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Ghana
 

Auteur : Sandra Fancello

Situé dans le golfe de Guinée, sur la côte ouest-africaine, le Ghana est limité par la Côte-d’Ivoire à l’ouest, le Burkina Faso au nord, et le Togo à l’est. Ancienne colonie britannique de la Gold Coast (Côte-de-l’Or), ce pays, qui porte le nom du premier empire médiéval africain, fut le premier de l’Afrique noire à accéder à l’indépendance en 1957, sous la conduite du leader charismatique et panafricaniste Kwame Nkrumah. Les Ashanti forment la principale communauté du Ghana parmi plus de cinquante groupes ethniques. Le groupe le plus important est le groupe Akan auquel appartiennent les Ashanti et les Fanti. La zone de peuplement Akan est concentrée au sud du pays, les Fanti sur le littoral et les Ashanti sur le plateau qui porte leur nom. La population chrétienne, estimée à plus de 60 %, essentiellement catholique, anglicane, méthodiste et presbytérienne, est concentrée dans la région côtière, tandis que les musulmans, qui représentent moins de 20 % de la population, sont plus nombreux dans le nord du pays (Gifford, 1998 : 61). Dès les premières missions méthodistes, baptistes et anglicanes, des pays comme le Ghana, le Nigeria, le Liberia et la Sierra Leone, constituent des plaques tournantes de l’expansion des protestantismes au sein de l’Afrique de l’Ouest, notamment dans sa partie francophone.

Les premiers contacts entre européens et ghanéens datent du XVe siècle, mais la présence portugaise ne s’étant pas traduite par de réelles tentatives d’évangélisation, c’est au contact des commerçants danois que les premiers échanges entre chrétiens et africains se seraient produits, du moins au Ghana et au Togo. Le XIXe siècle qui vit la fin de la traite des esclaves permit d’éveiller un intérêt nouveau pour l’Afrique, humanitaire et religieux. Ainsi, de la présence missionnaire, d’abord liée à l’histoire coloniale, résultent les premières tentatives d’alphabétisation, les œuvres sociales et médicales dans lesquelles s’étaient stratégiquement engagés les premiers missionnaires. En 1874, la Côte-de-l’Or devint colonie britannique et le pays Ashanti fut soumis en 1901. A partir de ce moment, l’expansion fulgurante des Églises et missions en pays Ashanti est étroitement liée à l’influence britannique sur ce territoire. Le développement des Églises et missions est très rapide tout au long du XXe siècle, et plus encore dans la seconde moitié du siècle, simultanément au Ghana et au Togo. Les indépendances ouvrirent un champ plus large à l’implantation des Églises pentecôtistes et l’explosion du mouvement durant les années 1980 s’accompagne d’une présence croissante de missionnaires américains en Afrique. Les quatre principales Églises implantées en pays Akan sont l’Église catholique, présente depuis 1881 et de loin la plus développée, suivie par l’Église méthodiste, l’Église Presbytérienne et l’Église anglicane (Larbi, 2001 : 18).

Au XIXe siècle, le fait que l’expansion du christianisme en Afrique soit liée à la présence européenne amène les Ghanéens à le considérer comme la « White Man’s religion » (Williamson, 1965 : 19). Le christianisme reste perçu comme une religion étrangère. Ainsi dans un premier temps, l’expansion des Églises et des missions dans les sociétés africaines repose davantage sur les aspects attractifs bien connus de la conversion chrétienne que sur une véritable adhésion aux valeurs chrétiennes. L’aspect organisé des Églises, leurs bâtiments, les hymnes et la liturgie, les tenues vestimentaires ainsi que les sacrements et les célébrations sont autant d’éléments à prendre en compte dans le succès des Églises et des missions en Afrique. Ce succès passe aussi par l’organisation régulière, dès le XIXe siècle, de camp meetings, qui peuvent durer toute une journée voire plusieurs jours, aux cours desquels une Église se donne à voir dans une mise en scène du rassemblement, sous ses aspects les plus spectaculaires. Aujourd’hui, l’expansion transnationale d’une Eglise nationale telle que la Church of Pentecost (première église pentecôtiste au Ghana et deuxième église du pays après l’Eglise catholique) et la perception du Ghana comme « nation missionnaire » participent d’un imaginaire de la suprématie du groupe Akan.

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