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Colombie
 

Auteur : Jean-Paul Sarrazin

Comme dans la quasi-totalité des anciennes colonies espagnoles, la religion catholique a été imposée à la majorité de la population vivant sur le territoire colombien. Depuis la naissance de la république indépendante, cette religion est toujours la religion officielle. Ainsi, par exemple, la Constitution de 1886 déclare que la Colombie est un pays catholique. L’Eglise prenait en charge la majeure partie de l’éducation du pays, les missionnaires devaient « civiliser » et évangéliser les indigènes ainsi que le « peuple » des provinces, et les prêtres des paroisses avaient une grande influence non seulement sur la pensée des fidèles mais aussi sur les décisions politiques prises au niveau local.

Cette situation change radicalement à partir de la Constitution politique de 1991 (encore en vigueur). Il existe actuellement une reconnaissance officielle de la diversité culturelle et religieuse, ainsi qu’une valorisation de cette diversité chez les élites intellectuelles et politiques. La Constitution garantit la liberté de cultes et de conscience, ainsi que le droit aux personnes de professer librement leur religion et de la diffuser de manière individuelle ou collective. Toutes les confessions religieuses et Églises sont également libres devant la loi (extraits des articles 18, 19 et 20 de la Constitution). De plus, le pays se reconnaît comme pluriethnique et multiculturel, et la diversité - culturelle, religieuse, linguistique – est présentée comme une richesse.

Malgré l’absence de statistiques précises sur le champ religieux en Colombie, on estime que la majorité de la population du pays continue à se considérer comme catholique. Il y a cependant une tendance massive à déserter les églises catholiques, phénomène manifeste notamment depuis le début des années 1990. Les classes moyenne et supérieure en particulier sont peu pratiquantes et beaucoup adoptent des positions critiques vis-à-vis de l’Église, pensant qu’une spiritualité libérée du dogme catholique est préférable. L’influence des prêtres sur ces classes est actuellement infime. Les classes populaires, les personnes âgées et les populations rurales sont des groupes au sein desquels le catholicisme.

La diminution du nombre d’adeptes du catholicisme est accompagnée d’une augmentation considérable et sans précédent d’adeptes des différentes Églises protestantes, la majorité d’entre elles étant d’origine américaine. L’augmentation du nombre de pratiquants du protestantisme est en particulier élevée dans les catégories populaires et en province. Parmi les classes moyenne et supérieure, on constate une hausse importante du nombre de personnes qui se déclarent « sans religion » ou qui professent des formes contemporaines de spiritualité hybrides, beaucoup d’entre elles pouvant être qualifiées de New Age. Parmi ces formes hybrides, il existe des spiritualités qui empruntent des éléments d’origine « ethnique » ou « non occidental », comme le chamanisme, les religions africaines et le bouddhisme.

Ces changements se font dans un contexte où les groupes ethniques (les « négritudes » incluses) sont reconnus comme des sujets politiques et ont de plus grandes possibilités de s’organiser et de diffuser ouvertement leur culture. D’un autre côté, les changements politiques et culturels, non seulement dans le pays mais aussi dans un cadre international, encouragent le respect et la valorisation des formes religieuses des minorités ethniques. Au milieu de tout ce processus, le milieu académique (intellectuels, écrivains, chercheurs sociaux, etc.) a joué un rôle important comme promoteur de l’altérité culturelle (notamment celle indigène) face au reste de la société nationale.

Un autre élément à prendre en compte est la migration indigène vers les villes. Certains d’entre eux, en particulier des chamanes ou d’autres membres des élites indigènes, se chargent de promouvoir et de diffuser la culture indigène, en présentant le chamanisme comme une spiritualité intéressante pour la majorité de la population non indigène.

Bibliogaphie

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