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Rencontre avec un chercheur du Samedi 20 Janvier 2024 à 10h à la Médiathèque de l'Institut Français de Madagascar. 

 

© IRD Madagascar

Aliment central de la cuisine malgache, le riz représente la principale culture vivrière à Madagascar. Les bio-agresseurs des cultures sont responsables chaque année de pertes de rendement conséquentes et représentent une menace majeure pour la sécurité alimentaire. Parmi les pathogènes des cultures de riz, on trouve des champignons, des virus ou encore des bactéries provoquant des maladies dont l’impact sur les rendements et la répartition mondiale varient. Au cours d’une mission d’échantillonnage en décembre 2019 dans le Vakinankaratra, nous avons identifié la bactériose vasculaire du riz (BLB), causée par Xanthomonas oryzae pv. oryzae (Xoo). Cette maladie dévastatrice des cultures de riz, bien connue en Afrique de l’Ouest et en Asie, n’avait jusque-là jamais été rapportée à Madagascar. L’émergence de la BLB à Madagascar et sa dissémination aussi rapide qu’inquiétante à l’ensemble du pays posent de nombreuses questions : (i) quelle est la répartition et l’incidence de la BLB à Madagascar (ii) quelles sont les origines et la diversité des populations de Xoo malgaches ? (iii) quels sont les modes de transmission de la BLB ? (iv) quelles sources de résistances variétales sont efficaces contre les Xoo malgaches ? Au cours de cette rencontre, nous vous présenterons les différentes activités que nous menons au sein de nos laboratoires au FOFIFA et à l’IRD afin de répondre à ces questions et d’identifier des méthodes de luttes localement adaptées pour enrayer la progression de la BLB à Madagascar

Intervenants: 

Herinjaka Raveloson, chercheur en phytopathologie au Fofifa Antsirabe,

Mathilde Hutin, chargée de recherche à l’IRD au sein de l’UMR PHIM (Montpellier, France). Phytopathologiste et microbiologiste, elle s’est passionnée très tôt pour les dialogues moléculaires complexes mis en place lors des interactions plantes-pathogènes. Convaincue du potentiel de la recherche à apporter des solutions pour une agriculture durable, elle choisit d’effectuer sa thèse (2012-2015) à l’IRD au sein de l’équipe XPLAIN pour y étudier les mécanismes de résistance du riz à la bactériose vasculaire (BLB) en Afrique de l’Ouest. Elle rejoint ensuite l’équipe du Professeur Adam Bogdanove à l’Université de Cornell (Ithaca, NY, USA) pour un post doctorat de 3 ans financé par la National Science Foundation avec pour but d’étudier une deuxième maladie bactérienne des cultures de riz, la bactériose à stries foliaires (BLS). Au cours de ses années de post-doctorat, Mathilde s’est formée à l’épidémiologie moléculaire afin de mieux comprendre la diversité des populations pathogènes et leurs dynamiques, des connaissances nécessaires à la mise en place de solutions de luttes durables et adaptées localement. Depuis son recrutement à l’IRD en 2019, elle poursuit ses activités de recherches sur ces deux bactérioses du riz, a participé à l’encadrement de trois thèses, a organisé des formations et a réalisé des missions d’épidémiosurveillance dans plusieurs pays d’Afrique. Ainsi, lors d’une première mission à Madagascar en 2019, avec un collègue du FOFIFA, elle identifie pour la première fois la présence de BLB dans la grande île. A travers des missions de collectes régulières, les deux chercheurs constituent une collection de bactéries conséquente et s’attachent à comprendre l’origine de l’épidémie, à empêcher sa dissémination et à identifier des solutions de luttes adaptées. Depuis octobre 2023, elle est accueillie dans les laboratoires du FOFIFA à Antsirabe (Madagascar) afin de mener à bien ces activités.

 

RAC 2024

© IRD Madagascar - Marina Ramanandraibe

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