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Le CNRT et ses partenaires organisent la première restitution du projet ERMINES, mercredi 12 août à 9h à l’IRD. Débuté fin juillet 2019, le projet est au terme de sa première année d’existence sur les trois prévues. L’occasion de faire un bilan des actions menées et d’en tirer des perspectives.

Prospections sur maquis minier, Mont Taom, Nouvelle-Calédonie - avril 2020

© IAC / G. Gateblé

Intitulé ERMines pour Espèces Rares et Menacées des massifs miniers, le projet initié en 2019 par le CNRT Nickel et son Environnement a pour objectif, à travers une synthèse de l’ensemble des données disponibles, d’établir une liste à jour des taxons les plus menacés d’extinction par l’activité minière. La méthodologie utilisée permettra aussi de rassembler l’ensemble des connaissances acquises concernant les moyens de conservation de ces espèces. Le projet est conduit par un consortium scientifique et associatif réunissant des membres de l’Institut Agronomique néo-Calédonien, de l’IRD et de l’association Endemia, sous la coordination de Gildas Gâteblé, Ingénieur de recherche en botanique à l’IAC et de David Bruy, conservateur de l’Herbier de Nouvelle-Calédonie (NOU) à l’IRD.

« Actuellement, indique Shankar Meyer, coordinateur de l’association Endemia, plus de 2.000 espèces de la flore sont connues sur substrat ultramafique, dont plus de 1.200 strictement inféodées à ces substrats ». Les substrats ultramafiques représentent environ un tiers de la surface de la Grande Terre. Depuis 2014, l’autorité locale de la Liste Rouge « Flore de Nouvelle-Calédonie », portée par son association, évalue le risque d’extinction des espèces végétales du territoire.

Les résultats préliminaires sur un tiers de la flore montrent que l’activité minière (en cours et future) est une des principales menaces pesant sur la flore néo-calédonienne aux côtés des incendies et des espèces envahissantes.

Constitution de planches d'herbier, Mont Taom, Nouvelle-Calédonie - avril 2020

© IRD / D. Bruy

Vers une seule et unique liste prioritaire

Les sociétés minières ayant l’obligation réglementaire de conserver les espèces rares et menacées de leurs sites d’exploitation, l’établissement d’une liste prioritaire des espèces végétales rares et menacées des massifs miniers apportera un cadre de référence indispensable pour respecter ces obligations et pour identifier les priorités de conservation. « Nous travaillons sur des données issues de plusieurs herbiers disposant d’espèces de Nouvelle-Calédonie, mais des missions de prospection de terrain restent nécessaires pour vérifier la distribution de ces espèces », précise David Bruy. La première prospection a été menée sur une concession minière de la Nickel Mining Company en mai 2020. « Soixante-quatorze espèces ont été collectées dont plusieurs espèces nouvelles pour la science, et une qui n’avait pas été revue depuis 1984 », se souvient-il.

Gossia clusioides, plante de maquis minier, Mont Taom, Nouvelle-Calédonie

© IRD / D. Bruy

Les plantes de Nouvelle-Calédonie ont fait l’objet d’énormément de récoltes depuis les années 1860. L’ensemble de ces récoltes, aujourd’hui dispersé dans de nombreux herbiers à travers le monde, a été agrégé. Puis celles localisées au sein de l’aire d’étude du projet ERMines ont été extraites pour créer le jeu de données de base. L’aire d’étude ainsi utilisée rassemble ce que les scientifiques ont appelé 17 « massifs miniers », soit des ensembles de concessions minières contigües parmi lesquelles au moins l’une est actuellement exploitée. « Notre zone d’étude couvre au final environ la moitié de la superficie totale des substrats ultramafiques de Nouvelle-Calédonie, des massifs isolés du Nord-Ouest au Grand massif Sud, avec sa continuité jusqu’au centre de la côte Est », résume Guillaume Lannuzel de l’IAC et d’Endemia. Le jeu de données quant à lui rassemble environ 56.000 spécimens dispersés dans une petite centaine d’herbiers et institutions à travers le monde.

« La Nouvelle-Calédonie occupe une place de premier rang dans le contexte mondial de la sixième crise massive d’extinction des espèces et ce, en dépit de la surface limitée qu’elle occupe à l’échelle mondiale », souligne Gildas Gateblé. Le territoire se doit donc de prendre en compte les connaissances acquises et de limiter au maximum l’impact sur les milieux afin de conserver les espèces les plus rares et les plus menacées, mais également les habitats ainsi que les processus évolutifs ayant conduit à son originalité floristique et son fort taux d’endémisme.

 

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