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Du 8 au 11 novembre 2022, le projet GENgiBRe « Rapport à la nature et égalité de genre. Une contribution à la théorie critique à partir de pratiques et mobilisations féministes dans l’agroécologie au Brésil » a réalisé une Expédition scientifique.

Inspirée par la méthodologie de la Caravane dévéloppée dans le mouvement agroécologique, cette Expédition a pris la forme d’une Caravane agroécologique féministe. Elle a été organisée en dialogue avec les organisations du Vale do Ribeira afin que les femmes en lutte pour l'agroécologie de ce territoire et de la Zona da Mata, dans le Minas Gerais, ainsi que d'autres combattantes de la ville, puissent se rencontrer pour partager leurs connaissances, expériences, stratégies de lutte, et également échanger des plants, graines, recettes et festivités !

Au cours de ces quatre jours, ces femmes ont traversé des territoires qui ont été touchés par l’exploitation minière, l’agro-industrie, les projets de « capitalisme » dit « vert » et de conservation environnementale entrainant l’expulsion de communautés locales.

Dans ces territoires, les participantes du projet en ont appris davantage sur les stratégies des entreprises pour administrer leur vie, et sur les stratégies des travailleuses qui résistent et prennent soin de la nature.

© DR

Projet GENgiBRe - Une recherche-action

Le projet de recherche-action GENgiBRe, lancé le 13 juillet 2021 est une recherche qui porte sur les pratiques et mobilisations féministes en agroécologie au Brésil. Il constitue une "recherche-action" parce qu’il a la volonté de connaître et de diffuser les processus d'organisation et modes de vie des agricultrices, tout en renforçant la position de ces femmes. La recherche est menée avec de femmes et de leurs organisations aussi bien dans le Vale do Ribeira, dans l'état de São Paulo que dans la Zona da Mata du Minas Gerais.

© Marina Yamaoka

Le rapport que les femmes entretiennent avec la nature et la façon dont elles aident à défendre les territoires et à lutter contre les discriminations est le sujet le plus important de la recherche. Pour mieux comprendre le fonctionnement, elles sont parties de l'idée que la relation entre les agricultrices qui pratiquent l'agroécologie crée un monde où il fait bon vivre. En parallèle, cette relation est limitée et menacée par des rapports de pouvoir qui s'entremêlent pour fonder une société capitaliste, patriarcale et raciste.

Ces relations de pouvoir génèrent des conflits. Elles affirment que la résolution de ces désaccords passe par l'organisation de groupes de femmes qui se battent pour la défense du territoire et pour la fin des oppressions.

Cette mission a commencé par une division de la Caravane en deux itinéraires. Les groupes ont visité des territoires et organisations de femmes différents :

  • Route Maria Felipa
  • Route Berta Cáceres

© Caderno da participante elaborado pela SOF

© Marina Yamaoka

Itinéraire Maria Felipa

Communautés menacées par le capitalisme vert et la présence d’unités de conservation environnementale.

Sur cette route, elles ont connu la lutte des compagnes de l’Union des femmes productrices de l’économie solidaire (UMPES) et des militantes caiçaras de la municipalité de Peruíbe.

Elles ont discuté de l’économie solidaire, des modes de vie liés à la mer et de la lutte contre les règles des Unités de conservation qui, à travers les parcs, veulent expulser les communautés de leurs territoires.

© Marina Yamaoka

Itinéraire Berta Cáceres

Communautés menacées par les résistances minières en lien avec l'UAAI, EEACONE et RAMA.

Au cours de ce voyage, elles ont découvert l’expérience de lutte et de vie des compagnes de l’Union des agricultrices agroécologiques d’Itaoca (UAAI) et des femmes du Quilombo Cangume, qui produisent de la nourriture agroécologique dans un territoire dominé par l’exploitation minière et l’agro-industrie.

Elles ont connu l’histoire de l’exploitation de ce territoire en visitant une ancienne mine, aujourd’hui déshabilitée, mais qui a été responsable de nombreux dégâts sur la vie des populations et sur l'environnement.

Elles ont également vécu l'expérience d'organisation, de lutte et d'occupation de ce territoire par les pratiques vivifiantes des agricultrices.

© Marina Yamaoka

Les deux groupes se sont réunis à Barra do Turvo pour découvrir le réseau agroécologique des agricultrices (RAMA) et sa production agroécologique ainsi que la construction d'un réseau communautaire de communication et la lutte contre les unités de conservation et de capitalisme vert.

Elles ont terminé par un grand rassemblement à São Paulo, à la Casa do Povo. Cette dernière activité a permis de refaire le lien à plusieurs voix entre les différentes expériences de la Caravane et le projet GENgiBRe. Ce fut un beau moment, avec de nombreux discours d’agricultrices.

Expédition dans le Vale do Ribeira