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♦ IRD et Météo-France

♦ Poste ouvert aux contractuels

♦ Nouvelle-Calédonie et Vanuatu

La structure que vous allez rejoindre

CLIPSSA (Climat du Pacifique, Savoirs Locaux et Stratégies d’adaptation) est un projet régional conjoint développé par l'IRD (Institut de Recherche pour le Développement, https://en.ird.fr/), Météo-France (le service météorologique français) et l'AFD (Agence Française de Développement : https://www.afd.fr/en). Il vise à accompagner le Vanuatu, la Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna et la Polynésie française dans l'élaboration de plans d'adaptation face aux menaces du changement climatique.

Premièrement, le projet vise à établir des estimations fiables des climats futurs de la région du Pacifique Sud, à des échelles allant de celles de la zone de convergence du Pacifique Sud aux échelles synoptiques (par exemple, les cyclones tropicaux). Deuxièmement, il vise à mieux comprendre le devenir des climats locaux et des extrêmes pour les pays ciblés. Troisièmement, le projet vise à fournir des informations clés sur quelques impacts sectoriels liés au climat, tels que définis comme prioritaires par le Vanuatu et les territoires français. Ces trois aspects sont autant d'étapes nécessaires à une meilleure appropriation de l'avenir des climats du Pacifique Sud et des impacts sociétaux par la population et les autorités locales, en soutien à leurs plans d'adaptation nationaux/locaux. Ce postdoctorant proposé, d'une durée de 2 ans, vise le deuxième objectif de CLIPSSA : "une meilleure compréhension des climats locaux et des extrêmes dans la région Nouvelle-Calédonie/Vanuatu".

Le contexte scientifique

Le Pacifique Sud est composé d'une myriade d'îles. Les pays et territoires insulaires du Pacifique (PICT) sont très vulnérables aux effets de la variabilité du climat et aux changements à plus long terme. Plus encore que les pays développés, ces îles sont très vulnérables à la quantité de précipitations qui dictera leurs ressources en eau et elles sont profondément affectées par un certain nombre d'événements météorologiques allant des événements extrêmes (par exemple, cyclones, vagues de chaleur, fortes pluies, etc.) aux impacts de phénomènes à grande échelle tels que l'ENSO (El Niño Southern Oscillation). Tous ces phénomènes peuvent causer des dommages sociaux, économiques et écologiques importants sur la terre ferme et dans les lagons, ainsi que sur leurs écosystèmes, car de nombreuses ressources des pays insulaires dépendent de leurs écosystèmes coralliens.

À l'heure actuelle, les modèles du GIEC ne possèdent pas la résolution spatiale permettant de résoudre les échelles appropriées nécessaires dans le cas des nombreux pays insulaires du Pacifique, qui sont montagneux comme la Nouvelle-Calédonie et les archipels du Vanuatu. Par exemple, des études antérieures en Nouvelle-Calédonie ont montré que même à des échelles de 20 km, les principales caractéristiques atmosphériques climatologiques sont mal saisies (Dutheil et al., 2020). Cela suggère non seulement que les connaissances fournies par les modèles du GIEC ne sont pas pertinentes à ces échelles, mais aussi que l'avenir des événements extrêmes qui affectent profondément ces îles ne peut être évalué. Par conséquent, nous manquons à l'heure actuelle d'informations clés pour comprendre ce que pourraient être les climats futurs de ces îles en général et donc leurs impacts sur les activités sectorielles. Cela empêche les organismes publics d'inclure les risques liés au changement climatique dans leurs politiques environnementales à long terme et en particulier dans les nombreux plans d'adaptation qui sont actuellement développés dans ces pays pour faire face au changement climatique.

Une mission attractive

Le premier défi est donc de pouvoir fournir des informations pertinentes et robustes sur les nombreux climats futurs possibles à l'échelle des îles et les incertitudes associées qui ressortent des scénarios et modèles du GIEC.  Le projet CLIPSSA offre un poste de postdoctorant de 2 ans débutant début 2023 pour réduire l'échelle des informations climatiques issues des modèles futurs du GIEC afin de fournir :

  • Réduction d'échelle dynamique à l'échelle locale des modèles CMIP6 dans la région de Nouvelle-Calédonie/Vanuatu pour les 100 prochaines années dans des scénarios SSP tels que 126, 245, 370, 585 en utilisant le modèle atmosphérique AROME (par exemple Fumière et al., 2020).
  • Analyser le devenir des climats locaux en termes de variabilité saisonnière et interannuelle (par exemple ENSO) et de phénomènes extrêmes tels que les vagues de chaleur, les précipitations, les sécheresses.
  • Donner un aperçu de la manière dont les nombreuses incertitudes (par exemple, les conditions limites des modèles climatiques, la variabilité interne, les paramétrages des modèles, etc.) influent sur les caractéristiques atmosphériques précédentes.

La modélisation atmosphérique locale sera développée en synergie avec les études en cours au sein de CLIPSSA sur des questions similaires à l'échelle du Pacifique Sud (20 km) en utilisant ALADIN et dans la région de la Polynésie française en utilisant AROME. Le postdoc collaborera avec l'équipe des sciences humaines et sociales de CLIPSSA qui étudie comment les connaissances locales peuvent être mobilisées et intégrées dans les plans d'adaptation des pays, ainsi qu'avec les autorités publiques qui définissent les secteurs où les modèles d'impact seront développés.

Le profil que nous recherchons

Le candidat sera embauché par l'IRD et passera une partie de son temps à Météo-France, Toulouse (France) où les simulations seront produites. Il/elle passera également du temps à l'IRD et à Météo-France en Nouvelle-Calédonie/Vanuatu/Polynésie française avec les partenaires du projet. Le salaire sera compris entre 2 500 et 3 400€ avant déduction fiscale, en fonction de l'expérience du candidat. Les déplacements entre les partenaires et les pays sont prévus ainsi que les participations aux principales conférences nationales et internationales.

Le candidat doit avoir une bonne connaissance de l'anglais parlé et écrit. Le candidat doit être titulaire d'un doctorat en sciences du climat, de préférence en sciences de l'atmosphère. Une expérience de la modélisation du climat régional et des questions et modèles climatiques est appréciée. Les candidats doivent envoyer un CV détaillé ainsi qu'une lettre de motivation soulignant les aspects du travail qu'ils souhaitent particulièrement développer dans le cadre de la modélisation décrite ci-dessus.

Pour candidater, envoyez un CV et une lettre de motivation aux adresses suivantes avant le 15/12/2022

fleur.vallet@ird.fr, christophe.menkes@ird.fr, matthieu.lengaigne@ird.fr, jerome.vialard@ird.fralexandre.peltier@meteo.fr, agathe.drouin@meteo.fr, lola.corre@meteo.fr , cyril.dutheil@io-warnemuende.de

Le poste débutera idéalement début 2023 à Toulouse, France.