Lors de sa dernière mission de prospection dans la baie de Koh Lanta du 6 au 13 mars 2021, la mission archéologique française en Thaïlande-Birmanie péninsulaire, a mis au jour des sites archéologiques abritant des vestiges et des peintures multimillénaires encore jamais découverts. 

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© Olivier Evrard

Vue sur la baie de Koh Lanta depuis une grotte

La mission archéologique française en Thaïlande-Birmanie péninsulaire, sous la direction de Bérénice Bellina (CNRS– Ministère des Affaires Etrangères) avait pour but de lancer l’étude sur les relations qu’entretiennent certains groupes nomades marins d’Asie du sud-Est avec les montagnes et grottes proches des rivages.

 L’Asie du Sud-Est est le foyer de plusieurs de ces groupes nomades qui se répartissent au large ou le long des côtes de la Birmanie, de l’Indonésie et jusqu’aux Philippines. Un ouvrage à leur sujet sortira d’ailleurs en juin 2021 avec la contribution de chercheurs de l’unité PALOC. Il sera le premier à s’intéresser à ces nomades marins dans l’histoire avec une approche croisée entre archéologie et ethnologie.  

Ces nomades s’établissent au débouché de lieux de passage ou au large d’anciens ports-entrepôts utilisés par les navires empruntant les Routes maritimes de la Soie, déjà actives au début de l’ère chrétienne. Ce projet s’intéresse plus particulièrement aux Urak Lawoi, aujourd’hui sédentarisés, ils constituent l’un des groupes de nomades marins les moins bien documentés en Thaïlande du Sud.

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© Olivier Evrard

Marin naviguant sur un longtail boat dans la Baie de Koh Lanta

Par l’utilisation conjointe de l’archéologie et de l’anthropologie, ce projet vise à comprendre l’occupation, l’utilisation et les représentations des montagnes et grottes insulaires ou côtières de façon à mieux documenter l’histoire régionale et les interactions entre populations maritimes, anciennes cités côtières et réseaux marchants longue distance liés aux Routes Maritimes de la Soie. 

La mission de prospection s’est avérée particulièrement fructueuse avec la découverte de plusieurs abris sous roches ornés de peintures multimillénaires et dans lesquels ont également été trouvés de nombreux vestiges matériels (poterie, ossements animaux et humains). Les chercheurs ont aussi mis au jour un site côtier particulièrement riche en matériels archéologiques associés aux échanges.

 


Peinture représentant une tortue    Morceau de sculpture    morceaux de poterie

L’équipe a également établi de bons contacts avec plusieurs communautés Urak Lawoi et a commencé l’étude de leurs traditions orales afin de compléter les analyses qui seront faites des vestiges archéologiques découverts à proximité. L’objectif est également, à terme, de mettre en œuvre un projet de patrimonialisation et d'archéologie communautaire associant plusieurs institutions de recherche françaises et thaïlandaises.
 

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© Olivier Evrard

Entretien avec les habitants de la Baie de Koh Lanta

L’équipe était constituée de Sorachat Rotchanarat, archéologue du Fine Arts Department (FAD), Noel Hidalgo Tan archéologue et spécialiste des peintures rupestres du Southeast Asian Ministers of Education Organisation Regional Centre for Archaeology and Fine Arts (SEAMEO SPAFA) et Olivier Evrard, anthropologue à l’UMR PALOC (IRD-MNHN) et représentant de l’IRD en Thaïlande.

Cette mission a été financée par le projet Labex exploratoire « AMPIER » dirigé par Stéphane Rennesson (CNRS UMR7186) et Bérénice Bellina (CNRS UMR7055) tous les deux chercheurs associés à l’UMR PALOC.       

 

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© Olivier Evrard

Photo de l'équipe franco-thaï sur l'un des sites découverts