Après avoir réalisé sa thèse sous la tutelle de l’IRD entre 1998 et 2001, Gustave Simo devient chercheur au sein de l’Institut de recherche médicale et d’étude sur les plantes médicinales, puis Maître de conférences à l’Université de Dschang, dans son pays d’origine, le Cameroun. Pour autant, il effectue régulièrement des séjours au sein de l’unité de recherche montpelliéraine, InterTryp, et devient membre en 2005 d’une des premières JEAI. En 2017, c’est à son tour de prendre la tête d’une Jeune équipe de recherche associée à l’IRD. Retour sur ce parcours particulier au sein de l’Institut.  

Portrait de Gustave Simo, responsable de la JEAI "EpiReTryp".

© IRD - Evelyne Roggerone

Depuis 2017, Gustave Simo est membre fondateur de la Jeune équipe associé à l’IRD (JEAI) « EpiReTryp », qu’il dirige avec Sophie Ravel, chercheuse au sein de l’UMR « Interactions Hôte-Vecteur-Parasite-Environnement dans les maladies tropicales négligées dues aux Trypanosomatidae » (InterTryp). Ce partenariat scientifique international s’inscrit dans la continuité d’une collaboration commencée en 1998, au Cameroun. « A cette époque, j’ai rejoint une équipe de l’IRD détachée à l’Organisation de Coordination pour la lutte contre les Endémies en Afrique Centrale (OCEAC) pour effectuer une thèse sur la trypanosomiase africaine. Après une année de financement par la coopération française, j’ai obtenu une Bourse de thèse de l’IRD (programme ARTS) », explique Gustave. « La maladie du sommeil et les trypanosomiases animales représentent un problème de santé publique important au Cameroun. Chaque année, le Ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries Animales dépense beaucoup d’argent pour lutter contre les vecteurs de ces maladies. Aussi, je me suis sentie très utile en faisant ma thèse sur ce sujet et dans mon pays. »

Gustave Simo obtient son doctorat en 2001. Son expertise lui permet d’obtenir consécutivement une bourse postdoctorale du « Marine Biological laboratory » à Woods Hole aux Etats-Unis, une allocation de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) et enfin d’intégrer le Département de génomique fonctionnelle du Centre de Recherche Allemand sur le Cancer de Heidelberg en Allemagne, où il passera 3 ans. « Pendant tout mon parcours, j’ai conservé d’étroites collaborations avec l’IRD. En 2005, je suis même devenu membre d’une des premières JEAI créées. Cela a été l’occasion pour moi de retravailler avec Stéphane Herder, mon co-directeur de thèse, et Flobert Njiokou, épidémiologue partenaire de l’IRD à l’Université de Yaoundé I », explique-t-il. Malgré ses nombreuses expériences à l’étranger, et les postes qui s’offrent à lui aux États-Unis et en Allemagne, Gustave préfère rentrer au Cameroun, devenir chercheur à l’Institut de recherche médicale et d’étude sur les plantes médicinales (IMPM), et monter son laboratoire. Ayant depuis intégré l’Université de Dschang, où il a créé l’Unité de Parasitologie et d’Entomologie Moléculaire, le scientifique camerounais est lui-même responsable d’une Jeune équipe associée à l’IRD depuis 2017. « Aujourd’hui, je travaille sur la maladie du sommeil et la trypanosomiase animale. Mon projet porte sur la résistance aux médicaments utilisés pour traiter les animaux infectés par les trypanosomes. À terme, les résultats permettront de cartographier la résistance à ces traitements au Cameroun, et de mieux comprendre les bases génétiques de cette résistance », précise-t-il.

 

Aujourd’hui, Gustave voit encore plus loin. « Je suis en train de mettre en place une véritable équipe, composée de chercheurs, post-doctorants, doctorants et étudiants. J’ai des collaborations en Allemagne, en Belgique, en Ecosse, et dans d’autres pays d’Afrique Centrale. Créer un Laboratoire Mixte International?Les laboratoires Mixtes Internationaux (LMI) sont des outils déployés par l’IRD. Un LMI est co-construit et codirigé par des équipes d’une ou de plusieurs institutions de recherche et d’enseignement supérieur des pays en développement, et d’une ou plusieurs UMR affiliées à l’IRD, autour d’une thématique scientifique ciblée et d’une plateforme commune (locaux, plateformes analytiques, équipements, etc.) permettrait de consolider ces partenariats au sein d’une plateforme plus formelle. » Ainsi, le scientifique, qui a déjà plus de 20 ans de coopération à son actif avec l’IRD, compte bien faire perdurer ce lien. Il analyse la particularité de cet attachement : « Je pense que la réussite de ma longue collaboration avec l’Institut tient de ma rencontre avec certaines personnes, qui m’ont accompagné dans la réalisation de mes projets de recherche et m’ont offert le support matériel nécessaire. Je pense, en particulier, à Gérard Cuny, directeur de l’UMR InterTryp à la retraite aujourd’hui, ou encore à Philippe Solano, qui l’a remplacé et continue de m’encourager. »