda en 1704 une Eglise sous l’inspiration de Saint-Antoine et proclama que Jésus Christ était noir, que Saint Antoine restaurerait l’unité du royaume de Kongo, que les Portugais devaient être chassés d’Afrique, et que la sorcellerie et la magie devaient être combattues. Pour avoir donné naissance à un enfant métis alors qu’elle se disait vierge, Kimpa Vita fut condamnée à mort sous l’impulsion des capucins et fut brûlée vive en 1706. Dès lors, elle entra dans la mémoire collective kongo comme figure emblématique de la résistance contre l’oppression et inspira les prophètes et messies Kongos du XXe siècle dans leur hostilité affichée au « fétichisme », dans leur nationalisme ethnique et dans leur revendication de la modernité matérielle occidentale.

Au XXe siècle, les noms de Simon Kimbangu, né dans l’ancien Etat indépendant du Congo, propriété du roi Léopold II de Belgique, et André Matswa, né dans l’ancien Congo-français, s’inscrivirent dans un vaste mouvement religieux initié par Simon Kimbangu, le ngounzisme (de ngounza, sauveur, guérisseur en langue kongo). Les Eglises ngounzistes annoncent la venue d’un messie noir, et Simon Kimbangu, dont le nom signifie « celui qui révèle les choses cachées », est le fondateur de l’Eglise kimbanguiste inspirant par la suite d’anciens catéchistes kongos du Moyen Congo (colonie française) qui créèrent, après la deuxième guerre mondiale et deux ans après la mort de Matswa, les Eglises matswanistes. Les Matswanistes sont répartis en cinq tendances : les Corbeaux, les Pigeons, les Amicalistes, les Ikouole, les Bulamananga. Le Révérend Pasteur Ntumi et ses miliciens Nsilulu appartiennent à la branche radicale des bulamananga.

Avant la Conférence nationale congolaise de 1991, l’Etat qui avait interdit toutes les « sectes » reconnaissait sept Eglises et « associations religieuses » : l’Eglise catholique, l’Eglise protestante, l’Armée du Salut, l’Eglise de Jésus Christ sur Terre par le prophète Simon Kimbangu (EJCSK), l’Eglise Lassyste, le Comité islamique du Congo et Tenrikyo (une secte d’origine japonaise). Certaines associations religieuses interdites se reconvertirent en associations culturelles ou musicales tandis que d’autres devinrent membres de l’Union nationale des tradipraticiens congolais (UNTC), organisation de masse du Parti unique. Il en fut ainsi de l’Eglise ngounziste Mvulusi du prophète Papa-Soldat qui fut transformée en Centre thérapeutique spirituel Mvulusi. En 1988, une trentaine d’Eglises prophétiques interdites fondèrent l’Eglise unie du Saint-Esprit au Congo afin de forcer leur reconnaissance par l’Etat. En 1991, 354 Eglises demandèrent à participer à la Conférence nationale en plus des sept Eglises légales. La même année, fut créée la Ligue congolaise des associations messianiques et ésotériques (LICAME). Les Eglises évangélistes ou pentecôtistes du Congo, appartenant à la Communauté des Eglises du Réveil (CER), sont classées en quatre catégories : 1-la Communauté des assemblées du plein évangile au Congo (CAPEC), affiliée aux Assemblées de Dieu françaises ; 2- la-Fédération des assemblées du Réveil (FAR), qui regroupe 45 Eglises, dont la majorité est pentecôtiste ; 3-les Réseaux interconfessionnels de Réveil, comprenant notamment la Chambre de commerce chrétienne (ICCC) et le Full Gospel ;4-les Petites Eglises indépendantes de Réveil, dirigées par de très jeunes pasteurs, souvent des étudiants ou des diplômés au chômage.

Bibliographie

Asch, Susan, L’Eglise du Prophète Simon Kimbangu, des origines à son rôle actuel au Zaïre, (1921-1981), Paris, Karthala, 1983.

Balandier, Georges, Sociologie actuelle de l’Afrique noire, Paris, PUF, 1955.
Balandier, Georges, Afrique ambiguë, Paris, Plon, 1957.

Kouvouama, Abel, Modernité Africaine. Les figures du politique et du religieux, Paris, Editions Paari, 2001.

Kouvouama , Abel, Dorier Apprill, Elisabeth, « Modernité urbaine et pluralisme religieux à Brazzaville », Afrique contemporaine, 186, 2ème trimestre 1997, pp. 58-76.

Sinda, Martial, Le Messianisme congolais et ses incidences politiques : kimbanguisme, matsouanisme, autres mouvements, Paris, Payot, 1972.
Tonda, Joseph, Missié, Jean-Pierre(eds), Les Eglises et la société congolaise d’aujourd’hui, Paris, L’Harmattan, 2006.

Sinda, Martial, « Prophètes, Eglises et milices au Congo-Brazzville ».

 
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