L’autotest de dépistage du VIH va être introduit plus largement et promu en Côte d’Ivoire, au Mali et au Sénégal afin que les personnes les plus à risque de contracter le virus accèdent à leur statut sérologique en toute discrétion et soient mises en relation avec les services de soins ou de prévention.

Financé par Unitaid à hauteur de plus de 15 millions de dollars, mis en oeuvre par le consortium Solidarité thérapeutique et initiatives pour la santé (Solthis) et l’IRD, en partenariat avec les Ministères de la Santé des 3 pays ciblés, le projet ATLAS - Autotest VIH, Libre d’Accéder à la connaissance de son Statut - a été officiellement lancé ce jour à Dakar au Sénégal en présence du Colonel Boubacar GUEYE, Conseiller technique n°1 du Ministre et du Professeur Cheikh Tidiane NDOUR, Chef de la division de lutte contre le Sida et des infections sexuelles transmissibles (DLSI), représentant son Excellence Monsieur le Ministre de la Santé et de l’Action Sociale, ainsi qu’en présence du Directeur exécutif adjoint d’Unitaid, Dr Philippe Duneton et du Directeur général de Solthis, Louis Pizarro.

Le projet ATLAS, d’une durée de 3 ans et demi, permettra non seulement la distribution de 500 000 kits d’autotest de dépistage du VIH en Côte d’Ivoire, au Mali et au Sénégal mais aussi de poser les bases nécessaires au déploiement à grande échelle de cette stratégie de dépistage par les gouvernements et autres partenaires, avec le concours des partenaires institutionnels, associatifs et de recherche.

"ATLAS s’inscrit pour Unitaid dans une stratégie d’investissements plus globale pour promouvoir l’autotest de dépistage du VIH en Afrique, y compris en Afrique de l’Ouest et centrale, comme solution pour atteindre des taux élevés de dépistage du VIH, et ainsi contribuer à renverser l’évolution de l’épidémie", a mentionné Lelio Marmora, Directeur exécutif d’Unitaid.

Connaître son statut sérologique VIH : une étape indispensable pour mettre fin à l’épidémie

A l’heure où l’ONUSIDA plaide pour un accès universel au dépistage du VIH pour vaincre l’épidémie d’ici 2030, l’enjeu est de taille car en Afrique de l’Ouest et centrale, à peine la moitié (48%) des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut1. La stigmatisation et la discrimination des personnes séropositives représentent des freins majeurs à l’atteinte de l’objectif mondial lié au dépistage2. Il est donc indispensable d’innover pour diversifier l’offre de dépistage et pouvoir renverser le cours de l’épidémie.

Même si le taux de personnes contaminées reste modéré en Afrique de l’Ouest et centrale, y compris dans les 3 pays où est mis en oeuvre le projet ATLAS, l’épidémie de VIH est concentrée dans certains groupes de population tels les travailleurs du sexe ou encore les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. ATLAS va apporter une stratégie complémentaire d’offre de dépistage, en permettant, grâce à l’autotest, d’atteindre les populations à haut risque de contracter le virus qui n’accèdent pas aux services de dépistage existants.

Le projet ATLAS, au carrefour de l’innovation technologique et sociétale

En ciblant des populations à risque, ATLAS offre aux personnes ne s’étant jamais fait dépister auparavant ou dont les pratiques requièrent des tests fréquents, l’opportunité et un outil pour connaître leur statut et s’orienter vers des services adaptés de prévention ou de soins. L’autotest, un dispositif oral de détection des anticorps du VIH qui consiste à passer une spatule sur les gencives et à la plonger ensuite dans un réactif, permet un dépistage simple et rapide en toute discrétion, et renforce la capacité de chacun d’être acteur de sa santé. Le projet contribuera à mettre en place les conditions favorables à l’introduction et au déploiement à grande échelle de l’autotest du VIH et à susciter la demande nécessaire d'autotests parmi ces populations cibles.

Enfin, le projet ATLAS comporte un volet scientifique réunissant, l’IRD, pilote de la partie recherche et évaluation, PACCI, la London School of Hygiene and Tropical Medicine et l’Imperial College of London. Cinq études seront conduites pour documenter l’impact de l’autotest du VIH comme stratégie de dépistage complémentaire indispensable et déterminer les modèles de distribution les plus efficaces en termes de rapport coûts-efficacité. Les résultats des études seront communiqués aux pays de la région pour faciliter l’adoption de l’autotest de dépistage et son déploiement à grande échelle.

Dès 2015, Unitaid a joué un rôle pionnier dans la promotion de l’autotest de dépistage du VIH avec le projet STAR mis en oeuvre par l’ONG Population Services International (PSI) et ses partenaires dans six pays d’Afrique australe. A ce jour, près d’une trentaine de pays ont intégré l’autotest du VIH dans leurs programmes de dépistage. Le projet MTV Shuga est venu consolider le portefeuille de subventions d’Unitaid dans ce domaine. Il sera mis en oeuvre par MTV Staying Alive Foundation en conjonction avec le projet ATLAS pour la Côte d’Ivoire, et a pour objectif de mieux faire connaître l’autotest aux jeunes, à travers la production d’une série télévisée transmettant des messages de santé publique sur l’usage des autotests pour le dépistage du VIH.


Notes :

1. ONUSIDA, 2017
2. Objectifs « 90-90-90 » de l’ONUSIDA fixés à 2020 : 90% des personnes séropositives connaissent leur statut, 90 % des personnes dépistées positives au VIH soient sous traitement antirétroviral, 90% des personnes sous traitement aient une charge virale indétectable.


Contact : joseph.larmarange@ird.fr 

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