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																											<title>Actualités / Toute l'actualité / IRD - Institut de recherche pour le développement (IRD)</title>
	<link>http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/(view_mode)/rss</link>
    <language>fr</language>
			<description>Retrouvez ici les actualités de l'Institut de Recherche pour le Développement.</description>
							

					<item>
				<title>Ces forêts qui érodent</title>
				<link>http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/actualites-generales/ces-forets-qui-erodent</link>
                <pubDate>Wed, 12 Jul 2017 00:00:00 +0200</pubDate>
				<description>Les exploitations de teck envahissent le nord du Laos depuis une vingtaine d’années. Face à une pression foncière accrue, ces plantations offriraient aux agriculteurs des moyens de subsistance plus pérennes. Mais ces forêts, en condensant dans un espace restreint des arbres en monoculture,&amp;nbsp; génèrent d’importants problèmes d’érosion

1. «&amp;nbsp;Au Laos, nous étudions un bassin versant depuis 1998 où les exploitations de teck se multiplient, explique le pédologue Christian Valentin. Les plantations représentaient 4&amp;nbsp;% du bassin avant 2007. Elles sont passées à 36&amp;nbsp;% en 2014 et devraient atteindre les 75&amp;nbsp;% en 2020&amp;nbsp;! ».Ce développement s’est accompagné d’un abandon des cultures annuelles de riz pluvial (cultivé sur pente, contrairement au riz inondé).&amp;nbsp;Les agriculteurs reproduisent les pratiques traditionnelles sur ces nouvelles exploitations. «&amp;nbsp;Les paysans brûlent traditionnellement le recru de végétation après plusieurs années de jachère, précise l’hydrologue Olivier Ribolzi. Ils procèdent de la même manière avec le sous-bois dans les plantations de teck au bout de trois à quatre années de culture. Leur objectif est d’éliminer les plantes qui pourraient être concurrentes des arbres. Ce brûlis met le sol &amp;nbsp;à nu. Il en résulte une très forte érosion et un important ruissellement.&amp;nbsp;» La structure du sol détruite, la surface&amp;nbsp; s’encroûte et devient imperméable. L’infiltration étant moins importante, les stocks d’eau souterraine se reconstituent plus difficilement et le ruissellement à la surface du sol s’accroît. Le risque de crue rapide et d’inondations s’en trouve exacerbé. &amp;nbsp;


	
    
            
                            
                   

        	    

    		            		        
            
            
            
            
    

    	        
                                    &amp;copy; 
IRD / C. Valentin                 
					
				
Champ de riz pluvial dans le bassin de Houay Pano, au Laos			
		
                                
                    Indigo 
53170                 
                &amp;nbsp;
                        
	
Les impacts négatifs de ce type de plantation sont d’autant plus importants que les arbres, hauts de 15 à 20 mètres, ne protègent pas le sol. Ainsi, les gouttes de pluie qui se concentrent sur leurs feuilles ont une énergie cinétique 50&amp;nbsp;% plus importante que les gouttes non interceptées par le feuillage. Lorsqu’elles impactent le sol, elles agissent comme de petites bombes, détachant les particules du sol&amp;nbsp; qui se trouvent entraînées par le ruissellement. &amp;nbsp;« En transportant ces particules vers les rivières, le ruissellement augmente la teneur de bactéries pathogènes dans les cours d’eau et favorise leur contact avec les populations, relève Christian Valentin.&amp;nbsp;Les plantations de teck sont souvent pointées du doigt comme étant à l’origine de ces problèmes mais au-delà de cette essence elle-même, c’est surtout une mauvaise gestion des exploitations qui est en cause. » Cette problématique se retrouve en effet dans d’autres pays du Sud-Est asiatique avec des plantations d’hévéas ou d’eucalyptus.Comment parvenir dans ce cas à une gestion plus durable ? Les chercheurs préconisent en premier lieu d’arrêter de brûler le sous-couvert forestier. Ce dernier pourrait être renforcé en associant certaines cultures comme l’herbe à balais, la patate douce, le gingembre ou la cardamone. «&amp;nbsp;Ces plantations permettent de maintenir un sous-couvert et d’apporter des revenus supplémentaires aux agriculteurs, souligne Olivier Ribolzi. Il faudra aussi les convaincre d’éclaircir leurs exploitations au fur et à mesure afin que celles-ci soient moins denses. L’enjeu est que ces pratiques soient rentables pour qu’elles soient acceptées. Nous travaillons en ce sens avec nos partenaires scientifiques locaux.&amp;nbsp;»Note 

1. Olivier Ribolzi, Olivier Evrard, Sylvain Huon, Anneke de Rouw, Norbert Silvera, Keo Oudone Latsachack, Bounsamai Soulileuth, Irène Lefèvre, Alain Pierret, Guillaume Lacombe, Oloth Sengtaheuanghoung et Christian Valentin, 

From shifting cultivation to teak plantation: effect on overland flow and sediment yield in a montane tropical catchment, Scientific Reports, 2017.</description>
			</item>
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				<title>Parution de l'ouvrage "L'énigme et le paradoxe. Economie politique de Madagascar"</title>
				<link>http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/communiques-et-dossiers-de-presse/cp-2017/parution-de-l-ouvrage-l-enigme-et-le-paradoxe.-economie-politique-de-madagascar</link>
                <pubDate>Thu, 06 Jul 2017 00:00:00 +0200</pubDate>
				<description>Les éditions IRD et AFD vous présentent l'ouvrage &amp;quot;L'énigme et le paradoxe. Economie politique de Madagascar&amp;quot;, un ouvrage&amp;nbsp;à la fois documenté et accessible, pour mieux comprendre Madagascar et pour appréhender les différentes dimensions du développement au Sud.
La situation économique de Madagascar est singulière à plus d’un titre. D'une part, le niveau de vie des Malgaches ne cesse de régresser depuis l’indépendance en 1960, un cas unique pour un pays qui n’a pas connu de conflits majeurs ; d’autre part, à chaque fois que le pays s'est engagé sur la voie de la croissance, celle-ci a été brutalement interrompue par une crise socio-politique, mettant à bas les espoirs qu'elle avait suscités. Pour éclairer ce contexte spécifique, les auteurs décryptent l’« énigme » et le « paradoxe » malgaches en procédant à une lecture d'économie politique dans le temps long et en s’appuyant sur des données statistiques de première main.La trajectoire du pays est analysée à l’aune des théories du développement. L’identification des rentes et des stratégies d’acteurs, le rôle de la violence, le fonctionnement des institutions, la sociologie des élites malgaches ainsi que le rapport entre les citoyens et le pouvoir sont également parmi les grands thèmes traités dans cette analyse.En dépit de sa spécificité, Madagascar est emblématique d'une situation commune à de nombreux pays du Nord comme du Sud. La fragilité des coalitions entre élites y nourrit une instabilité systémique d'autant plus grande qu'elle vient se greffer sur un mécontentement populaire préexistant et récurrent, suscité par des distorsions fortes entre améliorations au quotidien et aspirations au développement.Cet ouvrage sera présenté lors de &amp;quot;

Zama&amp;quot;, plus grand rassemblement de la diaspora malgache organisé à Lille du 7 au 9 juillet 2017.Sommaire

Chapitre 1 :&amp;nbsp;La trajectoire malgache à l'aune des théories du développement&amp;nbsp;
Chapitre 2 : Repères pour une économie politique de la trajectoire malgache
Chapitre 3 : Les qualités structurelles
Chapitre 4 : Les facteurs de blocage
Chapitre 5 : Les élites à Madagascar : un essai de sociographie


Les auteurs

Mireille Razafindrakoto
 est économiste et statisticienne, directrice de recherche à l'IRD et membre de l'UMR Dial. Madagascar est l’un des champs privilégiés de ses recherches qui portent sur les liens entre le marché du travail et les multiples dimensions de la pauvreté, ainsi que sur le rôle des institutions et la gouvernance.
François Roubaud
 est économiste et statisticien, directeur de recherche à l’IRD et membre de l’UMR Dial, dont il a été le directeur entre 2000 et 2003. Spécialiste de Madagascar, il étudie plus particulièrement le marché du travail et l’économie informelle, la gouvernance, les institutions et l’économie politique du développement.
Jean-Michel Wachsberger
 est agrégé de sciences sociales et maître de conférences en sociologie à l’université de Lille-3. Il est chercheur au Ceries et chercheur associé à l'UMR Dial. Engagé depuis 2003 sur des recherches à Madagascar, il travaille sur les effets de quartier, les dimensions de l’intégration sociale, la participation citoyenne et la sociologie des élites.</description>
			</item>
					<item>
				<title>La fondation Bill et Melinda Gates soutient un projet de lutte contre le paludisme transfrontalier entre la Guyane française et le Brésil</title>
				<link>http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/communiques-et-dossiers-de-presse/cp-2017/la-fondation-bill-et-melinda-gates-soutient-un-projet-de-lutte-contre-le-paludisme-transfrontalier-entre-la-guyane-francaise-et-le-bresil</link>
                <pubDate>Mon, 03 Jul 2017 00:00:00 +0200</pubDate>
				<description>L’élimination du paludisme constitue un des Objectifs de développement durable (ODD). Même si la maladie a vu ses taux d’incidence et de mortalité significativement diminuer depuis 2000, le paludisme était encore responsable de 214 millions de cas et de 438 000 décès en 2015, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).&amp;nbsp;Atteindre l’élimination du paludisme requiert le maintien d’efforts coordonnés au niveau mondial (&amp;quot;global war&amp;quot;) mais également une lutte ciblée (&amp;quot;local guerillas&amp;quot;) dans des contextes locaux favorisant le maintien de la transmission. En particulier, le &amp;quot;paludisme transfrontalier&amp;quot; est considéré comme un obstacle majeur à l’élimination de la maladie. 
Les frontières internationales séparent le plus souvent des réalités très différentes des points de vue socio-économique, environnemental, culturel et de gestion territoriale.&amp;nbsp;L’absence de visions objectives et unifiées des situations épidémiologiques du paludisme dans les zones transfrontalières, du fait d’un manque de partage et d’une non comparabilité immédiate des données, des informations et des connaissances de part et d’autre des frontières, participe à la difficulté de définir des stratégies de prévention et de lutte efficaces, ainsi qu’au renvoi de responsabilité d’un pays à l’autre.La zone transfrontalière guyano-brésilienne sous surveillanceLa zone transfrontalière guyano-brésilienne est un exemple typique : ces dernières années, le nombre de cas de paludisme a fortement diminué dans les deux pays pour atteindre, en 2016, moins de 500 cas en Guyane française et moins de 11 500 cas dans l’état brésilien d’Amapá, frontalier avec la Guyane. La Guyane française s’est en effet doté d’une plan de pré-élimination du paludisme à l’horizon 2018 et le brésil s’est engagé dans un plan d’élimination d’ici 2030, en accord avec les ODD.Toutefois, il subsiste une circulation importante de plusieurs espèces de parasites (du genre plasmodium
) dans la zone transfrontalière entre les deux pays, au sein des populations autochtones vulnérables et de populations mobiles difficiles à atteindre et à suivre (orpailleurs en particulier). De plus, les méthodes de diagnostic, de traitement et de suivi des patients diffèrent d’un pays à l’autre. Enfin, la coopération transfrontalière, le partage de données, d’informations et de connaissances sont, à ce jour, insuffisants.Projet &amp;quot;Fighting Malaria : From Global War to Local Guerrillas at International Borders&amp;quot;C’est dans ce contexte que la Fondation Bill et Melinda Gates vient d’annoncer son soutien au projet &amp;quot;Fighting Malaria : From Global War to Local Guerrillas at International Borders&amp;quot;, dans le cadre de l'appel à projets &amp;quot;Grand challenges explorations Round 18&amp;quot;.Ce projet est porté par Emmanuel Roux et Jean-Christophe Desconnets, chercheurs à l’IRD (UMR ESPACE-DEV), en collaboration avec l’Institut de communication et d’information scientifique et technologique en santé (ICICT) de la fondation Oswaldo Cruz (Brésil), le Laboratoire central de santé publique d’Amapa (LACEN-AP) et le service des Centres délocalisés de prévention et de soin (CDPS) du Centre hospitalier Andrée Rosemon (CHAR) de Cayenne (Guyane française).Il a pour objectif de&amp;nbsp;développer et de mettre en œuvre de façon opérationnelle l’harmonisation et la publication des informations relatives aux cas de paludisme recensés par les systèmes de surveillance de Guyane française et du Brésil.
La construction d’une base de données harmonisées transfrontalière repose sur&amp;nbsp;:

l’expertise du partenariat (épidémiologie, parasitologie, systèmes de surveillance) pour définir les règles d’intégration et d’harmonisation
la technologie informatique ETL (pour Extract, Transform and Load) pour la mise en œuvre de ces règles de façon automatique et régulière
l’utilisation de standards de méta-données et d’ontologies de domaine afin de formaliser la connaissance et de faciliter la reproductibilité de l’approche dans d’autres contextes transfrontaliers. En particulier, l’approche sera adaptée et appliquée à la tri-frontière Colombie-Pérou-Brésil.


Ce projet s’inscrit dans un objectif plus ambitieux de l’UMR ESPACE-DEV et de ses partenaires&amp;nbsp;: la construction d’observatoires transfrontaliers des maladies vectorielles
, qui consiste à développer et à mettre en œuvre les méthodologies, le partenariat et les outils permettant de recueillir, représenter, analyser et modéliser conjointement des données, informations et connaissances transfrontalières comparables, pluridisciplinaires, spatialisées, qualifiées, et ce sur le long terme.Plusieurs programmes de recherche et de renforcement des capacités co-portés par l’UMR ESPACE-DEV contribuent à ces travaux&amp;nbsp;:

projets TéléPal, APUREZA et Sentinel2-Malaria financés par le programme TOSCA/CNES
projet 

GAPAM-Sentinela financé par le programme Guyamazon
Jeune équipe associée à l’IRD 

GITES</description>
			</item>
					<item>
				<title>Interview : "Insécurités, sociétés et élevage dans le bassin du lac Tchad"</title>
				<link>http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/actualites-generales/interview-insecurites-societes-et-elevage-dans-le-bassin-du-lac-tchad</link>
                <pubDate>Mon, 03 Jul 2017 00:00:00 +0200</pubDate>
				<description>Le réseau international Méga-Tchad, de recherche sur l’histoire et l’évolution des sociétés dans le bassin du lac Tchad, tenait récemment son colloque biennal à Nice 

(1). Les travaux de cette 17ème édition étaient consacrés aux &amp;quot;insécurités&amp;quot;, notamment à Boko Haram et aux conflits en Centrafrique. Le géographe Emmanuel Chauvin, co-organisateur de la rencontre scientifique, et l’historien du pastoralisme Dangbet Zakinet, membre de ce réseau transdisciplinaire, reviennent sur cet événement.
&amp;nbsp;&amp;nbsp;Entretien avec Emmanuel Chauvin et Dangbet Zakinet
Comment la recherche peut-elle contribuer à éclairer les programmes de développement, en particulier dans le contexte des insécurités que connait la région du lac Tchad ?
Emmanuel Chauvin&amp;nbsp;:
 Les recherches en sciences sociales permettent d’améliorer la compréhension des situations d’insécurité. Elles éclairent notamment les enjeux de société à l’origine des menaces sur l’intégrité des personnes. Ceux-ci sont trop souvent appréhendés de façon simpliste, interprétés par une cause unique. En réalité, les enjeux sont complexes et diffèrent d’une situation locale d’insécurité à l’autre. Seule la connaissance fine du terrain, propre au chercheur habitué à travailler dans une société, permet de les démêler. La lecture exclusivement confessionnelle du conflit en Centrafrique par exemple, opposant musulmans de la Séléka et chrétiens des anti-balaka, est erronée. Les enjeux tiennent surtout au contrôle des ressources extractives, pastorales et agricoles et au contrôle politique de Bangui et des grandes villes. Cette compréhension plus subtile de l’origine des violences permet ensuite d’adapter la réponse des acteurs opérationnels de l’humanitaire et du développement.Dangbet Zakinet&amp;nbsp;:
 De même, les travaux scientifiques éclairent les conséquences des insécurités. Au-delà de leurs effets néfastes déjà bien documentés par les médias, ils mettent en lumière les capacités des sociétés à s’adapter aux menaces, à les contourner, à les déplacer, voire à créer des mécanismes d’innovation pour y faire face. Ces connaissances sur la résilience des populations pourraient être, elles aussi, bien utiles pour guider l’action des opérateurs de développement et des autorités. Actuellement, les projets en ce domaine sont trop souvent standardisés.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;Quel est l’enjeu plus spécifique à l’élevage dans ce contexte ?
Emmanuel Chauvin&amp;nbsp;:
 L’élevage est une ressource essentielle dans toute la région, en termes de production pour le Tchad, le Cameroun et le Niger notamment et en termes d’approvisionnement pour le Nigeria. Les insécurités pèsent lourd sur le secteur. Le contrôle du bétail, de sa production, de sa commercialisation, est en effet une ressource majeure pour les acteurs armés. Par ailleurs, les mutations actuelles du monde de l’élevage constituent elles-mêmes des enjeux de conflictualité, autour de la révolte des cadets sociaux, des relations avec les agriculteurs, de l’armement toujours plus fourni des éleveurs et de l’utilisation du bétail comme capital par les élites politico-militaires. L’impact des facteurs sécuritaires sur l’élevage est devenu supérieur à celui des facteurs environnementaux. Actuellement, les espaces pastoraux, les transhumances et les circuits de commercialisation sont avant tout recomposés par les conflits, bien plus que par la sécheresse ou le changement climatique.Dangbet Zakinet&amp;nbsp;:
 Deux phénomènes majeurs contribuent à l’insécurité en Afrique centrale, le conflit centrafricain et les violences perpétrées autour de Boko Haram. L’un et l’autre sont sources de grandes difficultés pour l’élevage, pour les nombreuses populations qui en vivent et pour l’économie des pays. L’activité de Boko Haram bouleverse ainsi tout le système pastoral en vigueur autour du lac Tchad. Les pâturages très prisés des îles sont devenus difficilement accessibles et les troupeaux de diverses communautés se trouvent donc concentrés dans des espaces menacés de surexploitation. Les tensions sont vives et attisées par les suspicions mutuelles d’appartenance ou d’accommodements avec Boko Haram. Mais surtout la fermeture de frontières, entre le Tchad et le Nigeria notamment, prive le secteur de ses principaux débouchés commerciaux. Les convoyages doivent emprunter des routes de contournement interminables, où les animaux épuisés perdent une bonne part de leur valeur marchande.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;Quels sont les grands axes sur lesquels la recherche doit se déployer dans cette région à l'avenir, pour mieux répondre aux enjeux locaux ?

Emmanuel Chauvin&amp;nbsp;:
 Tout en gardant la capacité à mener des études de terrain locales, il importe de développer des approches régionales dans les recherches, pour répondre à la dimension transfrontalière des problématiques d’insécurité. Pour cela, il faut favoriser le travail en réseau, entre chercheurs et universités d’Afrique centrale et du Nord. Il s’agira aussi d’inciter les acteurs opérationnels du développement à dépasser eux aussi les approches pays par pays.Au-delà, les questions autour de la place de la mondialisation dans la région, de l’appropriation qui en est faite par les sociétés, des révolutions techniques et technologiques à l’œuvre dans ces espaces, constituent autant d’enjeux de recherche majeurs pour la compréhension des situations locales.Dangbet Zakinet&amp;nbsp;:
 Dans le contexte de crise créé par Boko Haram, les recherches sur les politiques et les pouvoirs locaux, sur le défi démographique que connaît la région, sur la jeunesse, sur les technologies de la communication semblent prioritaires pour nombre de scientifiques. Le contexte d’insécurité est à la fois un obstacle et un enjeu justifiant la mobilisation de la communauté scientifique autour du bassin du lac Tchad.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;


	
    
            
                            
                   

        	    

    		            
            
            
            
            
    

    	        
                                    &amp;copy; 
Emmanuel Chauvin                
					
				
Quartier d’éleveurs centrafricains réfugiés au Cameroun pour fuir les coupeurs de route (Meidougou)			
		
                        
	
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;
Notes ________________
(1) 

https://insecurites.sciencesconf.org</description>
			</item>
					<item>
				<title>Diplomates et scientifiques au chevet de la planète</title>
				<link>http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/actualites-generales/diplomates-et-scientifiques-au-chevet-de-la-planete</link>
                <pubDate>Thu, 29 Jun 2017 00:00:00 +0200</pubDate>
				<description>Sous l’impulsion de l’IRD et de l’Ambassade de France en Équateur, scientifiques et diplomates ont choisi de se rendre le 29 juin au chevet d’un volcan andin, l’Antisana, qui joue un rôle de sentinelle du changement climatique pour la zone intertropicale et latino-américaine (avec le glacier Zongo en Bolivie).
Accompagnée du Ministre équatorien de l’Environnement, Tarsicio Granizo, une délégation emmenée par le glaciologue Luis Maisincho (INAMHI-IKIAM) et l’écologue Olivier Dangles (IRD), a pu se faire le témoin de la fonte du glacier et de ses conséquences sur la biodiversité et les écosystèmes du&amp;nbsp;páramo&amp;nbsp;mais aussi sur les ressources hydriques.&amp;nbsp;Le Fond pour la Protection de l’Eau (FONAG) et l’Entreprise Publique Métropolitaine d’Eau Potable et d’Assainissement (EPMAPS) ont pu mettre en lumière leurs efforts conjoints de conservation du&amp;nbsp;páramo&amp;nbsp;et la collaboration spécifique avec l’Agence Française de Développement (AFD) et l’IRD sur leurs projets de captation d’eau pour l’approvisionnement en eau de la capitale équatorienne.En effet, dans le cadre d’un projet à grande échelle impulsé par l’IRD il y a plus de 20 ans, avec ses partenaires andins, un réseau de surveillance des variations climatiques, météorologiques, hydrologiques et de mesure du retrait glaciaire a vu le jour avec l’appui en Équateur de l’Institut National de Météorologie et Hydrologie (INAMHI), de l’École Polytechnique Nationale (EPN) et de l’Université IKIAM.Les ambassades des États Membres (France, Allemagne, Espagne, Italie, Royaume-Uni et Hongrie) et la Délégation de l’Union Européenne présentes en Équateur, ainsi que leurs entités respectives de coopération (IRD, AECID et GIZ) ont&amp;nbsp;choisi d’organiser cette action dans le cadre des Journées Européennes de la Diplomatie Climatique, pour sensibiliser la population aux effets dévastateurs&amp;nbsp;du réchauffement climatique.La science a besoin de l’engagement politique et de la mise en œuvre d’actions appropriées. Dans le contexte de la ratification de l’Accord de Paris par l’Assemblée équatorienne le 22 juin dernier, les diplomates européens et le Ministre équatorien de l’Environnement ont lancé jeudi un appel clair à lutter contre le réchauffement climatique en reprenant le slogan du président français Emmanuel Macron&amp;nbsp; #MakeOurPlanetGratAgain.</description>
			</item>
					<item>
				<title>Etre représentant de l’IRD : une opportunité pour « grandir » en tant que chercheur</title>
				<link>http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/actualites-institutionnelles/la-parole-a/etre-representant-de-l-ird-une-opportunite-pour-grandir-en-tant-que-chercheur</link>
                <pubDate>Wed, 28 Jun 2017 00:00:00 +0200</pubDate>
				<description>La parole à…
Olivier Dangles, 
écologue, directeur de recherche à l’Institut, a été représentant de l’Institut. Il nous parle de cette fonction qu’il a occupée en Équateur de 2014 à 2017. Des défis qu’elle représente, des satisfactions qu’elle lui a apportées.Lorsqu'en 2013, à l'âge de 39 ans, j’ai fait part à mon entourage professionnel de mon souhait de me présenter au poste de représentant en Équateur, l'idée a d'abord paru déraisonnable. Non pas que mes compétences pour mener à bien ces fonctions aient été remises en cause, mais il semblait plus opportun pour un «&amp;nbsp;jeune&amp;nbsp;» chercheur de se consacrer à ses projets de recherche, ses publications et ses étudiants plutôt que de «&amp;nbsp;s'enliser&amp;nbsp;» dans des tâches administratives et de diplomatie scientifique.L’apparente &amp;nbsp;incompatibilité perçue entre les fonctions de représentant et celles de chercheur était alors profondément ancrée dans la culture scientifique et administrative de notre institut, en témoigne l'avis de la commission scientifique sectorielle (CSS) que je reçus en 2014, alors que je venais d'être récemment nommé dans mes fonctions&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;La commission s’interroge sur l’incidence négative que pourrait avoir votre fonction de représentant IRD à partir d’avril 2014. Elle vous engage à veiller à maintenir un niveau satisfaisant d’activité scientifique
 .&amp;nbsp;»Représentant ou chercheur, il faut choisir&amp;nbsp;! Ou du moins, dans une version édulcorée de ce dualisme, il faudrait veiller à bien dissocier les deux fonctions, à attribuer à chacune&amp;nbsp; un «&amp;nbsp;crédit temps afin d'éviter que l'une ne contamine l'autre&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;70&amp;nbsp;% représentant, 30&amp;nbsp;% chercheur&amp;nbsp;»
 par exemple&amp;nbsp;? «&amp;nbsp;Représentant les lundi, mercredi et vendredi, chercheur les autres jours&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»
 . Pour un chercheur, jeune ou moins jeune, la tâche pourrait sembler peu attractive, voire périlleuse pour sa carrière. Pourtant, après trois années passées comme représentant de l'IRD en Equateur, et en dépit de moments difficiles inhérents à tout travail de coordination, je ne peux que témoigner de la formidable opportunité que constitue cette fonction pour «&amp;nbsp;grandir&amp;nbsp;» en tant que chercheur.Être représentant, c'est d'abord permettre au chercheur de développer son goût pour l'interdisciplinarité
 ou, pour le moins, sa curiosité envers les autres disciplines, 

atout majeur pour relever les défis d'un futur durable pour la planète. Lors d'entretiens avec des collègues, je me souviens avoir discuté dans une même matinée de thèmes aussi variés que la mesure automatisée par capteurs optiques de gaz émis par le volcan Tungurahua, les différences morphologiques des antennes de punaises vectrices de la maladie de Chagas ou encore le patrimoine onirique d'un peuple de la Haute Amazonie, les Zápara.Traitement de choc pour réconcilier les sciences et les humanités, convaincre les chercheurs hérissons à s'essayer aux habits des renards*, et leur donner le goût de s'aventurer en dehors de leur zone de confort, aux interfaces fertiles encouragées dans les appels à projet de l'ANR ou d'Horizon 2020. Un chercheur ayant derrière lui une première phase de sa carrière centrée sur une thématique pourra ainsi tirer avantage de l’expérience de représentant non seulement pour orienter ses recherches dans des directions plus intégratives, mais aussi pour servir d'ambassadeur de sa communautés auprès d'autres scientifiques et porteurs d'enjeux**.Être représentant, c'est aussi apprendre à travailler quotidiennement avec les multiples acteurs du développement durable et de la recherche en partenariat
 dans les pays du Sud. Centres de recherche locaux et internationaux, banques de développement, ministères et autres instances politiques, ambassades, organismes des Nations Unies, &amp;nbsp;presse, alliances et instituts français, musées chargés de la communication scientifique etc. Le chercheur est souvent peu préparé pour échanger avec la société. Pourtant, à travers l'intervention du représentant, ces acteurs se connectent aux différents services du siège de l'IRD en France (

pôles Science, Développement et Appui) créant une véritable sphère d'interactions qui renforce la visibilité et l'impact des recherches, permet de trouver des effets de levier ou encore d’accéder à des financements. Prendre conscience de cette sphère revient pour le chercheur à replacer son «&amp;nbsp;cahier de manip&amp;nbsp;» dans une encyclopédie universelle de la recherche pour le développement.&amp;nbsp;Enfin, être représentant c'est penser en priorité aux autres chercheurs et partenaires
, être à leur écoute et créer du «&amp;nbsp;go-between&amp;nbsp;»
 , comme aimait le dire le regretté 

Pierre Soler. Pris dans une «&amp;nbsp;science à l'âge des
 selfies&amp;nbsp;»***
 et du H-index
 , le chercheur peut trouver dans les fonctions de représentant un instant propice à l'introspection et à la réflexion sur le besoin de consacrer une partie de son énergie à construire des ponts entre chercheurs et autres acteurs locaux et internationaux. Voir un de «&amp;nbsp;ses&amp;nbsp;» chercheurs reçu par le Président de la république d'Équateur pour lui expliquer la 

science du séisme de Pedernales, voir une 

ancienne doctorante de l'IRD décorée de la plus grande distinction scientifique du pays, ou la parution de dizaines d'articles sur la troisième mission géodésique IRD-Equateur dans de nombreux journaux dont 

le New York Times
  sont autant de satisfactions qui valent tout autant, dans la vie du chercheur que je suis, qu'une ou deux publications scientifiques supplémentaires.S'il est sans doute communément admis par une CSS qu'un chercheur quadra soit amené à prendre des fonctions de directeur d'unité de recherche, il devrait en être de même pour un même chercheur quadra souhaitant s'engager dans des fonctions de représentant. Cette expérience permet non seulement au chercheur de compléter sa formation en administration et stratégie scientifique, mais aussi de développer une diversité et originalité d'approches conceptuelles et pratiques, qui à mon sens peuvent être extrêmement enrichissantes pour la suite de sa carrière... et utiles pour la planète.
Jean-Luc Le Pennec&amp;nbsp;succède désormais à Olivier Dangles en tant que représentant de l’Institut en Équateur.Olivier Dangles&amp;nbsp;rejoint la Cornell University aux États-Unis où il sera accueilli en tant que chercheur associé.* Dans son livre&amp;nbsp;

Le renard et le hérisson
 &amp;nbsp;(éditions Points, 2003), le biologiste Stephen Jay Gould dépeint deux types d'attitudes intellectuelles des chercheurs&amp;nbsp;: les renards qui multiplient les approches originales,&amp;nbsp;«&amp;nbsp;éclairant d'une lumière nouvelle des champs d'étude très différents&amp;nbsp;»
 &amp;nbsp;et les hérissons qui consacrent toute leur vie à une thématique,&amp;nbsp;&amp;nbsp;«&amp;nbsp;creusant toujours plus en avant dans des couches dont la richesse n'avait jamais encore été reconnue ni exploitée&amp;nbsp;»
 .** À ce sujet, lire «&amp;nbsp;The Globalization of Ecological Thought&amp;nbsp;» (Excellence
 &amp;nbsp;Ecology Series
 &amp;nbsp;n° 5, 1998, Ecology Institute), une excellente analyse d’Harold Mooney, professeur en Sciences environnementales à l'Université Stanford, sur le manque de chercheurs faisant le lien avec les autres sciences, les politiques et la société civile.*** Geman D. &amp;amp; Geman S. (2016). Science in the age of selfies.&amp;nbsp;Proceedings of the National Academy of Sciences
 , 113(34), 9384-9387.</description>
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				<title>La socialisation militante des Frères Musulmans dévoilée</title>
				<link>http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/actualites-generales/la-socialisation-militante-des-freres-musulmans-devoilee</link>
                <pubDate>Mon, 26 Jun 2017 00:00:00 +0200</pubDate>
				<description>Le passage au pouvoir des Frères musulmans en Égypte a mis l'organisation sur le devant de la scène. Ces sources et informations inédites renouvellent la portée des recherches en sciences sociales sur le fonctionnement de la confrérie.
L’actualité politique peut devenir un puissant catalyseur au profit de la recherche. Pour les sciences humaines et sociales, il en va ainsi de la récente période où les Frères musulmans ont été légalisés et ont brièvement exercé le pouvoir en Égypte. &amp;quot;Cette séquence a sorti de l’ombre quantité d’informations sur le mouvement, jusqu’à présent inaccessibles ou même inexistantes, révèle la spécialiste de sociologie politique Sarah Ben Néfissa

1. Ces nouvelles données constituent un précieux matériau pour les chercheurs. Elles permettent d’enrichir la littérature scientifique sur le mouvement, de mettre l’accent sur les particularités de leur socialisation militante et de mieux comprendre les buts et le système de pensée en vigueur dans cette organisation&amp;quot;.


	
    
            
                            
                   

        	    

    		            		        
            
            
            
            
    

    	        
                                    &amp;copy; 
IRD / S. Robert                
					
				
La place Tahrir, &amp;quot;place de la Libération&amp;quot;, est une des principales places publiques du Caire			
		
                                
                    Indigo 
49076                
                &amp;nbsp;
                        
	
La confrérie est née quatre ans après l’abolition du Califat en 1924.&amp;nbsp; Elle prône l’unité des musulmans et a pour ambition de réhabiliter la dignité et la place de l’islam dans le monde, remises en cause par la domination coloniale. Depuis, en près d’un siècle d’existence, elle connaît une succession ininterrompue de périodes de légalité et de clandestinité. Acceptée dans un premier temps par la monarchie libérale dans le cadre de sa compétition avec le grand parti nationaliste, le Wafd, l’organisation doit finalement gagner la clandestinité en 1948 après l’assassinat d’un haut magistrat et d’un premier ministre hostiles au mouvement. Avec la révolution de 1952, les Frères reviennent en grâce auprès du nouveau régime. Sans parti de masse pour fonder une assise populaire, les Officiers Libres nouent en effet une alliance de circonstance avec la confrérie. Mais là encore, l’idylle tourne court et l’organisation regagne l’ombre après une tentative d’attentat contre Nasser lui-même.Elle revient au grand jour sous Anouar el-Sadate qui l’utilise pour réduire l’influence de la gauche égyptienne et pour pallier au démantèlement de toute la politique sociale étatique. Rendus visibles par leur intense activité de bienfaisance, mais sans vitrine politique légale, les Frères Musulmans deviennent la principale force organisée de l’opposition ces deux dernières décennies. Ils prennent en marche le train de la révolution de la place Tahrir en 2011 et ils capitalisent sur cette dynamique pour remporter les législatives puis la présidentielle de 2012, de justesse. Ils restent au pouvoir un an, avant d’être balayés par un coup d’Etat militaire –&amp;nbsp;approuvé par une bonne part de l’opinion égyptienne&amp;nbsp;-, de retourner à la clandestinité et de subir une intense répression.&amp;quot;Les Frères ont manqué leur rendez-vous avec la société égyptienne, estime la chercheuse. Leur passage à la tête du pays a suscité beaucoup de déception parmi leurs supporters et de défections dans leurs propre rangs notamment parmi leur jeunesse&amp;quot;. De même, les solides liens tissés dans la clandestinité ont tôt fait de se distendre au moment de partager le pouvoir. &amp;quot;Mais surtout, cette rupture dans l’histoire de l’organisation a délié les langues, note Sarah Ben Néfissa. Les dissidents s’expriment désormais, en témoignant auprès des chercheurs ou même dans des ouvrages publiés&amp;quot;. Aux révélations venues de l’intérieur s’ajoutent d’autres sources, avec les fuites dans la presse de toutes sortes de notes et de rapports jusqu’ici inaccessibles, orchestrées par des détracteurs de la confrérie. Utilisées avec précaution par la chercheuse, ces sources&amp;nbsp; permettent d’inscrire l’analyse de la socialisation militante des Frères Musulmans dans le cadre de travaux portant sur la fabrication de «&amp;nbsp;l’homme nouveau&amp;nbsp;» par plusieurs organisations communistes, fascistes et nationalistes en Europe ou ailleurs. En l’occurrence, il s’agit pour les Frères Musulmans égyptiens de fabriquer &amp;quot;les vrais musulmans&amp;quot; dotés d’une foi et d’une fidélité indéfectible envers l’organisation, au service d’une société nouvelle à venir. &amp;quot;D’une certaine manière, la confrérie est autant une secte religieuse qu’un parti politique&amp;quot;, conclut Sarah Ben Néfissa.Note

1. Ben Néfissa S., 

La production du «&amp;nbsp;vrai musulman&amp;nbsp;» par l’organisation des Frères musulmans égyptiens&amp;nbsp;: fidélité et dissidences, Revue internationale des études du développement, N°229, 2017.</description>
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				<title>La Société africaine de venimologie, l’IRD et l’Institut Pasteur se félicitent de la décision de l’OMS d’ajouter les morsures de serpent...</title>
				<link>http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/communiques-et-dossiers-de-presse/cp-2017/la-societe-africaine-de-venimologie-l-ird-et-l-institut-pasteur-se-felicitent-de-la-decision-de-l-oms-d-ajouter-les-morsures-de-serpent-en-premiere-ligne-de-sa-liste-des-maladies-tropicales-negligees</link>
                <pubDate>Thu, 22 Jun 2017 00:00:00 +0200</pubDate>
				<description>La décision de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de porter au premier niveau de la liste des maladies tropicales négligées les morsures de serpent constitue une nouvelle chance de renforcer les stratégies de prise en charge tout particulièrement en Afrique.
Plus d’un million de morsures de serpent surviennent chaque année en Afrique subsaharienne. On estime que les envenimations entraîneraient annuellement 25&amp;nbsp;000 à 30&amp;nbsp;000 décès et autant d’invalidités permanentes. La décision de l’OMS, très attendue par les spécialistes, va permettre d’améliorer considérablement le traitement des envenimations en favorisant l’accès aux antivenins et leur emploi dans les centres de santé même les plus reculés d’Afrique subsaharienne.&amp;quot;La Société africaine de venimologie (SAV) a joué un rôle déterminant dans cette décision&amp;quot; affirme&amp;nbsp; le Professeur Achille Massougbodji, directeur de l’Institut de recherche clinique du&amp;nbsp;Bénin et Président de la SAV. &amp;quot;Même si la SAV a été créée il n’y a que 5 ans, la centaine de membres qui la compose œuvre depuis la fin des années 90 pour rassembler les chercheurs et les praticiens concernés par ce problème de santé publique et sensibiliser les autorités sanitaires des pays africains. Ainsi, 12 pays subsahariens (sur 17 au total) étaient représentés à la réunion technique sur l’accessibilité des antivenins qui s’est tenue à Genève lors de l'Assemblée mondiale de la santé en 2016&amp;quot;.&amp;quot;Il faut préciser que l’ampleur de la négligence de ce problème de santé publique est accentuée en Afrique par l’inaccessibilité des antivenins&amp;nbsp;: contrairement à l’Asie ou l’Amérique latine, la plupart des pays subsahariens manque de producteurs d’antivenins. Cela impose une dépendance économique et logistique qui empêche une réponse autonome à la crise et réduit notre force de négociation dans la recherche d'antivenins sûrs et efficaces&amp;quot;, a ajouté le professeur Massougbodji.&amp;quot;La prise en charge des morsures de serpent fait face en Afrique à un cercle vicieux dénoncé régulièrement depuis une vingtaine d’années&amp;quot; souligne Jean-Philippe Chippaux, directeur de recherche à l’IRD et président d’honneur de la SAV. &amp;quot;La plupart des victimes préfère s’adresser à un thérapeute traditionnel plutôt que de se rendre au Centre de santé pour y recevoir l’antivenin, dont le prix est hors de proportion avec le revenu moyen d’une famille de paysans. Le marché des antivenins est instable du fait de l’incapacité des producteurs reconnus à fournir un antivenin de qualité à un prix abordable…&amp;quot;.&amp;quot;C’est pourquoi, la SAV a mis en œuvre un plan d’action destiné à remplacer le cercle vicieux par un cercle vertueux (

www.sav-asv.org) pour améliorer le recueil de données épidémiologiques, former le personnel de santé à la prise en charge des morsures de serpent, définir les caractéristiques des antivenins appropriés pour l’Afrique et identifier des sources de financements des antivenins. Pour cette région, un antivenin doit être efficace contre tous les serpents régionaux, très bien toléré pour être utilisés dans les centres de santé isolés, stable dans les conditions climatiques tropicales et accessible partout où il est nécessaire&amp;quot;, précise le Jean-Philippe Chippaux.&amp;quot;Le principal défi à relever est désormais de déterminer quels sont les antivenins adaptés à l’Afrique subsaharienne&amp;quot;, ajoute Fabien Taieb, chercheur à l’Institut Pasteur. &amp;quot;Il sera à présent possible d’entreprendre des études cliniques pour préciser l’efficacité et la tolérance des antivenins actuellement disponibles sur le marché africain afin de recommander celui ou ceux qui répondent le mieux au cahier des charges proposé par la SAV&amp;quot;, conclut-t-il.</description>
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				<title>ICE MEMORY : succès de l’expédition sur le glacier de l’Illimani en Bolivie</title>
				<link>http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/communiques-et-dossiers-de-presse/cp-2017/ice-memory-succes-de-l-expedition-sur-le-glacier-de-l-illimani-en-bolivie</link>
                <pubDate>Tue, 20 Jun 2017 00:00:00 +0200</pubDate>
				<description>La deuxième expédition du projet ICE MEMORY, qui s’est déroulée sur le glacier de l’Illimani (Bolivie) du 22 mai au 18 juin 2017, vient de s’achever avec succès&amp;nbsp;! L’équipe internationale a en effet réussi à extraire deux carottes de glace jusqu’au socle rocheux, à plus de 6&amp;nbsp;300 mètres d’altitude, malgré des conditions climatiques extrêmes. L’une de ces carottes sera analysée et l’autre alimentera la première carothèque mondiale d’archives glaciaires, issues de glaciers menacés par le réchauffement climatique, en Antarctique.
Un carottage réussi en milieu extrêmePartie le 22 mai de La Paz après plusieurs jours d’acclimatation à l’altitude, l’équipe internationale (France, Bolivie, Russie, Brésil) de 15 chercheurs et une trentaine de guides et porteurs boliviens a dû affronter des conditions climatiques extrêmes dès l’arrivée au camp de base, situé à 4&amp;nbsp;500 mètres d’altitude. De fortes chutes de neige et des vents violents ont en effet retardé de plus d’une semaine le transport du matériel (carottier, 75 caisses isothermes, matériel de campement…) jusqu’au sommet.


	
    
            
                            
                   

        	    

    		            
            
            
            
            
    

    	        
                                    &amp;copy; 
Bruno Jourdain - Fondation UGA                
					
				
Extraction des carottes de glace jusqu'au socle rocheux.			
		
                        
	
Profitant d’une courte accalmie météorologique, l’équipe s’est ensuite rendue au sommet pour commencer le forage sur le glacier. Deux carottes de glace ont été extraites, en une dizaine de jours, jusqu’au socle rocheux&amp;nbsp;: la première de 137 mètres et la seconde de 134 mètres
. Le forage de la troisième carotte initialement prévu n’a pas pu être tenté, faute de temps et afin de garantir la sécurité des équipes.&amp;quot;Cette deuxième expédition est un formidable succès collectif&amp;quot;, souligne Patrick Ginot (IRD), coordinateur des expéditions ICE MEMORY. &amp;quot;Les analyses de ces carottes, qui seront réalisées pour l’essentiel à l’Institut des géosciences de l’environnement (IGE) à Grenoble, permettront de retracer jusqu’à 18&amp;nbsp;000 ans d’archives climatiques et environnementales
&amp;quot;.Une dynamique internationaleCes carottes rejoindront celles extraites en 2016 lors de l’expédition sur le massif du Mont-Blanc et alimenteront la première carothèque mondiale d’archives glaciaires, qui sera créée sur la base Concordia en Antarctique pour les chercheurs des siècles à venir.&amp;quot;ICE MEMORY est une formidable aventure de collaboration et de confiance entre nations, scientifiques et mécènes privés, qui prennent leurs responsabilités face au changement climatique
&amp;quot;, se réjouit Anne-Catherine Ohlmann, Directrice générale de la Fondation UGA, qui coordonne le volet mécénat du projet. &amp;quot;Nous espérons qu’ICE MEMORY contribue à la prise de conscience des enjeux climatiques de notre siècle et qu’il encourage les décideurs et citoyens du monde à s’engager résolument dans la préservation de notre environnement et dans les transformations sociétales nécessaires&amp;quot;.&amp;quot;Nous comptons sur un fort effet d’entrainement des deux opérations de forage que notre équipe a réalisées dans cette phase d’initiation du projet ICE MEMORY&amp;quot;, souligne Jérôme Chappellaz (CNRS), coordinateur scientifique du projet. &amp;quot;L’expédition bolivienne, à forte composante internationale, aidera nos partenaires à mettre en place leurs propres contributions à cette carothèque mondiale. Il nous faut désormais progresser sur la gouvernance à long terme de ce patrimoine unique
, en associant à la fois l’UNESCO et les opérateurs logistiques en Antarctique&amp;quot;.Composition de l’équipePatrick Ginot (responsable de l’expédition, IRD, France), Romain Biron (IRD, France), Pierre Vincent (IRD, France),&amp;nbsp; Thomas Condom (IRD, France),&amp;nbsp; Bruno Jourdain (UGA, France), Christian Vincent (CNRS, France), Nicolas Caillon (CNRS, France), Luc Piard (CNRS, France), Xavier Faïn (CNRS, France), Joël Savarino (CNRS, France), Vladimir Mikhalenko (Institut de géographie, Russie), Stanislav Kutuzov (Institut de géographie, Russie), Filipe Gaudie Ley Lindau (Université fédérale du Rio Grande Do Sul, Brésil), Alvaro Soruco (Université Mayor San Andres de La Paz, Bolivie), Sarah Del Ben (réalisatrice Wildtouch).
ICE MEMORY&amp;nbsp;:&amp;nbsp;un programme scientifique international pour conserver la mémoire du climatLes glaciologues observent depuis des décennies l’impact de la hausse des températures sur la fonte des glaciers, qui constituent la mémoire des climats et environnements passés et permettent d’anticiper les changements environnementaux à venir. Face à ce constat alarmant, des glaciologues français de l’Institut des géosciences de l’environnement (IGE Grenoble) et leurs partenaires italiens ont lancé le projet ICE MEMORY en 2015, sous l’égide de la Fondation Université Grenoble Alpes et avec le patronage des commissions nationales française et italienne de l’UNESCO.Leur objectif&amp;nbsp;principal&amp;nbsp;: constituer en Antarctique la première bibliothèque mondiale d’archives glaciaires issues de glaciers menacés par le réchauffement climatique. Ces échantillons seront la propriété de l’humanité et une gouvernance pérenne veillera à leur utilisation exceptionnelle et appropriée, afin de permettre aux scientifiques des générations futures de réaliser des analyses totalement inédites, rendues possibles par l’évolution des technologies et des idées scientifiques.Le colloque inaugural du projet ICE MEMORY, organisé à Paris en mars 2017 sous le patronage de l’UNESCO, a marqué l’internationalisation du programme, avec la participation d’une quinzaine de scientifiques spécialistes de l’étude des carottes de glace américains, russes, chinois, brésiliens, suédois, japonais, allemands, suisses, italiens et français. Le consortium souhaite fédérer la communauté internationale des glaciologues pour réaliser au moins une vingtaine de forages sur différents glaciers de la planète dans la décennie à venir.Porté par la Fondation Université Grenoble Alpes, ICE MEMORY fédère déjà de nombreux partenaires&amp;nbsp;institutionnels: le CNRS, l’IRD, l’Université Grenoble Alpes, le Conseil national de la recherche italien, l’Université de Venise, ainsi que l’IPEV et le Programme italien de recherche en Antarctique (PNRA) pour ce qui concerne la base Concordia en Antarctique. Il est financé à part égale par les membres fondateurs (apport en moyens humains et en équipement) et par du mécénat privé,viala Fondation UGA.Pour en savoir plus&amp;nbsp;: 

site web, 

film de l’expédition au Col du Dôme et 

dossier de presse.</description>
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				<title>La sécurité routière à l’épreuve des données</title>
				<link>http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/actualites-generales/la-securite-routiere-a-l-epreuve-des-donnees</link>
                <pubDate>Mon, 19 Jun 2017 00:00:00 +0200</pubDate>
				<description>Au Burkina Faso, comme dans toute l’Afrique, les traumatismes liés aux accidents de la route sont &amp;nbsp;un problème de santé publique souvent négligé. De nouveaux outils de géolocalisation et de suivi des accidentés pourraient permettre d’élaborer des leviers d’action et de prévention.
«&amp;nbsp;Les accidents de la route sont la première cause de mortalité des 15-29 ans dans le monde, rappelle le géographe Emmanuel Bonnet. Mais en Afrique, ce sujet de santé publique est peu pris en compte. Les données collectées sur les accidents sont rares et peu fiables.&amp;nbsp;» A Ouagadougou, les statistiques de la police nationale et des pompiers coïncident rarement. En l’absence de base de données sérieuse, développer des actions de prévention &amp;nbsp;est difficilement envisageable. «&amp;nbsp;Pour collecter des informations, nous avons expérimenté un système de surveillance des accidents avec sept unités de police nationale

1, poursuit le chercheur. De février à juillet 2015, les policiers ont utilisé un géotraceur et des rapports écrits pour apporter des informations sur la géolocalisation de l’accident, l’âge, le sexe des accidentés et le type de véhicule impliqué. Sur les 2 752 interventions de la police,&amp;nbsp; 1&amp;nbsp;338 personnes ont été blessées et 25 sont décédées. Ces données ont permis d’établir 

une carte des «&amp;nbsp;points noirs&amp;nbsp;» des accidents à Ouagadougou.&amp;nbsp;»


	
    
            
                            
                   

        	    

    		            
            
            
            
            
    

    	        
                                    &amp;copy; 
INSS/CNRST / A. Nikiema                
					
				
Les infrastructures routières sont inadaptées aux usages			
		
                        
	
Cette carte révèle la localisation des accidents&amp;nbsp;qui ont lieu en majorité dans des quartiers denses (lieux administratifs, marchés, zones industrielles) et sur les axes de sortie et de contournement de la ville. Les conducteurs des deux-roues, 86&amp;nbsp;% des blessés, sont les principales victimes. Ils sont surtout de jeunes hommes qui proviennent des quartiers populaires péri-urbains de Ouagadougou. Plus nombreux que les femmes à circuler, ils sont aussi peut-être plus indisciplinés. Mais au-delà de ces comportements individuels à risque&amp;nbsp;(absence de port du casque, méconnaissance du Code de la route), ce constat révèle des infrastructures routières inadaptées à l’explosion du nombre de deux-roues. La rareté des transports en commun impose à ces jeunes conducteurs de longs trajets pour se rendre à leur travail et les expose davantage aux risques routiers. «&amp;nbsp;Les piétons, 6 % des blessés, sont aussi victimes de la circulation, remarque la géographe Aude Nikiema. Les passages piétons sont pratiquement inexistants ou ne sont pas respectés lorsqu’ils existent. Il est très difficile de traverser les routes. De manière générale, les aménagements de la ville sont porteurs de risques pour ces usagers vulnérables (moto, vélo, piéton).»Cette fragilité est renforcée par les difficultés d’accès aux soins. Les chercheurs ont suivi le parcours des victimes des accidents au service des urgences du CHU de Ouagadougou à travers une enquête téléphonique, à l’admission aux urgences, 7 et 30 jours après leur entrée &amp;nbsp;à l’hôpital. «&amp;nbsp;De nombreux blessés tentent de sortir rapidement de l’hôpital car les soins sont payants&amp;nbsp;: les soins représentent un coût moyen de 150&amp;nbsp;000 francs CFA, soit 5 fois le salaire mensuel moyen d’un Burkinabé, explique Emmanuel Bonnet. Parmi les patients qui suivent des soins en dehors de l’hôpital, un tiers se rend chez un tradi-praticien alors qu’il n’y reçoit pas toujours des soins adaptés pour des traumatismes.&amp;nbsp;Certains reviennent aux urgences un an après leur accident car ils n’ont pas été soignés correctement.&amp;nbsp;»Face à l’exposition inégalitaire aux risques et aux difficultés d’accès aux soins, ces données constituent un élément essentiel dans la prévention et l’amélioration de la sécurité routière au Burkina Faso mais aussi ailleurs en Afrique. La police malienne et les sapeurs-pompiers expérimentent actuellement le même système avec la géolocalisation des accidents à Bamako. La prochaine étape consistera à étudier les axes routiers Abidjan-Bamako et Abidjan-Ouagadougou. &amp;nbsp;« Après la présentation de ces résultats, les équipes de policiers ont été renforcées dans les zones accidentogènes notamment dans les croisements où les feux ne sont pas respectés, souligne Aude Nikiema. En termes d’aménagement, les responsables doivent prendre conscience que les routes anciennes et étroites doivent être adaptées face à la massification de l’usage des deux-roues. Enfin, des informations précises sur les traumatismes permettent d’informer la population des dangers de la route et de mieux les en prévenir.&amp;nbsp;»
Note

1. Emmanuel Bonnet, Aude Nikiéma, Zoumana Traoré, Salifou Sidbega et Valéry Ridde. 

Technological solutions for an effective health surveillance system for road traffic crashes in Burkina Faso, Global Health Action, 2017.</description>
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