La malnutrition aigüe sévère (MAS) représente un problème majeur de santé publique dans les pays du Sud, mais également un défi à l’échelle mondiale car sa résolution est essentielle pour atteindre l’objectif de développement durable n°2 de l’ONU. Elle est particulièrement prévalente en Afrique subsaharienne comme par exemple au Sénégal, au Mali et au Niger. Différentes études ont mis en évidence une altération du microbiote intestinal des enfants atteints de MAS comme facteur causal de cette dernière.

Nos travaux au sein de l’unité MEPHI (Marseille, France), en collaboration avec le Sénégal et le Niger d’une part et avec le Mali d’autre part, ont contribué particulièrement à la caractérisation de cette dysbiose par la mise en évidence d’une déplétion en espèces aéro intolérantes et plus spécifiquement une perte des archaea méthanogènes qui sont essentielles à l’homéostasie du microbiote intestinal. La prise en charge standard, recommandée par l’OMS ne suffit donc pas pour cette pathologie d’une complexité allant au-delà d’un simple manque de macronutriments et de micronutriments. Il est donc urgent de repenser la prise en charge de la MAS en tenant compte des avancées scientifiques dans le domaine et donc en mettant la restauration du microbiote au cœur de cette démarche. C’est dans ce but que nous souhaitons consolider nos collaborations par la création de ce GRDI-Sud DySAM dont l’objectif principal sera d’améliorer la prise en charge thérapeutique de la MAS mais également la prévention par l’ajout de probiotiques accessibles aux populations locales. Pour cela, nous nous proposons dans un premier temps de déterminer l’impact d’une dysbiose du lait maternel sur le développement de la MAS puis dans un second temps, la transmission verticale de cette dysbiose aux enfants atteints de MAS. Cela nous permettra de déterminer les souches probiotiques adaptées au traitement de la MAS. Le consortium se propose d’accomplir ce projet en s’appuyer sur les plateformes technologiques de l’Institut Hospitalo-Universitaire Méditerranée Infection ainsi que sur le personnel médical et jeunes chercheurs du Sénégal, du Mali et du Niger dans le but ultime d’un transfert scientifique et technologique Nord-Sud.

  • Responsable du projet

    Jean-Christophe LAGIER

  • Institutions étrangères impliquées
    • Mali : (1) Malaria and Research Training Center (MRTC), (2) Université des Sciences des Techniques et des Technologies de Bamako
    • Niger : (1) Hôpital Général de Référence, (2) Université Abdou Moumouni, Faculté des Sciences de la Santé, (3) Centre de Recherche et formation en Médecine Tropicale (CFRMT)
    • Sénégal : Institut de recherche en santé de surveillance épidémiologique et de formation (IRESSEF)
  • UMR impliquées
    • MEPHI
    • VITROME
       
  • Disciplines

    Nutrition, Microbiologie

Période : 2022-2025