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Mexique
 

Auteurs : Renée de la Torre Castellanos et Cristina Gutiérrez Zuñiga

Le Mexique vit un paradoxe : sa constitution en fait un état laïc – l’un des plus rigides du monde moderne - et pourtant, tout au long de son histoire, la culture mexicaine a été imprégnée de catholicisme.

Bien que la liberté de culte soit autorisée par la loi depuis le dix-neuvième siècle , le champ religieux ne se caractérise pas par un pluralisme confessionnel mais par le monopole catholique et la supériorité numérique de ses adeptes. Nombre de Mexicains considèrent que patrie et culture catholique vont de pair, car celle-ci est liée aux racines historiques de la fondation de la nation.

Le catholicisme mexicain est caractérisé par une profonde ritualisation autour des vierges, des saints et des christs. C’est aussi une pratique baroque et syncrétique qui peut se combiner avec les cultes indigènes, ou plus récemment avec de nouvelles pratiques urbaines (comme le spiritualisme trinitaire marial ou le culte à la Santa Muerte) et/ou importées (comme la santería). Pour leur part, les cultes indigènes ont maintenu une relative continuité à travers une série de pratiques appelées « coutume », dans des zones de refuge ou marginales par rapport à l’articulation territoriale mise en place depuis la colonisation, ou encore via des cultes chamaniques ou de guérison qui se sont déplacés vers les villes. Depuis quelques décennies, ces cultes sont à la source de courants nativistes, connus sous le nom de mexicanité, ou sont articulés à des pratiques new age engendrant le courant de la neo-mexicanité.

Le symbole dominant du catholicisme populaire mexicain est la Vierge de Guadalupe, qui mêle les aspirations d’évangélisation des Espagnols et les croyances indigènes en une image catholique aux traits indigènes. Elle reste un symbole dominant dans lequel se reconnaissent les différents habitants du pays : créoles, métis, Indiens, et elle a condensé les revendications des plus pauvres à travers différents mouvements politiques. Aujourd’hui les chicanos pratiquent ce culte aux États-Unis, créant de nouvelles manières de définir la mexicanité.

Au cours des dernières décennies, on a observé une baisse du pourcentage de catholiques dans le pays : alors qu’en 1950, 98 % de la population se déclarait catholique, en 2000, ce chiffre est passé à 88 %. Cette baisse est parallèle à la hausse des religions non catholiques qui, dans l’ensemble, sont à prédominance chrétienne. Divers sociologues et anthropologues des religions ont affirmé que le principal acteur du changement religieux est le pentecôtisme, courant chrétien composé de différentes dénominations, certaines amplement institutionnalisées, et d’autres fonctionnant selon une dynamique sectaire, fondée sur des ruptures et des refondations, des alliances et des divisions qui rendent cet objet difficile à appréhender. De plus, le pentecôtisme est transversal à d’autres religions, comme la religion catholique et les cultes protestants historiques, et présente une tendance marquée à l’interdénomination.

Bien que la population mexicaine s’affirme en majorité croyante et pratiquante, ces dernières années ont vu l’augmentation du nombre de personnes qui s’affirme « sans religion » dans le recensement. Pour autant il serait erroné de conclure, comme l’ont souvent fait certains analystes, que 3,5 % des Mexicains sont athées. Après une analyse à la loupe des profils des populations recensées et d’après les résultats de certaines études ethnographiques, force est de constater que cette réponse concerne également, au-delà des athées, les populations indigènes qui pratiquent les cultes autochtones et syncrétiques, les individus qui rejettent l’appartenance à une religion mais qui se reconnaissent dans la « spiritualité new age », ainsi que les chrétiens non catholiques qui, suite à des conflits entre les courants religieux ou par peur de la stigmatisation sociale, craignent de déclarer leur religion.

(Cette fiche a été élaborée à partir des matériaux publiés dans l’ouvrage Atlas de la Diversidad Religiosa en México, édité par Renée de la Torre et Cristina Gutiérrez Zúñiga, et auquel ont participé 14 chercheurs.)

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