Le Cirad, l'INRAE, l’IRD et l’Institut Agro ont inauguré ce mercredi 6 octobre à Montpellier - aux côtés des représentants de la Préfecture, la Région Occitanie et de Michaël Delafosse, président de Montpellier Méditerranée Métropole et maire de Montpellier - deux infrastructures vouées à jouer un rôle majeur dans l’adaptation des cultures aux changements climatiques.

La première, un centre de ressources génétiques, Arcad, contribue à conserver la diversité végétale cultivée méditerranéenne et tropicale, essentielle à l’amélioration des plantes dans le cadre d’une transition agroécologique. La deuxième, une serre nommée AbioPhen, simule les climats de demain.

Avec Arcad, se met en place, à Montpellier, un centre de niveau mondial dédié à la conservation et à l’étude des ressources génétiques des plantes cultivées méditerranéennes et tropicales. Agropolis Resource Centre for Crop Conservation, Adaptation and Diversity (Arcad), hébergé par INRAE, rassemble les principales collections de ressources génétiques végétales du Cirad, de l’IRD et d’INRAE à Montpellier. Première « banque » française de conservation de plantes cultivées, Arcad regroupe près de 50 000 échantillons (vigne, maïs, Medicagol, sorgho, blé dur, riz, mil, coton, fonio, arachide, cacao, café, arbres forestiers…), sous forme de graines ou plantes in vitro...

De gauche à droite : Valérie Verdier, PDG de l’IRD, Sophie Béjean, Rectrice acad. Occitanie & Mtpl, Elisabeth Claverie de St Martin, PDG du Cirad, Philippe Mauguin, PDG d’INRAE, Michaël Delafosse, Pdt de Montpellier Méditerranée Métropole, Maire de Mtpl

© INRAE - Christophe MAITRE

Arcad : conserver et gérer la diversité génétique des plantes tropicales et méditerranéennes

Le bâtiment est construit en forme de H, autour du plateau de conservation des graines, avec en son cœur un robot transstockeur unique en Europe. Autour se déploient trois plateaux techniques (génotypage-séquençage, phénotypage des semences, cryoconservation) disposant des dernières technologies pour conserver et étudier cette diversité génétique.

Etudier la diversité de plantes cultivées et de leurs apparentées sauvages est primordial dans un contexte de mondialisation et de changements globaux. Certaines variétés anciennes ou sauvages, parfois menacées de disparition, peuvent être moins sensibles aux aléas climatiques, à des maladies émergentes ou bioagresseurs qui se diffusent sur le globe. Elles peuvent aussi être utilisées comme parents de nouvelles variétés plus adaptées à ces nouveaux contextes.
 
De plus, cultiver une diversité d'espèces et de variétés est une garantie de résilience, notamment pour les agricultures familiales qui assurent plus de la moitié de la production agricole mondiale. C’est un gage de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Enfin, conserver, étudier, diffuser cette diversité, en articulant de manière complémentaire les différents modes de conservation – dans les champs avec les paysans jusqu'aux centres comme Arcad – et en reconnaissant les différents processus et acteurs de création de diversité -  paysans, chercheurs, sélectionneurs – sont des orientations importantes pour assurer les transitions alimentaire et agroécologique à l’échelle mondiale.
 

 

La serre AbioPhen simule les conditions climatiques de demain

© L. Rodriguez - Cirad

AbioPhen : tester les variétés adaptées aux climats de demain

La serre du Cirad, AbioPhen, située non loin d’Arcad, permet d’aller plus loin dans les études sur l’adaptation aux changements climatiques de certaines variétés cultivées, comme le riz, et par là de décortiquer finement les mécanismes à l'œuvre et d'identifier des traits génétiques associés. Grâce au contrôle des conditions climatiques (rayonnement, température, humidité) et à une capacité d’augmentation du CO2 jusqu’à quatre fois la valeur ambiante, elle simule les climats de demain : augmentation des températures et du CO2 atmosphérique ou encore sécheresse de l’air. Cette serre, à la pointe de la technologie, rend ainsi possible l’étude du comportement de nouvelles variétés, issues de croisements contrôlés, ou de nouvelles associations entre variétés ou entre espèces, dans les conditions climatiques des prochaines décennies…
 

Deux infrastructures financées par le Contrat de Plan Etat-Région (CPER 2015-2020)

 

Le bâtiment Arcad (Agropolis Resource Centre for Crop Conservation, Adaptation and Diversity) a été réalisé dans le cadre du Contrat de Plan Etat-Région pour un montant de 10,4M€, avec un financement de la Région (6,5M€ et mise à disposition du terrain), Montpellier Méditerranée métropole (1M€) et le cofinancement des instituts scientifiques partenaires (2,9M€) : INRAE, Cirad, l’institut Agro, IRD. En rassemblant treize unités de recherche, une centaine de scientifiques en ressources génétiques, des capacités de formation et d’accueil (notamment des pays du Sud) ce nouvel équipement renforce la dynamique scientifique du pilier « Nourrir » de l’I-SITE MUSE (Université de Montpellier) et sa visibilité internationale.

 

La serre AbioPhen a été financée par le Contrat de Plan Etat-Région (3 M€), dont 1,3 M€ de la Région et 1 M€ de l’Etat) dans le cadre du RéSEM (Réseau des Serres Expérimentales de Montpellier) et un cofinancement du Cirad (700 000 €).

 

Les projets architecturaux d’Arcad et AbioPhen se sont inscrits dans le cadre d’une démarche prenant en compte des indicateurs environnementaux, comme la gestion de l’eau, des déchets, l’utilisation de matériaux à faible nuisance environnementale ou l’efficience énergétique.

Contacts

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Scientifiques :

  • Claire Billot (Cirad)
  • Jean-Marie Prosperi (INRAE)
  • Joëlle Ronfort (Cirad)
  • Jean-Louis Pham (IRD)