Jeudi 19 mai, dans le cadre du projet Future Maore Reef, des classes d'écoliers de Petite-Terre à Mayotte ont participé pour la première fois à du bouturage de corail en milieu naturel marin sur les conseils bienveillants de l'équipe scientifique. Musical Plage a accueilli bien du monde cette matinée, plusieurs personnalités locales et des journalistes ayant fait le déplacement pour assister à cette action éducative et sensibilisatrice.

Photogrammétrie avec les enfants à Musical Plage

© IRD - Aline Tribollet

Le projet Future Maore Reefs vise dans ce contexte à mieux comprendre la dynamique et la résilience des récifs coralliens, écosystèmes clés dans le maintien de la biodiversité marine et la protection de notre littoral face aux changements globaux, à identifier des solutions durables basées sur la nature pour aider à la restauration d’écosystèmes dégradés, à de la compensation en cas de destruction d’écosystèmes ou encore à atténuer certains effets négatifs sur les récifs coralliens, à mieux comprendre la relation entre la population locale et son environnement marin pour qu’elle s’implique plus dans sa protection, et à développer et évaluer de nouveaux outils et approches de sensibilisation sur les enjeux liés aux récifs coralliens auprès des scolaires et du grand public à Mayotte.

Atelier de bouturage Musical Plage

© IRD - Aline Tribollet

Dans le cadre de l’axe 4, une classe de CE1/CM1 de l’école élémentaire Pamandzi 2 (Petite-Terre) à Mayotte est fortement impliquée depuis la rentrée 2021, en partenariat avec une autre classe située en France métropolitaine en Seine-Saint-Denis (Bondy). La classe mahoraise a suivi depuis octobre 2021 des animations réalisées à l’école par les scientifiques eux-mêmes, sur le corail, le fonctionnement des récifs coralliens, les menaces qui pèsent sur ces écosystèmes, le lien société-écosystème et le changement climatique. En mars dernier, elle est allée sur le terrain avec l’équipe scientifique à Musical Plage pour observer au plus près les coraux et les organismes associés sous l’eau.

Fonds mahorais, récif en passe S

© IRD - Aline Tribollet

Le jeudi 19 mai, pour la première fois, l'équipe a appris aux élèves à bouturer le corail pour à la fois comprendre la fragilité et le fonctionnement de cet organisme constructeur de récif, apprendre à suivre sa croissance via la technique de photogrammétrie, et d'ici quelques mois à co-construire un nouveau sentier marin éducatif à Grande Terre ouvert au public.

Mais en pratique, c'est quoi bouturer le corail? Le corail est un animal calcaire, qui se reproduit par voie sexuée ou asexuée par bouturage, c'est-à-dire la recomposition de corail à partir de différents fragments de coraux (des boutures) qui sont collectés puis taillés avec beaucoup de précautions et ensuite collés orientés vers la lumière sur des plots et enfin remis à l'eau pour qu'ils puissent pousser. 

Cette journée de travail avec les enfants a été riche en émotions, et actions. Plus d'une soixantaine d'enfants (CE1/CM1/6eme/3eme) étaient présents pour apprendre avec l'équipe scientifique les techniques de bouturage du corail et s'y exercer. D'autres ateliers en lien avec cette action ont également eu lieu.

Plusieurs personalités locales ont fait le déplacement à cette occasion: le Recteur et deux employés de son cabinet, une Inspectrice d'Académie de la ville de Sada, le Directeur du Comité de Tourisme de Mamoudzou et plusieurs journalistes presse.

Boutures mises à l'eau

© IRD - Julie Closse

A l'issue de l'année scolaire et grâce à cette collaboration inédite, les élèves vont présenter leur travail, leurs actions et apprendre à être eux-mêmes des acteurs de la sensibilisation du grand public aux enjeux liés à la protection des récifs en participant avec l'équipe scientifique à une journée de sensibilisation prévue le 28 juin prochain. Durant cette année scolaire 2021-2022, les élèves et leurs enseignantes ont fait l'objet d'une approche pluridisciplinaire alliant l'anthropologie aux sciences de l'éducation et de l'écologie marine pour évaluer l'efficacité de l'approche éducative et de sensibilisation mise en place et permettre de l'améliorer pour la prochaine édition en 2022-2023 avec de nouvelles classes. L'objectif des scientifiques est de pérenniser et de développer cette approche à Mayotte et plus largement si possible, afin d'impliquer tout un chacun à la protection des récifs coralliens. En effet, il y a urgence car le GIEC indique dans son dernier rapport que la quasi totalité de ces écosystèmes pourrait disparaitre d'ici 2050.

Le projet Future Maore Reefs mêle ainsi de la science fondamentale combinant l’écologique marine, la bio-géochimie de l’environnement, la paléoclimatologie, la modélisation et les sciences anthropologiques et de l’éducation, à de la recherche et de l’innovation pour le développement durable de Mayotte, et de la sensibilisation/éducation via de nouvelles modalités.

Logo

© IRD - Future Maore Reefs

 

La presse en parle:

Outremer 360Biodiversité à Mayotte : le Projet Future Maore Reefs, le transfert des connaissances vers les scolaires bat son plein (article, 15/05/22)

Le journal de MayotteOpération bouturage de corail pour des scolaires ce jeudi (article, 18/05/22)

Le journal de MayotteEnvironnement: Des scientifiques en herbe s’essayent au bouturage du corail (article, 20/05/22)

KTV Kwézi télévision: la Matinale, Journal télévisé (interview d'Aline Tribollet - à partir de 1:45:00, 10 min de visionage)