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« L’arrêté portant nomination des membres de la commission d'examen des candidatures à la fonction de président-directeur général de l’IRD a été publié au Journal officiel le 30 octobre. La commission est composée de sept personnalités éminentes du monde de la recherche et de la diplomatie qui, toutes, connaissent bien notre Institut. Il lui appartiendra de présélectionner des candidat.e.s pour des auditions, puis de faire une ou des propositions à nos deux ministres de tutelle qui, à leur tour, auront la responsabilité de soumettre un choix de nomination au Président de la République. 

Il n’y a donc plus aucune inquiétude, si jamais il y en avait, quant au bon déroulement du processus de renouvellement de la gouvernance de l’IRD. Et ceci d’autant plus, comme je le soulignais dans mon précédent message, qu’il me semble que mon intérim débuté en mars dernier s’inscrit dans la continuité de la trajectoire positive engagée par l’Institut.
Au cours des dernières semaines, le renouvellement de notre convention-cadre avec le CNES, ainsi qu’avec l’Agence universitaire de la francophonie (AUF),  la tenue du premier comité de pilotage pour le suivi de notre convention-cadre avec le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), comme la signature, pour la première fois, d’une convention-cadre avec l’INRA, le succès des colloques qui se sont tenus à Dakar pour le 70e anniversaire de notre présence au Sénégal et sur le thème de la « Science ouverte au Sud » co-organisé avec l’Université Cheikh Anta Diop et le CIRAD (merci à Isabelle Henry, et tous les personnel de la représentation, à Jean-Christophe Desconnets et Pascal Aventurier pour l’organisation de ces deux rencontres), comme le succès de ma mission auprès des deux universités de la région de Marrakech, Cadi Ayyad et Mohamed VI Polytechnique,  qui comptent parmi nos principaux partenaires marocains, témoignent s’il en était besoin d’une dynamique qui se poursuit.

Dynamique qu’ont aussi confirmé les enrichissantes discussions de la première réunion de la nouvelle mandature de notre conseil d’administration (CA) qui nous a donné le plaisir d’accueillir de nouveaux membres de cette instance le 29 octobre à Marseille : des représentants des personnels, Didier Jouffre pour le SNCS-FSU et Franck Remoue pour le STREM-SGEN-CFDT ; des représentants des tutelles, Marie-Hélène Tusseau-Vuillemin et François Couraud au titre du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation ; des personnalités qualifiées avec Guy Lajoie de l’Université de La Réunion, Jean-Marc Ogier de l’Université de La Rochelle, et Patricia Ricard qui représente une ONG, pour la première fois au sein de notre CA.
Cette séance nous a bien sûr permis de retrouver les membres, élus et nommés, siégeant déjà dans la précédente mandature, garants d’une continuité dans la réflexion de notre CA et dans la mise en œuvre de notre Plan d’orientation stratégique 2016-2030 et du Contrat d’objectifs et de performance 2016-2020. La prochaine réunion du CA, le 17 décembre, au cours de laquelle sera notamment discuté notre budget pour 2020, sera l’occasion d’accueillir les nouveaux membres qui n’ont pu être présents lors de cette première réunion.

Les dernières réunions du CA, du CTEP, ou de la CAP des ingénieurs de recherche que j’ai personnellement présidée, sans doute pour la dernière fois, témoignent d’un dialogue social franc et de qualité dans notre établissement qui restera, en tout cas pour moi, une des fiertés de mon mandat à la tête de l’Institut. Ainsi, en concertation avec les organisations syndicales représentatives, nous avons pu faire du RIFSEEP, le nouveau régime indemnitaire de l’ensemble des fonctionnaires de l’État, une occasion de plus de transparence et d’équité pour les agents de l’Institut.
C’est dans le même esprit que nous venons d’activer pour la première fois, au titre de 2018, le complément indemnitaire annuel (CIA), volet du RIFSEEP permettant de reconnaître l’engagement professionnel et la manière de servir d’un agent sur son poste. Pour cette première mise en œuvre du CIA, la gouvernance a retenu en priorité le principe d’une répartition équitable d’une enveloppe dédiée destinée à valoriser la contribution collective des agents (bénéficiaires au RIFSEEP) à la performance globale de l’Institut. Elle a également donné aux responsables de structures la possibilité de proposer des bonus individualisés pour des agents dont l’investissement a été particulièrement significatif.
L’obtention officielle du label  d’excellence de la Stratégie européenne des ressources humaines pour les chercheurs  (HRS4R), qui vient de nous être communiquée par la Commission européenne,  témoigne des progrès accomplis dans ce domaine (bravo à l’équipe composée d’un représentant du SAE, de la MEPR et de la DRH, exemplaire du travail collectif entre les pôles, qui a  œuvrée à l’obtention de ce label, et à tous les agents qui ont bien voulu  alimenter leur réflexion). Reste à mettre en œuvre le plan d’actions qui permettra d’atteindre les objectifs fixés par le label HRS4R, et notamment d’améliorer l’égalité femmes-hommes.  

2020 sera pour notre Institut l’année de renouvellement de nos instances scientifiques. J’ai souhaité que ce processus soit plus ouvert à toute la planète IRD, tout en garantissant une juste représentation de nos personnels statutaires. C’est pourquoi des évolutions, d’ailleurs conformes à ce qui se pratique dans les autres EPST, ont été apportées aux scrutins qui dans les prochains mois vont permettre de constituer nos nouvelles CSS et notre CGRA. J’invite tous les chercheurs, ingénieurs et techniciens non IRD, mais associés aux activités de l’Institut,  à participer à ces scrutins et, au besoin, à s’inscrire sur les listes électorales. De même que je ne doute pas que la forte mobilisation, constatée lors de récents scrutins d’autres instances, des personnels statutaires IRD se manifestera une nouvelle fois à cette occasion.

Au-delà de l’IRD, 2020 verra l’adoption, pour la première fois depuis 1982, d’une loi de programmation pluriannuelle de la recherche. Je vous incite vivement à prendre connaissance des réflexions des trois groupes de travail préparatoires constitués pour animer les réflexions et formuler des propositions.
On peut certes être en désaccord avec telle ou telle de ces propositions, mais elles visent à mon sens à mieux faire reconnaître les spécificités de la recherche dans le cadre des règles générales de la Fonction Publique dont relèvent les EPST, comme l’IRD, et les Universités. Elles permettraient également d’introduire – enfin – des simplifications et des modes de gestion plus flexibles de nos laboratoires dont la priorité à la science a bien besoin. J’ai personnellement le plus grand respect pour le Comité national de la recherche scientifique, où j’ai eu l’honneur de siéger, mais rejeter en bloc, comme il vient de le faire, toutes les propositions innovantes de ces groupes de travail ne me paraît pas de bonne « politique » au moment où nous réclamons légitimement à l’occasion de cette loi une augmentation de l’ordre de 5 milliards d’euros par an, voire plus, du budget de la recherche publique pour garantir son avenir en matière d’emploi et de revalorisation salariale.

Pour ma part, j’ai la conviction que nous n’obtiendrons les indispensables moyens complémentaires pour la recherche que si, au-delà des problèmes d’organisation et de statuts de l’enseignement supérieur et la recherche (ESR), nous savons tracer des perspectives claires et mobilisatrices sur la contribution de la science aux grands enjeux planétaires et de nos sociétés.
C’est pourquoi je mets à profit les multiples présentations que j’ai l’occasion de faire du premier rapport indépendant d’évaluation quadriennale des Objectifs de développement durable (GSDR 2019) pour porter, comme beaucoup d’entre vous désormais, le plaidoyer en faveur de la science de la durabilité (sustainability science ).
Si j’en juge par les réactions aux présentations que j’ai faites à notre conseil d’administration, à l’Agence française de développement, à la Direction générale Recherche et innovation de la Commission européenne, à l’assemblée générale annuelle de l’Alliance AllEnvi, au Comité 21, lors de mes missions récentes au Sénégal et au Maroc, ou le 8 novembre dernier auprès des personnels de notre délégation régionale Sud Est et de l’ESR marseillais, l’idée commence à faire son chemin auprès de l’ensemble de la communauté scientifique comme des décideurs.  Et ce n’est qu’un début…  »

Jean-Paul Moatti
Président-directeur général de l’IRD