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1300 espèces de la flore africaine sont désormais identifiables grâce à l’application Pl@ntNet que continuent d’enrichir, de par le monde, ses 6 millions d’utilisateurs, botanistes amateurs.

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Reconnaître une espèce de légumineuses ou de palmiers d’Afrique tropicale est désormais possible avec un simple smartphone, grâce à l’application Pl@ntNet. Parmi les 1300 espèces de la flore africaine référencées, 470 sont des plantes utiles dont la description est accessible en ligne, comme par exemple l’espèce de baobab  Adansonia digitata connue pour son port remarquable et les nombreux usages de ses feuilles, fruits, graines, écorces, etc. 290 espèces d’arbres d’Afrique du Sud sont par ailleurs identifiables comme les Combretum , Cussonia , Grewia

"Ces différents projets sur l’Afrique tropicale ont pu être développés à travers différentes collaborations, avec le Conservatoire et jardin botaniques de la Ville de Genève, qui a mis à disposition son référentiel botanique, ou encore l’association sud-africaine d’éducation à l’environnement iScanTree. Celui sur les plantes utiles africaines s’inscrit dans notre wiki sur les plantes utiles et les usages des plantes  Pl@ntUse", précise Pierre Bonnet, coordinateur du projet Pl@ntNet au Cirad.

Dans le cadre de l’adaptation de Pl@ntNet aux différentes flores des îles de l’océan Indien, après La Réunion et Maurice, l’Archipel des Comores rejoint également le réseau, avec près de 600 espèces.

"C’est grâce à une large appropriation par le public au cours de ces dernières années que Pl@ntNet permet aujourd’hui l’identification d’environ 15 000 espèces de plantes. Bien que le chemin soit encore long pour couvrir une part plus significative de la flore mondiale, qui compte plusieurs centaines de milliers d’espèces, les nouveaux projets ouverts ce printemps 2018 illustrent la progression continue de cette plateforme vers de nouvelles régions du globe",se réjouit Pierre Bonnet.

Ces nouveaux projets sont le fruit des collaborations initiées au cours des années passées en Afrique, dans l’océan Indien mais aussi dans les Caraïbes (Guadeloupe, Martinique), ou plus récemment en Océanie et en Asie. Pl@ntNet couvre aujourd’hui presque tous les continents et plusieurs millions d’observations sont produites chaque année.

Pl@ntNet, un outil de science participative pour prévenir l’invasion de plantes exotiques et préserver la biodiversité

Le projet Pl@ntNet est porté par un consortium impliquant le Cirad, l’Inra, l’Inria, l’IRD, en collaboration avec un réseau d’associations, dont Tela Botanica. A terme, l’outil de reconnaissance pourrait bien aider à repérer et alerter sur la menace de futures plantes exotiques envahissantes et ainsi contribuer à la préservation de la biodiversité. Une récente étude montre comment les millions d’observations produites par la plateforme ont permis de modéliser la distribution géographique d’espèces invasives. L’étude porte sur cinq espèces en France métropolitaine.

"Grâce à ce modèle, il serait possible de détecter des espèces ornementales qui pourraient devenir invasives ou clarifier les aires de répartitions d’espèces déjà invasives", explique Christophe Botella, doctorant à l’Inra et co-auteur de l’étude."Cette approche pourrait être efficace pour les espèces facilement reconnaissables avec Pl@ntNet". Les plantes envahissantes sont l’une des menaces principales pour la biodiversité. Les détecter plus tôt permettrait de réduire le coût de leur gestion, qui s’élève à 13 milliards d’euros en Europe chaque année.