Créée en 2015 sous l’impulsion d’Yves Soufflet et Clément Mayet, alors respectivement post-doctorant et ingénieur d’étude au sein de l’UMR LEGOS, la startup « Waves’n see » vient de remporter le concours « les Inn’Ovations », organisé par l’Agence Régionale du Développement économique, de l’Export et de l’Innovation en Occitanie (Madeeli), catégorie « Mer et Littoral ». Retour sur la naissance de cette jeune pousse avec l’un de ses co-fondateurs.

Portrait de Yves Soufflet, co-fondateur de Waves'n See.

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Mathématiques et océanographie n’ont a priori pas grand-chose à faire ensemble. C’est pourtant bien de ce mariage inattendu qu’est née l’entreprise Waves’n See. Recruté en qualité de chercheur en mathématiques appliquées, Yves Soufflet intègre l’IRD en 2013 pour travailler sur un projet de recherche visant à améliorer les outils de modélisation océanique. Dans ce cadre, il rencontre Rafael Almar, physicien du littoral à l’IRD, qui étudie la dynamique du littoral à l’aide de l’imagerie vidéo. Cette technologie permet un suivi continu et haute fréquence des ressources sédimentaires des plages. Ils commencent à travailler ensemble sur le logiciel d’analyse de ces images. Rapidement débordés par la demande de leurs partenaires du Sud, confrontés aux problèmes d’érosion du littoral, les chercheurs saisissent le potentiel de cette technologie. 

« Devant les possibilités du dispositif, nous avons envisagé la création de l’entreprise, raconte Yves Soufflet. Nous y avons vu une opportunité à saisir car cette technologie est novatrice, poursuit le jeune entrepreneur. Il nous a semblé qu’elle serait bien accueillie par les gestionnaires du littoral. À partir d’un système unique, nous pouvons produire des données utiles aussi bien à l’exploitation économique du milieu qu’à sa préservation », précise-t-il. En 2015, Yves Soufflet saute le pas et s’associe à Clément Mayet, ingénieur de formation travaillant également à l’IRD. Ensemble, ils fondent Waves’n See afin de commercialiser cette technologie. La startup reçoit les soutiens nécessaires pour démarrer. Elle est accueillie dès 2016 par l’incubateur Midi-Pyrénées. En parallèle, les co-fondateurs se tournent vers l’institut. « L’IRD nous a soutenus administrativement, à travers son service de valorisation et transfert de technologie qui nous a apporté une aide juridique, puis techniquement et financièrement. L’obtention d’un soutien « Spirales » nous a permis de débuter le développement des premières briques logicielles ». Depuis 2017, des stations de surveillance ont été installées sur les rives du delta du Mékong. D’autres vont bientôt voir le jour dans des communes de Seine-Maritime et du Pas-de-Calais. Forte de ce succès, la startup s’est vue remettre le 1er février 2018 le Trophée de la mer et du littoral lors du concours « les Inn’Ovations », organisé par l’Agence Régionale du Développement économique, de l’Export et de l’Innovation en Occitanie (Madeeli).  

 

À la question « comment voyez-vous l’avenir de Waves’n See ? », Yves Soufflet déborde d’idées. Au niveau technologique, il envisage de nouveaux développements, avec notamment l’intégration de la modélisation, et la poursuite de projets de recherche en partenariat avec l’IRD. Mais l’entreprise prévoit aussi de  s’orienter vers de nouveaux services, en particulier de conseil, et de s’ouvrir à de nouveaux marchés, grâce à l’arrivée en septembre d’Amandine Berger au sein de la start’up. Amandine apporte de nouvelles compétences commerciales, ainsi qu’un profil de chercheur en management des risques.