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Renaud Fichez, représentant au Maroc revient sur la mobilisation de l'Institut et ses agents pendant la période de confinement. Retour sur la collaboration scientifique IRD - Maroc au cours de cette période particulière. 

Pouvez-vous vous présenter ?

 

Je suis biogéochimiste marin et je travaille sur les problèmes de contaminations en zone côtière. Recruté à l’IRD en 1991, j’ai été affecté successivement en Polynésie Française, en Nouvelle Calédonie et au Mexique, périodes entrecoupées de retours sur Marseille avant de rejoindre le Maroc en 2018. Directeur de l’Unité de Recherche Camélia, représentant de l’IRD au Mexique, Directeur adjoint de l’Unité Mixte de Recherche Institut Méditerranéen d’Océanologie (M.I.O.), je suis actuellement représentant de l’IRD au Maroc.

                                  

Quels sont les axes principaux de la coopération de l’IRD au Maroc ?

 

Les activités de recherche en partenariat conduites par l’IRD couvrent trois grands domaines étroitement liées aux Objectifs du Développement Durable (ODD) des Nations-Unies. Ce sont les écosystèmes et la gestion des ressources ; les sociétés, leur gouvernance dans un contexte de mondialisation et plus modestement la santé.

 

Dans le contexte épidémique mondial actuel, comment les chercheurs poursuivent-ils efficacement leurs activités de recherche et de culture scientifique ? quels sont les outils utilisés et mis à leur disposition à cet effet ?

 

Pour faire simple, à partir d’observations la démarche scientifique identifie une problématique qui va conduire à émettre différentes hypothèses qui seront testées puis infirmées ou confirmées. L’observation et l’expérimentation qui permettent de tester ces différentes hypothèses sont les compartiments les plus fragilisés par les nécessaires mesures de protection sanitaire qui ont été prises. Mais pour l’institut, comme pour nos partenaires, une grande partie des activités de recherche : conceptualisation, traitement des données, interprétation, rédaction, restent parfaitement praticables.

Je dirai même que la période, un peu hors du temps que nous vivons, peut offrir l’opportunité de prendre du recul et de porter un regard renouvelé sur les défis complexes posés par la recherche pour le développement.

Sur un plan pratique, l’informatique et les réseaux sont depuis longtemps des outils quasi indispensables à la recherche et la virtualisation du poste de travail actuellement imposée fait déjà partie des pratiques quotidiennes des chercheurs. Toutefois, le suivi d’expérimentation en cours ou la récupération des données sur nos stations de mesure imposent d’assurer une présence au laboratoire ou sur le terrain et ces interventions exceptionnelles sont alors conduites avec toutes les précautions requises pour n’exposer ni nos agents ni leur entourage à un quelconque risque. Enfin, la formation constitue un des piliers de la recherche pour le développement et les chercheurs IRD contribuent activement, aux côtés de leurs partenaires marocains, à assurer l’encadrement à distance des étudiants et à dispenser des cours en ligne.

 

Les chercheurs sont-ils toujours en liens avec leurs partenaires et les autres établissements de recherche dans ce contexte ?

 

Bien évidemment ! Les chercheurs IRD sont hébergés dans les structures d’enseignement supérieur et de recherche marocains et à ce titre ils entretiennent une relation étroite de partenariat avec leurs collègues. Ces liens tissés dans la durée sur le double plan professionnel et social ne sont pas fragilisés par la situation actuelle, bien au contraire, ils sont renforcés.

 

Les agents de l’IRD au Maroc ou ailleurs sont-ils mobilisés pour accélérer l’effort de recherche sur le COVID-19 ?

 

Au Maroc les activités scientifiques conduites dans le domaine de la santé ne portent pas directement sur l’épidémie de coronavirus Sars-CoV2, mais à plus large échelle l’IRD participe à l’effort mondial de recherche. J’invite nos lecteurs intéressés à consulter le lien suivant qui rassemble les actions conduites par l’IRD. J’en profite également pour souligner que la recherche conduite par l’IRD ne se confine pas, elle, au seul périmètre de notre Institut mais s’appuie sur une dynamique collaborative internationale qui est la seule option possible pour être en mesure de répondre aux grandes questions posées par un monde en pleine transition

 

 

Etes-vous en capacité de mesurer l’impact du COVID-19 sur les activités de recherche et la coopération scientifique au Maroc ?

 

Il est encore trop tôt pour en mesurer l’impact exact mais je suis confiant dans la capacité de résilience de la recherche et dans le lien fort et historique qui nous unit au Maroc. L’épreuve que nous traversons ensemble ne peut que nous rendre plus fort.

 

Est-il toujours possible de contacter l’IRD au Maroc pour avoir des informations sur l’institut et ses activités ?

 

Le site web de la représentation est ouvert et actualisé et vous pouvez y trouver les moyens de rentrer en contact avec nous, l’actualité scientifique continue malgré les conditions difficiles rencontrées et l’IRD, au Maroc comme ailleurs, prépare déjà la sortie de crise de manière proactive.