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La surpêche est le premier facteur de perte de la biodiversité marine. Avant le sommet sur le développement durable qui se tient à New York en septembre 2019, le suivi des stocks de poissons dans les différents océans montre que la situation est particulièrement alarmante en Méditerranée. 

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L'appétit des hommes pour le poisson, conjugué à l'accroissement de la population mondiale, est en passe d'avoir raison de la dernière ressource alimentaire sauvage. La consommation en produits de la mer s'est en effet accrue de 7 à 21 kg par an et par habitant entre 1950 et nos jours, entrainant une surexploitation massive des océans. 

Les moyens mis en oeuvre par l'armement (sondeurs, GPS, bateau-usines) pour aller chercher le poisson toujours plus loin et plus profond, ou pour remplacer dans leurs captures une espèce déclinante par une autre, accentuent le phénomène. Signe de l'épuisement des stocks et des écosystèmes associés, les prises stagnent, voire régressent, depuis le début des années 1990 malgré un effort de pêche plus soutenu. 

Le changement climatique et les nouvelles conditions du milieu océanique menacent eux aussi les populations marines. Les changements physiques et chimiques des eaux (acidification, réchauffement) compromettent la production primaire (planctons), 1er maillon des chaines alimentaires marines, et bouleversent la répartition spatiale des espèces. Ainsi, le déplacement des aires de distribution des poissons vers les pôles, à raison de 72 km par décennie, obère à terme l'avenir économique et social des pays de la ceinture tropicale.  

De la conservation de la biodiversité à l'exploitation durable des ressources

Les solutions doivent être envisagées à l'échelle internationale, dans un cadre global. Il s'agit de promouvoir une exploitation durable et équitable, avec des circuits commerciaux et des répartitions de captures plus favorables au Sud. Cela implique aussi une approche environnementale basée sur la préservation, s'étendant au-delà de la ressource elle-même aux espèces non pêchées, aux écosystèmes et à toute la biodiversité. En ce sens, les chercheurs de l'IRD et leurs partenaires élaborent des modèles et des scénarios pour anticiper les impacts du changement global (surexploitation des ressources, changements climatiques, pollutions, invasions biologiques, dégradation et perte d'habitats) sur les écosystèmes marins et ainsi améliorer la gestion des milieux, les pratiques et la gouvernance des pêches.

Datavisualisation réalisée en partenariat avec le magazine La Recherche



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Source : « The State of World Fisheries and Aquaculture », 2018 ; FAO, Sustainable Development Goals, Indicator 14.4.1.

Contacts : philippe.cury@ird.frfabien.moullec@ird.fr