Tel est le sujet du master défendu par Clément Angoni le 03 aout 2021 au Département de sociologie à l’Université de Yaoundé 1.  L’impétrant est un des étudiants boursiers du Projet « Douala Ville Durable ». Le projet est soutenu par le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM), l’Agence Française de Développement (AFD) avec un volet recherche mis en œuvre par l’IRD.

Le mémoire intitulé « Les représentations sociales du risque d’inondation dans la ville de Douala : contribution théorique et pratique à la construction de la ville de Douala » est le résultat d’une recherche académique menée dans la ville de Douala. Allant au-delà des idées reçues, les représentations sociales renseignent suffisamment sur les motifs de l’entassement des habitants dans les quartiers vulnérables aux inondations. Ces représentations aident à mieux explorer le savoir-faire profane de ces habitants, en vue d’une reconstruction de leur univers social selon leurs désirs.
La question fondamentale était de savoir comment les représentations sociales du risque d’inondation sont associées à la construction de la ville durable dans le cadre du projet « Douala Ville Durable » ? Pour répondre à cette interrogation principale, une hypothèse a été avancée : le décryptage des représentations sociales du risque d’inondation chez les différents acteurs de l’arène urbaine constitue une aubaine pour établir un fond de connaissance sur la ville durable. Cela se perçoit à travers les avis et les points de vue des habitants sur la réduction des inondations et sur leur appréciation du projet.
Une méthode mixte à la fois quantitative et qualitative a été mobilisée pour collecter et analyser les informations de terrain. Elle s’est appuyée sur les informations de seconde main issues de l’enquête de Doual’art, les observations in situ et des entretiens individuels et collectifs. Ces données ont été interprétées à partir d’une analyse thématique. Les résultats révèlent que Makèpè 1 Missokè site du projet est un territoire vulnérable aux inondations et où les principaux facteurs de risques d’inondation reposent sur les constructions anarchiques et la mauvaise gestion des déchets. De même, il est utile de souligner que les habitants y développent des stratégies individuelles et citoyennes pour riposter aux inondations. Par ailleurs, ces habitants ont une compréhension assez limitée du projet de rénovation urbaine en cours.
En outre, l’étude a observé chez les populations, un certain enthousiasme en faveur de l’éclosion d’un quartier durable comme l’ambitionne le projet « Douala Ville Durable ». La matérialisation de cette volonté transite à la fois par des approches basées sur l’Information-Education-Communication (IEC) et la redevabilité. Ces approches permettent de prendre en compte l’avis des habitants afin de parvenir à « la ville que nous voulons » à Douala.