Un nouveau rapport de l’IPBES met en garde les gouvernements face à de futures crises sanitaires, plus fréquentes et plus meurtrières et appelle à un changement profond de nos modes de vie.

Benjamin Roche, directeur de recherche à l’IRD au sein de l’unité MIVEGEC et spécialiste des interactions entre l’environnement et la santé fait partie des 22 experts internationaux qui ont rédigé ce rapport publié à l’initiative de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), le jeudi 29 octobre 2020. Il a notamment supervisé la section concernant la perte de biodiversité et la circulation des pathogènes dans la faune sauvage.

Selon ce rapport, le risque de pandémie peut être considérablement réduit en diminuant les activités humaines qui entrainent une perte de la biodiversité, par une plus grande conservation des zones protégées, et par des mesures qui réduisent l'exploitation non durable des régions à forte biodiversité. C’est par une diminution des contacts entre la faune sauvage, le bétail et l'homme qu’il sera possible de prévenir la survenue de nouvelles épidémies avancent les experts.

Les scientifiques pointent également du doigt l’impact économique de telles crises sanitaires et la nécessité de mettre en œuvre des actions de prévention plutôt que de devoir y répondre.

Les futures pandémies apparaîtront plus souvent, se propageront plus rapidement, feront plus de dégâts à l'économie mondiale et tueront plus de personnes que la COVID-19 à moins d’un changement drastique dans l'approche globale de la lutte contre les maladies infectieuses. Mis à disposition des 130 gouvernements participants à l’IPBES, ce rapport offre aux décideurs de nouvelles perspectives sur la réduction du risque de pandémie et les options de prévention à mettre en œuvre à l’avenir.

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