Mis à jour le 01/09/23

En Thaïlande, l'IRD articule ses projets de recherche autour de trois priorités répondant aux défis majeurs du développement durable : l'environnement, la santé et la société.

Privilégiant une perspective interdisciplinaire, ces projets de recherche s’appuient sur des unités mixtes de recherche et divers instruments de partenariat offerts par l’IRD. Ils ont pour objectif de renforcer la coopération scientifique Sud-Nord et de faciliter les échanges entre équipes travaillant sur la science de la durabilité au niveau international.

La Représentation de l’IRD en Thaïlande déploie des recherches scientifiques se déclinant autour des thématiques suivantes :

  • L’environnement : l’étude des écosystèmes, des ressources naturelles et de l'impact des activités humaines
  • La santé : l’étude des maladies infectieuses, vectorielles et chroniques touchant la population thaïlandaise
  • La société : l’étude des dynamiques urbaines, de la gouvernance et des aspects sociaux relative aux questions environnementales. 
Anopheles mosquito (Anopheles sp.) mouth apparatus

© Argot

Anopheles mosquito (Anopheles sp.) mouth apparatus

Projets de recherche

Projets de recherche en santé

  • Biologie du virus Tembusu (2023-)

    Le virus Tembusu (TMUV) est un virus zoologique émergeant qui a été isolé pour la première fois chez le moustique Culex tritaeniorhynchus en Malaisie en 1955. À partir de 2010, une nouvelle souche de TMUV, appelé Duck Tembusu virus (DTMUV), a été rapporté en Chine, en Thaïlande et en Malaisie. Le DTMUV provoque des troubles neuropathologiques graves chez les oiseaux et la mort des embryons. Des preuves de transmission asymptomatique chez l’homme ont été signalées en 2010 (en Chine) et 2018 (en Thaïlande). Cependant, la biologie du virus reste mal connue en particulier chez les hôtes. Les informations sur sa circulation régionale restent, de plus, parcellaires. Sa proximité phylogénétique avec des flavivirus zoonotiques d’importance en santé humaine comme le virus de l'encéphalite japonaise ou le virus du Nil occidental ainsi qu’une propagation rapide mettent en évidence la possibilité que ce pathogène émerge chez l’homme dans le futur.

    Nous proposons dans ce projet d’étudier :

    • l’écologie du TMUV en Thailande
    • la biologie du TMUV chez le vecteur moustique et chez l’homme

    L'objectif du projet de recherche est de mettre en évidence les mécanismes d’infection du virus et de pouvoir faire émerger des stratégies de lutte contre ce virus. 

     

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR MIVEGEC (IRD/CNRS/Université de Montpellier)

    Partenaires : 

    Financements : 

    Contact : Rodolphe Hamel

  • BioVectrol : Biologie et contrôle des moustiques, vecteurs d’agents pathogènes en Thaïlande (2004-2024)

    Le contrôle des maladies à transmission vectorielle est une priorité de santé publique en Thaïlande, en particulier la lutte contre le paludisme, la dengue et l’encéphalite japonaise (EJ). Ces maladies ont un point commun, la transmission de leurs pathogènes (parasites ou virus) passe obligatoirement par un moustique vecteur. Ces moustiques appartiennent à des genres différents, Anopheles, Aedes et Culex, respectivement responsables de la transmission des maladies citées ci-dessus. Ces maladies n’ayant pas de vaccin ou le vaccin ayant une faible efficacité (EJ), la lutte antivectorielle est l’approche de plus efficace pour leur contrôle. Toutefois, avant la mise en place de stratégies de lutte antivectorielle adaptée, une bonne connaissance du contexte entomo-épidémiologique est nécessaire.

    Professeur Theeraphap et Professeure Manguin en train de collecter des larves d'Anopheles © Dr Jinrapa Pothikasikorn (Mahidol Univ)
    Professeur Theeraphap et Professeure Manguin en train de collecter des larves d'Anopheles © Dr Jinrapa Pothikasikorn (Mahidol Univ)

     

    Ainsi, la collaboration depuis 15 ans avec l’équipe d’entomologie médicale de Kasetsart University (KU) a permis de travailler sur 6 axes de recherches allant de l’identification moléculaire des espèces vectrices à la lutte antivectorielle, après étude de leur capacité vectorielle, comportement et distribution géographique. Ces travaux sont développés plus largement au sein d’un réseau asiatique (Cambodge, Chine, Indonésie), dont l’épicentre est la Thaïlande. Ils ont permis d’obtenir des données pertinentes et utiles aux décideurs locaux et nationaux pour une meilleure gestion des maladies à transmission vectorielle. 

     

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR HSM - HydroSciences Montpellier (IRD/CNRS/Université de Montpellier/École Mines-Télécom/Réseau des Carnot)

    Partenaires : Faculty of Agriculture, Kasetsart University (KU) & Faculty of Science, Mahidol University (MU)

    Financements : 

    • Européens et Français : Projet Européen MALVECASIA (2002-06), PHC Siam (2009-10 et 2015-16), Programme Bio-Asie (2013-15), JEAI BioVecThai (2012-15), bourses Erasmus Mundus (2012-14) et Panacea (2013-14), ARTS Biomérieux/IRD (2014-2017)
    • Thaïlandais : Thai Research Fund (TRF), Golden Royal Jubilee scholarships, International Research Network (IRN)

     

    En savoir plus : Fiche détaillée du projet

    Contacts : Sylvie Manguin

    Theeraphap Chareonviriyaphap

     

    Articles publiés
    • Tainchum K, Dupont C, Chareonviriyaphap T, Jumas-Bilak E, Bangs MJ, Manguin S. 2020. Bacterial Microbiome in Wild-Caught Anopheles Mosquitoes in Western Thailand. Front Microbiol. 2020;11:965. DOI: 10.3389/fmicb.2020.00965
    • Nararak J, Giorgio CD, Sukkanon C, Mahiou-Leddet V, Ollivier E, Manguin S, Chareonviriyaphap T. 2020. Excito-repellency and biological safety of β-caryophyllene oxide against Aedes albopictus and Anopheles dirus (Diptera: Culicidae). Acta Trop. 2020;210:105556.   DOI: 10.1016/j.actatropica.2020.105556
    • Sumarnrote A, Overgaard H J,Vincent Corbel V, Thanispong K, Chareonviriyaphap T,  Manguin S. 2020. Species diversity and insecticide resistance within the Anopheles hyrcanus group in Ubon Ratchathani Province, Thailand. Parasites Vectors. (2020) 13:525.   DOI: 10.1186/s13071-020-04389-4
    • Udom C, Thanispong K, Manguin S, Chareonviriyaphap T, Fungfuang W. 2021. Trophic Behavior and Species Diversity of the Anopheles barbirostris Complex (Diptera: Culicidae) in Thailand. Journal of Medical Entomology. 58(6), 2021, 2376–2384.    DOI: 10.1093/jme/tjab067
  • CaPThai : Mise en œuvre d'une stratégique en santé publique pour le dépistage, le traitement et la prévention de la tuberculose en Thaïlande (2023-2026)

    Logo CapThaiCaPThai a pour but de recueillir des données essentielles à la révision et l’actualisation des directives sur la détection et la prévention de la tuberculose en Thaïlande, à travers la mise en place d’un essai clinique pragmatique de phase IV, randomisé en cluster, prenant place dans 20 hôpitaux provinciaux du pays. Si l’intervention s’avère efficace, elle pourra servir de modèle pour les programmes de lutte antituberculeuse dans la sous-région asiatique et au-delà.

    Ce projet de recherche est coordonné par le Dr Christian Lienhardt et en collaboration avec le Dr Phalin Kamalwat, DTB, le Dr Jintana Ngamvithayapong-Yanai, THRF, et par le Professeur Katherine Fielding, LSHTM. Ensemble, ont reçu une subvention d'Expertise France - L’Initiative VIH/Sida-Tuberculose-Paludisme.

    CapThai partners

    Unité de recherche IRD impliquée : UMI TransVIHMI (IRD-Inserm-Université de Montpellier) ​​​​​​

    Partenaires : 

     Financements : 

    En savoir plus : CapThai Presentation

    Contacts :

  • Caractérisation des facteurs de transmission des flavivirus dans la salive des moustiques (2023-2025)

    Les flavivirus sont des maladies transmises par les moustiques qui menacent les populations humaines dans les régions tropicales et subtropicales. Ces maladies comprennent la dengue, Zika et l'encéphalite japonaise, qui sont toutes endémiques d'Asie du Sud-Est et notamment de Thaïlande. Ces maladies transmises par les moustiques entraînent une morbidité et une mortalité importantes, ce qui entrave le développement économique. Malheureusement, il n'existe aucun moyen de lutte efficace. Il n'y a pas de thérapeutique, la stratégie de lutte antivectorielle ne permet pas de prévenir les épidémies et les vaccins ciblant les flavivirus posent des problèmes de sécurité.

    Dans ce contexte, le projet vise à mieux caractériser les facteurs qui permettent la transmission virale par les moustiques et à concevoir de nouvelles interventions. Les flavivirus sont transmis lors d'une piqûre de moustique. Nous étudierons les facteurs de la salive du moustique qui permettent l'infection de la peau afin d'identifier des cibles pour bloquer la transmission. Le ciblage de l'infection cutanée déclenchée par la piqûre est une voie prometteuse pour de multiples raisons :

    • elle est potentiellement efficace contre plusieurs flavivirus car cette étape est commune à tous les flavivirus
    • pas de risques de sécurité comme ceux associés aux vaccins ciblant les flavivirus
    • moins de pression pour l'évolution du virus vers la résistance puisque nous ciblons un facteur lié au moustique
    • la transmission virale lors de la piqûre est un goulot d'étranglement dans le cycle de transmission, car seules quelques centaines de virus sont injectés
    • l'infection de la peau est nécessaire à la transmission et le blocage de cette étape empêche l'infection systémique

    L'objectif scientifique du projet est de caractériser les facteurs de la salive de moustique qui permettent l'infection de la peau lors de la piqûre infectieuse et de fournir les bases d'une nouvelle intervention ciblant les facteurs de transmission dans la salive de moustique. Le projet s'appuie sur des travaux préliminaires menés par des équipes françaises et thaïlandaises. Les deux équipes ont identifié un nouveau facteur de transmission salivaire commun à tous les flavivirus, ce qui constitue une cible idéale pour bloquer la transmission de tous les flavivirus. Le facteur salivaire est un fragment subgénomique de flavivirus sécrété dans les vésicules extracellulaires salivaires.

    Notre objectif est de concevoir une stratégie préventive pour bloquer la transmission de tous les flavivirus. Pour atteindre cet objectif, le projet prévoit de renforcer les capacités en Thaïlande, de procéder à des transferts de technologie et de former des étudiants et de jeunes scientifiques français et thaïlandais.

     

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR MIVEGEC (IRD/CNRS/Université de Montpellier)

    Partenaires :

    Financement :

    Contact : Julien Pompon

  • DisCoVer : De l’histoire naturelle du SARS-CoV2 : Émergence et Réservoir (2020-2023)

    Des enquêtes préliminaires sur les échantillons disponibles collectés en 2013 ont donné une identité nucléotidique moyenne de 96 % avec le génome d'un Sarbecovirus (genre de Betacoronavirus) d'un spécimen de chauve-souris Rhinolophidae. Malgré ces annonces, l'ancêtre le plus récent et le plus direct du virus émergent à l'origine de la pandémie de COVID-19 n'a pas encore été découvert et l'histoire naturelle de son émergence reste à élucider. Cela a conduit à la fois l'OMS et l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) à inscrire la recherche du réservoir et l'histoire naturelle de l'émergence comme une priorité absolue. DisCoVER vise à répondre à la question de l'origine du SARS-CoV en réunissant une équipe interdisciplinaire d'experts dans le domaine : de l'Université de Caen, de l'IRD (Unité MIVEGEC), du CNRS, des Universités de Kasetsart et Mahidol (Thaïlande) et du Centre d'Infectiologie Lao Christophe Mérieux.


    L'objectif principal du projet est donc de retracer l'origine du SRAS-CoV2 dans des milieux naturels partageant des caractéristiques biogéographiques et socio-écologiques avec le sud-ouest de la Chine (régions du nord de la Thaïlande et RDP lao). L'objectif est de caractériser le cycle naturel du SRAS-CoV2 et les modalités de son émergence chez l'homme. Le risque d'émergence des Sarbecovirus liés au SRAS-CoV2 infectant des animaux sauvages dans le nord de l'Asie du Sud-Est sera estimé à l'aide d'un modèle qui intégrera des données / analyses phylodynamiques avec les facteurs socio-écologiques, pour développer de véritables stratégies d'anticipation et de prévention des épidémies futures.

     

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR MIVEGEC (IRD/CNRS/Université de Montpellier)

    Partenaires : Université de Caen Normandie-CHU Caen, Faculty of Veterinary Technology, Université de Kasertsart et l'Université de Mahidol

    Chercheurs thaïlandais partenaires : Kasetsart university: Sathaporn Jittapalapong PhD and Dean of the Faculty of Veterinary Technology, Anamika Kritiyakan PhD, Chuanphot Thinphovong PhD

    Chercheurs de l’IRD impliqués dans le projet : Éric Deharo (Représentant IRD au Laos), Sabrina Locatelli, Rodolphe Hamel, Emmanuel Paradis

    Financements : Financement flash call COVID-19 de l’ANR

     

    En savoir plus : Fiche détaillée du projet DisCoVER

    Contact : 

    Articles publiés
  • Impact du métabolisme lipidique sur la transmission des arbovirus (2023-2025)

    En l'absence de thérapeutiques et de vaccins, la réémergence et la dissémination récente des arbovirus dans de nouveaux écosystèmes ont un impact significatif sur la santé humaine. La lutte contre ces maladies repose principalement sur le contrôle des vecteurs?organisme susceptible de transmettre un agent infectieux d'un sujet à un autre par l'utilisation d'insecticides, dont les impacts environnementaux et humains sont avérés. La recherche de stratégies écologiques alternatives ayant un large spectre d'action pour interrompre le cycle de transmission et la dissémination de ces virus est une priorité.

    Nous émettons l'hypothèse que la manipulation du métabolisme des lipides est une stratégie efficace pour interrompre le cycle de transmission de ces virus entre leurs arthropodes vecteurs et l'homme, limitant ainsi l'impact pathogène de ces virus. Cette hypothèse est étayée par nos observations collectives indiquant que :

    • les arbovirus manipulent le lipidome de leurs hôtes humains et vecteurs à des fins provirales (Diop et al., 2018 ; Vial et al., 2020)
    • le ciblage du métabolisme lipidique perturbe différentes étapes du cycle infectieux de ces virus chez leurs hôtes (Wichit et al., 2017)

    Notre programme vise donc à évaluer l'efficacité de lipides bioactifs et d'inhibiteurs du métabolisme lipidique sur l'infection de cellules humaines et de moustiques vecteurs.

     

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR MIVEGEC (IRD/CNRS/Université de Montpellier)

    Chercheuse IRD principale : Dorothée Missé

    Participants IRD MIVEGEC EDIFICE :

     

    Publications : 

    • Diop F, Vial T, Ferraris P, Wichit S, Bengue M, Hamel R, Talignani L, Liegeois F, Pompon J, Yssel H, Marti G, Missé D. Zika virus infection modulates the metabolomic profile of microglial cells. PLoS One. 2018 Oct 25;13(10):e0206093. eCollection 2018. PMID: 30359409. DOI: 10.1371/journal.pone.0206093
    • Vial T, Tan WL, Deharo E, Missé D, Marti G, Pompon J. Mosquito metabolomics reveal that dengue virus replication requires phospholipid reconfiguration via the remodeling cycle. Proc Natl Acad Sci USA. 2020 Nov 3;117(44):27627-27636. Epub 2020 Oct 21. DOI: 10.1073/pnas.2015095117
    • Wichit S, Hamel R, Bernard E, Talignani L, Diop F, Ferraris P, Liegeois F, Ekchariyawat P, Luplertlop N, Surasombatpattana P, Thomas F, Merits A, Choumet V, Roques P, Yssel H, Briant L, Missé D. Imipramine Inhibits Chikungunya Virus Replication in Human Skin Fibroblasts through Interference with Intracellular Cholesterol Trafficking. Sci Rep. 2017 Jun 9;7(1):3145. DOI: 10.1038/s41598-017-03316-5
  • iTAP : Éliminer la transmission mère-enfant du virus de l'hépatite B (2012-2023)

    Le virus de l'hépatite B infecte le foie et provoque des lésions hépatiques avec un risque de fibrose, cirrhose et cancer du foie à l'âge adulte. La transmission périnatale est la première source de nouvelles infections dans le monde. Éliminer cette infection nécessite d’arrêter cette transmission et c'est l'une des priorités de la collaboration CMU-IRD. 

    Dans notre premier essai clinique, iTAP-1, des femmes enceintes infectées par le virus de l’hépatite B ont reçu du fumarate de ténofovir disoproxil (TDF) à partir de 28 semaines de grossesse jusqu'à 2 mois après l'accouchement. Le résultat est qu’aucun de leurs enfants n’a été infecté par ce virus. De plus, les mères et les nourrissons ont très bien toléré le TDF. Dans cet essai clinique, tous les nourrissons avaient reçu à la fois le vaccin et des immunoglobulines contre l'hépatite B. Cependant, dans la pratique courante, le prix des immunoglobulines est élevé et il est très difficile de maintenir les stocks en dehors de centres de santé importants.

    Un deuxième essai, iTAP-2, est en cours vise à savoir si des immunoglobulines sont nécessaires lorsque la mère reçoit du TDF comme dans iTAP-1. Les résultats de cette étude seront disponibles au 2ème trimestre 2022.

    Plus de détails :

     

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR MIVEGEC (IRD/CNRS/Université de Montpellier)

    Partenaires : Université de Chiang Mai

    Financement : US National Institute of Child Health and Human Development - NIH 5R01HD092527

     

    En savoir plus : Fiche détaillée du projet

    Contact : Nicole Ngo-Giang-Huong

  • NEOCELL : Étude in vitro des virus transmis par les moustiques (2023-)

    Parmi les pathogènes émergents, les arbovirus sont une cause importante de maladies animales et humaines dans le monde entier et les virus transmis par les moustiques (MBV) sont une source significative de maladies infectieuses émergentes zoonotiques. Les études sur les interactions in vitro entre les hôtes vertébrés, les virus et leurs moustiques vecteurs sont essentielles pour lutter contre les menaces que représentent les MBV. En particulier, il est essentiel de connaître les mécanismes de l'intima dans les organes clés du moustique, tels que les glandes salivaires et le milieu de l'intestin. Cependant, il y a un manque de modèles cellulaires de moustiques disponibles à cette fin. Dans ce contexte, nous proposons dans un projet exploratoire de développer de nouvelles lignées cellulaires organotypiques de moustiques dérivées d'organes spécifiques de moustiques impliqués dans la transmission des MBVs. La mise en place de ces outils facilitera l'investigation in vitro et permettra de travailler tant sur le mécanisme de réplication des virus, le développement de nouvelles stratégies antivirales que sur l'élaboration de nouveaux vaccins.

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR MIVEGEC (IRD/CNRS/Université de Montpellier)

    Partenaires :

    Financement :

    Contact : Rodolphe Hamel

  • QUALI-DEC : Recours approprié à la césarienne grâce à une prise de décision de qualité par les femmes et les soignants (2020-2025)

    Le recours excessif à la césarienne a des conséquences néfastes sur la santé de la mère et de l'enfant. Elle accapare également des ressources essentielles dans le monde entier et entrave l'accès universel aux services de santé.

    L'objectif du projet QUALI-DEC est de développer et d'évaluer une stratégie visant à mettre en œuvre des interventions non cliniques pour réduire les césariennes non médicalement justifiées en Argentine, au Burkina Faso, en Thaïlande et au Vietnam. 

    Cette stratégie combine quatre ingrédients principaux :

    • des leaders d'opinion pour mettre en œuvre des directives cliniques fondées sur des données objectives;
    • des audits de césariennes et des feedbacks pour aider les prestataires à identifier les césariennes potentiellement évitables;
    • un outil d'analyse à la décision pour aider les femmes à prendre de meilleures décisions sur le mode d'accouchement;
    • la mise en œuvre des recommandations de l'OMS sur l'accompagnement pendant le travail pour aider les femmes à accoucher par voie vaginale.

    Le projet encourage l'engagement des parties prenantes à tous les niveaux (décideurs politiques, soignants et utilisateurs finaux, c'est-à-dire les femmes) dès le début du projet afin de mettre en œuvre les différentes composantes de l'intervention, en tenant compte du contexte local, et d'assurer une maximisation des effets attendus.  Afin d'améliorer la qualité de cette mise en œuvre et l'utilisation des résultats, des actions de transfert de connaissances seront déployées. Une attention particulière sera accordée aux questions d'équité et aux considérations de genre lors des enquêtes et de l'interprétation des résultats.

    En résumé, le projet améliorera l'utilisation appropriée des césariennes et répondra à plusieurs cibles des ODD, notamment l'amélioration de la santé maternelle et néonatale et la réduction des inégalités entre et au sein des pays.

     

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR CEPED (IRD/Université de Paris)

    Partenaires : 

    Financement : Commission européenne (programme H2020), WHO : 3 997 295 €

     

    En savoir plus : Fiche détaillée du projet

    Site web QualiDec

    Contacts : Alexandre Dumont, Myriam De Loenzien

  • VDOSAGE : Détection de virus à partir d'ARN double brin (2023-2027)

    L'ARN double brin (ARNdb) est une caractéristique de la grande majorité des infections virales. Il est produit par les virus à ARN, lors de la réplication, et par les virus à ADN, lors de la transcription convergente. Paradoxalement, les approches centrées sur l'ARNdb pour la surveillance des virus sont largement sous-explorées.

    Les objectifs de VDOSAGE sont de développer des outils de surveillance des ARNdb et de valider leur application en tant que moyen simple, quantitatif et spécifique de surveillance des virus dans les organismes vivants, y compris les arthropodes et les plantes. En exploitant les remarquables propriétés de liaison entre l'ARNdb et la protéine B2 du Flock House virus (FHV) mais également des nanocorps?fragments d'anticorps capables de se lier sélectivement à un antigène spécifique (Nbs) ayant une grande affinité pour l'ARNdb, nous proposons de construire un dispositif portable de pointe pour la quantification ultrasensible de l'ARNdb en utilisant la résonance plasmonique de surface?outil capable de caractériser des interactions moléculaires en temps réel et sans marqueur (dsSPR).

    En parallèle, nous visons à combiner la capture d'ARNdb avec la technologie des nanopores d'Oxford?séquenceur portable capable d’identifier les composants d’ADN et d’ARNdb et de lire des séquences ultra-longues (ONT) afin de séquencer directement l'ARNdb pour l'identification en temps réel des virus (dsNanoSeq). Une fois optimisées dans des conditions de laboratoire, la dsSPR et la dsNanoSeq seront confirmées avec des plantes cultivées en plein champ, des moustiques capturés sur le terrain et des cellules plasmatiques humaines.

    Pour atteindre ces objectifs, nous tirerons parti du savoir-faire et de l'expertise uniques de nos partenaires. Le projet combine des approches innovantes et multidisciplinaires pour faire face aux futurs risques éco-épidémiologiques. En outre, VDOSAGE améliorera notre compréhension des viromes?ensemble des génomes des virus végétaux et animaux, ainsi que des marques épitranscriptomiques?ensemble des modifications chimiques portées par un ARN des virus. Axé sur l’approche "One Health", VDOSAGE améliorera la surveillance des virus chez l'homme, l'animal et la plante.

     

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR MIVEGEC (IRD/CNRS/Université de Montpellier)

    Partenaires : 

    Financements : 

    En savoir plus : VDOSAGE Presentation

    Contact : Julien Pompon

     

    Publications : 

    Yeh S.C., Strilets T., Tan W.L., Castillo D., Medkour H., Rey-Cadilhac F., Serrato-Pomar I. M., et al. “The Anti-Immune Dengue Subgenomic Flaviviral RNA is present in Vesicles in Mosquito Saliva and is associated with Increased Infectivity.” PLOS Pathogens 19, no. 3 (March 30, 2023): e1011224. https://doi.org/10.1371/journal.ppat.1011224.

    Hitakarun A., Williamson M. K., Yimpring N., Sornjai W., Wikan N., Arthur C. J., Pompon J., Davidson A. D., and Smith D. R. “Cell Type Variability in the Incorporation of Lipids in the Dengue Virus Virion” Viruses 14, no. 11 (November 2022): 2566. https://doi.org/10.3390/v14112566.

    Yeh S. C., Diosa-Toro M., Tan W. L., Rachenne F., Hain A., Xuan Yeo C. P., Bribes I., et al. “Characterization of Dengue Virus 3’UTR RNA Binding Proteins in Mosquitoes Reveals That AeStaufen Reduces Subgenomic Flaviviral RNA in Saliva.” PLOS Pathogens 18, no. 9 (September 19, 2022): e1010427. https://doi.org/10.1371/journal.ppat.1010427.

  • ZIKAHOST : Les facteurs de l'hôte associés à la neuropathogénicité du virus Zika (2018-2023)

    Le flavivirus Zika (ZIKV) est responsable de la fièvre Zika. De manière très inquiétante, lors des récentes épidémies de Zika, des complications neurologiques comme le syndrome de Guillain-Barré ou des microcéphalies congénitales ont été décrites. À présent, il est nécessaire d’appuyer les efforts visant à mieux comprendre la pathogénicité du ZIKV. Les partenaires du consortium ZIKAHOST furent les premiers à explorer et publier sur la biologie du ZIKV. L’infection par le ZIKV induit fréquemment une inflammation, associée aux réponses immunitaires exacerbées à l'origine d’atteintes cérébrales.

    Nos résultats préliminaires montrent que le ZIKV module l’expression de gènes impliqués dans la neurogénèse dans les hNPC, les premiers descendants des cellules souches qui peuvent se différencier pour former un ou plusieurs types de cellules de neurales. Cependant, il reste à identifier les mécanismes moléculaires qui permettent au ZIKV d’échapper à la réponse immune antivirale dans le système nerveux central. De plus, les raisons des complications provoquées par les différents isolats du ZIKV restent à déterminer.

    Les objectifs spécifiques du ZIKAHOST sont :

    • d’identifier les récepteurs clés impliqués dans l’infection par le ZIKV et déterminer leur importance dans le neurotropisme viral
    • de déterminer les réponses cellulaires induites par le ZIKV par les cellules du cerveau
    • de caractériser les différentes étapes des atteintes cérébrales induites par le ZIKV dans les cellules et les tissus du cerveau dans différents stades de développement.

    Nos recherches devraient fournir des avancées majeures et nous permettre d’identifier des cibles thérapeutiques potentielles pour bloquer la propagation du ZIKV.

     

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR MIVEGEC (IRD/CNRS/Université de Montpellier)

    Partenaires : 

    • Dr. Sineewanlaya Wichit, Department of Clinical Microbiology and Applied Technology, Faculty of Medical Technology, Mahidol University
    • Dr Ali Amara, UMR NEURODIDEROT (INSERM/Université de Paris)
    • Dr Pierre Gressens, UMR 944 - 7212 Pathologie et virologie moléculaire (INSERM/Université de Paris)

    Financements :

    • ANR Générique 
    • Thailand Research Fund (TRF) (grant no. MRG6280009) PI: Dr. Wichit Sineewanlaya
    • PHC-SIAM: 2021-2022 The Host factors of Zika virus neuro-pathogenesis (PI France: Dorothée Missé, PI Thailand: Sineewanlaya Wichit)

     

    En savoir plus : Fiche détaillée du projet

    Contacts : Dorothée Missé, Sineewanlaya Wichit, Ali AmaraPierre Gressens

     

    Derniers articles publiés : 

    • Wichit S, Hamel R, Zanzoni A, Diop F, Cribier A, Talignani L, Diack A, Ferraris P, Liegeois F, Urbach S, Ekchariyawat P, Merits A, Yssel H, Benkirane M, Missé D. SAMHD1 Enhances Chikungunya and Zika Virus Replication in Human Skin Fibroblasts. Int J Mol Sci. 2019 Apr 5;20(7):1695. DOI: 10.3390/ijms20071695.
    • Wichit, S., Hamel, R., Yainoy, S., Gumpangseth, N., Panich, S., Phuadraksa, T., Saetear, P., Monteil, A., Morales Vargas, R., & Missé, D. (2019). Interferon-inducible protein (IFI) 16 regulates Chikungunya and Zika virus infection in human skin fibroblasts. EXCLI journal, 18, 467–476. DOI: 10.17179/excli2019-1271

     

Projets liés à l'environnement et aux ressources naturelles

  • Érosion et dynamique de la biodiversité en Asie du Sud-Est (2022-)

    Ce projet est un co-partenariat visant à mieux comprendre l'érosion et la dynamique des patrons de biodiversité en Asie du Sud-Est. Il est surtout axé sur les vertébrés mais est ouvert à d'autres groupes de la faune et flore sauvage.

     

    Le projet comprend quatre objectifs :

     

    1. Obtenir des données sur les dynamiques de la biodiversité locale

    Les données rétrospectives pourront établir des dynamiques sur le moyen et le court-terme, de quelques années à plusieurs siècles. Peu de populations de la faune sauvage bénéficient de suivis pluriannuel, et il est difficile d'établir des indices fiables. Avec ce co-partenariat, nous stimulons de nouvelles études et explorons le registre fossile très récent pour pouvoir produire ces nouveaux indicateurs. Nous produisons également des dynamiques nous basant sur des gradients spatiaux d'anthropisation.

     

    2. Identifier des organismes et leurs caractéristiques adaptatives

    Les caractéristiques des organismes sont identifiées notamment à partir de leur phénotype en utilisant des techniques multivariées comme la morphométrie géométrique. Dans cette partie, nous co-formons de futurs étudiants via une approche intégrative en évolution ou en systématique.

     

    3. Produire un inventaire et un suivi de la biodiversité

    L'utilisation de la cyber-taxonomie participative permet de recenser et suivre en temps réel à faible coup la biodiversité locale. Les nouvelles applications de cyber-taxonomie utilisant l'intelligence artificielle (IA) permettent de produire des identifications taxonomiques par tous et pour tous, et certaines applications permettent de nourrir les jeux de données ouverts, validés et internationaux sur la biodiversité (GBIF). Cette partie du projet vise à :

    • sensibiliser les publics universitaire et extrauniversitaire (scolaire et citoyens) sur ces développements
    • évaluer la qualité des identifications produites par l'IA pour la valider
    • produire des para-taxonomies (si elle est biaisée) et des clefs plus fines via des méthodes simples
    • utiliser ces données pour construire des dynamiques récentes

    Cette partie du projet vise également à former les scientifiques sur approche de gestion des données via le principe FAIR (Findable, Accessible, Interoperable, Reusable).

     

    4. Sensibiliser sur l'extinction des espèces sauvages

    La sensibilisation en faveur de la préservation de la biodiversité et la poursuite des collaborations d'une vingtaine d'années avec les partenaires thaïlandais passent par la formation de spécialistes de l'histoire de la biodiversité, la mise en place d'actions tournées vers le grand public et d'actions de sensibilisation sur la faune sauvage dans des musées, ainsi que par des études locales dans le temps profond (plusieurs centaines à plusieurs millions d'années).

     

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR ISEM (IRD/Cirad/CNRS/EPHE/INRAP/Université de Montpellier)

     

    Partenaires :

     

    Financement :

     

    ContactJulien Claude

  • Machine learning et perfectionnement des mesures de la biodiversité via la télédétection (2021-2023)

    Comprendre les variations de diversité et de composition des espèces d'arbres tropicaux à grande échelle est extrêmement difficile depuis le sol. Les nouvelles technologies de télédétection sont des outils prometteurs pour cartographier cette diversité à large échelle, notamment sur de vastes zones inaccessibles en forêt tropicale dense.

     

    Figure LiDAR d'une jeune forêt du Parc national de Khao Yai avec un gradient de couleur qui dépend de la hauteur des arbres (plus la couleur est rouge, plus la cime de l'arbre est élevée).

     

    Dans ce projet, nous visons à évaluer la capacité de données aéroportées qui seront acquises sur le parc national de Khao Yai pour cartographier la diversité des arbres à l'échelle du paysage, puis à utiliser cette cartographie pour extrapoler nos estimations de diversité à large échelle à l'aide de données satellites. Plus spécifiquement, nous visons à acquérir des données LiDAR (laser) et hyperspectrales (utilisation de centaines de longueurs d'ondes) en les combinant à des mesures de terrain fines.

    Le projet permettra de mieux comprendre la distribution spatiale de la diversité forestière en forêt tropicale et permettra de mettre en place une méthodologie visant à suivre la biodiversité de ces écosystèmes hyperdiversifiés à large échelle.

     

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR AMAP (IRD/Cirad/CNRS/INRAE/Université de Montpellier)

    PartenairesNational Biobank of Thailand (NBT), University of Kasetsart

    FinancementNational Biobank of Thailand (NBT)

    ContactMaxime Réjou-Méchain

  • Natural Forestore (2023-2025)

    Natural Forestore a pour objectif d'étudier les mécanismes biologiques, écologiques et socio-économiques de la restauration des forêts tropicales et leur impact sur la séquestration et le stockage du carbone, et par conséquent sur le changement climatique. Le travail de terrain sera réalisé sur 5 sites caractérisés par des conditions écologiques et climatiques très différentes. Les activités de recherche incluent des mesures quantitatives des microbes du sol qui ont un rôle important dans le recyclage du carbone dans les forêts, des quantifications de la biomasse végétale par des technologies avancées de télédétection, et la modélisation des changements d'utilisation des terres. Un attendu de ce projet est la quantification plus précise des capacités de capture de différents types de forêts en Thaïlande.

     

    Unités de recherche IRD impliquées : UMR ISEM et UMR AMAP

    Partenaires : 

    Financement : Fondation BNP-Paribas

    Contact : Emmanuel Paradis

  • Science de la durabilité au service de l’agroécologie (2023-)

    L'objectif du projet est d'exploiter le potentiel de l'agroécologie pour transformer les systèmes agraires et alimentaires de manière compatible avec les objectifs du développement durable (ODD).

     

    1. Agroécologie et objectifs du développement durable

    En Thaïlande, plusieurs modèles agricoles coexistent depuis de nombreuses années avec d’un côté des systèmes de monoculture intensive reposant sur l’usage d’intrants chimiques et de l’autre des systèmes dits agroécologiques, tels que l’agroforesterie, l’intégration agrosylvopastorale, l’agriculture biologique, l’agriculture de conservation, etc. Les pratiques agroécologiques aident à régénérer la fertilité des sols dégradés, à éviter l’érosion de la biodiversité, la pénurie d'eau ou les contraintes biotiques croissantes pour la production végétale et animale. Elles facilitent l’adaptation au changement climatique et son atténuation.

    Une approche transdisciplinaire incluant la recherche-action, le développement des capacités par la formation et la mise en réseau d’acteurs vise à alimenter un plaidoyer en faveur de l’agroécologie. À travers l’analyse de la contribution de l’agroécologie aux objectifs du développement durable (ODD), il s’agit de sensibiliser les acteurs du gouvernement, de la société civile et du secteur privé aux enjeux de la transition agroécologique. En effet, le passage à l’action est bien plus complexe que l’idée d’origine des ODD ne le laisse penser a priori. Les tensions entre ODD sont nombreuses. Il n’y a pas d’option gagnant-gagnant ; chacune doit être négociée et des compromis trouvés entre des groupes d’acteurs aux intérêts divergents. Des plateformes de négociation multi-échelles et multi-acteurs sont mobilisées pour mobiliser les connaissances coproduites dans des processus d'innovation.

     

    2. Les motivations de l’engagement agroécologique

    Comment les pratiques agroécologiques parviennent elles à se maintenir à côté des logiques d’agribusiness ? Qu’est-ce qui motive les agriculteurs pour s’engager ou se maintenir dans l’agroécologie ? Le développement d’une approche expérientielle du "territoire agroécologique", vécu par un ensemble d’acteurs, permet d’explorer les processus cognitifs qui précèdent et expliquent l’engagement dans l’action. Cet engagement ne repose pas nécessairement sur un intérêt identifié ou un calcul rationnel, mais plutôt sur des valeurs et des croyances profondément ancrées. Elles sous-tendent la motivation des agriculteurs à s’engager dans des pratiques plus respectueuses de l’environnement et à s’impliquer dans des processus collaboratifs. Elles jouent un rôle-clé dans la coordination des agriculteurs entre eux et avec les autres acteurs d’un territoire au nom de l’environnement ou de la durabilité, dans un contexte politique et économique qui pourtant favorise très largement l’individualisme. Les valeurs d’engagement dans l’agroécologie seront analysées à différents niveaux :

    • les pratiques spirituelles de connexion à la nature
    • l'engagement des lycéens dans les activités de sensibilisation à l’environnement
    • le suivi des réseaux d’acteurs engagés dans des mouvements agroécologiques

    L’analyse des interactions entre les acteurs révèle leurs ressorts cognitifs et affectifs, et pointent sur les enjeux de la construction de connaissances partagées.

     

    3. Les sentinelles de la transition agroécologique

    Les communautés locales ont une connaissance approfondie de leurs agroécosystèmes, elles sont en première ligne pour observer et rendre compte des changements qui affectent les paysages qu'elles ont contribué à façonner au fil des générations. La Faculté des sciences de l’Université de Chulalongkorn est engagée dans un suivi participatif de la santé des agroécosystèmes : biodiversité (observation des oiseaux, inventaires de plantes et de champignons, etc.), qualité des eaux de surface et souterraines, des sols agricoles, de la biomasse forestière à différents stages d’un processus de restauration. Le dispositif des "sentinelles de l’environnement" repose sur un réseau de lycées répartis dans la province de Nan, au nord de la Thaïlande dans une étape pilote, puis à un élargissement progressif à d’autres sites-ateliers. L’idée est, qu’à travers un dispositif participatif de suivi-évaluation de la santé de l’environnement et de la qualité de vie des populations, les acteurs locaux soient en mesure de rendre compte de l’impact de leurs pratiques respectueuses de l’environnement ou à contrario des dégradations liées aux systèmes de monoculture intensive. Sur la base d’indicateurs co-construits avec différents groupes d’acteurs ils seront en mesure d’interpeler les autorités, d’apporter les preuves empiriques des dégradations de leur environnement ou de témoigner d’éventuelles aggradations liées à la transition agroécologique.

     

    Publications scientifiques :

    • Castella J-C, Lestrelin G, Phimmasone S, Tran Quoc H, Lienhard P. 2022. The Role of Actor Networks in Enabling Agroecological Innovation. Sustainability 14(6):3550. https://doi.org/10.3390/su14063550
    • Castella J.-C., Lu J., Friis C., Bech Bruun T., Cole R., Junquera V., Kenney-Lazar M., Mahanty S., Ornetsmüller C., Pin Pravalprukskul, Vagneron I., 2023. Beyond the boom-bust cycle: An interdisciplinary framework for analysing crop booms. Global Environmental Changes 80, 102651. https://doi.org/10.1016/j.gloenvcha.2023.102651

     

    Partenaire : Dr. Pongchai Dumrongrojwatthana, Faculté des Sciences, Université de Chulalongkorn

     

    Contact : Jean-Christophe Castellla

  • Simple (2023-2027)

    SIMPLE (Sustainability Issues Multiverse for building Participatory Learning Environments) est un projet de sensibilisation à destination de la jeunesse sur la difficulté d’identifier des solutions durables aux défis environnementaux actuels. Pour cela, il développe, teste et propose un « métavers de durabilité », c’est-à-dire une infrastructure et un ensemble de méthodes pédagogiques développés à partir des environnements de réalité virtuelle, de jeux sérieux et de simulations scientifiques. Le projet travaille en coopération avec les autorités, les organisations de la société civile et les acteurs éducatifs des pays du bassin du Mékong, pour vérifier la validité de ces approches, pour garantir une meilleure participation des jeunes citoyens et une meilleure compréhension de l’impact de ces politiques sur les cas d’étude locaux, sélectionnés pour leur importance et leur universalité. 

    Il s'inscrit dans l'objectif du partenariat UE-ASEAN concernant le dialogue et la coopération dans le domaine de l'action climatique et la protection de l'environnement autour d’un consortium de partenaires de l'Union européenne (IRD, France) et de plusieurs pays de l'ASEAN (Cambodge, Vietnam, Laos, Thaïlande). 

    Grâce au développement d’environnements numériques, qui prendront la forme de multivers, certains des principaux défis socio-environnementaux de l'ASEAN et, dans une certaine mesure, de l'Union européenne, seront abordés : gestion de l'eau dans les deltas et les littoraux, écosystèmes fragiles, biodiversité, pollution plastique, pollution atmosphérique, utilisation des sols et changement des sols, etc. Ce projet innovant vise à utiliser des approches de modélisations et de simulations pour développer des metaverses, combinées à des jeux sérieux et à des outils de réalité virtuelle et augmentée, afin de sensibiliser les jeunes de l'ASEAN aux enjeux actuels de la durabilité. Ces outils sont à visées éducatives et divertissantes et mobilisent des organisations de la société civile et autorités locales dans leurs constructions et diffusions.

     
    Unités de recherche IRD impliquées UMMISCO et UMR ISEM
     
    Partenaires :
     
     
    Contact : Alexis Drogoul

Projets en sciences humaines et sociales

  • BufFarm One Health SEA : Exploration des relations entre les animaux d'élevage, les connaissances locales et l'environnement (2020-2023)

    Le projet BufFarm OneHealth Asie du Sud-Est vise à explorer les relations entre les animaux d'élevage et les connaissances locales en lien avec les systèmes de production agricole et l'environnement.

    À l'échelle mondiale, des liens ont été établis sur le rôle de l'expansion de l'élevage, à la fois comme une menace pour la biodiversité et comme un risque croissant pour la santé humaine et animale. Cependant, peu de distinction est généralement effectuée entre les différents systèmes de production, allant des petits exploitants aux fermes industrielles, et entre la diversité et la répartition des espèces sur la planète. Ce dernier aspect étant particulièrement complexe car il dépend à la fois des variations des contextes socio-économiques spécifiques et des valeurs culturelles associées aux animaux dans les différentes cultures. Afin de mieux comprendre les liens complexes entre le mode de production agricole, la biodiversité et la santé animale et humaine, le projet se concentre sur l'élevage extensif de buffles. Basé en Thaïlande, le programme s’étend au Laos et au Vietnam.

    Ancré en anthropologie, le projet a une forte dimension participative. Les connaissances des éleveurs constituent le point de départ de chacune des enquêtes. Une fois documentées, ces connaissances locales seront mises en dialogue avec diverses perspectives scientifiques (anthropologie, botanique et écologie). Cela permettra d'encourager et de promouvoir des pratiques vertueuses d'élevage garantissant la bonne santé des hommes, des animaux et de l'environnement.

    Photographie de trois buffles pris dans un village rural de Thaïlande

    Le cycle saisonnier de l'élevage extensif de buffles implique une perspective multi-échelle au niveau du village et de la forêt :

    Au niveau du village, l'objectif est de s'intéresser aux pratiques quotidiennes de soins apportés aux animaux et à la médecine humaine locale, en réalisant une collecte de plantes in situ avec identification et relevé taxonomique de la faune et de la flore. Les usages et techniques associés, ainsi que l'interprétation du comportement des animaux seront également documentés. Le pluralisme médical incluant la médecine ethno-vétérinaire et la biomédecine vétérinaire contemporaine sera pleinement pris en compte, notamment l'utilisation des antibiotiques. Au niveau villageois, l'impact écologique de la présence des buffles sera également étudié à partir de relevés de bouses et de leur rôle dans la régénération des sols.

    Au niveau de la forêt, le projet visera d'abord à compléter la base de données des plantes consommées par les buffles et cherchera à explorer les pratiques d'automédication. L'idée est de suivre l'animal avec son propriétaire pour observer les spécimens de plantes, les racines, les fleurs, etc. consommés sur place et rechercher les pratiques d'automédication potentielles. Afin d'évaluer les risques environnementaux et sanitaires, une méthodologie innovante de traçage sera développée. Certains buffles seront équipés d'un collier GPS pour suivre leur présence et des images satellites pourront être utilisées à la fois pour mesurer l'interaction avec les animaux sauvages et définir les zones spécifiques où les buffles s'étendent sur la zone de pâturage. Des camera traps seront également positionnées à différents points stratégiques de contact et d'interaction avec les animaux sauvages.

     

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR PALOC (IRD/MNHN)

    Partenaires :

    Financements : IRD, TICA ‘Innovative Animal Health’, FSPI One Health SEA 

     

    Contact : Nicolas Lainé

     

    Publication :

    • Lainé N., Prasongmaneerut T., Janyasuthiwong S., Foyoontpanich K. 2023. Beyond Data Source: Engaging Herders’ Knowledge and Perspectives within the BufFarm Research Process. One Health Cases. 2023.0023 DOI: 10.1079/onehealthcases.2023.0023
  • Global Smog : Recherche sur la pollution de l'air dans les villes des pays du Sud (2022 - 2025)

    Pays du projet : Thaïlande, Inde, Vietnam, Benin, Egypte, Ghana, Kenya, Sénégal

    La pollution atmosphérique est un problème environnemental et sanitaire mondial. Bien qu'elle soit devenue une préoccupation majeure dans les grandes villes du Sud, peu d'entre elles parviennent à lutter efficacement contre cette pollution. Le projet de recherche Global Smog propose de mieux comprendre ce qui cause un tel frein en analysant les perceptions de ce problème de santé publique, les orientations de l'action publique et les obstacles à sa mise en œuvre dans cinq villes africaines et cinq villes asiatiques.

    Ce projet interdisciplinaire est un projet international qui, en Thaïlande, implique Dr. Olivier Évrard, Anthropologiste à l’IRD. Le projet a pour objet d'identifier et d'expliquer les processus techniques, sociaux et politiques qui influencent la gestion de la pollution atmosphérique dans les villes du Sud. L’objectif de cette étude est d’améliorer les connaissances théoriques et pratiques des processus de politiques publiques urbaines à différentes échelles dans les pays en voie de développement.

    En travaillant avec les outils de la sociologie des sciences, de la géographie urbaine, de l'anthropologie politique et de la sociologie de l'élaboration des politiques, le projet explore la construction sociale de la pollution de l'air ambiant en tant que problème à la fois mondial et local, ainsi que la manière dont celle-ci est intégrée dans les représentations socio-techniques de la santé, de l'environnement et de l'économie.

    Unité de recherche IRD impliquée en Thaïlande : UMR PALOC (IRD, MNHN)

    Partenaire :

    En savoir plus sur le projet : https://www.ird.fr/projet-globalsmog-recherche-sur-la-pollution-de-lair-dans-les-villes-des-pays-du-sud

    Site web de Global Smog : https://www.globalsmog.org/

    Financement : Agence Nationale de la Recherche (ANR)

    Contact : Olivier Évrard

  • HAZE : Les dimensions socio-écologiques de la pollution de l’air au Nord de la Thaïlande (2018-2023)

    Le projet Haze est mené par deux chercheurs de l’IRD (Olivier Evrard, UMR PALOC) et de l’Université de Hawai’i at Manoa (Mary Mostafanezhad, Département de Géographie) et a reçu un financement de la National Science Foundation aux Etats Unis pour 3 ans, de 2018 à 2021. Le but de ce projet est d’étudier les aspects sociaux de la pollution de l’air à Chiang Mai au Nord de la Thaïlande.

     

    Durant la saison sèche, entre février et avril, un épais nuage de pollution recouvre Chiang Mai (ainsi qu’une grande partie de l’Asie du Sud et du Sud-Est mais avec des variations de calendrier et d’intensité), provoquant de nombreux problèmes sanitaires (maladies respiratoires) et économiques (baisse de la fréquentation touristique, perturbation du trafic aérien). Contrairement aux aspects physico-chimiques et biophysiques (absence de précipitations en saison sèche, inversion des températures, combustion de biomasse notamment), les facteurs sociaux et économiques à l’origine de ce phénomène n’ont pas (ou peu) été étudiés pour l’instant.

    Dans le cadre d’un projet collaboratif, nous montrons que ce nuage de pollution est aussi une production sociale : usages coutumiers du feu pour la gestion des forêts et des champs, transitions rapides vers l’agriculture de marché, exode rural, résidences secondaires dans les campagnes et développement de l’économie touristique etc.

    Tous ces éléments contribuent à la constitution de savoirs, de récits et de représentations sur l’environnement qui font partie intégrante du problème de la pollution de l’air : ils en questionnent l’ancienneté, la réalité et la mesure ; ils en désignent fréquemment les responsables, avec pour conséquence de renforcer les divisions, réelles ou fantasmées, entre groupes ethniques, entre classes sociales ou entre urbains et ruraux ; enfin, ils sont repris, tout ou partie, par les décideurs locaux et influencent directement les politiques environnementales.

     

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR PALOC (IRD/MNHN)

    Partenaires : Université de Hawai’i at Manoa, Université de Chiang Mai

    Financement : Financement NSF

     

    En savoir plus : Fiche détaillée projet HAZE

    Contacts : Olivier ÉvrardMary Mostafanezhad

     

    Articles publiés :

    • Mostafanezhad M, Evrard, O. 2020. Chronopolitics of crisis: A historical political ecology of seasonal air pollution in northern Thailand. Geoforum. ISSN 0016-7185.   DOI: 10.1016/j.geoforum.2020.05.011.
    • Olivier Evrard et Mary Mostafanezhad, « La pollution de l’air en Thaïlande du Nord : d’un phénomène saisonnier à une crise écologique », Moussons, 34 | 2019, 49-69.   DOI: 10.4000/moussons.5310
Rainforest of Khao Sok National Park in Thailand

© DigiHand

Rainforest of Khao Sok National Park in Thailand

Jeunes équipes associées à l'IRD (JEAI)

Une JEAI permet à un groupe de chercheurs du Sud (au moins trois) de se constituer en équipe, ceci à travers la réalisation d’un projet de recherche et de formation par la recherche. En étroite collaboration avec une unité de recherche IRD, le projet doit servir de catalyseur pour que la JEAI soutenue devienne une équipe solide et reconnue dans son domaine. Ce partenariat vise à faciliter l’insertion de la jeune équipe dans des réseaux scientifiques nationaux et internationaux.

En Thaïlande, une JEAI s'est créée en 2022 : 

  • JEAI BIMOMS - BIodiversity MOdelling at Multiple Scales: from wild ecosystems to regional processes

Modélisation de la biodiversité à plusieurs échelles : des écosystèmes sauvages aux processus régionaux

Le projet JEAI BIMOMS a pour objectif de modéliser les processus écosystémiques depuis les dynamiques écologiques de la biodiversité locale au Parc National de Khao Yai jusqu'aux dynamiques à une échelle régionale (transition forestière et processus socio-économiques).

Cette équipe sera dirigée par Dr. Sissades Tongsima, directeur de la National Biobank of Thailand et soutenue jusque fin 2024.

Unités de Recherche de l’IRD : ISEM et AMAP

Partenaires :

Contact : Emmanuel Paradis
 

Photo Delta

© Curioso

Laboratoires mixtes internationaux (LMI)

Un LMI est un programme de recherche co-construit et codirigé par l’IRD et ses partenaires locaux (universités et instituts de recherche) autour d’une thématique scientifique et d’une plateforme commune. Un projet de LMI a pour vocation de développer et de consolider la recherche multidisciplinaire en devenant à terme (ou en s’intégrant dans) une structure opérationnelle de recherche durable sous la responsabilité du pays partenaire. Il peut être bilatéral ou régional.

En Thaïlande, deux LMI régional sont actuellement actifs :

  • LMI LOTUS: Study center of the land-ocean-atmosphere regional coupled system

    L'objectif scientifique général de LOTUS est de comprendre, surveiller et prévoir le fonctionnement, la variabilité et l’évolution du transport et du devenir de l'eau et des matières associée dans le système couplé atmosphère-continent-océan dans les régions côtières de l'Asie du Sud-Est.

    Les deltas sont des régions clés de ce système : ils se trouvent à l'interface entre le continent et l'océan et sont soumis à un large éventail d'influences naturelles et anthropiques. Il est donc primordial d'identifier et de comprendre les processus qui contrôlent les flux d'eau et de matière dans ces régions et leurs interactions avec les zones océaniques et continentales. Ceci constitue un défi scientifique mais aussi méthodologique : le partage d'outils et de connaissances entre les communautés scientifiques qui se concentrent respectivement sur les régions océaniques et continentales n'en est qu'à ses débuts.

    L'objectif de LOTUS est de se concentrer sur le continuum fleuve - estuaire - zone côtière océan, en abordant trois questions principales :

    • Quels sont les processus physiques et biogéochimiques qui contrôlent le transport et le devenir de l'eau et de la matière à travers le continuum ? Comment interagissent-ils ?
    • Quels facteurs naturels et anthropiques sont impliqués dans les différentes échelles de variabilité de ce transport et de ce devenir ?
    • Comment ces processus et échelles de variabilité peuvent-ils être observés par des observations in situ et par télédétection et représentés par la modélisation ?

    La modélisation couplée à haute résolution de la physique, de la biogéochimie et des sédiments, les observations satellitaires multi-capteurs et les mesures in situ sont utilisées de manière complémentaire pour répondre à ces questions. Suite à l'étude de la région du Fleuve Rouge au Golfe du Tonkin, la zone d'étude du LMI est élargie à d'autres régions comme l'estuaire de la Chao Phraya, en Thaïlande.

     

    Unités de recherche IRD impliquées : 

    • UMR LOG (IRD/CNRS/Université de Lille/Université Littoral Côte d'Opale)
    • UMR MIO (IRD/CNRS/Université Aix-Marseille/Université de Toulon)
    • UMR CESSMA (IRD/INALCO/Université de Paris)
    • UMR PALOC (IRD/MNHN)
    • UMR LAERO (IRD, CNRS, Université Toulouse III)
    • UMR G-EAU (IRD/CIRAD/INRAE/Institut Agro/AgroParisTech)

     

    Autres unités de recherche impliquées:

    • UMR LCA (INP Ensiacet/INRAE)
    • UMR LCE (CNRS/Université Aix-Marseille)
    • UMR LEFE (CNRS/Université Toulouse III/INP ENSAT)
    • UMR LIENSs (CNRS/Université de La Rochelle)

     

    Partenaires du Sud :

    Vietnam

    Thaïlande

    Cambodge

     

    Contact : Marine Herrmann

     

  • LMI PRESTO: Understanding and mitigating zoonotic spillover events in declining biodiversity hot-spots in Southeast Asia

    Comprendre et atténuer les spillovers zoonotiques dans les hot-spot de biodiversité en déclin en Asie du Sud-Est

    Le LMI PRESTO (PRotect-dEtect-STOp) est un programme conjoint de recherche et de formation au niveau régional, porté par l’IRD, des universités et instituts de recherche de la région Sud-Est asiatique.

    Ce LMI est une collaboration multidisciplinaire réunissant des experts et chercheurs de France, du Laos et de Thaïlande partageant l'objectif commun de prévenir et de combattre les maladies infectieuses émergentes dans la région du Grand Mékong.  Il repose sur l’existence de plusieurs partenariats de longue date et la mise en commun des connaissances, expériences et expertise complémentaires en matière de biodiversité, de bioinformatique, d'écologie des maladies, d'épidémiologie, de biologie moléculaire, de santé publique, de sciences sociales et de virologie. Ceci facilitera le développement d'une plateforme d'intervention permettant de reconnaitre précocement et lutter contre les maladies infectieuses d’origine zoonotiques dans cette région, hot-spot reconnu pour les risques d’émergence de maladies.

     

    Les objectifs du LMI PRESTO sont les suivants :

    • Établir une plateforme de recherche durable sur les maladies émergentes à l'interface homme/animal/environnement qui aidera les partenaires régionaux à se développer et à prospérer, tout en diminuant la dépendance à l'égard du soutien financier international.
    • Établir un système d'alerte au niveau local avec une approche ascendante/mixte pour mieux se préparer aux futures épidémies. 
    • Développer une boîte à outils de surveillance durable avec un guide de bonnes pratiques, afin d'améliorer le partage des connaissances et aider à la conception et la mise en œuvre de stratégies et de politiques de conservation de la biodiversité et de santé publique dans la sous-région du Grand Mékong.

     

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR MIVEGEC (IRD/CNRS/Université de Montpellier)

    Institutions académiques du Sud impliquées dans le projet :

    Laos

    Thaïlande

    Autres institutions participant au projet :

    Laos

     

    Contact :

    Sabrina LOCATELLI

    Nicole NGO-GIANG-HUONG

    Woottichai KHAMDUANG

Seasonal air pollution in Chiang Mai

© Adobe

Seasonal air pollution in Chiang Mai

International Research Networks - South (IRN)

Un IRN est un réseau de laboratoires français et étrangers constitué entre plusieurs pays, dont au moins un pays en développement, autour d’une thématique stratégique pour la recherche sur et pour le développement durable dans une zone intertropicale. Un IRN est doté d’un comité de coordination scientifique.

Des scientifiques partenaires thaïlandais participent actuellement à quatre IRN :

  • IRN COMPACSOL : Identifying and alleviating soil physical degradations to optimize sustainable food production

    Identifier et atténuer les dégradations physiques du sol pour optimiser la production alimentaire durable

    Le sol est un écosystème indispensable à la vie terrestre et humaine puisqu’il permet directement ou indirectement la production de 98 % de nos aliments. Les sols contiennent non seulement les minéraux indispensables à la vie des plantes, mais ils stockent aussi 80 % de l’eau des pluies, grâce à une infinité de pores millimétriques et micrométriques. Ce stockage d’eau permet d’alimenter les plantes (cultivées et naturelles) et il aussi de limiter les risques d’inondations (en ralentissant les flux d’eau qui s’écoulent vers les rivières).

    Mais au cours dernières décennies les techniques modernes de mise en valeurs agricoles (culture mécanisée, intrants chimiques) ont provoqué une dégradation généralisée des sols. Un récent rapport de la FAO sur l’état des sols a été sous-titré : « des systèmes au bord de la rupture ». La compaction des sols à des conséquences importantes sur la production agricole mais elle est quasi-invisible. Il s’agit, en effet, d’une diminution du volume des pores qui se déroule à des millimétriques à micrométrique qui nécessite un appareillage de laboratoire pour être mis en évidence, mais qui réduit considérablement la capacité du sol à stocker l’eau (même en cas d’irrigation) et qui aboutit à une réduction de la production agricole.

    Dans ce contexte, l’IRD et ses partenaires de la région lancent en 2022 le IRN COMPACSOL afin d’organiser un réseau de laboratoires et d’équipes de recherche qui travaillent sur la compaction des sols. Un premier objectif sera de mettre en place des procédures standardisées afin d’obtenir des résultats analytiques de qualité et fiables permettant de faire un état des lieux à l’échelle du bassin du Mékong et de mesurer au cours des 4 prochaines années l’évolution (extension géographique et intensité) de la compaction des sols. Le second objectif sera d’associer les agriculteurs à la mise au point de techniques culturales de prévention et de réhabilitation des sols par une démarche participative qui permette de profiter au mieux des savoir locaux et en même temps de diffuser des connaissances scientifiques validées sur les sols et la gestion de l’eau.

     

    Partenaires :

    Institut d'écologie et de sciences de l'environnement de Paris (IRD - UMR IEES), France

    Institut de Technologie du Cambodge (ITC), Cambodge

    Department of Agricultural Land Management (DALaM), Laos

    Faculty of Agriculture, Khon Kaen University (KKU), Thaïlande

    Soil and Fertilizers Research Institute (SFRI), Vietnam

    Équipe « Échanges Eau/Sol/Plantes » - Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique

    ONG ECLOSIO – Université de Liège, Belgique & Cambodge

  • IRN Sentinel-VIPs : Sentinel Vulnerable Indigenous Peoples
    Afin de s'engager sur la voie de la science de la durabilité, l'IRD met en place un groupe d'experts pour réfléchir à la conception de nouveaux cadres et plateformes de recherche fédérateurs qui rassemblent des experts de différentes disciplines scientifiques, comme moyen de créer des connaissances collectives, en étroite collaboration avec les décideurs politiques et la société civile. Une catégorie d'acteurs particulièrement marquante dans ce processus de co-construction est celle des peuples autochtones des régions intertropicales, dont l'intégrité est mise à mal par les profonds changements qui affectent leurs écosystèmes.

     

    Les peuples autochtones ont une connaissance approfondie de leurs écosystèmes et, en tant que véritables sentinelles, sont en première ligne pour observer et signaler les moindres modifications affectant les paysages qu'ils fréquentent quotidiennement et qu'ils ont contribué à façonner au fil des générations. Sentinel VIPs est envisagé comme une task force d'experts issus de la sphère de l'enseignement supérieur et de la recherche français et d'organismes de recherche et d'enseignement supérieur partenaires de la zone Indo-Pacifique. La vocation de ce groupe de travail est d'étudier de nouvelles façons de s'engager dans la science de la durabilité en accordant les sciences académiques et les sciences des peuples autochtones à travers la co-construction de la recherche. La devise de Sentinel VIPs est de faire des détenteurs de savoirs autochtones des partenaires de recherche pertinents.

    Ce groupe de travail, mis en place en 2021, réfléchira aux limites et aux contraintes soulevées par la co-construction de la recherche fédérant des experts aussi contrastés. L'objectif premier des VIP Sentinelles n'est donc pas de réaliser la co-construction de la recherche elle-même, mais de faire avancer la réflexion théorique sur cette approche de co-construction, de conseiller les actions de recherche engagées dans cette voie, et d'accroître la visibilité internationale de l'IRD sur cette composante essentielle de la science de la durabilité, en associant étroitement d'autres partenaires académiques (de la sphère française de l'ESR et de la région intertropicale) à cette réflexion collective. Les cibles principales (mais non exclusives) de cette aide sont certaines structures opérationnelles de l'IRD telles que les Jeunes équipes associées à l'IRD (JEAI) et Laboratoires mixtes internationaux (LMI) déployées dans toute la région Indo-Pacifique, mais aussi le Global Hub sur les systèmes alimentaires autochtones soutenu par la FAO et dont l'IRD est l'un des membres fondateurs.

    Sur la base des Objectifs de développement durable (ODD) établis en 2015 par les Nations unies, il est possible d'inventer un nouveau cadre de recherche qui réunirait des experts de différentes disciplines scientifiques et créerait un savoir collectif. Pour répondre à la question de l'évolution future de notre planète, il est urgent de renforcer la co-construction de nos systèmes de connaissance en intégrant mieux toutes les expertises scientifiques, en étroite collaboration avec les décideurs politiques et la société civile.

    Sentinel VIPs a pour objectif d'étudier de nouvelles façons de s'engager dans la science de la durabilité en harmonisant la science académique et les sciences des peuples autochtones par le biais de la co-construction de la recherche. Le principe fondamental de Sentinel VIPs est de considérer les détenteurs de savoirs autochtones comme des partenaires de recherche.

    Les VIP Sentinelles exploreront notamment les meilleurs moyens de co-créer des recherches avec des experts autochtones sur les ressources biophysiques-clés culturelles qui sont très appréciées par leurs communautés et dont on sait qu'elles révèlent les transformations en cours qui affectent leurs écosystèmes. Les ressources-clés culturelles contribuent au développement d'une perspective plus holistique des écosystèmes et nous offrent un moyen supplémentaire de souligner l'importance des espèces et des habitats pour certains peuples. Lorsque ces ressources sont reconnues comme des bio-indicateurs, elles constituent un terrain fertile pour une collaboration plus étroite entre les experts universitaires et locaux, car ils considèrent exactement le même objet, mais à travers des prismes culturels distincts.

     

    Unité de recherche IRD impliquée :

    • UMR CEFE (IRD, CNRS, EPHE, Université de Montpellier, Institut Agro / Montpellier SupAgro, INRAE et Université Paul Valéry)
    • UMR PALOC (IRD, MNHN)

    Partenaire local :

    Financement : outil IRD (IRN)

    Contact : Edmond Dounias

  • IRN SOOT-SEA : Impact of Black Carbon in South East Asia

    Le carbone-suie (ou black carbon, BC) est un aérosol carboné particulaire émis dans l’atmosphère lors de la combustion incomplète de carburants fossiles, de biocarburants, de biomasse et de déchets.

    Le BC et les aérosols émis conjointement constituent la majorité de la pollution atmosphérique aux particules fines (PM2.5), et représentent la principale cause environnementale de mauvaise santé et de décès prématuré à l’échelle mondiale, faisant de ce risque sanitaire la première cause de maladies non transmissibles.

    Le BC contribue au changement climatique en exerçant un forçage radiatif positif (réchauffement) de l'atmosphère, en influençant la formation/les propriétés des nuages et le régime des précipitations, et en réduisant l'albédo de la cryosphère lorsqu'il est déposée sur la glace et la neige, augmentant ainsi leur taux de fonte.

    Avec un temps de résidence dans l'atmosphère relativement court (<15 jours), le BC finit par se déposer à la surface des terres et des océans. En plus du dépôt direct à la surface de l'océan, de grandes quantités de BC déposées sur la terre sont lessivées par les précipitations et transportées par les fleuves vers l'océan.

    Enfin, la pollution de l'air par les particules fines (PM2.5) est aujourd’hui une source de mécontentement social dans de nombreux pays, obligeant les gouvernements à rechercher des solutions. Cependant, la prise de conscience est inégale et les représentations de la pollution, de ses causes, de ses impacts et des solutions possibles varient fortement d'un pays à l'autre. Comprendre comment la pollution de l'air devient une préoccupation publique et quels sont les récits qui circulent entre la société civile et les autorités sur cette question est crucial pour assurer la diffusion des connaissances scientifiques et leur traduction en politiques durables.

     

    Schema cycle BC

     

    L'Asie du Sud-Est (SEA) est l'un des principaux points chauds de BC anthropique en termes d'émission, de concentration et de dépôt. Ainsi, cette région cristallise toutes les problématiques liées au BC, aux interfaces climat-santé-écosystèmes-sociétés. Cependant, il existe actuellement de grandes incertitudes concernant les concentrations, les flux, la réactivité et les impacts du BC (qui concernent plus généralement la pollution de l'air par les particules fines) dans l'atmosphère, les rivières et les eaux marines.

    Dans ce contexte, l'objectif de l'IRN SOOT-SEA est de stimuler les activités de recherche, d'innovation, d'observation et de renforcement des capacités liées aux impacts du BC sur le climat, la santé, les écosystèmes et les sociétés. Les principaux objectifs de SOOT-SEA sont de :

    • Promouvoir et de structurer le développement de la recherche sur le BC, tant dans ses dimensions atmosphériques que marines
    • Mettre en place un réseau régional de surveillance des concentrations et des caractéristiques des polluants, dont le BC, dans les compartiments atmosphériques, fluviaux et marin afin de mieux évaluer les sources, les flux et les stocks de BC en Asie du Sud-Est
    • Informer le public et de fournir des connaissances scientifiques aux décideurs concernant cette problématique complexe mêlant les enjeux sanitaires, climatiques, écosystémiques et sociétaux

     

    Partenaires:

    Institut Méditerranéen d'Océanologie, France

    Institut des Géosciences de l’Environnement, France

    Laboratoire d'Aérologie, France

    Laboratoire d'Etudes en Géophysique et Océanographie Spatiales, France

    Patrimoines locaux, environnement et globalisation, France

    University of Science and Technology of Hanoi, Vietnam

    Institute of Marine Environment and Resources, Vietnam

    Institute of Natural Product Chemistry, Vietnam

    Faculty of Information Technology, University of Engineering and Technology, Vietnam National University HanoiVietnam

    Department of Environmental Engineering, University of Science, Vietnam National University Ho Chi Minh City,​​​​​ Vietnam

    Ho Chi Minh City University of Technology, Vietnam National University Ho Chi Minh CityVietnam

    Department of Marine Sciences, Chulalongkorn University, Thailand

    School of Environment Resources and Development, Asian Institute of Technology, Thailand

    Environmental Science Research Center, Chiang Mai University, Thailand

    Regional Center for Social Sciences and Sustainable Development (RCSD), Chiang Mai University, Thailand

  • IRN WIN : Worldwide Insecticide resistance Network

    Initié en mars 2016, le réseau WIN s’est constitué sous l’impulsion de l’IRD et du CNRS. Il s’agit du premier réseau international de surveillance de la résistance des moustiques vecteurs d’arboviroses aux insecticides.

    L’objectif principal est de suivre et combattre la résistance des moustiques vecteurs d’arboviroses aux insecticides.

    Les objectifs spécifiques sont :

    • Établir un système de surveillance mondiale de la résistance chez les moustiques vecteurs d’arboviroses
    • Identifier les lacunes et les priorités de recherche en matière de lutte anti-vectorielle et de gestion de la résistance
    • Guider l’OMS et les organismes de santé publique dans la prise de décisions en matière de gestion de la résistance et de lutte contre les moustiques

    WIN a pour mission de soutenir la recherche en mobilisant des fonds dédiés à des projets de recherche menés conjointement par des instituts membres du réseau.

    Les thématiques prioritaires sont la caractérisation des mécanismes génétiques de la résistance, le développement de tests de diagnostic et de modèles prédictifs de dispersion des moustiques et de leurs résistances, l’étude de l’impact opérationnel de la résistance. Le réseau a aussi pour vocation de promouvoir des stratégies de lutte innovantes pour éliminer les moustiques résistants et de rassembler la communauté scientifique en organisant, tous les deux ans, une conférence internationale sur la résistance et les stratégies de contrôle des vecteurs d’arboviroses. Enfin, le réseau vise à organiser et animer des ateliers de formations à destination des acteurs de santé publique, en vue de renforcer les capacités en entomologie médicale.

    Le réseau a constitué une base de données de référence mondiale permettant à chaque pays de connaître la situation de la résistance au niveau local, et ainsi de guider les stratégies à mettre en œuvre pour faire face aux moustiques résistants.

     

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR MIVEGEC (IRD, CNRS, Université Montpellier)

    Partenaire local : Katsetsart University

    Financement : outil IRD (IRN)

    Contact : Vincent Corbel

Health Research

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Projets de recherche passés

  • INGENIOUS : Techniques innovantes de détection des arbovirus émergents en Asie du Sud Est (2020-2022)

    Située au cœur de l'Asie du Sud-Est, la Thaïlande est largement couverte de forêts et de zones rurales entrecoupées de zones urbanisées. Ce pays offre donc une diversité géographique approprié pour l’étude et l’évaluation des facteurs impliqués dans l'émergence et la circulation des virus transmis par les moustiques (MBV). Le virus de la dengue (DENV) et le virus de l'encéphalite japonaise (JEV) circulent activement dans le pays depuis des décennies mais d’autres arbovirus sont également présents, comme le virus Tembusu (TMUV) qui a récemment été décrit comme un virus zoonotique potentiel émergent.

     

    Mise en place  d’un piège pour la capture des moustiques et la collecte de leurs excretas, le long d’un bâtiment d’élevage, en collaboration avec le Dr. Vargas de l'Université de Mahidol © Rodolphe Hamel
    Mise en place  d’un piège pour la capture des moustiques et la collecte de leurs excretas, le long d’un bâtiment d’élevage, en collaboration avec le Dr. Vargas de l'Université de Mahidol © Rodolphe Hamel

     

    Ce projet de recherche exploratoire qui est mené en étroite collaboration avec des chercheurs thaïlandais vise à étudier la présence d'éventuels MBV émergents associés à la faune aviaire, dans les élevages de volailles domestiques des zones rurales et urbaines. Associée au dépistage d'échantillons d'animaux, nous utiliserons une stratégie innovante, appelée xénomonitoring moléculaire, basée sur la détection du virus dans les fèces de moustiques à l'aide de techniques moléculaires.

     

    Élevage de canard dans la périphérie de Bangkok, province de Nakhon Pathom © Rodolphe Hamel
    Élevage de canard dans la périphérie de Bangkok, province de Nakhon Pathom © Rodolphe Hamel

     

    Ce projet apportera de nouvelles perspectives sur l'écologie des MBV associés aux oiseaux en Asie et permettra d’identifier les facteurs responsables de la propagation de ces virus dans la population humaine. Nous espérons que les résultats obtenus au cours de ce projet fourniront de nouvelles informations sur l'impact de la biodiversité et des activités humaines sur les virus transmis par les moustiques en Thaïlande et compléteront les données écologiques obtenues dans le cadre du programme ANR "Future Health SEA" dirigé par le Dr Serge Morand.

     

    Unités de recherche IRD impliquées : UMR MIVEGEC (IRD/CNRS/Université de Montpellier), UMR ISEM (IRD/CNRS/CIRAD/Université de Montpellier/Université Paris SL/INRAP)

    Partenaires : 

    • Dr. Jiraporn Jaroenpool, Département de Technologies Médicales, Université de Walaïlak
    • Dr. Ronald Vargas, Département d’Entomologie Médicale, Faculté de Médecine Tropicale, Université de Mahidol
    • Dr. Albin Fontaine, Unité de Parasitologie et Entomologie (UPE), Institut de Recherche Biomédicale des Armées (IRBA)

    Financement : Labex CEMEB (Université de Montpellier)


    En savoir plusFiche détaillée du projet

    Contact : Rodolphe Hamel

  • NAPNEUNG : optimisation du dépistage du VIH (2015-2019), première phase - (2019-2022), seconde phase

    Le nombre de personnes infectées par le VIH connaissant leur statut VIH et de celles non infectées mais à haut risque d'infection utilisant des méthodes de prévention adaptées reste très insuffisant pour mettre fin à l'épidémie. Des interventions efficaces existent et sont d'un prix abordable. Le recours insuffisant aux services de dépistage et de prévention est donc un problème majeur. Napneung est un programme de recherche interventionnelle, développé grâce à la collaboration entre l’Université de Chiang Mai et l’IRD. Il vise à évaluer des stratégies d'optimisation de l'utilisation de ces services.

    Lors la première phase de Napneung, des méthodes de sensibilisation ciblant les personnes à risque ont été développées (médias sociaux, interventions sur le terrain). Plus de 7 000 sessions de dépistage ont été réalisées. Des stratégies de rétention dans les services de dépistage et de prévention des personnes à haut risque d'infection VIH ont également été évaluées avec les méthodes de la recherche clinique de type essai randomisé contrôlé. Cela a montré que le conseil assisté par ordinateur est bien accepté et réduit le temps consacré au conseil sans diminuer la proportion d'utilisateurs se présentant ensuite pour un nouveau dépistage, ni la valeur éducative du conseil, ni le risque de comportements sexuels à risque. De plus, des interventions aussi simples, faciles à mettre en œuvre et abordables que la prise de rendez-vous et l'envoi d'un rappel une semaine à l’avance permettent d’augmenter considérablement le suivi des personnes à haut risque d'infection.

    La deuxième phase (en cours) vise à étudier les conditions de mise en œuvre et d'intégration de l'accès généralisé à des services de prévention et de dépistage du VIH de qualité dans le système de santé existant dans des villes de taille moyenne en Thaïlande. Dans ce cadre sont évalués l’utilisation d’autotests sous supervision, un programme de conseil assisté par ordinateur et un système de prise de rendez-vous en ligne. Tous les usagers sont aussi testés pour la syphilis et les hépatites virales B et C, et pour ceux à risque pour d'autres infections sexuellement transmissibles. Des sous-études sont consacrées à ces trois infections.

     

    Unité de recherche IRD impliquée : UMR MIVEGEC (IRD/CNRS/Université de Montpellier)

    Partenaires : Université de Chiang Mai, Université de Phayao, Ministère de la Santé Publique en Thaïlande, hôpitaux publics dans les provinces de Chiang Mai, Chiang Rai, Phayao et Lampang, associations de support aux personnes affectées par le VIH ou les hépatites virales.

    Financement :

    • Première phase : Initiative 5 %, Expertise France (14SANIN204). Montant : 632,705.09 €.
    • Seconde phase : Initiative 5 %, Expertise France (18SANIN210). Montant : 1,384,938.03 €.

    Contacts : Nicole Ngo-Giang-Huong

    Liens : 
    Site web Napneung
    Facebook Napneung
    ClinicalTrials.gov : Première phase, Seconde phase

     

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