Mis à jour le 20/08/20

Groupement de Recherche International-Sud (GDRI-Sud)

2019 – 2022

Afrique du Sud, Inde, Kenya, Népal

Contexte

Les technologies numériques ont suscité un grand intérêt des sciences sociales au cours des dernières décennies. Cependant, elles ont été plus rarement étudiées dans les pays en développement. Pourtant, ces technologies sont des agents de changements profonds et des instruments de politiques spécifiques dans ces contextes. En tant qu'artefacts socio-techniques de masse, elles résultent des configurations de pouvoir spécifiques et les structurent.

Une communauté de chercheurs du domaine interdisciplinaire « Sciences, Technologies, Sociétés » (STS) souhaite aborder collectivement la question du changement numérique dans une perspective intercontinentale (à la fois comparative et connectée/multi-située), en se concentrant sur deux sites de consommation et de production de technologies importants : l’Asie du Sud et l’Afrique subsaharienne.

 

Objectifs

Le projet DiSAA associe des partenaires du Sud (Afrique du Sud, Kenya, Inde, Népal) et du Nord (France, Allemagne, Pays-Bas) autour d’un objectif partagé : analyser les transformations sociales apportées par le numérique et les conséquences du recours croissant aux technologies de l’information dans les politiques de développement menées au Sud. Outre le caractère novateur de l’objet étudié, l’originalité du consortium tient à sa dimension Sud-Sud transcontinentale concentrée sur les circulations entre Asie du Sud et Afrique subsaharienne. Les membres du consortium souhaitent bâtir à la fois une discussion comparative sur les évolutions rencontrées dans les deux aires géographiques et des enquêtes communes sur les circulations entre les deux zones.

M-Pesa est un service kenyan de transfert monétaire par mobile.

© IRD - Mathieu Quet

Méthodologie

L’approche méthodologique est interdisciplinaire, avec un rôle privilégié accordé aux études sociales sur les sciences et les techniques, qui permettent d’analyser le lien entre les pratiques et les savoirs techniques d’une part et leurs enjeux sociaux d’autre part. L’approche conceptuelle est critique et insiste sur la dimension « impériale » du déploiement des nouvelles technologies au Sud. La notion d’impérialisme est utile car elle permet de montrer la dépendance historique de politiques présentées comme nouvelles ; elle doit cependant être saisie à la fois dans un rapport entre des nations, mais aussi entre des formes de technologies. L’impérialisme étudié ici est donc « technologique » car les logiques de pouvoir dont il relève sont à la fois celles mises en œuvre par des Etats, des firmes, mais aussi des formes d’imposition propres aux technologies (expertise, standardisation).

Le consortium adoptera une approche thématique, en se concentrant sur de grands thèmes ou domaines sociaux pour aborder les problèmes numériques. Les thèmes principaux sont:

  • Citoyenneté digitale : biométrie, projets d'identification tels qu'Aadhaar en Inde, machines à vote électronique en Afrique subsaharienne
  • Monnaie numérique : rôle des technologies de l'information dans les politiques d'inclusion financière, telles que le projet JAM en Inde ou le projet m-Pesa au Kenya
  • Inclusion numérique : utilisation des technologies numériques dans les domaines de la santé, de l'éducation et de l'accès aux services publics, telles que leur utilisation dans le projet de couverture de santé universelle en Inde et en Afrique subsaharienne ou par les services de protection sociale en Inde
  • Villes et villages intelligents (« smart ») : rôle des technologies de l'information et en particulier de la géocartographie et de la cartographie participative, dans l'élaboration de politiques urbaines, telles que Silicon Savannah au Kenya, les villes intelligentes en Inde ou les politiques de reconstruction après le séisme au Népal

Partenaires

Coordination scientifique : Mathieu Quet, IRD & Marine Al Dahdah, IFRIS

 

Financement

IRD et National Research Foundation.

 

 

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