Mis à jour le 24/08/20

Fonds de solidarité pour les projets innovants (FSPI)

Janvier 2019 – janvier 2021

Kenya

"Sauvons les mangroves du Kenya". L’IRD et ses partenaires lancent un message et un projet ambitieux pour la restauration et la préservation des forêts de mangroves des côtes kényanes, environnements fragiles à haut potentiel socio-économique.

Connaissez-vous tous les services rendus par l’écosystème de mangrove ? Nurserie et fourniture en poissons, protection des côtes contre les inondations, les cyclones ou l’érosion, stockage de carbone, écotourisme, etc. Les forêts de mangroves ne referment pas seulement une biodiversité unique et riche : elles ont également un fort potentiel de développement socio-économique pour les populations des régions côtières.

Mangroves de Lamu, Kenya.

© IRD / Cécile Bégard

Aujourd’hui, les mangroves kényanes sont menacées par la montée des eaux, le changement climatique ou encore le développement de l’industrie côtière et de l’agriculture. Il est estimé qu’entre 1985 et 2009, les mangroves du pays ont perdu plus de 20% de leur surface, principalement à cause de l’activité humaine. "Les mangroves sont des éléments clés de l'adaptation et de l'atténuation du changement climatique" souligne S.E. Mme Aline Kuster-Ménager, ambassadrice de France au Kenya.

Le Kenya Forest Service (KFS), le Cirad et l’IRD lancent un projet afin d’endiguer cette tendance et de répondre au défi de la conservation des mangroves auquel le gouvernement kényan fait face.

Les participants à la formation sur le terrain.

© Ambassade de France au Kenya - Gilbert Nyangor

Renforcement des capacités

L’accent est mis sur le renforcement des capacités du gouvernement kényan, en particulier celles des agents du Kenya Forest Service face à cette problématique. « Nous misons sur une plateforme collaborative en ligne, où toutes les parties prenantes du projet pourront échanger leurs informations sur les mangroves de la côte et leur état. La plateforme contiendra également des photos pour mieux connaître les mangroves, une base de donnée de la flore et les données d'inventaire des mangroves et se développera petit à petit », explique David Williamson, représentant de l’IRD en Afrique de l’Est.

« Le but est de renforcer les capacités de recherche, d’éducation et de formation sur ce sujet », enchérit Juliana Prosperi, botaniste au Cirad. « Grâce à des ateliers réguliers et la mise en place d’un programme de formations, nous souhaitons améliorer la circulation du savoir sur ces écosystèmes singuliers. Nous souhaitons également impliquer les populations côtières dans notre recherche, en développant une application qui leur permettrait d’identifier les espèces des forêts et d’envoyer leurs informations ». Le renforcement des capacités permettra au projet de s’inscrire dans la durée et d’impliquer toutes les parties prenantes.

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© Richard Bremond

L'équipe du projet Mikoko à la rencontre des populations de Lamu.

Les forêts de mangroves, actrices de l’« économie bleue »

En complément des nombreux services écologiques rendus par les forêts de mangroves, celles-ci ont également une haute valeur économique. Elles fournissent notamment des poissons, crustacés et mollusques aux pêcheurs artisanaux et commerciaux de la région. Au Kenya, jusqu’à 90% du poisson vendu sur les marchés locaux viennent des criques et estuaires couverts par la mangrove ou des eaux avoisinantes. Ce nombre tend à diminuer en raison du recul des mangroves sur la côte.

La diversité des plantes et des animaux est également un atout important pour l’écotourisme. L’observation des oiseaux et les marches dans les mangroves permettent notamment de créer de l’activité économique pour de multiples acteurs.

Ainsi, ce projet pluridimensionnel permettra de mieux connaître la mangrove, pour mieux la gérer et préserver son potentiel pour les prochaines générations.

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© IRD - Cécile Bégard

Crab Shack éco-restaurant, action communautaire développée au sein des mangroves de Watamu, Kenya.

Partenaires

Contacts:

 

Financement

Le Ministère des Affaires Etrangères français finance ce projet dans le cadre du fonds de solidarité pour les projets innovants (FSPI).

 

 

Pour en savoir plus, consultez le site du projet : https://mikoko.co.ke/