Mis à jour le 30/08/22

Depuis plus de 30 ans, l'IRD en Inde développe des activités de recherche et de formation visant à répondre aux grands défis environnementaux et sociaux contemporains, en collaboration avec des partenaires indiens de renom.

Les activités de l'IRD en Inde portent sur un large éventail de thématiques de recherche, incluant aussi bien la gestion de l’eau et les maladies infectieuses, que les politiques urbaines et la transition démographique. Ces projets sont menés en partenariat avec des institutions indiennes réputées, incluant des universités, des instituts scientifiques, des think tanks et des ONG. 

L'IRD concourt également au renforcement des capacités de recherche en Inde, grâce à la mise en place de jeunes équipes de recherche (JEAI), de laboratoires et d’observatoires.

En 2022, l’IRD en Inde comptait une vingtaine de chercheurs français développant des projets scientifiques en collaboration avec des partenaires indiens, dont 5 chercheurs IRD en expatriation. Les activités de recherche de l’IRD en Inde sont interconnectées avec les activités de recherche menées dans le reste du sous-continent indien, en Asie du Sud et dans le monde.

L’IRD en Inde dépend, au niveau administratif, de la représentation IRD en Thaïlande. Une correspondance locale a été établie à New Delhi en mars 2021, afin de soutenir l'activité croissante des chercheurs en Inde et d’assurer une mission de représentation institutionnelle. À terme, cette correspondance devrait évoluer vers une Représentation de plein droit.

 

Chercheur.e.s expatrié.e.s

  • Marie-Hélène ZÉRAH
    (UMR 245 CESSMA), basée au Centre for Policy Research - CPR, New Delhi

    Mots clés : infrastructures et services urbains, gouvernance et démocratie urbaines, transition énergétique urbaine, dynamiques des petites villes

    Marie-Hélène Zérah est directrice de recherche et chercheuse en études urbaines. Ses travaux portent principalement sur la transformation des villes indiennes depuis la période dite de libéralisation entamée en 1991. Une grande partie de ses travaux s’intéresse à la question des services urbains (eau, assainissement, déchets et plus récemment électricité), les services offrant un des lieux d’observation les plus utiles pour comprendre les transformations en cours dans l’Inde urbaine. Cette entrée par les services l’a amené à s'intéresser aux questions de gouvernance, de décentralisation et de démocratie urbaines en travaillant sur les changements dans les relations de pouvoir entre l’Etat (à différentes échelles), la société civile et les acteurs privés.

    Plus récemment, Marie-Hélène Zérah a réorienté ses recherches sur les dynamiques des petites villes, souvent oubliées des études urbaines en Inde, où la recherche sur les mégapoles dominent. Les petites villes, très nombreuses et en croissance, sont un reflet de la diversité urbaine indienne et constituent un composant central de l’armature urbaine du sous-continent indien. Des recherches centrées sur leurs transformations spatiales, les dynamiques économiques qui expliquent leur croissance et les évolutions de leur structure sociale sont en cours dans le cadre de différents projets (ANR, financement Banque Mondiale).

  • Romain SIMENEL
    (UMR 208 PALOC), basé au Centre for the Study of Developing Societies - CSDS, New Delhi

    Mots clés : anthropologie, enfants, apprentissage, transmission, cognition, environnement

    Ethnologue et anthropologue, Romain Simenel étudie les relations entre sociétés et environnements, ou plus simplement entre humains et autres existants, sous deux angles, l’altérité et l’apprentissage, qu’il considère comme les deux piliers de la transmission culturelle. Ses dernières recherches portent sur les formes de transmission culturelle entre enfants qui se réalisent au contact de l’environnement. Son approche s’intéresse à la capacité des enfants à apprendre entre eux à partir de leur expérience des autres existants, plantes ou animaux. De la transmission de la langue, des savoirs apicoles ou encore de la pratique de la gravure rupestre entre enfants bergers, à celle de l’écriture arabe dans les écoles coraniques, ses terrains marocains et maintenant indiens lui permettent d’expliquer comment la dimension sociale, cognitive et langagière de l'esprit humain s'articulent dans l’expérience sensible de l'environnement. Son travail vise à replacer la question de l’apprentissage culturel dans le champ de l’expérience sensible vécue au contact des plantes et des animaux afin de poser les premières fondations d’une ontogenèse de l’intelligence humaine au prisme des relations sensibles entre les humains et les autres existants. Cette réflexion s’inscrit aussi dans un contexte de développement en interrogeant la manière dont la mondialisation des techniques et des modèles d’enseignements impacte-t-elle la diversité des transmissions culturelles.

    Co-concepteur du Jardin des Altérités au Jardin des plantes de Paris et membre du Conseil scientifique du laboratoire PALOC, Romain Simenel a co-créé le séminaire AlterEco en 2018 au Muséum et a fait partie de l’équipe pédagogique du Master 1 SeB du MNHN de 2018 à 2020. Il a aussi coordonné scientifiquement la réalisation de l’ouvrage L’Ecologie des Mondes pour la Cop 21 et fait partie de l’équipe scientifique fondatrice du Musée Berbère du Jardin Majorelle à Marrakech.

  • Christophe GUILMOTO
    (UMR 196 CEPED), basé au Centre de Sciences Sociales - CSH, New Delhi

    Mots clés : démographie de l'Inde et de l'Asie, déséquilibre de sexe, fertilité, analyse spatiale

    Christophe Z. Guilmoto est directeur de recherche en démographie de première classe. Christophe Guilmoto a consacré son doctorat à la démographie historique du Tamil Nadu et a travaillé depuis sur la baisse de la fécondité en Inde du sud et sur les déséquilibres de genre à la naissance en Inde et dans le monde.

    Après des études de mathématiques et de sociologie, il a réalisé son doctorat sur l'histoire démographique du Tamil Nadu (Inde). Il a ensuite rejoint l'IRD et a travaillé trois ans au Sénégal avec la Direction de la statistique à Dakar, avant d’être affecté en Inde pour cinq ans au sein de l’Institut Français de Pondichéry. Il a ensuite été directeur exécutif du CICRED (Centre de coopération internationale en recherche démographique, Paris) de 2005 à 2007, puis a rejoint l’UMR CEPED en 2008. Christophe Z. Guilmoto est actuellement en affectation pour deux ans au sein du Centre de Sciences Humaines (CSH, New Delhi).

    Ses intérêts de recherche ont commencé par la démographie historique et se sont orientés vers la théorie des migrations internationales à partir de ses travaux au Sénégal, puis sur la baisse de la fécondité et la démographie spatiale avec des travaux menés en Asie, en Europe et au Caucase. Christophe Z. Guilmoto a notamment travaillé sur la sélection sexuelle et les déséquilibres sexuels à la naissance dans le monde avec le soutien de l'UNFPA. Il est l’auteur du premier rapport mondial sur les déséquilibres sexuels à la naissance (UNFPA 2012) et a récemment contribué au rapport 2020 de l'UNFPA sur les pratiques néfastes.

    Christophe Z. Guilmoto (IRD - CEPED) mène actuellement plusieurs projets sur la démographie des inégalités dans le cadre de son affectation (2020 - 2023) au sein du Centre de Sciences Humaines (CSH, Delhi). Il a notamment travaillé sur les aspects démographiques de la crise de la COVID-19 en Inde. Un article (An alternative estimation of the death toll of the Covid-19 pandemic in India[1]) a été publié dans le journal PLos One et largement discuté dans la presse indienne, française et étrangère: c’est une des deux seules contributions sur la mesure de la mortalité validé par les pairs. Un travail exploratoire sur la thématique des castes est également en cours. Les inégalités démographiques sont au cœur des recherches de l’IRD depuis plusieurs années. Celles-ci s'expriment notamment à travers la fertilité, mortalité, la santé et le logement. L’objectif est de comprendre comment ces inégalités s’articulent avec les disparités socio-économiques, la segmentation sociale des castes et genres et les spécificités régionales du pays.

     

    [1] Estimating the death toll of the Covid-19 pandemic in India, Christophe Z Guilmoto, PLOS ONE doi: 10.1371/journal.pone.0263187

     

  • Matthieu SALPETEUR
    (UMR 208 PALOC), basé au sein de l’Ashoka Trust for Research in Ecology and the Environment - ATREE, Bangalore

    Mots clés : sociétés pastorales nomades, savoirs naturalistes locaux

    Matthieu Salpeteur est chercheur en anthropologie. Ses travaux portent sur les interactions sociétés-environnement, appréhendées selon trois entrées principales :

    • l’étude des dynamiques sociopolitiques propres aux sociétés humaines qui affectent, de manière directe ou indirecte, ces interactions, à travers différentes études de cas. Son doctorat a porté sur un système symbolique assimilable à une forme de totémisme individuel, dans la région des Grassfields (Cameroun), et visait à analyser les logiques sociopolitiques participant au maintien et à l’évolution de ce système. Il s’est ensuite intéressé aux savoirs naturalistes locaux, en étudiant la manière dont l’organisation sociale et les interactions sociales informelles donnent forme et affectent la transmission de ces savoirs, au sein de communautés d’éleveurs nomades de la région du Kutch (Gujarat, Inde).
    • l’étude des dynamiques d’évolution des systèmes de savoirs et pratiques (savoirs naturalistes locaux) mobilisés par les groupes humains pour interagir avec leurs environnements, en lien avec les dynamiques sociales mais également avec les transformations environnementales. L’enjeu est ici de comprendre comment ces savoirs, qui jouent le rôle d’interface entre les activités humaines et l’environnement, sont affectés par ces transformations qui s’inscrivent parfois dans des temporalités très différentes.
    • l’étude des transformations contemporaines des sociétés pastorales nomades et semi-nomades, et de la manière dont elles s’adaptent aux changements environnementaux planétaires. Ses travaux portent en particulier sur la manière dont les éleveurs nomades s’adaptent aux mutations des territoires dans lesquels ils évoluent, liées à l’extension de l’irrigation, aux changements fonciers, à la fragmentation des écosystèmes, qui affectent à la fois la distribution spatiale et l’accessibilité des ressources naturelles dont ils dépendent.

    Matthieu Salpeteur s’appuie sur les méthodes qualitatives de l’ethnographie ainsi que sur une série d’outils quantitatifs issus de l’ethnoécologie (listes libres, analyse de consensus culturel, construction d’indices de savoirs) et de la sociologie (analyse de réseaux sociaux), utilisés indépendamment ou en association.

    Ces différents travaux alimentent une réflexion épistémologique sur les questions d’échelles dans l’analyse des interactions sociétés-environnement : échelles spatiales et temporelles, puisque les dynamiques sociales et environnementales prennent corps à des niveaux différents ; mais aussi échelles dans l’analyse des faits sociaux, puisque les outils qualitatifs et quantitatifs produisent des photographies des groupes étudiés situées à différents niveaux de représentativité.

  • Cécile GOMEZ
    (UMR 144 LISAH), basée au sein du CEFIRSE, Bangalore

    Mots clés : science des sols, cartographie et spectroscopie des sols, géostatistique, télédétection, chimiométrie, environnement

    Cécile Gomez fait des recherches sur le traitement des données de télédétection VNIR/SWIR (hyperspectrales et multispectrales), la cartographie des sols, la spectroscopie des sols, la cartographie numérique des sols et la géostatistique.

Contacter la correspondance :

La correspondance de l’IRD en Inde dépend de la Représentation de l’IRD en Thaïlande. Pour toute demande d’informations, vous pouvez contacter la Représentation en Thaïlande : thailande@ird.fr