La 24e Conférence des parties à la convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (COP24) se tient à Katowice (Pologne) du 3 au 14 décembre 2018. Les chercheurs de l’IRD et leurs partenaires organisent des événements parallèles aux négociations, sur les thématiques de l’impact du changement climatique sur la santé et de l’atténuation des émissions de gaz à effets de serre (GES). 

Bloc de texte

20 000 participants - hommes politiques, représentants des organisations non gouvernementales, scientifiques et entreprises - provenant de 190 pays sont attendus à la COP24. Trois ans après la signature de l’Accord de Paris lors de la COP21, cette conférence sera l’occasion de dresser le bilan des engagements des Etats pour réduire leurs émissions de GES, responsables du réchauffement climatique.

La COP24 intervient alors que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a publié un rapport alarmant en octobre 2018, qui montre que les émissions de GES sont de nouveau en hausse après une période de stagnation.

Changement climatique : une priorité scientifique

La lutte contre les changements climatiques est une priorité scientifique de l’IRD, qui propose une approche scientifique intégrée au service du développement durable. Conduites sur le long terme en partenariat avec des scientifiques des pays du Sud, les recherches pluridisciplinaires de l’IRD portent sur les enjeux globaux dans les régions tropicales. Elles visent à :

  • comprendre les mécanismes du climat et anticiper les changements tant au niveau global que régional.
  • mesurer les impacts du changement climatique sur les écosystèmes et les conditions de vie des populations et proposer des solutions d’adaptation.
  • maîtriser les facteurs du changement climatique et limiter ces changements.

Pour l’IRD, la science s’avère indispensable à la mise en œuvre de l’accord de Paris et à l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD). Mobilisés depuis la COP20, les chercheurs de l’IRD et leurs partenaires participent à la COP24 et présentent les résultats de leurs recherches sur l’impact du changement climatique sur la santé et sur les stratégies d’atténuation du changement climatique.

Retrouvez l’IRD à la COP24

Samedi 8 décembre 10h30 (Pavillon Union Européenne) : "Tracking progress on NDCs - Gaps ands needs on national and regional policy and research strategy". Ce side-event, organisé avec l’Agence de l’environnement néerlandaise (PLB) et le think-tank allemand New Climate Institute , sera l’occasion de faire le point sur les contributions nationales des Etats pour réduire leurs émissions de GES et d’identifier les manques en terme de stratégie scientifique et de politique nationale et régionale. Programme et intervenants :

  • Rôle de l’agriculture et de la foresterie pour atteindre les objectifs en matière de contributions nationales déterminées (CND) en GES : Jean-Luc Chotte, agronome, directeur de la Mission pour la promotion de l’interdisciplinarité et intersectorialité à l’IRD.
  • Combler le déficit en matière de données sur le changement climatique en Afrique de l'Ouest : Oblé Neya, chercheur au centre WASCAL (West African Science service Center on climate change and Adapted Land use , Burkina Faso).

Lundi 10 décembre de 15h à 17h (Pavillon de la Côte d’Ivoire) : "Impact du changement climatique sur la santé". Ce side-event vise à débattre des impacts du changement climatique sur les déterminants socio-environnementaux de la santé, et de l’importance de la recherche scientifique pour mesurer ces impacts et accompagner les politiques de santé publique.

Programme et intervenants :

  • Pollution urbaine et santé en Côte d'Ivoire : Véronique Yoboué, climatologue à l’Université de Cocody (Côte d’Ivoire).
  • Augmentation de température et risques sanitaires dans les territoires du Sahel sénégalais : Ibrahima Sy, géographe de la santé à l’Université Cheikh Anta Diop (Sénégal).
  • Dégradation de l’environnement, qualité de l'eau et santé dans un contexte de changement climatique : Emma Rochelle-Newall, directrice de recherche à l’IRD, spécialiste en écologie microbienne.

Mercredi 12 décembre à 11h (Pavillon du Sénégal) : "Un portail multisectoriel sur les impacts du changement climatique pour l’aide à la décision au Sénégal". Cette démonstration interactive permettra de présenter le portail développé par l’Agence Nationale de l’Aviation Civile et de la Météorologie du Sénégal (ANACIM) et l’IRD. Cet outil permet, sur la base de scénarios climatiques, de mettre à disposition des décideurs et des populations des informations utiles pour l’agriculture, la gestion de l’eau (…), adaptées aux besoins des utilisateurs.

Intervenants :

  • Benjamin Sultan, chercheur à l’IRD, spécialiste des changements climatiques et sociaux en Afrique de l’Ouest.
  • Ousmane Ndiaye, ANACIM.

Jeudi 13 décembre de 8h30 à 19h30  : 2ème « Journée de l'initiative "4 pour 1000" (Université de Silésie, Katowice). Participation de Jean-Luc Chotte, référent "4 pour 1000" de l’IRD.

L’initiative " 4 pour 1000 : les sols pour la sécurité alimentaire et le climat", lancée lors de la COP 21 à Paris en 2015, vise à montrer que l’agriculture, et en particulier les sols agricoles et forestiers, peuvent jouer un rôle crucial pour la sécurité alimentaire et pour l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, grâce à la séquestration de carbone dans les sols. L’initiative comprend  un plan d’action et un programme international de recherche. Elle fédère près de 300 partenaires à travers plus de 40 pays. Les organismes de recherche français (IRD, Cirad, INRA, CNRS, CEA…) jouent un rôle moteur dans ce programme de recherche. Réunis à Sète les 7 et 8 novembre 2018, les chercheurs ont lancé un appel pour un "programme scientifique ambitieux" pour la mise en œuvre du volet recherche de l’initiative.

Enfin, le 5 décembre à 13h15, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) présentera le rapport spécial "Health and Climate Change" (salle 3). Rédigé à la demande du président de la COP23, ce document rassemble les contributions de plus de 80 personnes, parmi lesquelles des chercheurs de l’IRD.

Climat et santé : des interactions fortes

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) souligne que le changement climatique influe sur les déterminants sociaux et environnementaux de la santé : qualité de l’air, eau potable, sécurité alimentaire, risque de catastrophes naturelles. L’organisation estime que près de 7 millions de personnes meurent chaque année à cause de l’exposition aux particules fines contenues dans l’air pollué. Les chercheurs de l’IRD conduisent des programmes de recherche sur les interactions entre climat et santé, et plus généralement sur les liens entre environnement et santé. Parmi ces programmes :

  • Alerte aux canicules au Sahel et à leurs impacts sur la santé ( ACASIS) : ce projet a pour objectif de mettre en place, au Sénégal et au Burkina Faso, un système d’alerte pré-opérationnel aux vagues de chaleur au Sahel adapté aux risques sanitaires des populations.
  • SOOT&SEA : étude de l’impact du « black carbon » sur la santé et le climat en Asie du Sud-Est. Cet aérosol particulaire émis dans l’atmosphère lors de la combustion incomplète de carburants et de biomasse constitue une source majeure de pollution atmosphérique en Asie du Sud-Est et contribue au réchauffement climatique en augmentant l’absorption du rayonnement solaire dans l’atmosphère.
  • ECOsystem MOdification and emerging infectious diseases Risk Evaluation ( ECOMORE II) : l’objectif est de comprendre les impacts des changements climatiques et environnementaux sur l’augmentation du risque de maladies infectieuses telles que la dengue et la leptospirose en Asie du Sud-Est.
  • Sentinel 2 for malaria surveillance (S2 malaria) : ce projet vise à développer des outils de surveillance adaptés pour le paludisme à Madagascar et en Afrique du Sud. L’objectif est de faire du suivi en temps quasi-réel des conditions favorables au paludisme, en intégrant les informations fournies par les satellites Sentinel-2 dans les systèmes de surveillance sanitaire (alerte précoce).
  • Dans le cadre du Labex-CEBA, les chercheurs ont mis en évidence les liens entre la déforestation et l’émergence de nouvelles maladies infectieuses, comme l’Ulcère de Buruli en Guyane française.

Des recherches sur cette thématique sont également conduites dans le cadre d’observatoires, qui favorisent un suivi à long terme et le renforcement des compétences des partenaires :

  • Les observatoires M-Tropics (Cameroun, Inde, Laos, Thaïlande, Vietnam) permettent aux chercheurs d’étudier l’impact des changements de pratiques agricoles sur les cours d’eau, en particulier sur les bactéries qui y vivent.
  • Des observations multi-échelles du climat, de l’environnement et de la santé sont effectuées par le laboratoire mixte international SENTINELA, mis en place au Brésil, en Colombie, au Pérou et en Guyane française. Ce laboratoire mixte international (LMI) contribue également à la formation (Master et Doctorat) sur les relations entre environnement et santé en Amérique latine.

Télécharger le communiqué de presse.