Mis à jour le 09/03/22

En Thaïlande, l'IRD articule ses projets de recherche autour de trois priorités répondant aux défis majeurs du développement durable : l'environnement, la santé et la société.

Privilégiant une perspective interdisciplinaire, ces projets de recherche s’appuient sur des unités mixtes de recherche et divers instruments de partenariat offerts par l’IRD. Ils ont pour objectif de renforcer la coopération scientifique Sud-Nord et de faciliter les échanges entre équipes travaillant sur la science de la durabilité au niveau international.

La Représentation de l’IRD en Thaïlande déploie des recherches scientifiques se déclinant autour des thématiques suivantes :

  • L’environnement : l’étude des écosystèmes, des ressources naturelles et de l'impact des activités humaines
  • La santé : l’étude des maladies infectieuses, vectorielles et chroniques touchant la population thaïlandaise
  • La société : l’étude des dynamiques urbaines, de la gouvernance et des aspects sociaux relative aux questions environnementales. 
Suivi de la floraison des caféiers, Montpellier

© Patrick Landmann

Principaux projets de recherche

Projets de recherche en santé

  • BioVectrol : Biologie et contrôle des moustiques, vecteurs d’agents pathogènes en Thaïlande (2004-2024)

    Le contrôle des maladies à transmission vectorielle est une priorité de santé publique en Thaïlande, en particulier la lutte contre le paludisme, la dengue et l’encéphalite japonaise (EJ). Ces maladies ont un point commun, la transmission de leurs pathogènes (parasites ou virus) passe obligatoirement par un moustique vecteur. Ces moustiques appartiennent à des genres différents, Anopheles, Aedes et Culex, respectivement responsables de la transmission des maladies citées ci-dessus. Ces maladies n’ayant pas de vaccin ou le vaccin ayant une faible efficacité (EJ), la lutte antivectorielle est l’approche de plus efficace pour leur contrôle. Toutefois, avant la mise en place de stratégies de lutte antivectorielle adaptée, une bonne connaissance du contexte entomo-épidémiologique est nécessaire.

    Professeur Theeraphap et Professeure Manguin en train de collecter des larves d'Anopheles © Dr Jinrapa Pothikasikorn (Mahidol Univ)
    Professeur Theeraphap et Professeure Manguin en train de collecter des larves d'Anopheles © Dr Jinrapa Pothikasikorn (Mahidol Univ)

     

    Ainsi, la collaboration depuis 15 ans avec l’équipe d’entomologie médicale de Kasetsart University (KU) a permis de travailler sur 6 axes de recherches allant de l’identification moléculaire des espèces vectrices à la lutte antivectorielle, après étude de leur capacité vectorielle, comportement et distribution géographique. Ces travaux sont développés plus largement au sein d’un réseau asiatique (Cambodge, Chine, Indonésie), dont l’épicentre est la Thaïlande. Ils ont permis d’obtenir des données pertinentes et utiles aux décideurs locaux et nationaux pour une meilleure gestion des maladies à transmission vectorielle. 

     

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR HSM - HydroSciences Montpellier (IRD/CNRS/Université de Montpellier/École Mines-Télécom/Réseau des Carnot)

    Partenaires : Faculty of Agriculture, Kasetsart University (KU) & Faculty of Science, Mahidol University (MU)

    Financements : 

    • Européens et Français : Projet Européen MALVECASIA (2002-06), PHC Siam (2009-10 et 2015-16), Programme Bio-Asie (2013-15), JEAI BioVecThai (2012-15), bourses Erasmus Mundus (2012-14) et Panacea (2013-14), ARTS Biomérieux/IRD (2014-2017)
    • Thaïlandais : Thai Research Fund (TRF), Golden Royal Jubilee scholarships, International Research Network (IRN)

     

    En savoir plus : Fiche détaillée du projet

    Contacts : Sylvie Manguin

    Theeraphap Chareonviriyaphap

     

    Articles publiés
    • Tainchum K, Dupont C, Chareonviriyaphap T, Jumas-Bilak E, Bangs MJ, Manguin S. 2020. Bacterial Microbiome in Wild-Caught Anopheles Mosquitoes in Western Thailand. Front Microbiol. 2020;11:965. DOI: 10.3389/fmicb.2020.00965
    • Nararak J, Giorgio CD, Sukkanon C, Mahiou-Leddet V, Ollivier E, Manguin S, Chareonviriyaphap T. 2020. Excito-repellency and biological safety of β-caryophyllene oxide against Aedes albopictus and Anopheles dirus (Diptera: Culicidae). Acta Trop. 2020;210:105556.   DOI: 10.1016/j.actatropica.2020.105556
    • Sumarnrote A, Overgaard H J,Vincent Corbel V, Thanispong K, Chareonviriyaphap T,  Manguin S. 2020. Species diversity and insecticide resistance within the Anopheles hyrcanus group in Ubon Ratchathani Province, Thailand. Parasites Vectors. (2020) 13:525.   DOI: 10.1186/s13071-020-04389-4
    • Udom C, Thanispong K, Manguin S, Chareonviriyaphap T, Fungfuang W. 2021. Trophic Behavior and Species Diversity of the Anopheles barbirostris Complex (Diptera: Culicidae) in Thailand. Journal of Medical Entomology. 58(6), 2021, 2376–2384.    DOI: 10.1093/jme/tjab067
  • DisCoVer : De l’histoire naturelle du SARS-CoV2 : Émergence et Réservoir (2020-2022)

    Des enquêtes préliminaires sur les échantillons disponibles collectés en 2013 ont donné une identité nucléotidique moyenne de 96 % avec le génome d'un Sarbecovirus (genre de Betacoronavirus) d'un spécimen de chauve-souris Rhinolophidae. Malgré ces annonces, l'ancêtre le plus récent et le plus direct du virus émergent à l'origine de la pandémie de COVID-19 n'a pas encore été découvert et l'histoire naturelle de son émergence reste à élucider. Cela a conduit à la fois l'OMS et l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) à inscrire la recherche du réservoir et l'histoire naturelle de l'émergence comme une priorité absolue. DisCoVER vise à répondre à la question de l'origine du SARS-CoV en réunissant une équipe interdisciplinaire d'experts dans le domaine : de l'Université de Caen, de l'IRD (Unité MIVEGEC), du CNRS, des Universités de Kasetsart et Mahidol (Thaïlande) et du Centre d'Infectiologie Lao Christophe Mérieux.


    L'objectif principal du projet est donc de retracer l'origine du SRAS-CoV2 dans des milieux naturels partageant des caractéristiques biogéographiques et socio-écologiques avec le sud-ouest de la Chine (régions du nord de la Thaïlande et RDP lao). L'objectif est de caractériser le cycle naturel du SRAS-CoV2 et les modalités de son émergence chez l'homme. Le risque d'émergence des Sarbecovirus liés au SRAS-CoV2 infectant des animaux sauvages dans le nord de l'Asie du Sud-Est sera estimé à l'aide d'un modèle qui intégrera des données / analyses phylodynamiques avec les facteurs socio-écologiques, pour développer de véritables stratégies d'anticipation et de prévention des épidémies futures.

     

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR MIVEGEC (IRD/CNRS/Université de Montpellier)

    Partenaires : Université de Caen Normandie-CHU Caen, Faculty of Veterinary Technology, Université de Kasertsart et l'Université de Mahidol

    Chercheurs thaïlandais partenaires : Kasetsart university: Sathaporn Jittapalapong PhD and Dean of the Faculty of Veterinary Technology, Anamika Kritiyakan PhD, Chuanphot Thinphovong PhD

    Chercheurs de l’IRD impliqués dans le projet : Éric Deharo (Représentant IRD au Laos), Sabrina Locatelli, Rodolphe Hamel, Emmanuel Paradis

    Financements : Financement flash call COVID-19 de l’ANR

     

    En savoir plus : Fiche détaillée du projet DisCoVER

    Contact : 

  • INGENIOUS : Techniques innovantes de détection des arbovirus émergents en Asie du Sud Est (2020-2022)

    Située au cœur de l'Asie du Sud-Est, la Thaïlande est largement couverte de forêts et de zones rurales entrecoupées de zones urbanisées. Ce pays offre donc une diversité géographique approprié pour l’étude et l’évaluation des facteurs impliqués dans l'émergence et la circulation des virus transmis par les moustiques (MBV). Le virus de la dengue (DENV) et le virus de l'encéphalite japonaise (JEV) circulent activement dans le pays depuis des décennies mais d’autres arbovirus sont également présents, comme le virus Tembusu (TMUV) qui a récemment été décrit comme un virus zoonotique potentiel émergent.

     

    Mise en place  d’un piège pour la capture des moustiques et la collecte de leurs excretas, le long d’un bâtiment d’élevage, en collaboration avec le Dr. Vargas de l'Université de Mahidol © Rodolphe Hamel
    Mise en place  d’un piège pour la capture des moustiques et la collecte de leurs excretas, le long d’un bâtiment d’élevage, en collaboration avec le Dr. Vargas de l'Université de Mahidol © Rodolphe Hamel

     

    Ce projet de recherche exploratoire qui est mené en étroite collaboration avec des chercheurs thaïlandais vise à étudier la présence d'éventuels MBV émergents associés à la faune aviaire, dans les élevages de volailles domestiques des zones rurales et urbaines. Associée au dépistage d'échantillons d'animaux, nous utiliserons une stratégie innovante, appelée xénomonitoring moléculaire, basée sur la détection du virus dans les fèces de moustiques à l'aide de techniques moléculaires.

     

    Élevage de canard dans la périphérie de Bangkok, province de Nakhon Pathom © Rodolphe Hamel
    Élevage de canard dans la périphérie de Bangkok, province de Nakhon Pathom © Rodolphe Hamel

     

    Ce projet apportera de nouvelles perspectives sur l'écologie des MBV associés aux oiseaux en Asie et permettra d’identifier les facteurs responsables de la propagation de ces virus dans la population humaine. Nous espérons que les résultats obtenus au cours de ce projet fourniront de nouvelles informations sur l'impact de la biodiversité et des activités humaines sur les virus transmis par les moustiques en Thaïlande et compléteront les données écologiques obtenues dans le cadre du programme ANR "Future Health SEA" dirigé par le Dr Serge Morand.

     

    Unités de recherche IRD impliquées : UMR MIVEGEC (IRD/CNRS/Université de Montpellier), UMR ISEM (IRD/CNRS/CIRAD/Université de Montpellier/Université Paris SL/INRAP)

    Partenaires : 

    • Dr. Jiraporn Jaroenpool, Département de Technologies Médicales, Université de Walaïlak
    • Dr. Ronald Vargas, Département d’Entomologie Médicale, Faculté de Médecine Tropicale, Université de Mahidol
    • Dr. Albin Fontaine, Unité de Parasitologie et Entomologie (UPE), Institut de Recherche Biomédicale des Armées (IRBA)

    Financement : Labex CEMEB (Université de Montpellier)


    En savoir plusFiche détaillée du projet

    Contact : Rodolphe Hamel

  • Programme iTAP : Éliminer la transmission mère-enfant du virus de l'hépatite B (2012-2022)

    Le virus de l'hépatite B infecte le foie et provoque des lésions hépatiques avec un risque de fibrose, cirrhose et cancer du foie à l'âge adulte. La transmission périnatale est la première source de nouvelles infections dans le monde. Éliminer cette infection nécessite d’arrêter cette transmission et c'est l'une des priorités de la collaboration CMU-IRD. 

    Dans notre premier essai clinique, iTAP-1, des femmes enceintes infectées par le virus de l’hépatite B ont reçu du fumarate de ténofovir disoproxil (TDF) à partir de 28 semaines de grossesse jusqu'à 2 mois après l'accouchement. Le résultat est qu’aucun de leurs enfants n’a été infecté par ce virus. De plus, les mères et les nourrissons ont très bien toléré le TDF. Dans cet essai clinique, tous les nourrissons avaient reçu à la fois le vaccin et des immunoglobulines contre l'hépatite B. Cependant, dans la pratique courante, le prix des immunoglobulines est élevé et il est très difficile de maintenir les stocks en dehors de centres de santé importants.

    Un deuxième essai, iTAP-2, est en cours vise à savoir si des immunoglobulines sont nécessaires lorsque la mère reçoit du TDF comme dans iTAP-1. Les résultats de cette étude seront disponibles au 2ème trimestre 2022.

    Plus de détails :

     

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR MIVEGEC (IRD/CNRS/Université de Montpellier)

    Partenaires : Université de Chiang Mai

    Financement : US National Institute of Child Health and Human Development - NIH 5R01HD092527

     

    En savoir plus : Fiche détaillée du projet

    Contact : Gonzague Jourdain

  • NAPNEUNG : optimisation du dépistage du VIH (2015-2019), première phase, (2019-2022), seconde phase

    Le nombre de personnes infectées par le VIH connaissant leur statut VIH et de celles non infectées mais à haut risque d'infection utilisant des méthodes de prévention adaptées reste très insuffisant pour mettre fin à l'épidémie. Des interventions efficaces existent et sont d'un prix abordable. Le recours insuffisant aux services de dépistage et de prévention est donc un problème majeur. Napneung est un programme de recherche interventionnelle, développé grâce à la collaboration entre l’Université de Chiang Mai et l’IRD. Il vise à évaluer des stratégies d'optimisation de l'utilisation de ces services.

    Lors la première phase de Napneung, des méthodes de sensibilisation ciblant les personnes à risque ont été développées (médias sociaux, interventions sur le terrain). Plus de 7 000 sessions de dépistage ont été réalisées. Des stratégies de rétention dans les services de dépistage et de prévention des personnes à haut risque d'infection VIH ont également été évaluées avec les méthodes de la recherche clinique de type essai randomisé contrôlé. Cela a montré que le conseil assisté par ordinateur est bien accepté et réduit le temps consacré au conseil sans diminuer la proportion d'utilisateurs se présentant ensuite pour un nouveau dépistage, ni la valeur éducative du conseil, ni le risque de comportements sexuels à risque. De plus, des interventions aussi simples, faciles à mettre en œuvre et abordables que la prise de rendez-vous et l'envoi d'un rappel une semaine à l’avance permettent d’augmenter considérablement le suivi des personnes à haut risque d'infection.

    La deuxième phase (en cours) vise à étudier les conditions de mise en œuvre et d'intégration de l'accès généralisé à des services de prévention et de dépistage du VIH de qualité dans le système de santé existant dans des villes de taille moyenne en Thaïlande. Dans ce cadre sont évalués l’utilisation d’autotests sous supervision, un programme de conseil assisté par ordinateur et un système de prise de rendez-vous en ligne. Tous les usagers sont aussi testés pour la syphilis et les hépatites virales B et C, et pour ceux à risque pour d'autres infections sexuellement transmissibles. Des sous-études sont consacrées à ces trois infections.

     

     

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR MIVEGEC (IRD/CNRS/Université de Montpellier)

    Partenaires : Université de Chiang Mai, Université de Phayao, Ministère de la Santé Publique en Thaïlande, hôpitaux publics dans les provinces de Chiang Mai, Chiang Rai, Phayao et Lampang, associations de support aux personnes affectées par le VIH ou les hépatites virales.

    Financement :

    • Première phase : Initiative 5 %, Expertise France (14SANIN204). Montant : 632,705.09 €.
    • Seconde phase : Initiative 5 %, Expertise France (18SANIN210). Montant : 1,384,938.03 €.

     

    En savoir plus : Fiche détaillée du projet

    Contacts : Gonzague JourdainNicolas Salvadori

    Liens : 
    Site web Napneung
    Facebook Napneung
    ClinicalTrials.gov : Première phase, Seconde phase

     

    Derniers articles publiés :

  • QUALI-DEC : Recours approprié à la césarienne grâce à une prise de décision de qualité par les femmes et les soignants (2020-2025)

    Le recours excessif à la césarienne a des conséquences néfastes sur la santé de la mère et de l'enfant. Elle accapare également des ressources essentielles dans le monde entier et entrave l'accès universel aux services de santé.

    L'objectif du projet QUALI-DEC est de développer et d'évaluer une stratégie visant à mettre en œuvre des interventions non cliniques pour réduire les césariennes non médicalement justifiées en Argentine, au Burkina Faso, en Thaïlande et au Vietnam. 

    Cette stratégie combine quatre ingrédients principaux :

    • des leaders d'opinion pour mettre en œuvre des directives cliniques fondées sur des données objectives;
    • des audits de césariennes et des feedbacks pour aider les prestataires à identifier les césariennes potentiellement évitables;
    • un outil d'analyse à la décision pour aider les femmes à prendre de meilleures décisions sur le mode d'accouchement;
    • la mise en œuvre des recommandations de l'OMS sur l'accompagnement pendant le travail pour aider les femmes à accoucher par voie vaginale.

    Le projet encourage l'engagement des parties prenantes à tous les niveaux (décideurs politiques, soignants et utilisateurs finaux, c'est-à-dire les femmes) dès le début du projet afin de mettre en œuvre les différentes composantes de l'intervention, en tenant compte du contexte local, et d'assurer une maximisation des effets attendus.  Afin d'améliorer la qualité de cette mise en œuvre et l'utilisation des résultats, des actions de transfert de connaissances seront déployées. Une attention particulière sera accordée aux questions d'équité et aux considérations de genre lors des enquêtes et de l'interprétation des résultats.

    En résumé, le projet améliorera l'utilisation appropriée des césariennes et répondra à plusieurs cibles des ODD, notamment l'amélioration de la santé maternelle et néonatale et la réduction des inégalités entre et au sein des pays.

     

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR CEPED (IRD/Université de Paris)

    Partenaires : 

    Financement : Commission européenne (programme H2020), WHO : 3 997 295 €

     

    En savoir plus : Fiche détaillée du projet

    Site web QualiDec

    Contacts : Alexandre Dumont, Myriam De Loenzien

  • ZIKAHOST : Les facteurs de l'hôte associés à la neuropathogénicité du virus Zika (2018-2022)

    Le flavivirus Zika (ZIKV) est responsable de la fièvre Zika. De manière très inquiétante, lors des récentes épidémies de Zika, des complications neurologiques comme le syndrome de Guillain-Barré ou des microcéphalies congénitales ont été décrites. À présent, il est nécessaire d’appuyer les efforts visant à mieux comprendre la pathogénicité du ZIKV. Les partenaires du consortium ZIKAHOST furent les premiers à explorer et publier sur la biologie du ZIKV. L’infection par le ZIKV induit fréquemment une inflammation, associée aux réponses immunitaires exacerbées à l'origine d’atteintes cérébrales.

    Nos résultats préliminaires montrent que le ZIKV module l’expression de gènes impliqués dans la neurogénèse dans les hNPC, les premiers descendants des cellules souches qui peuvent se différencier pour former un ou plusieurs types de cellules de neurales. Cependant, il reste à identifier les mécanismes moléculaires qui permettent au ZIKV d’échapper à la réponse immune antivirale dans le système nerveux central. De plus, les raisons des complications provoquées par les différents isolats du ZIKV restent à déterminer.

    Les objectifs spécifiques du ZIKAHOST sont :

    • d’identifier les récepteurs clés impliqués dans l’infection par le ZIKV et déterminer leur importance dans le neurotropisme viral
    • de déterminer les réponses cellulaires induites par le ZIKV par les cellules du cerveau
    • de caractériser les différentes étapes des atteintes cérébrales induites par le ZIKV dans les cellules et les tissus du cerveau dans différents stades de développement.

    Nos recherches devraient fournir des avancées majeures et nous permettre d’identifier des cibles thérapeutiques potentielles pour bloquer la propagation du ZIKV.

     

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR MIVEGEC (IRD/CNRS/Université de Montpellier)

    Partenaires : 

    • Dr. Sineewanlaya Wichit, Department of Clinical Microbiology and Applied Technology, Faculty of Medical Technology, Mahidol University
    • Dr Ali Amara, UMR NEURODIDEROT (INSERM/Université de Paris)
    • Dr Pierre Gressens, UMR 944 - 7212 Pathologie et virologie moléculaire (INSERM/Université de Paris)

    Financements :

    • ANR Générique 
    • Thailand Research Fund (TRF) (grant no. MRG6280009) PI: Dr. Wichit Sineewanlaya
    • PHC-SIAM: 2021-2022 The Host factors of Zika virus neuro-pathogenesis (PI France: Dorothée Missé, PI Thailand: Sineewanlaya Wichit)

     

    En savoir plus : Fiche détaillée du projet

    Contacts : Dorothée Missé, Sineewanlaya Wichit, Ali AmaraPierre Gressens

     

    Derniers articles publiés : 

    • Wichit S, Hamel R, Zanzoni A, Diop F, Cribier A, Talignani L, Diack A, Ferraris P, Liegeois F, Urbach S, Ekchariyawat P, Merits A, Yssel H, Benkirane M, Missé D. SAMHD1 Enhances Chikungunya and Zika Virus Replication in Human Skin Fibroblasts. Int J Mol Sci. 2019 Apr 5;20(7):1695. DOI: 10.3390/ijms20071695.
    • Wichit, S., Hamel, R., Yainoy, S., Gumpangseth, N., Panich, S., Phuadraksa, T., Saetear, P., Monteil, A., Morales Vargas, R., & Missé, D. (2019). Interferon-inducible protein (IFI) 16 regulates Chikungunya and Zika virus infection in human skin fibroblasts. EXCLI journal, 18, 467–476. DOI: 10.17179/excli2019-1271

     

Projets en sciences humaines et sociales

  • BufFarm One Health SEA : Exploration des relations entre les animaux d'élevage, les connaissances locales et l'environnement (2020-2023)

    Le projet BufFarm OneHealth Asie du Sud-Est vise à explorer les relations entre les animaux d'élevage et les connaissances locales en lien avec les systèmes de production agricole et l'environnement.

    À l'échelle mondiale, des liens ont été établies sur le rôle de l'expansion de l'élevage, à la fois comme une menace pour la biodiversité et comme un risque croissant pour la santé humaine et animale. Cependant, peu de distinction est généralement effectuée entre les différents systèmes de production, allant des petits exploitants aux fermes industrielles, et entre la diversité et la répartition des espèces sur la planète. Ce dernier aspect étant particulièrement complexe car il dépend à la fois des variations des contextes socio-économiques spécifiques et des valeurs culturelles associées aux animaux dans les différentes cultures. Afin de mieux comprendre les liens complexes entre le mode de production agricole, la biodiversité et la santé animale et humaine, le projet se concentre sur l'élevage extensif de buffles. Basé en Thaïlande, le programme s’étend au Laos et au Vietnam.

    Ancré en anthropologie, le projet a une forte dimension participative. Les connaissances des éleveurs constituent le point de départ de chacune des enquêtes. Une fois documentées, ces connaissances locales seront mises en dialogue avec diverses perspectives scientifiques (anthropologie, botanique et écologie). Cela permettra d'encourager et de promouvoir des pratiques vertueuses d'élevage garantissant la bonne santé des hommes, des animaux et de l'environnement.

    Photographie de trois buffles pris dans un village rural de Thaïlande

    Le cycle saisonnier de l'élevage extensif de buffles implique une perspective multi-échelle au niveau du village et de la forêt :

    Au niveau du village, l'objectif est de s'intéresser aux pratiques quotidiennes de soins apportés aux animaux et à la médecine humaine locale, en réalisant une collecte de plantes in situ avec identification et relevé taxonomique de la faune et de la flore. Les usages et techniques associés, ainsi que l'interprétation du comportement des animaux seront également documentés. Le pluralisme médical incluant la médecine ethno-vétérinaire et la biomédecine vétérinaire contemporaine sera pleinement pris en compte, notamment l'utilisation des antibiotiques. Au niveau villageois, l'impact écologique de la présence des buffles sera également étudié à partir de relevés de bouses et de leur rôle dans la régénération des sols.

    Au niveau de la forêt, le projet visera d'abord à compléter la base de données des plantes consommées par les buffles et cherchera à explorer les pratiques d'automédication. L'idée est de suivre l'animal avec son propriétaire pour observer les spécimens de plantes, les racines, les fleurs, etc. consommés sur place et rechercher les pratiques d'automédication potentielles. Afin d'évaluer les risques environnementaux et sanitaires, une méthodologie innovante de traçage sera développée. Certains buffles seront équipés d'un collier GPS pour suivre leur présence et des images satellites pourront être utilisées à la fois pour mesurer l'interaction avec les animaux sauvages et définir les zones spécifiques où les buffles s'étendent sur la zone de pâturage. Des camera traps seront également positionnées à différents points stratégiques de contact et d'interaction avec les animaux sauvages.

     

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR PALOC (IRD/MNHN)

    Partenaires :

    Financements : IRD, TICA ‘Innovative Animal Health’, FSPI One Health SEA 

     

    Contact : Nicolas Lainé

  • HAZE : Les dimensions socio-écologiques de la pollution de l’air au Nord de la Thaïlande (2018-2022)

    Le projet Haze est mené par deux chercheurs de l’IRD (Olivier Evrard, UMR PALOC) et de l’Université de Hawai’i at Manoa (Mary Mostafanezhad, Département de Géographie) et a reçu un financement de la National Science Foundation aux Etats Unis pour 3 ans, de 2018 à 2021. Le but de ce projet est d’étudier les aspects sociaux de la pollution de l’air à Chiang Mai au Nord de la Thaïlande.

     

    Durant la saison sèche, entre février et avril, un épais nuage de pollution recouvre Chiang Mai (ainsi qu’une grande partie de l’Asie du Sud et du Sud-Est mais avec des variations de calendrier et d’intensité), provoquant de nombreux problèmes sanitaires (maladies respiratoires) et économiques (baisse de la fréquentation touristique, perturbation du trafic aérien). Contrairement aux aspects physico-chimiques et biophysiques (absence de précipitations en saison sèche, inversion des températures, combustion de biomasse notamment), les facteurs sociaux et économiques à l’origine de ce phénomène n’ont pas (ou peu) été étudiés pour l’instant.

    Dans le cadre d’un projet collaboratif, nous montrons que ce nuage de pollution est aussi une production sociale : usages coutumiers du feu pour la gestion des forêts et des champs, transitions rapides vers l’agriculture de marché, exode rural, résidences secondaires dans les campagnes et développement de l’économie touristique etc.

    Tous ces éléments contribuent à la constitution de savoirs, de récits et de représentations sur l’environnement qui font partie intégrante du problème de la pollution de l’air : ils en questionnent l’ancienneté, la réalité et la mesure ; ils en désignent fréquemment les responsables, avec pour conséquence de renforcer les divisions, réelles ou fantasmées, entre groupes ethniques, entre classes sociales ou entre urbains et ruraux ; enfin, ils sont repris, tout ou partie, par les décideurs locaux et influencent directement les politiques environnementales.

     

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR PALOC (IRD/MNHN)

    Partenaires : Université de Hawai’i at Manoa, Université de Chiang Mai

    Financement : Financement NSF

     

    En savoir plus : Fiche détaillée projet HAZE

    Contacts : Olivier ÉvrardMary Mostafanezhad

     

    Articles publiés :

    • Mostafanezhad M, Evrard, O. 2020. Chronopolitics of crisis: A historical political ecology of seasonal air pollution in northern Thailand. Geoforum. ISSN 0016-7185.   DOI: 10.1016/j.geoforum.2020.05.011.
    • Olivier Evrard et Mary Mostafanezhad, « La pollution de l’air en Thaïlande du Nord : d’un phénomène saisonnier à une crise écologique », Moussons, 34 | 2019, 49-69.   DOI: 10.4000/moussons.5310

Projets liés à l'environnement et aux ressources naturelles

  • Machine learning et perfectionnement des mesures de la biodiversité via la télédétection (2021-2023)

    Comprendre les variations de diversité et de composition des espèces d'arbres tropicaux à grande échelle est extrêmement difficile depuis le sol. Les nouvelles technologies de télédétection sont des outils prometteurs pour cartographier cette diversité à large échelle, notamment sur de vastes zones inaccessibles en forêt tropicale dense.

     

    Figure LiDAR d'une jeune forêt du Parc national de Khao Yai avec un gradient de couleur qui dépend de la hauteur des arbres (plus la couleur est rouge, plus la cime de l'arbre est élevée).

     

    Dans ce projet, nous visons à évaluer la capacité de données aéroportées qui seront acquises sur le parc national de Khao Yai pour cartographier la diversité des arbres à l'échelle du paysage, puis à utiliser cette cartographie pour extrapoler nos estimations de diversité à large échelle à l'aide de données satellites. Plus spécifiquement, nous visons à acquérir des données LiDAR (laser) et hyperspectrales (utilisation de centaines de longueurs d'ondes) en les combinant à des mesures de terrain fines.

    Le projet permettra de mieux comprendre la distribution spatiale de la diversité forestière en forêt tropicale et permettra de mettre en place une méthodologie visant à suivre la biodiversité de ces écosystèmes hyperdiversifiés à large échelle.

     

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR AMAP (IRD/Cirad/CNRS/INRAE/Université de Montpellier)

    PartenairesNational Biobank of Thailand (NBT), University of Kasetsart

    FinancementNational Biobank of Thailand (NBT)

    En savoir plus : 

    ContactMaxime Réjou-Méchain

Trouée dans la canopée

© Geneviève Michon

La jeune équipe associée (JEAI)

Une JEAI permet à un groupe de chercheurs du Sud (au moins trois) de se constituer en équipe, ceci à travers la réalisation d’un projet de recherche et de formation par la recherche. En étroite collaboration avec une unité de recherche IRD, le projet doit servir de catalyseur pour que la JEAI soutenue devienne une équipe solide et reconnue dans son domaine. Ce partenariat vise à faciliter l’insertion de la jeune équipe dans des réseaux scientifiques nationaux et internationaux.

En Thaïlande, une JEAI s'est créée en 2022 : 

  • JEAI BIMOMS - BIodiversity MOdelling at Multiple Scales: from wild ecosystems to regional processes

Modélisation de la biodiversité à plusieurs échelles : des écosystèmes sauvages aux processus régionaux

Le projet JEAI BIMOMS a pour objectif de modéliser les processus écosystémiques depuis les dynamiques écologiques de la biodiversité locale au Parc National de Khao Yai jusqu'aux dynamiques à une échelle régionale (transition forestière et processus socio-économiques).

Cette équipe sera dirigée par Dr. Sissades Tongsima, directeur de la National Biobank of Thailand et soutenue jusque fin 2024.

Unités de Recherche de l’IRD : ISEM et AMAP

Partenaires :

Contact : Emmanuel Paradis
 

Recherches en laboratoire sur le Paludisme

© Justine Montmarche

Le laboratoire mixte international (LMI)

Un LMI est un programme de recherche co-construit et codirigé par l’IRD et ses partenaires locaux (universités et instituts de recherche) autour d’une thématique scientifique et d’une plateforme commune. Un projet de LMI a pour vocation de développer et de consolider la recherche multidisciplinaire en devenant à terme (ou en s’intégrant dans) une structure opérationnelle de recherche durable sous la responsabilité du pays partenaire. Il peut être bilatéral ou régional.

En Thaïlande, un LMI régional est actuellement actif :

  • LMI PRESTO - Understanding and mitigating zoonotic spillover events in declining biodiversity hot-spots in Southeast Asia

    Comprendre et atténuer les spillovers zoonotiques dans les hot-spot de biodiversité en déclin en Asie du Sud-Est

    Le LMI PRESTO (PRotect-dEtect-STOp) est un programme conjoint de recherche et de formation au niveau régional, porté par l’IRD, des universités et instituts de recherche de la région Sud-Est asiatique.

    Ce LMI est une collaboration multidisciplinaire réunissant des experts et chercheurs de France, du Laos et de Thaïlande partageant l'objectif commun de prévenir et de combattre les maladies infectieuses émergentes dans la région du Grand Mékong.  Il repose sur l’existence de plusieurs partenariats de longue date et la mise en commun des connaissances, expériences et expertise complémentaires en matière de biodiversité, de bioinformatique, d'écologie des maladies, d'épidémiologie, de biologie moléculaire, de santé publique, de sciences sociales et de virologie. Ceci facilitera le développement d'une plateforme d'intervention permettant de reconnaitre précocement et lutter contre les maladies infectieuses d’origine zoonotiques dans cette région, hot-spot reconnu pour les risques d’émergence de maladies.

     

    Les objectifs du LMI PRESTO sont les suivants :

    • Établir une plateforme de recherche durable sur les maladies émergentes à l'interface homme/animal/environnement qui aidera les partenaires régionaux à se développer et à prospérer, tout en diminuant la dépendance à l'égard du soutien financier international.
    • Établir un système d'alerte au niveau local avec une approche ascendante/mixte pour mieux se préparer aux futures épidémies. 
    • Développer une boîte à outils de surveillance durable avec un guide de bonnes pratiques, afin d'améliorer le partage des connaissances et aider à la conception et la mise en œuvre de stratégies et de politiques de conservation de la biodiversité et de santé publique dans la sous-région du Grand Mékong.

     

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR MIVEGEC (IRD/CNRS/Université de Montpellier)

    Institutions académiques du Sud impliquées dans le projet :

    Laos

    Université des sciences de la santé

    Université nationale du Laos (NUOL)

    Thaïlande

    Faculté des sciences médicales associées, Université de Chiang Mai

    Faculté des sciences et Faculté de médecine vétérinaire, Université de Chiang Mai

    Faculté de technologie vétérinaire, Université Kasertsart

    Faculté de médecine tropicale, Université Mahidol

    Autres institutions participant au projet :

    Laos

    Laboratoire national de santé animale (NAHL)

    ANOULAK (ONG française basée au Laos)

    NAM THEUN 2 POWER COMPANY LIMITED (NTPC)- actionnaires laotiens, thaïlandais et français

    Centre d'Infectiologie Lao-Christophe Mérieux (CILM)

     

    Contact :

    LOCATELLI Sabrina

    NGO-GIANG-HUONG Nicole

    KHAMDUANG Woottichai

Rizière irriguée, Thaïlande

© François Molle

Le groupement de recherche international (GDRI)

Un GDRI est un réseau de laboratoires français et étrangers constitué entre plusieurs pays, dont au moins un pays en développement, autour d’une thématique stratégique pour la recherche sur et pour le développement durable dans une zone intertropicale. Un GDRI est doté d’un comité de coordination scientifique.

Des scientifiques partenaires thaïlandais participent actuellement à deux GDRI :

  • GDRI COMPACSOL - Identifying and alleviating soil physical degradations to optimize sustainable food production

    Identifier et atténuer les dégradations physiques du sol pour optimiser la production alimentaire durable

    Le sol est un écosystème indispensable à la vie terrestre et humaine puisqu’il permet directement ou indirectement la production de 98 % de nos aliments. Les sols contiennent non seulement les minéraux indispensables à la vie des plantes, mais ils stockent aussi 80 % de l’eau des pluies, grâce à une infinité de pores millimétriques et micrométriques. Ce stockage d’eau permet d’alimenter les plantes (cultivées et naturelles) et il aussi de limiter les risques d’inondations (en ralentissant les flux d’eau qui s’écoulent vers les rivières).

    Mais au cours dernières décennies les techniques modernes de mise en valeurs agricoles (culture mécanisée, intrants chimiques) ont provoqué une dégradation généralisée des sols. Un récent rapport de la FAO sur l’état des sols a été sous-titré : « des systèmes au bord de la rupture ». La compaction des sols à des conséquences importantes sur la production agricole mais elle est quasi-invisible. Il s’agit, en effet, d’une diminution du volume des pores qui se déroule à des millimétriques à micrométrique qui nécessite un appareillage de laboratoire pour être mis en évidence, mais qui réduit considérablement la capacité du sol à stocker l’eau (même en cas d’irrigation) et qui aboutit à une réduction de la production agricole.

    Dans ce contexte, l’IRD et ses partenaires de la région lancent en 2022 le GDRI COMPACSOL afin d’organiser un réseau de laboratoires et d’équipes de recherche qui travaillent sur la compaction des sols. Un premier objectif sera de mettre en place des procédures standardisées afin d’obtenir des résultats analytiques de qualité et fiables permettant de faire un état des lieux à l’échelle du bassin du Mékong et de mesurer au cours des 4 prochaines années l’évolution (extension géographique et intensité) de la compaction des sols. Le second objectif sera d’associer les agriculteurs à la mise au point de techniques culturales de prévention et de réhabilitation des sols par une démarche participative qui permette de profiter au mieux des savoir locaux et en même temps de diffuser des connaissances scientifiques validées sur les sols et la gestion de l’eau.

     

    Partenaires :

    Institut d'écologie et de sciences de l'environnement de Paris (IRD - UMR IEES), France

    Institut de Technologie du Cambodge (ITC), Cambodge

    Department of Agricultural Land Management (DALaM), Laos

    Faculty of Agriculture, Khon Kaen University (KKU), Thaïlande

    Soil and Fertilizers Research Institute (SFRI), Vietnam

    Équipe « Échanges Eau/Sol/Plantes » - Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique

    ONG ECLOSIO – Université de Liège, Belgique & Cambodge

  • GDRI SOOT-SEA: Impact of Black Carbon in South East Asia

    Le Black Carbon (BC, ou carbone-suie) est un aérosol particulaire émis dans l’atmosphère lors de la combustion incomplète de carburants fossiles, de biocarburants, de biomasse et de déchets. Le BC et les aérosols émis conjointement constituent la majorité de la pollution atmosphérique aux particules fines, et représentent la principale cause environnementale de mauvaise santé et de décès prématuré à l’échelle mondiale, faisant de ce risque sanitaire la première cause de maladies non transmissibles.

    Le BC affecte également le climat en exerçant un forçage radiatif positif dans l’atmosphère, en influençant la formation et les propriétés des nuages, et en diminuant l’albédo de la cryosphère lorsqu’il est déposé sur la glace et la neige, augmentant ainsi le taux de fonte. Ainsi, le BC est le second contributeur du réchauffement climatique après le CO2.

    En raison de ses impacts sur la santé et le climat, le BC atmosphérique reçoit une attention croissante. Un autre impact du BC, beaucoup moins connu que ses impacts directs/atmosphériques sur la santé et le climat, est lié à son introduction dans l'océan. En effet, le temps de résidence du BC dans l’atmosphère est court (<1 mois), avant qu’il ne se dépose à la surface des terres et des océans. En plus du dépôt direct à la surface de l'océan, de grandes quantités de BC déposées sur les terres sont emportées par les précipitations et transportées jusqu’à l’océan par les fleuves. Étant donné que la majeure partie du BC émis dans l’atmosphère finit sa course dans l’océan, il est important de comprendre comment le BC impacte les systèmes marins.

    Afin de mieux comprendre les impacts du BC sur la santé, le climat et les écosystèmes, il est nécessaire de quantifier précisément les flux de BC durant son cycle de vie, depuis son émission jusqu’à son enfouissement dans les sédiments. Or, à l’heure actuelle, il demeure de grandes incertitudes quant à l’ampleur de l’impact de la pollution atmosphérique liées aux difficultés pour obtenir des inventaires d’émission précis, en particulier en Asie du Sud-Est. Afin de déterminer les effets du BC sur les ressources marines et la biogéochimie, il est également nécessaire de comprendre comment la BC interagit avec les processus biologiques, chimiques et physiques en milieu marin.

    Le cadre programmatique général s'organise autour d'une thématique ciblée (i.e., le Black Carbon), appelant à l'interdisciplinarité entre les sciences de l'atmosphère et de l'océan, et reliant le climat, l'écosystème marin et la santé.

    Les principaux objectifs scientifiques sont :

    • Déterminer l'impact du BC sur la pompe biologique de carbone et ses rétroactions sur la concentration en CO2 atmosphérique
    • Déterminer l'impact du BC sur le transfert de contaminants vers le réseau trophique marin
    • Améliorer les inventaires d'émissions de BC en Asie du Sud-est et déterminer les apport atmosphériques et fluviaux à l’océan, en établissant un réseau régional de mesure des concentrations et caractéristiques du BC dans les compartiments atmosphérique, fluvial et marin
    • Développer un cadre de modélisation atmosphère/océan décrivant les impacts climatique, biogéochimique et sanitaire du BC

    Outre ses objectifs scientifiques, SOOT-SEA vise également à :

    • Stimuler le développement de projets de recherche
    • Favoriser les interactions Sud-Sud et Sud-Nord
    • Permettre une coordination régionale d'une problématique transfrontalière, aux implications globales
    • Fournir la visibilité internationale nécessaire pour discuter avec les organisations nationales et internationales, les parties prenantes et les décideurs, afin de mobiliser des financements

    Afin de contribuer à l’émergence de structures de recherches pérennes et autonomes sur la problématique du BC en Asie du Sud-est, nous avons développé une plateforme de collecte du BC et de ses co-polluants permettant d’alimenter les partenaires du Sud et du Nord avec du matériel (particules fines atmosphériques) pour des expériences conjointes, et nous développons un projet d’observatoire régional (Vietnam, Thaïlande, Cambodge, Birmanie, et Laos) du Black Carbon atmosphérique, fluvial et marin.

     

    Partners:

    AirParif, France

    Asian Institute of Technology, Thailand

    Centre national de la recherche scientifique, France

    Consiglio nazionale delle ricerche, Italy

    Environment Quality Management, Myanmar

    Institute of Marine Environment and Ressources, Vietnam

    International Atomic Energy Agency, Monaco

    Leibniz-Institute of Freshwater Ecology and Inland Fisheries, Germany

    Ministry of Natural Resources and Environment, Laos

    Royal University of Phnom Penh, Cambodia

    Sorbonne Université, France

    Swansea University, United Kingdom

    Technical University of Denmark

    Universität Oldenburg, Germany

    Universität Wien, Austria

    Université de La Réunion, France

    Université de Liège, Belgium

    Université de Pau et des pays de l'Adour, France

    Université Toulouse 3 Paul Sabatier, France

    University of Science and Technology of Hanoï, Vietnam

    Vietnam Academy of Science and Technology