Le séminaire "Patrimoine culturel immatériel afro-amérindien et politiques publiques en Amérique latine" des 9, 10 et 11 mai 2022 a réuni des chercheurs de différents domaines - Arts de la scène, Histoire, Anthropologie, entre autres - et contextes institutionnels, ainsi que des maîtres et des détenteurs du patrimoine immatériel issus de la société civile. S'est formé alors un réseau, nourrit de ces différences complémentaires, sur les patrimoines Afro-Amérindiens, avec pour but d'établir des initiatives ayant un impact sur la diffusion des connaissances, sur l'Histoire et les expressions du patrimoine immatériel afro-amérindien contemporain dans le contexte latino-américain.

 

L'ensemble des séminaires du réseau, mais aussi la bibliographie et les ressources audiovisuelles en lien avec les différentes manifestations et expériences de patrimonialisation en Amérique Latine, sont regroupées dans cette page.

La formation du réseau répond à plusieurs besoins. Penser l'échange entre les expériences africaines et amérindiennes en Amérique latine du point de vue du patrimoine marque l'originalité de l'initiative, cherchant à souligner les possibilités de dialogues épistémologiques avec les détenteurs de ces derniers et la dilution potentielle de la dualité chercheur·e / détenteur.

Réfléchir, également, au potentiel esthétique et artistique du patrimoine immatériel afro-amérindien et s'interroger sur son appropriation artistique contemporaine à la lumière des secrets, souvent religieux, contenus dans ces manifestations et leurs plans de sauvegarde respectifs qui vise à les rendre plus accessibles.

Enfin, la création du réseau vise à réfléchir sur l'essor des politiques publiques sur la question de la patrimonialisation au cours des 30 dernières années, à leurs impacts sur les performances, à la capacité politique d’organisation des détenteurs, ainsi qu'à la diffusion des connaissances sur le sujet par la construction d'initiatives numériques, de bases de données, d'inventaires et de cartographies.

>> Retrouvez ci-dessous les séminaires en re-diffusion

>> Le mur digital regroupe toutes les ressources sur les expériences de patrimonialisation présentées dans le cadre du réseau

Patrimônios Imateriais Afro-ameríndios e Políticas Públicas na América Latina, 2022

© Christine Douxami

Patrimônios Imateriais Afro-ameríndios e Políticas Públicas na América Latina, 2022

Les séminaires

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Table 1 : Patrimoines immatériels Afro-Amérindiens et politiques publiques en Amérique latine, 09.05.2022

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Table 2 : Patrimoines immatériels Afro-Amérindiens et politiques publiques en Amérique latine, 10.05.2022

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Table 3 : Patrimoines immatériels Afro-Amérindiens et politiques publiques en Amérique latine, 11.05.2022

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Deuxième séminaire, 17 août 2022

Le patrimoine immatériel Afro-Amérindien et sa patrimonialisation dans une perspective comparative entre le cas spécifique du Jongo/caxambu au Brésil et les différentes formes de patrimoine indien afro-américain à Cuba.

Le deuxième séminaire du réseau du patrimoine Afro-Amérindien en Amérique latine a eu lieu le 17 août 2022. Ce fut l'occasion de rencontrer les chercheur.e.s cubains Jesus Guanche et Suleidis Sanabria, ainsi que la chercheure brésilienne Elaine Monteiro. L'événement a été riche en échanges sur le patrimoine des deux pays.

 

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Le 3ème séminaire du réseau, 15 septembre 2022

Roseane Pinto, de l'Université féderale du Pará (Brésil), responsable du patrimoine de la Marujada de Bragança (Pará) et Alicia Castillo de Colombie, l'une des responsables du patrimoine de Machete y Bordon, ont présenté les expériences de patrimonialisation sur chacune de ces manifestations.

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4ème séminaire du réseau du Patrimoines immatériels afro-amérindiens en Amérique Latine

Intervention de Marcia Sant'Anna de l'Université Fédérale de Bahia et les péruviens Rosa Calchado et Luis Rocca du Musée Afro-péruvien de Zaña, Pérou. Ils ont respectivement abordé l'expérience de gestion de l'IPHAN pour le secteur du Patrimoine Immatériel et la danse afro-amérindienne appelée Baile Tierra ainsi que la patrimonialisation de Zaña.
Réseaux sociaux

© Pixabay

Réseaux sociaux

Mur Virtuel

Fruit de la formation du réseau et des différents séminaires qui donnent à chaque chercheur l'occasion de présenter son travail, ce mur numérique présente les initiatives de valorisation du patrimoine immatériel afro-amérindien des membres du réseau en Amérique latine. On y trouve des manifestations du Brésil, de Colombie, d'Haïti, du Pérou et d'Argentine.

Pour chaque initiative, nous indiquons la ou les personnes qui ont présenté l'initiative dans le cadre de l'un des séminaires du réseau. Cette liste non exhaustive sera complétée au fur et à mesure des réunions du réseau.

 
Projets liés à l'université fédérale fluminense (UFF)

Collection du Laboratoire d'histoire orale et d'image, Labhoi

Le Labhoi se définit comme un réseau de recherche qui entend prendre en compte la pluralité institutionnelle, au Brésil et à l'étranger, de la plupart de ses membres. Le laboratoire est formellement établi comme groupe de recherche à l'UFF, à l'université fédérale de Juiz de Fora (UFJF) et développe des projets suivant trois lignes de travail : 1) Mémoire, Afriques, Esclavage ; 2) Photographie, Art, Média ; 3) Amériques, Politique, Communautés.

Au sein de Labhoi, plusieurs patrimoines immatériels sont étudiés et valorisés. Dans l'axe de recherche "Mémoire, Afriques, Esclavage", (Memória, Áfricas, Escravidão). Il convient de mettre en avant les actions suivantes:

  • "Passé, présent. Mémoires de l’esclavage au Brésil" (Passados, Presentes. Memórias da escravidão no Brasil) présenté par Hebe Mattos, Martha Abreu (UFF) et Keila Grinberg (Université de Pittsburgh). Le trafic atlantique d'Africains réduits en esclavage vers les Amériques est considéré par l'ONU comme un crime contre l'humanité. L'État brésilien, né en 1822, a eu une responsabilité directe dans ce processus : de la terrible traversée à la violence de l'asservissement sur les terres brésiliennes. Malgré cela, la présence africaine au Brésil a laissé un héritage culturel inestimable, aujourd'hui officiellement reconnu dans plusieurs sites du patrimoine du pays, dont le Jongo.
  • "Jongo/Caxambu : l'héritage noir dans le sud-est du Brésil. Significations du patrimoine et de la sauvegarde", présenté par Elaine Monteiro, de l'UFF.
  • L'initiative du festival international du film de recherche "Histoire publique de l'esclavage et de la liberté" (História pública da escravidão e liberdade) présenté par Hebe Mattos et Martha Abreu, est ouverte à toute personne qui mène des recherches dans le domaine des sciences humaines et sociales sur le thème de la traite, de l'esclavage, de ses mémoires et de ses héritages, et qui utilise le support audiovisuel pour diffuser les résultats de ses recherches. Il vise également à encourager, diffuser et promouvoir les productions cinématographiques qui abordent ces questions.

Identités de Rio

Le projet Identités de Rio (Identidades do Rio), présenté par Martha Abreu, vise à réfléchir sur la mémoire sociale et culturelle de l'État de Rio de Janeiro, en considérant sa pluralité, en prenant en compte la circulation et les échanges culturels, dans différentes villes et régions, comme des questions clés pour penser sur de nouvelles bases l'identité de l'État et proposer des interventions dans le domaine de la préservation et de l'éducation au patrimoine. Sur ce site, nous mettons à disposition des outils de recherche et des collections, des informations et des activités pour un large public comprenant des chercheurs, des enseignants, des éducateurs, des étudiants, des agents culturels et des responsables communautaires.

L'héritage de la Capoeira

La Roda de capoeira a été reconnue comme patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l’Unesco en 2014. Selon le site web de l'organisation, "la capoeira roda est une manifestation culturelle afro-brésilienne - simultanément un combat et une danse - qui peut être interprétée comme une tradition, un sport et même un art. [...] C'est un lieu où les connaissances et les compétences sont acquises par l'observation et l'imitation. Elle sert également à affirmer le respect mutuel entre les communautés, les groupes et les individus, ainsi qu'à promouvoir l'intégration sociale et à préserver la mémoire de la résistance à l'oppression historique."

Dans ce sens, nous soulignons ici quelques expériences qui valorisent cet héritage, qui ont été présentées dans le cadre du réseau:

  • L'expérience de la patrimonialisation de la Capoeira (patrimonialização da Capoeira) le site web créé entre l'Université d'Essex, l'UKRI et Labhoi, ont été présentés par Matthias Assunção (Université d'Essex). La croissance phénoménale de la capoeira dans le monde a créé le besoin d'informations plus fiables sur son histoire et ses traditions. Dans ce contexte, l'objectif est d'apporter des informations étayées par des sources et des recherches fiables.
  • L'expérience Capoeira (experiência Capoeira) au sein de l'Observatoire du patrimoine immatériel du Sud-Est (Observatório do patrimônio imaterial do Sudeste) a été présentée par Mestre Paulo Kikongo, qui propose de considérer cette "pratique multiple, à la définition difficile, bien que facile à reconnaître" comme un patrimoine culturel (la reconnaissance de la Roda de Capoeira dans la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité a eu lieu en 2014).
  • Vivian Fonseca (FGV, UERJ) a présenté l'expérience de patrimonialisation de la Capoeira (Patrimonialização da Capoeira). Elle a souligné l'importance des archives et l'intérêt de les consulter lorsqu'on parle de patrimoine immatériel. Dans ce contexte, le Centre de recherche et de documentation sur l'histoire contemporaine du Brésil (CPDOC) a été créé dans le but d'héberger et de produire des sources documentaires pertinentes pour l'histoire du pays.

 

Projets liés à Unirio

Juliana Manhães (Unirio) et Zeca Ligiéro (UNIRIO, Doyen du CLA, co-directeur de NEPAA) ont présenté des expériences liées à Unirio :

  • Le noyau des Études de performances Afro-Amérindiennes (Núcleo de Estudos de Performances Afro-Ameríndias - NEPAA) a été conçu pour accueillir les études culturelles afro-amérindiennes à partir de 1998, en valorisant les performances sociales et artistiques dans leurs relations avec les diverses communautés et leurs contextes historiques et politiques. Depuis le début de son existence, il existe en tant que laboratoire de recherche, d'enseignement et d'extension, dans le programme de licence et dans le programme de doctorat en arts du spectacle (PPGAC). Tout au long de cette période, l'action de NEPAA s'est élargie pour privilégier d'autres esthétiques non hégémoniques, s'organisant comme un Laboratoire qui réunit d'autres enseignants et leurs travaux respectifs, ouvrant des espaces de recherche et de création d'un art qui s'articule à la fois avec les traditions et la contemporanéité. Le NEPAA fait partie du réseau de l'Institut hémisphérique (Instituto hemisférico), fondé avec des professeurs de NYU et de toute l'Amérique latine, qui met en relation des chercheur.e.s, des artistes et des militants.
  • Production audiovisuelle "Dona Mariana : la princesse turque de l'Amazonie" => “Dona Mariana: a princesa turca da Amazônia”
  • Voir aussi le collectif Matuba
  • Grâce à l'action de Regina Abreu, la Unirio intervient également dans l'Observatoire du patrimoine du Sud-Est (voir ci-dessous).


Patrimoine immatériel du Sud-Est

L'Observatoire du patrimoine immatériel du Sud-Est a été présenté par Regina Abreu (Unirio) qui coordonne l'Observatoire pour la Unirio, Alexandre Pimentel (IFRJ), Joana Ramalho Ortigão Corrêa (RiSU/PPGSA/UFRJ), Maître Paulão Kikongo (Unirio). Il est composé de chercheurs et d'observateurs issus de différents domaines de connaissance. L'observatoire croit en la nécessité de comprendre le domaine du patrimoine sous différents angles et perspectives, dans une approche interdisciplinaire. Les recherches sont menées dans des universités, des centres de recherche, des institutions patrimoniales, des musées, mais aussi de manière autonome, animées par une passion pour le patrimoine culturel.

La recherche est menée en réseau, articulant les connaissances académiques avec les connaissances traditionnelles - générées par ceux qui sont effectivement les protagonistes du domaine du patrimoine : mères de saints, guérisseurs populaires, dévots, congadeiros, détenteurs du patrimoine carnavalesque, pèlerins, danseurs de samba, chanteurs et bien d'autres individus, dont les modes d'existence enrichissent la diversité de la vie.

Au sein de l'observatoire, il convient de souligner :

  • Le Fandango Caiçara, présenté par Alexandre Pimentel (IFRJ), Joana Ramalho Ortigão Corrêa (RiSU/PPGSA/UFRJ). Le fandango fait partie de la vie sociale des communautés caiçara de la côte de São Paulo et du Paraná. Il s'agit d'une expression culturelle qui implique de la musique, jouée avec des violes, des rabecas, des adufos ; de la danse en couple et en cercle, avec des claquettes sonores faites avec des sortes de sabots ; et aussi de l'improvisation en vers. Sa pratique est associée au plaisir et à la socialisation, dans les danses offertes en récompense d'un travail collectif, dans les fêtes religieuses, dans le carnaval, etc. Jusque dans les années 1960, il était plus courant dans l'environnement familial et communautaire des fermes. La reconnaissance du fandango caiçara comme patrimoine brésilien par l'IPHAN, en 2012, est le résultat des actions d'un réseau formé à partir du projet Museu Vivo do Fandango et des réunions et fêtes de fandango qui se sont intensifiées depuis le début du siècle. Ce réseau patrimonial, formé par des danseurs de fandango, des groupes de fandango, des associations culturelles et des chercheurs, a pour objectifs centraux d'encourager la continuité des danses et de renforcer la lutte pour le droit des communautés caiçara à leur territoire.
  • L'expérience de jongo a été présentée par Martha Abreu et Elaine Monteiro, membres de l'observatoire. En 2005, le Jongo du Sud-Est a été enregistré comme patrimoine culturel du Brésil par l'Institut du patrimoine historique et artistique national, comme le demandaient les communautés Jongo. L'enregistrement résulte du processus d'articulation des communautés et de la valorisation du Jongo/Caxambu dans les réunions des faiseurs de Jongo et dans le réseau de la mémoire du Jongo, créés respectivement en 1996 et 2000.
  • L'expérience Capoeira au sein de l'Observatoire du patrimoine immatériel du Sud-Est a été présentée par Mestre Paulo Kikongo (voir description ci-dessus dans "Capoeira").

 

Musée de la Samba

Le Musée de la Samba (Museu do Samba) de Rio de Janeiro a été présenté par Desirée Reis (Musée de la Samba). Il s'agit d'une organisation sociale créée pour valoriser et diffuser la culture de la samba dans toutes ses dimensions. Le musée croit en l'importance de la sauvegarde des valeurs ancestrales et en la nécessité de préserver les espaces où se pratique la samba, en tant que lieux de sociabilité et de transmission des savoirs traditionnels.


Musée afro-numérique de Bahia

Le Musée Afro-Digital de Bahia (Museu Afro-Digital da Bahia), présenté par Livio Sansone (UFBA), peut être compris comme un lieu démocratisant dans lequel se produisent des relations d'altérité et de constructions identitaires, c'est-à-dire de reconnaissance et d'appartenance locale, régionale et nationale. Par sa nature même, c'est aussi un dispositif dynamique et facilement accessible qui génère de l'interactivité et reflète la vie quotidienne et la culture de différents groupes sociaux, de minorités ethniques et de groupes marginalisés qui se reconnaissent à travers des valeurs, des traditions, une appartenance locale commune, des souvenirs individuels et collectifs. En tant qu'espace conceptuel, le musée numérique est donc un lieu privilégié qui vise à stimuler l'utilisation de la mémoire sociale des minorités ethniques, des mouvements sociaux, des mémoires nationales.

 

L'esclavage et la culture noire à Pernambuco

Walter França (membre du comité de sauvegarde constitué par l'IPHAN, secrétaire à l'éducation de l'État de Pernambuco Sedu-PE) a présenté des expériences de revitalisation de la culture afro à Pernambuco, comme par exemple :

  • Le projet du laboratoire d'histoire orale et d'image (Laboratório de História Oral e da Imagem – LAHOI) de l'université fédérale de Pernambuco, comporte plusieurs initiatives telles que l'"Inventaire sonore de la nation maracatu de Pernambuco" (LAHOI, FUNCULTURA, AMANPE, Association de la nation maracatu de Pernambuco, Coco Produções) est une action visant à sauvegarder et à préserver la diversité musicale existante parmi les groupes de la nation maracatu. Le projet a enregistré les différents groupes de maracatus nação en activité dans l'état de Pernambuco. Au cours du processus d'enregistrement, l'équipe de recherche a collecté des données pour faire un inventaire sonore des maracatus, en appliquant la méthodologie développée par l'IPHAN, soit l'Inventaire national des références culturelles (INRC).
  • Ecouter les musiques : youtube.com/watch
  • Chaîne Youtube LAHOI
  • Le site web "Lieux de mémoire de l'esclavage et de la culture noire à Pernambuco" (Lugares de Memória da Escravidão e da Cultura Negra em Pernambuco) vise à marquer dans les villes de Pernambuco, et plus particulièrement à Recife, les lieux de mémoire de l'esclavage, car ils sont souvent peu visibles. Ainsi, toute personne traversant la ville trouvera des références éparses à l'histoire de l'esclavage et de la culture noire dans la région métropolitaine de Recife : la statue de Zumbi sur la Praça do Carmo, la statue de Solano Lopes sur le Pátio de São Pedro ; le mémorial au maracatus représentant Dona Santa sur la place devant la Rua Vidal de Negreiros, l'église de Nossa Senhora do Rosários dos Homens Pretos, quelques baobabs plantés sur des places de la ville, par exemples.

 

Musée afro-numérique Rio de Janeiro

Le musée afro-numérique de Rio de Janeiro (Museu Afro-digital Rio de Janeiro), Mauricio Barros de Castro, UERJ, vise à constituer une collection numérique et des expositions virtuelles sur les pratiques de ceux qui s'identifient ou sont identifiés comme afrodescendants. La création de la Galerie Rio de Janeiro repose sur l'importance de la ville et de l'État de Rio de Janeiro en termes de construction d'une mémoire pour la population noire ou afrodescendante. Il s'agit non seulement d'une référence historique et culturelle, mais aussi d'un regroupement d'institutions telles que la Bibliothèque nationale, les Archives nationales, ainsi que d'autres institutions d'enseignement et de recherche qui se sont consacrées à ce thème. Par conséquent, il vise à créer une galerie numérique, avec une perspective interdisciplinaire, comme un espace privilégié pour la rencontre de diverses connaissances sur l'arrivée et la permanence de la population africaine et de ses descendants.


Folias de Minas et Iepha (Minas Gerais)

L'Institut d’État du patrimoine historique et artistique du Minas Gerais (Instituto Estadual do Patrimônio Histórico e Artístico - Iepha-MG) est une fondation liée au secrétaire d'État à la culture qui opère dans le domaine des politiques publiques pour le patrimoine culturel. L'institut est chargé de la recherche, de la protection et de la promotion des biens culturels de nature matérielle et immatérielle du Minas Gerais, en partenariat avec les organismes municipaux et fédéraux. Tout au long de sa trajectoire, Iepha-MG a élargi l'écoute des collectifs culturels et des communautés locales, renforçant leur participation à la reconnaissance du patrimoine culturel de l'État.

André Araujo (doctorant UFJF et Université de Franche-Comté) a présenté As Folias de Minas, une manifestation culturelle enregistrée comme patrimoine culturel de Minas Gerais depuis 2017. Également appelées ternos ou companhias, les folias sont des manifestations culturelles et religieuses dont les groupes sont structurés en fonction de leur dévotion à des saints tels que les rois mages, le Saint-Esprit, saint Sébastien, saint Benoît, Notre-Dame de la Conception, entre autres. Généralement, elles sont formées de chanteurs et de musiciens, et peuvent mettre en scène des personnages tels que des rois, des clowns, qui visitent les maisons des dévots en distribuant des bénédictions et en collectant des dons à des fins diverses.

Cette tradition, d'origine ibérique, fait partie des célébrations les plus anciennes et les plus répandues dans l'État de Minas Gerais et au Brésil et, au fil des ans, elle est devenue un élément d'une importance considérable dans la construction de l'imaginaire, de l'identité et de la mémoire individuelle et collective des habitants de Minas Gerais. Les Folias rassemblent autour d'elles plusieurs pratiques culturelles, connaissances, formes d'expression, rites et célébrations, représentant une partie importante du patrimoine culturel du Minas Gerais.

 

Groupe de travail Émancipations et post-abolition au Minas Gerais

Le groupe de travail sur les émancipations et la période post-abolition au Minas Gerais a été présenté par Livia Nascimento (UNIFAL) et Ana Luiza da Silva Morais (UFSJ). Le groupe vise à promouvoir des actions, des événements et la diffusion de recherches scientifiques liées à la période post-abolition, à la culture noire, aux religiosités, ainsi qu'aux activités des hommes et des femmes noires et à leurs mobilisations dans le Minas Gerais.

En savoir plus

  • "Émancipations and Post-Abolition MG" est une chaîne YouTube, conçue comme une construction collective des membres du groupe de travail "Émancipations et Post-Abolition" de Minas Gerais. Les activités menées par la chaîne s'alignent sur le positionnement politique et éducatif antiraciste. Les activités et les discussions abordées visent à rencontrer à la fois des chercheurs et des enseignants du réseau public, des étudiants, des mouvements sociaux et la communauté externe >> youtube.com/c/Emancipa
  • Production audiovisuelle, Dos grilhões aos guizos
  • Profil Instagram
  • Page Facebook
  • A propos de la manifestation culturelle de Congada, regardez le diaporama Portraits de Reinado de Oliveira (MG)


Patrimonialisation de "Bumba meu Boi", Maranhão

Izaurina Nunes (IPHAN Maranhão) connaît bien le cas de la patrimonialisation des Boi.

Le Boi da Floresta a été présenté par Talyene Melonio (UNIRIO, maître du Bumba meu Boi da Floresta) et Juliana Manhães (UNIRIO).

Carolina Martins (Université fédérale du Pará, UFPA) a mené des études sur la patrimonialisation des Boi du Maranhão.

Le Bumba meu Boi de Maranhão est une célébration multiple qui rassemble plusieurs biens culturels associés, divisés entre le plan de la représentation, composé par les performances dramatiques, musicales et chorégraphiques, et le plan matériel, composé par l'artisanat, comme la broderie du Boi, la fabrication d'instruments de musique artisanaux, entre autres. Dans tout son univers, on remarque également la richesse des intrigues et des personnages. Le complexe culturel de Bumba meu Boi do Maranhão a été inscrit dans le livre d'enregistrement des célébrations, en 2011. En 2019, la manifestation populaire a reçu le titre de patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'Unesco.

 
En savoir plus

  • Production audiovisuelle : Boi da Floresta, Boi da Floresta no Arraial Energia do São João, Boi da Floresta no Arraial do Largo de Santo Antônio
  • Sur les réseaux sociaux : Instagram >> @boidafloresta e @talyenec_m
  • Chaîne Youtube “Boi da Floresta de Apolônio Melonio”
  • Política e Cultura nas histórias do Bumba-meu-boi: São Luís do Maranhão-Século XX, Carolina Martins (2015) : La présence de la bumba meu boi dans la ville de São Luís do Maranhão est attestée depuis les premières décennies du XIXe siècle. Cible du contrôle policier dans le passé, entre interdictions et permissions, les cordões de bumba conquéraient, au fil du temps, leur espace dans la ville. Cela a été possible, en grande partie, grâce à l'action des détenteurs de la manifastation eux-mêmes, qui ont su utiliser différentes stratégies pour obtenir une plus grande visibilité et, par conséquent, la valorisation du jeu dans l'État, comme on peut le voir aujourd'hui. En ce sens, ce livre présente les souvenirs et les trajectoires des maîtres et des brincantes de la Bumba meu boi de Pindaré, un groupe formé dans la ville de São Luís en 1960. A travers ces souvenirs, il est possible de comprendre des moments importants de l'histoire sociale du Bumba meu boi au Maranhão et l'agencement des sujets sociaux, impliqués dans cette manifestation, dans le processus de valorisation du jeu.

A propos de Boi de Pindaré

 

Patrimoine des Boi, Pará

Mauricio Costa (UFPA) mène des études sur le patrimoine des Boi du Pará.

En savoir plus

  • Site du festival folklorique de Parintins, qui mobilise les fans des Bois les plus connus de l'État d'Amazonas : Garantido et Caprichoso >> www.festivaldeparintins.com.br
  • Site de l'Institut Arraial do Pavulagem, né des activités d'un Boi bumbá de grande répercussion à Belém (Pará) : www.arraialdopavulagem.wordpress.com
  • Documentaire sur le Boi de Máscaras, manifestation culturelle typique de la municipalité de São Caetano de Odivelas, État du Pará : www.curtadoc.tv/boi-de-mascaras


Chegança de Bahia

Dans le cadre de la manifestation Chegança da Bahia, Rosildo do Rosario (Réseau Chegança de Bahia, Master Chegança Fragata Brasileira) a présenté le Réseau Chegança de Bahia, un projet qui prévoit la valorisation, la sauvegarde, le sauvetage et la célébration des Cheganças, patrimoine immatériel de l'État de Bahia depuis 2019.

 

Points de culture

Licko Turle (UNIRIO/UFBA) a présenté le réseau latino-américain des Points Culture,

Gilberto Gil, lorsqu'il était ministre de la culture (2003-2008) dans le premier gouvernement Lula, a considérablement renforcé l'arsenal juridique et administratif brésilien pour la valorisation du patrimoine immatériel et a créé le programme Cultura Viva. Ainsi, il a créé des "pontos de cultura" (points de culture 4204 de 2005 à 2014, selon le site du Minc) qui ont permis le développement d'événements culturels par le biais d'appels à projets. Celia Corsino, ancienne directrice du patrimoine culturel immatériel à l'IPHAN jusqu'en avril 2014, a expliqué dans un entretien avec Christine Douxami qu'il existait différentes formes de pontos de cultura qui pouvaient varier en termes de financement (60 000 reais par an pour les pontos et 400 000 reais pour les pontão). En fait, il y a le Pontão de cultura, qui a également été soumis à des editais, mais qui n'a bénéficié qu'au patrimoine culturel immatériel avec des montants élevés en termes financiers. Ils étaient cogérés par le MINC et l'IPHAN. Il y avait également les points indigènes gérés par la FUNAI, l'organisme responsable de la gestion des populations indigènes, et les points du patrimoine immatériel gérés par l'IBRAM (Institut brésilien des musées).

Le Brésil a été l'un des pays d'Amérique latine les plus impliqués dans ce développement du patrimoine immatériel à l'époque, notamment avec sa politique des Pontos de cultura, développée grâce au soutien brésilien, dans d'autres pays, notamment en Colombie. Le programme Ibero-Cultura Viva, signé en octobre 2013 entre les différents pays d'Amérique latine au Panama, souhaitait favoriser les échanges entre les différents points culture installés dans les pays. Licko Turle nous a parlé de la situation actuelle des points de culture en Amérique latine.

 
La Marujada de Braganças, Pará

La Marujada de Bragança est une manifestation culturelle afro-amérindienne de l'État du Pará. Ce cas de patrimonialisation a été présenté par Roseane Pinto, de l'Université fédérale du Pará (UFPA), qui coordonne l'inventaire national des références culturelles de la Marujada de Bragança.

 

Patrimoine de Machete y Bordon, Colombie

La patrimonialisation de la manifestation Machete y Bordon a été présentée par Alicia Castillo Lasprilla (Mestra). Cette manifestation fait partie de l'héritage afro de la région du Cauca, dans le sud de la Colombie. Sa revitalisation, en cours à travers des événements et des actions de sensibilisation, constitue une réappropriation de ce patrimoine par ses détenteurs.

En savoir plus


Danses traditionnelles de Colombie

Martha Ospina (District University in Arts, Bogotá) a présenté le patrimoine immatériel en Colombie, plus précisément les relations entre les danses traditionnelles et le patrimoine.

 
Patrimoine culturel en Haïti

Le patrimoine culturel en Haïti a été présenté par Aimé Kesler (Photographe, LADIREP, Université d'État d'Haïti, Comité national haïtien de coopération avec l'UNESCO).

En savoir plus

 

Le patrimoine Afro en Argentine

Noberto Pablo Cirio (Universidad Nacional de la Plata, UNLP) a présenté la Catedra Libre de Estudios Afroargentinos y Afroamericanos de l'UNLP.


L'héritage afro-amérindien au Pérou

Luis Rocca et Rosa Colchado, du Museo Afroperuano (vallée de Zaña, nord du Pérou), gèrent le site web Ritmos negros del perú, une initiative qui vise à faire connaître la présence noire dans le pays et les manifestations culturelles que l'on peut y trouver. Le projet a eu pour résultat notable le long métrage "Ritmos negros del Perú" qui se trouve sur le site.


Le patrimoine de Palo Monte, Cuba

La Patrimonialisation de Palo Monte Dr. Suleidis Sanabria, Université des études internationales de Hebei (République populaire de Chine) Patrimonialisation de Palo Monte.

Jesus Guanche a proposé une sélection de textes avec des liens pour ceux qui s'intéressent aux questions d'héritage africain à Cuba, aux Caraïbes et aux Amériques dans le fichier ci-dessous.

>> Bibliographie sur le patrimoine immatériel dans les Caraïbes et les Amériques.

Liste des partenaires du réseau

Partenaires initiateurs du Réseau Patrimoines Immatériels Afro-Amérindiens en Amériques Latine

Brésil

  • Universidade Federal Fluminense (UFF)
  • Laboratório de História Oral e Imagem - Labhoi, UFF e Universidade Federal de Juiz de Fora (UFJF)
  • Universidade Federal do Estado do Rio de Janeiro (UNIRIO)
  • NEPAA: Núcleo de estudos das performances afro-ameríndias / Laboratório de História Social
  • Universidade Federal da Bahia (UFBA)

France

  • Institut de recherche pour le développement - IRD
  • UMR Institut des Mondes Africains (IMAF)
  • Université de Franche-Comté

Autres pays

  • Universidade de Essex (Reino Unido), experiência e site de Capoeira
  • Universidade de Pittsburgh (EUA) / CLAS (Latin American Research Center) EUA


Autres partenaires

Brésil

  • Universidade Federal de São João del Rey (UFSJ)
  • Universidade Federal de Pernambuco (UFPE)
  • Instituto Federal do Rio de Janeiro (IFRJ)
  • Núcleo de Estudos Rituais e Sociabilidades Urbanas (RiSU) / Programa de Pós-Graduação em Sociologia e Antropologia (PPGSA)
  • Universidade Federal do Rio de Janeiro (UFRJ)
  • Faculdade Getulio Vargas (FGV ) e Universidade do Estado do Rio de Janeiro (UERJ)
  • Universidade Federal de Alfenas (UNIFAL)
  • Universidade Federal do Pará (UFPA)
  • Instituto do Patrimônio Histórico e Artístico Nacional (IPHAN) do Maranhão
  • IPHAN Safeguarding Committee, Secretaria de Educação do Estado de Pernambuco (Sedu-PE)
  • Observatório do Patrimônio Cultural do Sudeste
  • Museu do Samba, Salvador
  • Museu Afro-digital do Rio de Janeiro
  • Museu Afro-digital da Bahia
  • Rede de Cheganças da Bahia
  • Bumba meu boi da Floresta (Maranhão)

Amérique Latine

  • Universidade do Distrito em Artes (Bogotá)
  • Universidade Hebei de Estudos Internacionais (República Popular da China)
  • Ministério da Cultura de Cuba
  • Universidade Nacional de La Plata (Argentina)
  • LADIREP, Université d'État d'Haïti (Haití)
  • Universidade Estadual do Haiti
  • Comissão Nacional Haitiana de Cooperação com a UNESCO
  • Museu Afro-Peruviano de Zaña

Photos du 1er séminaire