Depuis 2014, Iboukoun Christian Allé est doctorant à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Hydrogéologue de formation, spécialisé en géophysique, il a choisi d’étudier les ressources en eau de son pays d’origine, le Bénin. Actuellement en train de finaliser sa thèse, le doctorant nous raconte sa rencontre avec les scientifiques de l’IRD, sa trajectoire au sein de l’Institut et parle de son avenir.

Portrait de Christian Allé, doctorant ARTS.

© IRD - Evelyne Roggerone

« Je souhaitais faire médecine, prévient Christian. Mais je n’ai pas réussi le concours d’entrée à la Faculté des Sciences de la Santé. Je me suis donc inscrit en Licence « Chimie Biologie Géologie » à la Faculté des Sciences et Techniques (FAST) de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC). » L’année suivant sa première année d’université, la FAST propose une nouvelle formation professionnalisée dans le secteur de l’eau et de l’assainissement (aujourd’hui devenue l’Institut National de l’Eau (INE) du Bénin). Celui qui aime travailler de ses mains et mesurer le résultat concret de son travail dépose sa candidature. Au terme de sa deuxième année de licence, Christian choisit de se spécialiser en géo-hydrologie. « Nous avions participé à une école de terrain pendant la seconde année. Nous avions travaillé dans des zones où la population manquait d’eau. Nous avons prospecté, puis foré. Et nous avons trouvé de l’eau ! Les habitants étaient tellement heureux ! J’ai donc trouvé une activité professionnelle qui soit à la fois pratique et humanitaire, ce qui était très important pour moi », explique le doctorant.

Ses cours de Master Géo-hydrologie lui donnent l’occasion de rencontrer plusieurs chercheurs de l’IRD, venus enseigner l’hydrogéophysique appliquée aux eaux souterraines. « Ça m’a passionné , confie-t-il. J’ai décidé de faire mon mémoire de Master dans cette discipline. » L’UAC est le partenaire majeur de l’IRD au Bénin. Ce qui permet à Christian d’être encadré par Marc Descloitres, ingénieur de recherche au sein de l’Institut des Géosciences de l’Environnement (IGE), pour son stage de recherche. Il travaille alors sur la caractérisation des eaux salines du littoral au moyen de méthodes géophysiques. Avec cette première collaboration avec l’Institut, s’ouvrent de nouvelles perspectives. « En 2012, Jean-Michel Vouillamoz, également hydrogéophysicien à l’IGE, et Nicaise Yalo, géophysicien à l’UAC, et Marc [Descloitres] obtiennent un financement pour lancer le projet Europ-Aid « GRIBA »?Ce projet Europ-Aid a été financé par l’Union Africaine, l’Union Européenne et l’IRD (grant AURG/098/2012). (Groudwater Resources in Basement Rocks of Africa). J’ai eu alors un contrat d’un an en tant qu’ingénieur pour participer à ce programme. » De là, germe l’idée chez Christian de faire une thèse. En 2014, il devient titulaire d’une Allocation de recherche pour une thèse au Sud (ARTS) de l’IRD parallèlement à l’émergence d’une Jeune Equipe Associée à l’IRD?L’objectif du programme « Jeune Equipe Associée à l’IRD » est de permettre à un groupe de chercheur.e.s du Sud de se constituer en équipe à travers la réalisation d’un projet de recherche et de formation par la recherche, mené en étroite collaboration avec une unité de l’IRD., la JEAI « Aqui-Bénin » dédiée à l’étude des aquifères. Il continue à étudier les réservoirs naturels d’eau en zones de socle en Afrique, notamment au Bénin, sous la direction conjointe des porteurs du projet GRIBA.

 

Si le programme ARTS dure 3 années, dont 1 an et demi dédié au recueil de données, le doctorant passe quant à lui près de 2 ans et demi sur le terrain. « La géophysique nous a pris beaucoup de temps , explique-t-il. Mais cela a été payant : j’ai été sollicité pour appliquer les méthodes développées en zones de socle aux zones sédimentaires » . Alors sous contrat d’ingénieur de recherche avec l’IRD, Christian participe également à la création du Laboratoire Mixte International?Les laboratoires Mixtes Internationaux (LMI) sont des outils déployés par l’IRD. Un LMI est co-construit et codirigé par des équipes d’une ou de plusieurs institutions de recherche et d’enseignement supérieur des pays en développement, et d’une ou plusieurs UMR affiliées à l’IRD, autour d’une thématique scientifique ciblée et d’une plateforme commune (locaux, plateformes analytiques, équipements, etc.). REZOC « Centre d’études des Ressources en Eau et de la Zone Critique ». Aujourd’hui en cours de finalisation de son manuscrit de thèse de doctorat, Christian sait déjà ce qui l’attend en septembre. « L’INE a obtenu des fonds pour conduire le projet AGIRES (Action pour une Gestion Intégrée des Ressources en Eau Souterraine au Bénin). Avec d’autres collègues de ma promotion, Valérie Kotchoni et Fabrice Lawson, également doctorants soutenus par l’IRD et impliqués dans le projets GRIBA, j’ai été embauché par l’Institut afin de constituer l’équipe qui le mènera à bien. Cela va permettre d’assurer la continuité avec les actions déjà entreprises par l’IRD, notamment pour l’accompagnement des étudiants, la réalisation d’un modèle de gestions des ressources en eau souterraine mobilisées pour l’approvisionnement en eau potable de la ville de Cotonou et ses environs, et l’utilisation et l’entretien des équipements géophysiques que la Direction Générale de l’Eau du Bénin (DG-Eau) souhaite acquérir pour en confier la gestion à l’INE. Ceci est l’un des gros avantages du partenariat existant entre l’UAC, l’INE et l’IRD. »