Le bassin de l’Amazone, le plus grand système hydrologique de la planète, a atteint une nouvelle crue historique en juin 2021. Un récent article scientifique dirigé par Jhan-Carlo Espinoza, chercheur IRD de l’IGE et des scientifiques du CEMADEN (Brésil), de l’Institut de recherche amazonienne (INPA, Brésil) et de l’Université de Valence (Espagne), a analysé les impacts et les causes de ce phénomène historique.

Cet article republié depuis le site web de l'Institut des Géosciences de l'Environnement a été rédigé par Jhan-Carlo Espinoza, chercheur IRD.

En Amazonie, les inondations prolongées détruisent les cultures et les pâturages, contaminent les eaux et isolent les localités pendant des semaines, voire des mois. Les inondations modifient également le cycle hydro-biochimique du bassin, ce qui a un impact sur les écosystèmes de la région.

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L’inondation de 2021 en Amazonie centrale a dépassé la soi-disant "inondation du siècle" de 2012 et a produit une situation d’urgence à Manaus (Brésil) pendant 91 jours, simultanément avec la crise sanitaire COVID-19. Le niveau du fleuve Amazone dans le port de Manaus a atteint 30,02 m, une valeur qui a dépassé le record historique de 29,97 m observé en 2012, lorsque la situation d’urgence a duré 80 jours.

Dans cette étude, les auteurs ont documenté que l’inondation de 2021 était associée à une intensification de l’activité convective et de l’upwelling atmosphérique dans le nord de l’Amazonie (au nord de 5˚S). Ce phénomène est lié à une intensification de la circulation de Walker* (l’un des principaux modes de circulation atmosphérique dans la région tropicale) qui a été observée depuis la fin des années 1990. En 2021, l’intensification de la circulation de Walker a été renforcée par le phénomène La Niña observé cette année-là.