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L’objet de la collaboration entre l’IRD, l’IIAP et l’UPCH est l’approvisionnement des petits pisciculteurs de l’Amazonie en aliments protéiques à base de larves sauvages amazoniennes de la mouche tropicale détritivore Hermetia illucens, communément appelée mouche soldat noire. Pour l’élevage de poissons amazoniens (Gamitana, Paco, Doncella, Paiche, etc.), les pisciculteurs utilisent, lorsqu’ils en ont les moyens, des aliments importés de Lima. Ces aliments à base de farine de poisson sont chers et ne conviennent pas toujours aux poissons amazoniens. Les pisciculteurs utilisent également des "poissons fourragers" et des insectes sauvages comme les termites. Il s’agit d’alevins, de petits poissons, d’insectes extraits de l’environnement, provoquant une forte prédation de celui-ci.
 

© IRD

Une solution : la bioconversion par les larves

La solution mise en place par les chercheurs de l’IRD et leurs partenaires péruviens consiste à recycler par bioconversion des larves de la mouche-soldat noire, les déchets végétaux provenant de l’agriculture comme les restes d’agrumes, canne à sucre, pseudo-tiges de la banane et autres sous-produits de l’agriculture amazonienne et d’élevage (poulets et porcs). Le projet permettra aux petits pisciculteurs de l’Amazonie d’être formés à l’élevage des larves de H. illucens et à la préparation des larves en vue de leur incorporation sous forme vivante directement dans les aliments pour poissons ou bien d’être séchés et broyés pour les incorporer dans des aliments plus complexes.

 

Recrutement sélectif des pisciculteurs susceptibles de recevoir la formation


La première étape du projet consistera en un recrutement sélectif des pisciculteurs susceptibles de bénéficier de la formation. Cette sélection se fera à travers un comité technique composé de membres désignés par les parties prenantes au projet (IIAP-IRD-UPCH et Service de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France au Pérou). 


Pour ce faire, il faudra choisir un nombre raisonnable de personnes en fonction de leur compréhension de l’intérêt de la technique et des possibilités réelles de son application, notamment sur la question de la disponibilité des déchets d’intérêt dans l’environnement des pisciculteurs et des moyens économiques disponibles dans le projet. Un élément important du projet pour sa généralisation et son extension à d’autres secteurs de la pisciculture sera d’évaluer parallèlement les sources de déchets et leur accessibilité dans différentes régions et zones écologiques de l’Amazonie péruvienne.

 

Formation des pisciculteurs

La deuxième étape du projet consistera à former des pisciculteurs à l’élevage de la mouche au centre du IIAP de Quistococha, à Iquitos, par l’entomologiste du IIAP avec l’appui de l’équipe du laboratoire commun LAVI UPCH-IRD, spécialisé dans l’élevage de H. illucens depuis 6 ans. 

Une autre partie de la formation sera son application dans la gestion de la croissance initiale des alevins de Gamitana proposé par les membres du département Aquarec du IIAP. A l'issue de la formation, deux kits techniques seront remis aux pisciculteurs, l'un pour l'élevage de mouches soldats (cages et bacs) et donc la production de larves à partir de déchets, l'autre de cages flottantes pour l'élevage d'alevins de Gamitana à installer dans les bassins de production des pisciculteurs.
 

Suivi de la mise en œuvre et du fonctionnement des kits proposés aux pisciculteurs

La troisième étape consistera dans le suivi de la mise en œuvre et du fonctionnement des kits offerts aux pisciculteurs ayant reçu la formation, par l’équipe technique du IIAP dans leurs villages, sous la supervision du comité technique IIAP-IRD-UPCH. Ce suivi sera assuré avec l’appui d’une ONG internationale, spécialisée dans l’intervention dans l’environnement amazonien dans diverses situations économiques et sociales.

Une demande de financement a été soumise aux « Fonds de solidarité pour les projets innovants (FSPI) » dans le cadre du ministère français de l'Europe et des Affaires Etrangères.