Mis à jour le 08/07/22

La bilharziose est une maladie tropicale négligée, endémique en Afrique Subsaharienne, avec environ 150 000 cas de décès par an au niveau du continent. Au Sénégal, la maladie est rencontrée dans la plupart des régions du pays avec des pic de prévalence de plus de 80% au Nord ou la transmission est pérenne et 50% au centre du pays dans les foyers de transmission saisonnière. La transmission est favorisée par de nombreux facteurs environnementaux, anthropiques, climatiques, socioculturels… Le recours au traitement par le praziquantel (PZQ) est la principale stratégie pour lutter contre Schistosoma haematobium et Schistosoma mansoni, les espèces responsables respectivement de la forme uro-génitale et intestinale de maladie.

Cependant, l’efficacité de cette stratégie thérapeutique pourrait être limitée du fait des réinfestations fréquentes observées après chaque traitement annuel, la méconnaissance du réservoir de parasite notamment chez les enfants de moins
de cinq ans et une émergence potentielle de souches de parasites hybrides entre les espèces humaines et animales potentiellement résistantes au praziquantel. Ainsi, une bonne connaissance de l’épidémiologie de la maladie, des facteurs de risque locaux, du niveau d’acceptabilité des stratégies mises en oeuvre et de l’impact du traitement annuel de masse pourraient permettre de proposer de nouvelles stratégies innovantes de lutte contre ces schistosomiases. L’objectif principal de notre JEAI est d’évaluer, par une approche pluridisciplinaire, les stratégies de lutte contre l’infection et la transmission des schistosomes pour un contrôle durable de la bilharziose.
Pour atteindre cet objectif principal, nous nous sommes fixés six objectifs spécifiques articulés autour de trois axes :

L’épidémiologie du parasite et l’identification des réservoirs (homme et bétail)

  • Evaluer l’efficacité du traitement par le praziquantel par l’utilisation de techniques de diagnostic innovant
  • Déterminer le niveau d’infestation des réservoirs de parasite et les phénomènes d’hybridation entre les souches humaines et animales dans les zones endémiques
  • Étudier les conséquences de l’infestation par S. haematobium sur le tractus urinaire

La biologie et l’infestation des mollusques hôte intermédiaires

  • Evaluer les stratégies de lutte contre les mollusques, hôtes intermédiaires des schistosomes

Les facteurs de risques voire la dynamique de transmission de la maladie.

  • Étudier la perception et la compréhension des populations à risque sur la bilharziose et les différentes stratégies de lutte.
  • Proposer un modèle d’intervention contre la bilharziose dans les zones à transmission.
  • Responsable

    M. Doudou SOW, Service de Parasitologie, Université Cheikh Anta Diop de Dakar

  • Correspondant

    M. Cheikh SOKHNA, IRD URMITE IHU Méditerranée Infection, Marseille

  • Disciplines

    Biologie, médecine, santé/Recherche clinique, innovation technologique, santé publique

  • Mots-clés

    Schistosomes, réservoir humain et animal,  praziquantel, mollusques, dynamique de transmission

Période de soutien 2018-2020