Contexte 

La propagation généralisée de la pandémie et le prolongement du confinement impacteront inéluctablement l’offre et la demande avec des effets de deuxième tour. Les effets d’offre peuvent être dus à l’impossibilité d’accéder à l’entreprise, aux marchés et aux intrants. Les premiers effets dépendent de la propension de télétravail dans le secteur en question et de l’investissement des firmes dans la numérisation de leurs activités et autres capacités logistiques d’approvisionnement et de livraison. Un des facteurs clés des difficultés d’accès en amont et en aval est l’intégration aux chaînes de valeurs mondiales. La capacité des plans de continuité d’activité dépend de l’accès aux liquidités, en particulier si des investissement lourds sont nécessaires pour adapter ou réorienter l’activité. Les effets sur la demande proviennent d’abord de la baisse de la consommation privée à la suite de la baisse des revenus et du changement du comportement de consommation. Ils sont aussi dus à la baisse aiguë des investissements publics et privés à la fois domestiques et internationaux. En effet, les politiques publiques dans les pays émetteurs conjuguées au ralentissement de la demande va certainement impacter la localisation et le volume des IDE. En outre, plusieurs investissements publics internationaux sont réorientés dans le secteur de la santé ce qui retardera très certainement d’autres plans de développement d’infrastructure. Enfin les exportations de biens et de services sont fragilisées du fait de leur corrélation au cycle économique européen. La Tunisie a aujourd’hui des ressources financières limitées. L’impact de ce choc lié à la pandémie sur la stabilité sociale (emploi, population vulnérable) risque donc d’être dommageable, notamment pour la transition démocratique en cours.

 

Objectif 

Les principaux objectifs de ce projet sont d’abord d’identifier les principaux facteurs de vulnérabilité/résilience. Ils sont ensuite de développer un indicateur synthétique permettant de mesurer les effets de la distanciation sociale et du confinement d’une large partie du monde sur les entreprises tunisiennes. Enfin nous ambitionnons d’étendre cette analyse à d’autres PED disposant de données similaires.

L’originalité de notre approche consiste à développer un indice multidimensionnel de vulnérabilité des entreprises au choc du COVID-19 et à identifier les dimensions déterminantes et le poids de chaque facteur. Par ailleurs, nous examinerons les effets du COVID-19 de manière sectorielle, ce qui nous permettra de mettre en évidence les implications structurelles à long terme (recomposition de l’économie). Enfin, notre originalité réside également dans le fait que nous construirons notre indicateur à partir de données standardisées, ce qui nous permettra d’appliquer notre analyse de vulnérabilité des entreprises au COVID-19 à d’autres pays en développement. Nous nous intéresserons à des pays ayant des niveaux de développement similaires à celui de la Tunisie, en Asie du Sud par exemple, ainsi qu’à des pays ou moins développés en Afrique Subsaharienne. 

 

Coordination 

  • Leila Baghdadi, ESSECT
  • Mohamed Ali Marouani UMR Développement et sociétés, IRD et Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

 

Partenaires 

  • Majdi Hassen, Amal Medini, ESSECT
  • Minh Phuong Le, Chaima Ben Abderrahmen, UMR Développement et sociétés
  • Lisa Chauvet UMR LEDA/DIAL