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Pablo Taizan de la Cruz
 

Auteur : Alejandra Aguilar Ros

Pablo Taizán de la Cruz, chamane huichol

1936 -

Connu aussi sous son nom huichol Yauxa. Chamane (mara’akame en huichol), originaire de Taimarita, ranch de de Santa Catarina Cuexcomatitán, dans le municipe de Mezquitic, Jalisco, Mexique. Comme beaucoup d’autres huicholes, il a vécu dans différents lieux, parmi lesquels La Palma, municipe de Nayar, où il entre pour la première fois en contact avec les ancêtres sacrés par l’intermédiaire d’un oncle et commence, dès l’âge de neuf ans, son apprentissage initiatique. Jeune homme il quitte néanmoins le territoire huichol traditionnel à cause de problèmes liés à la famille et aux terres.

Cousin de José Benítez, artiste de renommée internationale, et artiste lui-même, il réalise des planches tissées en laine d’artisanat huichol et se spécialise plus particulièrement dans l’élaboration de sculptures travaillées dans la pierre ou le bois représentant des dieux wixaritari. Son œuvre est connue grâce au promoteur d’art huichol Juan Negrín, qui mentionne avoir suivi le “chemin huichol” avec José Benítez, sous la tutelle de Taizán et de son frère Francisco au milieu des années 70. C’est la première donnée connue mentionnant Taizán comme initiateur de métis dans le chemin chamanistique, initiative qu’il a poursuivi depuis, en faisant le fer de lance de sa carrière rituelle. L’initiation de non-indigènes est très controversée dans les communautés huicholes, mais elle n’en reste pas moins une pratique qui n’est pas rare, et dont Taizán s’est fait le spécialiste, en tirant une habileté rituelle particulière.

A partir de sa relation avec Negrín, Taizán est ensuite entré en contact avec des agents gouvernementaux et culturels qui l’ont à leur tour mis en relation avec des leaders de mouvements spirituels alternatifs, qui ont une grande influence, depuis les années 1980, sur les membres du mouvement de la néo-mexicanité. La plate-forme principale de Taizán pour établir des contacts avec d’autres groupes, est le Kalpulli de San Isidro Mazatepec, dans l’état du Jalisco, au Mexique : une communauté écologico-alternative de 105 habitants qui a formé un grand nombre de personnes intéressées par le développement durable, mais aussi par une spiritualité alternative, puisqu’elle a été fondée par Domingo Díaz Porta.


Né le 18 mars 1930 à Caracas, au Venezuela, Domingo Díaz Porta arrive au Mexique en 1971, après sa nomination comme gourou. Initié à la Grande Fraternité Universelle, il fonde une branche de celle-ci dans un premier temps à Guadalajara, puis dans d’autres villes du Mexique. En 1977, il fonde au Mexique l’Union de l’Amérique Inde Solaire (MAIS), dont les objectifs sont de "sauvegarder, de stimuler et d’étudier les traditions autochtones de l’Amérique". En 1983, avec le grade de Sat Arhat, il fonde la communauté du Teopantli Kallpulli, à San Isidro Mazatepec, Jalisco, lieu où cinq ans plus tard il préside le “Kanto de la Tierra” (“Chant de la Terre”) , un conclave où se rendent les anciens/gardiens les plus importants des ethnies du continent.


Cette communauté a aussi servi de point de rencontre entre Taizán et un autre personnage, le "Tigre Pérez", à la fin des années 80. Ce denrier a invité Taizán à intégrer les réunions "d’anciens" traditionnels. Ainsi, vers le milieu des années 1980, "Don Pablo" voyageait déjà aux "États-Unis pour se rendre aux cérémonies du “Kanto de la Tierra” (aujourd’hui Racines de la Terre") dirigées par Raymundo "Tigre" Pérez.


Le "Tigre" Pérez, (1940-1995) de l’ethnie purhépecha du centre du Mexique, a pris contact très jeune avec la tradition des Lakota Sioux. À partir d’une vision, il a commencé à organiser des réunions internationales avec des anciens des "peuples premiers". Ces réunions ont pris le nom de “Kanto de la Tierra” et se sont réalisées jusqu’à sa mort. Il est arrivé au Mexique au Teopantli Kalpulli en 1983, en enseignant la tradition lakota, notamment les cérémonies de la danse du Soleil, la recherche de vision et la Kiva. C’est en 1989 qu’il a réalisé au Teopantli le premier “Kanto de la Terre” au Mexique.

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Don Pablo Taizán de la Cruz avec des apprentis du "chemin huichol". 2010, Tecate, Tijuana, México. Photo de Alejandra Aguilar.

Taizán s’est finalement installé dans un ranch de Nayarit, qu’il appelle Taimarita, comme son lieu de naissance, près du municipe de Las Varas. Il continue s’y réaliser le cycle cérémoniel et d’apporter le “chemin huichol” à nombre de groupes et de familles qui appartiennent aujourd’hui à une deuxième génération de "chercheurs spirituels".

Bibliographie :

Marín García, Jorge Luis. 2011. Rituales y arte huicholes como espacios de frontera : construcción de identidades entre la sierra y el pavimento. Tesis de doctorado para el Colegio de Michoacán, Zamora, México.

Negrín, Juan, “Protagonistas del arte huichol”, en Alberto Ruy Sánchez y Margarita Orellana (Directores), Artes de México : arte huichol, número 75, México, 2005, pp. 44-53.

 
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