SÉMINAIRE SHS
Mercredi 20 décembre 2023 à 10h à l'IRD - salle 1

par Benjamin Néa,

Doctorant en anthropologie et sociologie au sein de l’URMIS à l’Université Paris Cité (UPC), sous la direction de Marie Salaün, professeure en anthropologie à l’UPC ; rattaché à l’Institut Agronomique Calédonien (IAC) et encadré par Séverine Bouard, géographe à l’IAC, responsable de l’équipe TerAU.

Dans quelle mesure la mobilité spatiale étudiante depuis la Nouvelle-Calédonie peut être une condition à la mobilité sociale ? Comment la migration étudiante fait-elle évoluer les trajectoires sociales des sortants d’études ? Comment varient les insertions professionnelles selon la localité de réinstallation en Nouvelle-Calédonie ? À travers une approche sociologique et anthropologique, cette thèse vise à caractériser les positions sociales en Nouvelle-Calédonie avant le départ pour études ainsi que celles occupées suite aux réinstallations en Nouvelle-Calédonie ou dans le pays d’installation en cas de non-retour (Bidet et al., 2023).

Premier trajet en métro

© Benjamin Néa

Après avoir présenté les contours historiques et géographiques de l’objet de recherche – les mobilités sociales des étudiants du supérieur hors territoire – cette communication présentera les premiers résultats et d’analyses issues des démarches exploratoires. Nous aborderons l'accès aux études supérieures en dehors de NC, les logiques sociales des retours et des non-retours sur le territoire puis les prémices d’une analyse localisée des réinstallations de sortants d’études.
Cette communication s'appuiera sur des résultats d’une enquête menée en tant que prestataire pour la province Nord en 2021 ainsi que sur les matériaux exploratoires recueillis en première année de thèse. 
L’analyse se concentrera sur ce qui fait variation dans l’accès et les parcours d’études supérieures en migration, sur les logiques sociales des retours et non-retours identifiés ou encore à l’étude : professionnelles, familiales, culturelles, politiques. Il s’agira ensuite d’aborder l’analyse localisée (Larferté, 2014 ; Bruneau et al., 2018) des réinstallations pour comprendre comment les différentes distributions des groupes sociaux (professions, communautés d’appartenance, etc.) en Nouvelle-Calédonie font varier les formes d’appartenance de classe et les styles de vie des enquêtés (Bourdieu, 1979).  

À la croisée des sociologies de l’éducation, du travail et des mondes ruraux, cette recherche vise à comprendre les réalités vécues par une partie de la jeunesse calédonienne, régulièrement placée au cœur de discours politiques, mais dont on ignore les expériences et les représentations.  Ces travaux porteront un éclairage sur les migrations des diplômés et la problématique de la « fuite des cerveaux » (Meyer et Charum, 1995 ; Ennafaa et Paivandi, 2008), également rencontrées dans d’autres pays et collectivités d’outre-mer, en tenant en compte des spécificités de la Nouvelle-Calédonie.