François Ngouoh, partenaire de l’IRD depuis de longues années vient de soutenir sa thèse de Doctorat/Ph. D sur le thème  « Archéologie des implantations humaines dans le bassin de la Lokoundje durant l'Holocene » à l’Université de Yaoundé I sous la direction du Pr Elouga.

Après avoir collaboré avec Alain Froment et Richard Oslisly, François Ngouoh a obtenu une bourse de Master pour parfaire sa formation à l’Université Senghor d’Alexandrie en Egypte. De retour au Cameroun en 2012 il a participé à des recherches avec Geoffroy de Saulieu (archéologue IRD, UMR Paloc) et a dirigé ses propres fouilles dans les arrondissements de Kribi2, de Lolodorf et de Bipindi (recherche et fouilles des anciens villages des chasseurs-cueilleurs Kola et Gyèli, fouilles-sondages des abris sous roche et grottes, sauvetage des vestiges archéologiques) complétant ainsi le corpus qui  allait constituer sa thèse de Doctorat/Ph. D.
Cette dernière est centrée sur le bassin du fleuve Lokoundje, d'une Superficie de 5200 km² et d'une longueur de 216 km, localisé dans le littoral atlantique camerounais et touchant également l’intérieur des terres. Ce fleuve traverse une région qui associe plaine côtière et zone de collines. La population humaine est une véritable mosaïque de cultivateurs et de chasseurs-cueilleurs.
Si le littoral camerounais orienté Nord-Sud commence à être un peu mieux connu depuis les travaux d’archéologie préventive coordonnées par l’IRD depuis les années 2000, l’idée était ici de leur donner une profondeur géographique, dans le sens Est-Ouest.
La collecte des données s'est effectuée au cours des opérations de sauvetage du patrimoine archéologique lors de la construction de la centrale à gaz de Mpolongwé (région de Kribi) et pendant les missions de sondages et de fouilles des grottes et abris sous roche dans les arrondissements de Bipindi et de Lolodorf. La documentation obtenue comprend 6500 témoins en pierre (grattoirs, racloirs, ébauche de joie et herminette), 7900 restes de récipients en terre cuite, une quarantaine de restes d'activité paléo métallurgiques et près de 12 kg de tessons de verre d’époque coloniale.
Les analyses radiométriques réalisées sur les charbons de bois ont permis d'obtenir une vingtaine dates au C14 : elles s'étalent sur plus de 10 000 ans. Ces informations confirment l'hypothèse d'une forte anthropisation du paysage depuis le début de l’Holocène, et montre la richesse et les racines profondes du patrimoine camerounais.