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Argentine
 

Auteur : Alejandro Frigerio

Bien qu’il n’existe pas de religion officielle en Argentine, l’Église catholique jouit sans aucun doute d’un statut à part. L’article 2 de la Constitution nationale déclare que « le gouvernement fédéral soutient le culte catholique apostolique romain ». Cette clause, tirée de la constitution originale de 1853, a été maintenue après la réforme constitutionnelle de 1994. Selon le Code civil (réformé en 1968), l’Église catholique est une « personne juridique » de « caractère public » - la seule confession religieuse à possèdr ce statut social privilégié. Á ce titre, au Secrétariat du Culte de la Nation, il existe une Direction générale du Culte Catholique, qui s’occupe des relations entre l’État et l’Église catholique, alors que toutes les autres organisations religieuses doivent, pour être reconnues par l’État, s’inscrire au Registre national des Cultes et traiter ensuite avec la Direction générale du Registre des Cultes. Pour s’inscrire, elles doivent remplir de toute une série de conditions et nombre d’organisations religieuses populaires (pentecôtistes, afro-brésiliennes) n’y parviennent pas. De toute façon la liberté de culte est prévue par l’article 14 de la Constitution nationale, mais la non reconnaissance par l’État d’une organisation religieuse peuty entraîner l’intervention de la police, – suite aux plaintes de voisins ou de soupçons d’activités illégales.

Depuis les années 1930, l’Église catholique s’est progressivement rapprochée de l’État argentin, et il y a eu une identification croissante entre nation, catholicisme et Forces armées, dont le point d’orgue a eu lieu durant la dictature militaire, de 1976 à 1983. Pendant cette période particulière, être citadin argentin revenait pratiquement à être catholique. Avec le retour de la démocratie en décembre, la présence de groupes religieux non catholiques qui s’étaient faits discrets est devenue plus visible, et avec la (progressive) pratique religieuse libre, le nombre de personnes qui ont commencé à les rejoindre a augmenté. Malgré la nouvelle atmosphère plus permissive qui a entraîné une croissance importante du pentecôtisme et des religions afro-brésiliennes (batuque, umbanda...), la visibilité de ces pratiques, hautement émotives et enchantées, semblait aller contre l’image idéale d’une Argentine moderne, européenne et rationnelle (ou catholique). C’est pourquoi durant la seconde moitié des années 1980 une inquiétude est née face à « l’invasion des sectes » et à leurs conséquences négatives tant sur la société que sur les individus et les famillas, inquiétude qui a atteint son apogée lors de la panique morale de 1992 et 1993. Cette inquiétude sociale s’est davantage exprimée par un discours médicalisant que religieux - avec accusations de « lavage de cerveau » et de « dépersonnalisation » et les principaux attaquants étaient plus les activistes des anti-sectes et les journalistes que les prêtres catholiques. Dans les dernières décennies, il subsiste quelques inquiétudes face aux activités supposées délictueuses de quelques spécialistes religieux, comme en témoignent les accusations dirigées principalement contre des leaders de temples de religions afro-brésiliennes. La diversité religieuse croissante n’est pas encore socialement appréciée et par conséquent nous ne pouvons pas dire qu’un vrai pluralisme religieux existe.

Il n’existe pas de données de recensement sur la religion, mais des enquêtes récentes montrent un indice élevé de la croyance en Dieu (91 %), une diminution de l’identification comme « catholique » (76,5 %) et une augmentation de l’identification comme « évangélique » (dont 9 % sont pentecôtistes). Si le niveau de participation aux messes hebdomadaires reste stable et restreint (24 %), la dernière décennie a vu une participation massive aux pèlerinages dédiés aux Vierges miraculeuses, comme la Vierge de Luján ou la Vierge du Rosaire de Saint Nicolas et aux saints populaires comme le Gauchito Gil et la Difunta Correa, entre autres. Le culte à San La Muerte croît vite, bien que pratiqué de manière plus privée que publique. Les possibilités de pratique religieuse, qui ne sont pas nécessairement exclusives mais successives, alternatives ou complémentaires, incluent aussi une croissance importante du Renouveau charismatique catholique et du New Age - bien que sa reproduction dynamique et multifacétique semble avoir diminué ces dernières années.

Bibliogaphie

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