Mis à jour le 20/07/22

La santé des populations vivant en Afrique sub-saharienne est non seulement exposée au réchauffement climatique, qui est certainement supérieur à l’augmentation moyenne globale, et à des vagues de chaleur plus fréquentes, plus longues et plus intenses, mais il est soumis également à la pollution extérieure et intérieure.

L'OMS a estimé qu'en Afrique subsaharienne, environ 775 000 décès étaient imputables à la pollution de l'air intérieur et 456 000 à la pollution de l'air ambiant en 2016 ; les décès attribuables à la pollution de l’air extérieur progressant plus rapidement au cours de ces dernières années. En Afrique subsaharienne, les impacts sur la santé liés à la pollution atmosphérique sont probablement sous-estimés en raison du manque de surveillance de la qualité de l'air et de la faiblesse des informations sanitaires collectées en routine. En outre, la relation entre la pollution atmosphérique, le climat et la santé est très spécifique en Afrique subsaharienne en raison de la nature et des niveaux de concentration des polluants chimiques et naturels (aérosols désertiques), du réchauffement climatique important et des vulnérabilités territoriales et sociales élevées.

Parmi les maladies respiratoires associées, de façon complexe, à la qualité de l’air, l’asthme représente un réel problème de santé publique. Près de 350 millions de cas sont estimés dans le monde et cette prévalence, notamment chez les enfants, augmente. Les raisons de cette augmentation ne sont pas totalement appréhendées mais la pollution de l’air doit y jouer un rôle important. De nombreuses études semblent montrer que des pics de pollution à court terme peuvent déclencher des attaques d’asthme et aggraver les symptômes, en particulier chez les enfants d'âge scolaire. Enfin, il est clairement admis de nos jours que l'asthme est un trouble multifactoriel complexe provoqué par l'interrelation entre des facteurs biologiques, environnementaux et socio-comportementaux, ces derniers étant modifiables pour certains d’entre eux.

Considérant ce contexte, la finalité du projet CLISAS sera de concevoir et de développer – en partenariat avec les autorités sanitaires et météorologiques du Sénégal – un dispositif d’alerte aux vagues de chaleur et à la qualité de l’air dans la vallée du fleuve Sénégal. Pour élaborer ce système, nous engagerons des activités de recherche à la fois sur les aléas (caractérisation, prévisibilité et interactions chaleur - pollution), sur l’exposition (à la chaleur et à la concentration des particules fines), sur la vulnérabilité des populations (identification des facteurs modifiables) et sur les risques sanitaires, en considérant plus particulièrement les pathologies respiratoires. Plus spécifiquement, les objectifs scientifiques du projet CLISAS seront d’analyser les interactions entre l’aléa, l’exposition et la vulnérabilité pour en analyser et modéliser les impacts sur la santé humaine. Ces analyses se feront plus notamment à partir d’un suivi de cohorte et porteront sur l’asthme chez les adolescents.

Période de soutien 2020-2023